La Presse Bisontine 142 - Avril 2013

Mensuel d'informations de Besançon et du Grand Besdançon

2, 50 €

N° 142

Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon

www.presse-bisontine.fr

AVRIL 2013

UN POIDS ÉCONOMIQUE DE 330 MILLIONS D’EUROS BESANÇON FAIT LES YEUX DOUX À L’ARMÉE - Avec 5 000 militaires, c’est le premier employeur de la ville - Que réserve le Livre blanc ?

L’ÉVÉNEMENT EN P. 6 ET 7

LE DOSSIER p. 21 à 27 Les 25 ans de sa disparition Edgar Faure, l’élu de cœur des Francs-Comtois

THISE p. 29 La campagne lancée ? Le conseil de Thise au bord de la crise de nerfs

Le meilleur de

• Jean's • T-Shirt • Chemisette • Polos • Pulls • Sweats • Blouson • Ceintures

Rédaction : “Publipresse Médias” - B.P. 83 143 - 1, rue de la Brasserie - 25503 MORTEAU CEDEX - Tél. 03 81 67 90 80 - www.presse-bisontine.fr - redaction@groupe-publipresse.com

RETOUR SUR INFO - BESANÇON

2

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013

Clairs-Soleils : un courrier pour dénoncer l’insécurité l’actualité de Besançon. Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”. L’actualité bouge, les dossiers évoluent. La Presse Bisontine revient sur les sujets abordés dans ses précédents numéros, ceux qui ont fait la une de

Cumul Il y a cumul et cumul. Le dossier que nous consacrons ce mois-ci à celui qui fut l’élu le plus emblématique de Franche- Comté, le regretté Edgar Faure, montre à quel point les mentalités ont évolué. Dans les années soixante-dix, l’illustre homme réussissait la prouesse de cumu- ler les fonctions de maire de Pontarlier, conseiller général du canton de Pon- tarlier, député du Doubs, président de l’établissement public régional (le Conseil régional d’aujourd’hui) et… président de l’Assemblée nationale, troisième per- sonnage de l’État ! Quarante ans après, il paraît impensable de confier à un seul homme (ou une seule femme) autant de mandats. Le problème aujourd’hui est que l’on risque de tomber dans l’excès inverse à force de vouloir laver plus blanc que blanc. Le non-cumul, un prin- cipe avec lequel presque aucun élu, même de gauche, n’est à l’aise, est une manière louable d’assainir une vie poli- tique qui a cristallisé par ce genre d’excès, toutes les méfiances à son encontre de la part d’électeurs bien conscients qu’on ne peut pas être au four et au moulin, aussi talentueux soit-on. Mais là où se situe l’excès, c’est dans le radicalisme de la plupart des citoyens qui estiment que la règle doit imposer un mandat et un seul. Idée que défend, bien seu- le, la députée bisontine Barbara Roma- gnan qui a adopté une position radi- cale sur la question. Le non-cumul soit, mais la caricature que la loi a prévu d’en faire risque de tourner au gro- tesque. Sur cette base, est-il logique de placer un de ses adjoints, moins à l’aise avec la fonction, en tant que mai- re parce que la loi voudrait qu’on ne puisse plus être parlementaire et mai- re à la fois, tout en continuant à gérer en coulisses les affaires ? Et cela, fut- ce même dans une commune de 200 habitants ? Si le principe se justifie aisément dans les très grandes col- lectivités, il apparaît inadapté aux plus petites. Il faut se méfier aussi de la position de ceux qui s’affichent com- me des chantres du non-cumul et qui, par le truchement d’un système fran- çais qui multiplie les structures satel- lites (syndicats, S.E.M., etc.) se retrou- vent à cumuler bien plus de fonctions non-électives que de mandats. Ainsi en est-il de Jean-Louis Fousseret par exemple, partisan affiché du non-cumul mais qui multiplient les responsabili- tés dans les Pays, intercommunalités ou autres conseils d’administration ? Est-ce plus sain ? Pas sûr. Jean-François Hauser Éditorial

Les Vaîtes : la ville rencontre les propriétaires

et septembre : intimidations ver- bales” et ainsi de suite. Il y a encore quelques jours, des voi- tures ont été vandalisées dans les sous-sols des Îlots de la Brè- me. Le contenu de cette lettre est une succession de méfaits qui amènent les locataires à conclu- re “que les problèmes d’insécurité sont loin d’être réso- lus” malgré la métamorphose immobilière du quartier. Ils ont adressé ce courrier à Foncière Logement, un des organismes qui a participé au Programme de Rénovation Urbaine des Clairs-Soleils, mais aussi à la Ville, à la Police Nationale et à la préfecture. Le constat dressé par les occu- pants des nouveaux pavillons confirme que le pari de la mixi- té sociale, socle du P.R.U. des

C e sont les nouveaux habi- tants des Clairs-Soleils. Ils font partie d’une caté- gorie socio-professionnelle plus élevée que la moyenne dans ce quartier. Mais fin 2012, les loca- taires des pavillons “Terrasses du Soleil” ont rédigé un cour- rier dans lequel ils dénoncent les “problèmes récurrents d’insécurité” auxquels ils sont confrontés. À les lire, les mois se suivent et se ressemblent dans leur quartier. “Janvier 2012 : une quinzaine de garages visi- tés au sous-sol de l’immeuble de la copropriété, une voiture fracturée avec vol d’objets à l’intérieur. Février : cambriola- ge et vandalisme aggravé, ten- tative d’effraction en présence des locataires à deux reprises dans la même nuit. Juillet : cam- briolage avec effraction. Août

Clairs-Soleils, n’est pas gagné comme La Presse Bisontine l’a écrit dans sa précédente édi- tion. “Les récentes inscriptions relevées place des Lumières à quelques centaines de mètres avec pour revendication “Ren- dez-nous notre quartier” achè- vent de nous convaincre que la seule motivation à ces actes malveillants est de déloger les habitants actuels” remarquent encore les locataires qui se disent “épuisés et blasés.” Pourtant, selon les services de la Police Nationale, le quartier des Clairs-Soleils a changé depuis le P.R.U. Ce n’est plus “le petit Chicago” des années passées. “La délinquance n’est pas plus forte qu’ailleurs à Besan- çon. Pour nous, ce quartier n’est pas souligné en rouge en matiè- re de délinquance” note le com- missariat de Besançon. De son côté, la municipalité a missionné le cabinet d’étude Geste pour faire un bilan du P.R.U. des Clairs-Soleils. Des experts ont audité l’ensemble des acteurs qui sont intervenus dans cette opération. Les résul- tats avancés par le cabinet seraient mitigés selon nos infor- mations. À partir du diagnostic établi, des réunions entre tous les partenaires devraient être organisées afin d’apporter des solutions collectives aux diffi- cultés observées sur le terrain et améliorer ainsi la pertinence du P.R.U. des Clairs-Soleils.

Le 3 avril aura lieu une première audience au Tribunal de Grande Ins- tance au sujet du prix des terrains aux Vaîtes.

L e 22 février, le cabinet du maire a organisé une réunion avec des propriétaires des Vaîtes concernés par le pro- jet d’éco-quartier. L’objectif de cette rencontre était de faire un point sur une situation qui a viré au contentieux judi- ciaire suite au désaccord sur le prix d’achat de 8 euros le mètre carré proposé par la ville aux propriétaires (N.D.L.R. : c’est 1 euro de plus que l’estimation des domaines). Un tarif que ces derniers estiment insuffisant, préférant laisser la justice trancher plutôt que de vendre. Une audience en pre- mière instance est prévue le 3 avril au Tribunal de Grande Instance de Besançon. Les propriétaires ont peut-être raison d’attendre que la jus- tice passe. Récemment, la Cour d’Appel a évalué le prix du mètre carré à 25 euros dans deux dossiers qui opposent des propriétaires des Vaîtes à l’Agglo dans le cadre des pro- cédures d’acquisitions foncières liées au tramway. La C.A.G.B. a décidé de se pourvoir en cassation. La mairie qui rappelle ne vouloir “spolier personne” redou- te cependant que ce prix de 25 euros finisse par s’imposer aux Vaîtes. “La Ville fait confiance au processus judiciaire en cours. Évidemment, ce nouveau paramètre impacte le dossier de création de l’éco-quartier” indique la municipa- lité qui devrait débourser plus de 3 millions d’euros sup- plémentaires si le prix passait de 8 à 25 euros. Un discours que les propriétaires concernés ont du mal à entendre. “Nous ne sommes pas persuadés que la mairie sera véritablement perdante dans cette affaire explique l’un d’eux. Il y aura 1 500 logements aux Vaîtes. Elle va se rattraper sur les taxes fon- cières et les taxes d’habitation.”

La sécurité des pavillons est insuffisante pour les occupants des logements, malgré les détecteurs de présence installés par Foncière Logement.

La commission transparence rendra ses conclusions le 26 mars

Q uelques informations ont commencé à filtrer dans la presse. Mais officiellement la commission spéciale transparence rendra publique ses conclusions lors du conseil municipal du 26 mars. “Nous avons fait notre travail avec beaucoup de sérieux. 54 documents ont été examinés, il y a eu dix réunions, des heures de travail” explique Marie-Noëlle Schoeller, première ajointe, qui a animé cette commission composée de 9 membres dont deux de lʼopposition municipale. Elle ne commentera pas davantage le sujet. “Ce que je peux dire en revanche cʼest que nous avons travaillé avec une indépendance dʼesprit sur des choses très factuelles. Nous avons regar- dé des budgets, des missions, des fonctions, des façons de fonctionner.” La commission nʼa donc pas travaillé dans lʼidée d'établir la responsabilité dʼune personne ou de la blanchir, comme cela a été dit, en lʼoccurrence lʼadjoint à la culture Yves-Michel Dahoui. On se souvient que ce groupe de travail avait été créé en novembre dernier afin dʼétudier les relations de la

Ville avec lʼassociation SaufʼArt - Le pavé dans la Mare, une structure subventionnée dirigée par Corinne Lapp- Dahoui, lʼépouse de lʼadjoint à la culture. Les questions successives posées à ce sujet par Jean-Sébastien Leu- ba, élu de la majorité, qui ouvraient la porte à la suspi- cion, ont conduit le maire à appeler de ses vœux la créa- tion de cette commission transparence. Lors de ses investigations, elle nʼaurait pas décelé dʼanomalies majeures. Yves-Michel Dahoui se refuse à tous com- mentaires sur ce dossier tant que les conclusions ne sont pas rendues. En revanche, selon nos informations, le sujet semble faire débat au sein du groupe U.M.P. de la municipali- té. Son patron, Jean-Marie Girerd, aurait approuvé les conclusions de la commission à laquelle il siégeait alors que le dossier ne serait pas aussi limpide quʼon le dit. Si tel est le cas, cʼest une maladresse politique de la part de lʼopposition que vient de se priver dʼun angle dʼattaque contre la majorité.

est éditée par “Publipresse Médias”- 1, rue de la Brasserie B.P. 83 143 - 25503 MORTEAU CEDEX Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81 E-mail : redaction@groupe-publipresse.com S.I.R.E.N. : 424 896 645 Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Directeur artistique : Olivier CHEVALIER Rédaction : Frédéric Cartaud, Édouard Choulet, Thomas Comte, Jean-François Hauser. Ont collaboré : David Aubry, Céline Desbre. Régie Publicitaire : François ROUYER au 06 70 10 90 04 Imprimé à I.P.S. - ISSN : 1623-7641 Dépôt légal : Avril 2013 Commission paritaire : 0217I79291 Crédits photos : La Presse Bisontine, 19 ème R.G., Région Franche-Comté.

La commission transparence a été créée le 2 novembre. Elle a étudié les relations entre la Ville de Besançon et l’association Le Pavé dans la mare.

ZAC CHATEAUFARINE / BESANCON TÉL. 03 81 41 11 41 www.cuisinella.com / secretariat@cuisinella-besancon.com

L’INTERVIEW DU MOIS

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013

4

JURA Christophe Perny (P.S.) “Je ne suis pas un élu qui

se couche devant ses amis”

L a Presse Bisontine :Vous avez fait bas- culer le Département du Jura à gauche, fait historique, et récemment irrité la classe politique locale en ouvrant la liaison aérienne Dole-Paris, concurrente direc- te du T.G.V. Avec vous, le changement, c’est maintenant ? Christophe Perny (Président du Conseil géné- ral du Jura) : Le plus gros changement fut générationnel. J’ai 44 ans, mon pré- décesseur en avait 75. Le Jura a beau- coup trop attendu et trop subi au niveau des transports et du point de vue éco- nomique. Notre positionnement géo- graphique est stratégique : à nous désormais d’attirer. L.P.B. : Les élus régionaux de votre camp cri- tiquent l’ouverture de la ligne aérienne Dole- Paris. Que leur répondez-vous ? C.P. : Pour avoir des critiques, il faut faire des propositions. J’aurais aimé avoir à critiquer certaines positions d’élus jurassiens. Encore fallait-il qu’ils en fassent. Je ne dis pas que l’avion est la solution miracle. Nous conti- nuons notre combat pour le ferroviai- re mais je propose des solutions en attendant une réponse de la Région. L.P.B. : Justement, ce choix pour l’aérien a-t- il détérioré vos rapports avec la présidente de Région ? C.P. : J’ai des rapports tendus avec la Région mais cordiaux avec Marie-Gui- te Dufay, mais aussi avec Jean-Louis Fousseret que j’apprécie, ou Claude Jeannerot, lequel m’a d’ailleurs écrit car il n’est pas d’accord sur cette ouver- ture. Je suis ouvert à une discussion sur de nouvelles dessertes ferroviaires pourquoi pas à la place du Dole-Paris. On m’a répondu : c’est trop cher de remettre du ferroviaire, et qu’il fallait attendre. Moi, je n’attends pas ! En revanche, je ne suis pas arc-bouté et si demain matin je veux stopper la liai- son, je peux le faire. L.P.B. : Rappelez-nous l’engagement financier du Jura pour cette desserte ? C.P. : Il est de 360 000 euros pour un an. Nous avons demandé 400 000 euros à la Région pour 2013 mais elle ne l’a pas inscrit à son budget primitif…Ces dix dernières années, notre situation s’est détériorée. Moi, je dois répondre aux Jurassiens qui veulent se rendre à Paris et rapidement. Nous avons raté des wagons dans les années 2000 avec l’arrivée du T.G.V. et nous ne pouvons pas nous contenter d’envisager de image, le président du Conseil général veut un Jura sûr de lui, plus proche de Besançon… et de Paris. Christophe Perny, 44 ans, compte dépoussiérer la vie politique jurassienne et froisse les éléphants du Parti socialiste après l’ouverture de la liaison aérienne Dole-Paris. À son

Christophe Perny, l’homme qui a fait basculer le Jura à gauche et entraîné avec lui un changement radical dans le développe- ment du département.

porté, ça ne me va pas. Je l’ai dit de manière assez forte à son directeur de cabinet. Mon parti, c’est le Jura. On ne peut pas se renier. Je n’ai jamais fait de la politique comme cela et même si paraît-il je me suis assagi, je dis ce que je pense. L.P.B. : Néanmoins, vous semblez détester la critique. Est-il vrai que vous muselez vos oppo- sants ? C.P. : Comment voulez-vous museler l’opposition ! S’ils veulent la parole, ils l’ont. Mais je leur dis : prenez votre envol, parce que je réponds. J’aime le débat, j’aime l’affrontement. Ceux qui se mesurent à moi doivent avoir conscience qu’ils auront des réponses. Il n’y a jamais eu autant de sessions publiques (le double que lors du pré- cédent mandat), alors l’opposition a deux fois plus de possibilité de s’exprimer ! L.P.B. : Quel regard portez-vous sur Besançon et son développement avec le tramway ? C.P. : Besançon reste la grande capita- le régionale. Je suis respectueux de Jean-Louis Fousseret et de son tra- vail. Le tramway, c’est compliqué tant qu’il n’est pas terminé, mais allez à Dijon ouMetz…Les adversaires louent son arrivée maintenant. Il faut que nous nous rapprochions encore davan- tage de Besançon au niveau de l’économie ou de l’université. L.P.B. : Pourtant, les Lédoniens semblent plus attirés par Lyon, Beaune ou Dijon… C.P. : C’est à cause - en partie - du train. Bourg est plus proche de Besançon. L.P.B. : Vous n’avez pas évoqué le tourisme, grande force jurassienne…C’est de l’acquis. C.P. : Le mot Jura est un synonyme de tourisme ! La moitié des nuitées franc- comtoises se font ici. Le Jura est une marque que personne ne pourra copier (rires). Propos recueillis par E.Ch.

grandes infrastructures dans le Nord Franche-Comté alors que notre offre a baissé dans le Jura. L’ouverture de cette ligne répond à une attente. L.P.B. : Avant de devenir président, vous vous étiez opposé au développement de l’aéroport de Dole. N’est-ce pas un paradoxe ? C.P. : C’est une légende. Sur la déléga- tion de service public, je me suis abs- tenu comme mon groupe. À l’époque, j’avais dit ceci : on ne peut pas s’offrir la branche Sud de la L.G.V. et un aéro- port. Aujourd’hui, la question ne se pose plus car nous n’aurons pas la branche Sud, donc on peut financer cet aéroport. Quand je suis arrivé à la présidence, il y avait 4 000 passagers à l’année. Nous sommes passés à 45 000 l’année dernière ! Quel équipement dans la région a cette capacité de déve- loppement et draine autant de mon- de ? L.P.B. :Dans vos propos,vous souhaitez“désen- claver” le Jura et faire disparaître ce senti- ment d’infériorité. Dans quelle direction ? C.P. : Moi, un complexe d’infériorité ? (rires). Onme reproche plutôt le contrai- re. Quand on voit l’aéroport de Dijon et celui de Dole, on n’a pas à se sentir inférieur. Au contraire. Le vent a tour-

économique.

tement est-il fortement endet- té ? C.P. : J’ai dit que si nous restions sur le même rythme de dépense, nous allions dans le mur. Il y eut la période Gérard Bailly : il était timoré mais il a géré sérieuse- ment, puis il y eut les trois ans de Jean Raquin. Ce fut une parenthèse malheureuse. Heureu- sement que la transition n’a duré que trois ans. J’ai remis de la rigueur budgétaire puisqu’en

L.P.B. : Impossible toutefois d’éluder le contex- te morose qui règne dans le Haut-Jura. Saint- Claude et Morez ne sont-ils pas déprimés ? C.P. : Le mot me paraît inapproprié. Saint-Claude souffre, Morez a souf- fert. Aujourd’hui, on a un renverse- ment de tendance avec des relocali- sations sur le jouet avec Smoby. Le secteur dolois profite d’une dynamique alors que Lons-le-Saunier a sommeillé car il n’y a pas eu de vision globale. J’essaye d’initier des choses comme la création d’un centre d’animation et de loisirs fin 2014 avec la création de 400 emplois à la clé. Lons doit redevenir la capitale du Jura. L.P.B. : Politiquement, est-il vrai que vous pen- sez à la mairie de Lons-le-Saunier ? C.P. : J’ai fait mon choix : c’est le Jura. Il n’est pas possible d’être président du Conseil général et maire de Lons. Je ne veux pas reproduire ce qui a été fait. On a la chance d’avoir deux élus qui ont pris une place à la droite. J’ai gagné au Conseil général en 2008 et Marc-Henri Duverney a gagné en 2011 le canton de Lons. Jeune élu, mes aînés n’avaient de cesse de vouloir me tuer. J’ai de la fierté à ce que Marc-Henri ait été élu et ferait tout pour ce qu’il soit élu maire de Lons. On entre dans une nouvelle ère de la politique. L.P.B. : Est-ce un aveu de votre part contre le cumul des mandats ? C.P. : Je ne dirai pas cela car je pense à ce qui va arriver. L.P.B. : Précisez. C.P. : Je pense que le cumul de deux mandats locaux est complémentaire comme maire et président d’agglo ou encore un mandat départemental et régional. L.P.B. : Vous aviez alerté l’opinion sur le fait que les caisses du Jura étaient vides. Le Dépar-

“Je n’ai jamais été discipliné.”

deux ans, nous avons réduit de 40 % le recours à l’emprunt. L’ancienne équi- pe empruntait 47 millions d’euros pour monter son budget.Nous avons emprun- té 32 millions en 2010 puis 28 en 2011 et allons encore réduire. En annuités de remboursement de la dette, lamoyen- ne française est de 4,5 ans. Nous sommes à 3,7 ans. L.P.B. : C’est l’austérité pour le Jura… C.P. : Je gère dans l’épaisseur du trait. Notre premier budget est le social (100 millions d’euros) pour un budget total de 307,3 millions d’euros en 2013. L.P.B. : Avez-vous comptabilisé le surcoût lié à la réforme des rythmes scolaires ? C.P. : Non. J’ai fait part au ministre de l’Éducation que sa réforme est mal conduite. J’attends toujours sa répon- se. J’ai demandé aux communes juras- siennes de reporter la mise en place à 2014. L.P.B. :Vous critiquez ouvertement la politique conduite par votre famille politique. C.P. : Je ne suis pas un élu qui mange son chapeau ou se couche devant ses amis. Je n’ai jamais été discipliné. Quand une réforme est mauvaise, qu’elle soit de gauche ou de droite, je le dis. La façon dont Peillon s’est com-

né : l’avenir est à Dole. Le Jura a tout à gagner à se reconnecter à Besan- çon, la capitale. On doit être plus présent à la Région. Je suis en lien avec mes collègues vice- présidents du Conseil régional et aussi avec Pierre Moscovici. C’est un atout pour notre région et je lui demande des conseils. Notre proxi- mité avec Rhône-Alpes, une région riche, et avec la Bourgogne, sont une grande force. Ma priori- té est le développement

“Des rapports tendus avec la Région.”

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013

5

TRANSPORT

Et si le tram s’exportait dans l’agglo ?

Tram-train à Besançon : l’État commande une étude Le ministère du Développement durable demande au laboratoire Théma d’envisager les conséquences d’un tramway capable de se rendre à la gare d’Auxon, Saône ou Saint-Vit, en utilisant les rails existants. La Presse Bisontine dévoile les premières pistes.

Q uand le maire appren- dra que le ministère s’intéresse à son tram (1), en fera-t-il un nou- vel outil de communication ? Jean-Louis Fousseret le répète à l’envi : lorsque l’engin circule- ra, les Bisontins auront oublié leurs tracas. Mieux, ils récla-

phie de Besançon une étude sur le tram-train à l’échelle de l’agglomération bisontine. Objec- tif des chercheurs : évaluer les conséquences d’un tel équipe- ment et leur organisation à l’échelle des 58 communes. Maître de conférences en amé- nagement et urbanisme à l’université, Jean-PhilippeAnto- ni travaille sur le sujet avec une partie de son équipe. “Nous sommes à mi-parcours de notre recherche que nous rendrons en avril 2014, témoigne le géographe. Le but est d’émettre un scénario sur l’arrivée d’un tram-train et ses conséquences” dit-il. Le tramway, nouveau jouet des collectivités, serait à en croire les spécialistes un déplacement “désuet.” Aujourd’hui, l’avenir est au “tram-train”, un outil uti- lisé àMulhouse où ce dernier est capable de circuler sur les voies ferrées pour rejoindre Thann, situé à 20 kilomètres de la capi- tale départementale. Lorsque l’essence affichera 3 euros le litre, les habitudes de

meront de nouvelles lignes, scé- nario qu’a connu par exemple la ville de Strasbourg. Besançon pourrait suivre la même ligne. Le ministère du Développement Durable a commandé à l’équipe de recherche “Mobilités, ville et transports” du laboratoire Thé- ma de l’université de géogra-

Maître de conférences en aménagement et urbanisme à l’université de Besançon, Jean-Philippe Antoni explique les contours de l’étude tram-train.

patible avec un tram-train moyennant des adaptations lourdes” nuance ce dernier. Il confirme que “l’écartement des rails du tram est le même que celui de la S.N.C.F.” Ceci dit, les rames du tram livrées à partir de juin ne seront pas compatibles avec une cir- culation sur le réseau S.N.C.F. “Les exigences techniques (struc- tures, éléments de roulement, installations de sécurité) sont plus contraignantes pour le maté- riel circulant sur le réseau” avoue l’association des usagers des transports. Le tram-train semble finalement bien lointain. E.Ch. (1) : la même étude est réalisée pour la ville de Lyon

d’urbanisme et de modes de vie. Le laboratoire s’est fixé un cadre : “Nous avons ciblé un public : les pendulaires, ces personnes qui sont chaque jour en migration pour se rendre à leur travail. Aujourd’hui, la mobilité chan- ge. Les personnes voudront pro- fiter du transport pour faire une autre activité. On basculera alors dans un train basé sur le servi- ce” annonce le chercheur. Pour l’heure, le laboratoire n’est pas rentré en contact avec les élus locaux. L’association des usagers des transports de l’agglomération bisontine (A.U.T.A.B.) se montre “favo- rable à la perspective d’un tram- train,même si nous savons qu’elle est lointaine, dit son représen- tant Patrick Noblet. L’étoile fer- roviaire de Besançon est com-

circulation changeront si bien que l’État voudrait les prévoir. Grâce à des modèles informa- tiques, les géographes sont arri- vés à placer des nouvelles sta- tions de T.E.R. dans l’agglomération bisontine (voir le schéma). Ils ont préconisé des pistes pour installer les futures haltes en fonction de l’urbanisation “avec par exemple de vraies stations à École-Valen- tin, Miserey-Salines, aux Portes de Vesoul pour le Nord. Elles auraient leur cohérence. On crée- rait également des arrêts àGrand- fontaine, Thoraise…pour la par- tie ouest et vers Roche-Novillars ou Vaire-le-Petit pour l’est” explique Jean-Philippe Antoni. Toutes les pistes évoquées résul- tent de modèles informatiques combinant des critères

En rouge, d’éventuelles stations.

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013 L’ÉVÉNEMENT EN ATTENDANT LE LIVRE BLANC L’ARMÉE SERA-T-ELLE AU RÉGIME ? Les militaires et leurs familles représen- Retrouvez ce sujet en vidéo sur

6

tent 10 % de la population bisontine soit un poids économique de 330 millions d’euros à l’échelon régional. Si la capitale régionale accueille l’une des plus fortes présences militaires opérationnelles en France avec 4 931 soldats, renforcée en 2008, la publication prochaine du Livre blanc pose question et nourrit des inquié- tudes. À l’heure où la Ville reconvertit l’ancienne caserne Vauban désaffectée en éco-quartier, peut-elle éviter une érosion des effectifs voire des fermetures fonctionnement courant ? Quelles sont les sociétés qui profitent des chantiers à réaliser dans les différentes casernes ? Les militaires sont-ils de bons payeurs ? Quelles sont leurs habitudes de garnisons dans un contexte d’économie de 7 % du budget de

de consommation ? Éléments de réponse.

INTERVIEW Général de division Marc Foucaud

“Je serais étonné de voir le nombre de régiments augmenter” L’armée se prépare à de nouveaux changements en attendant la publication du Livre blanc appelé à réorganiser le système de défense français. Besançon, ville de garnisons, a-t-elle les forces pour éviter d’éventuelles restrictions ou ferme- tures ? Éléments de réponse avec le Général de division Marc Foucaud.

L a Presse Bisontine : Le Livre Blanc de l’armée doit divulguer les pistes en matière de défense jusqu’en 2019. Attendu début mars, sa publication est repoussée à avril. Quels sont les enjeux pour Besançon, première ville militai- re de la région ? Doit-elle craindre des rema- niements voire des fermetures de régiment ? Marc Foucaud (Général de division - État- major Force 1) : L’évolution majeure aujourd’hui, c’est la crise budgétaire et financière. L’enjeu est de définir comment malgré cette contrainte financière très lourde nous pouvons garder un outil de défense cohérent, une voix de notre pays qui porte ? En clair, comment rester en première division en déterminant les moyens humains et financiers pour cette phase 2014-2019. C’est en ce moment que se taille la maquette de défense du pays. Les enjeux globaux de ce Livre Blanc doivent définir l’ambition puis les moyens. L.P.B. : En tant que général, êtes-vous direc- tement impliqué dans les négociations ? M.C. : Non car je commande l’état-major de force numéro 1, un état-major tour- né vers l’opération. Je ne suis donc pas directement concerné par les réflexions. Ici, on subit les conséquences. L.P.B. : Subir les conséquences, cela veut-il dire que personne ne défend les intérêts de

nisons actuelles…

Besançon ? M.C. : La décision se prend depuis Paris avec des arbitrages parisiens. L.P.B. : Seul le lobby politique peut donc fai- re la promotion de Besançon ? M.C. : Oui, les politiques locaux ont leur rôle à jouer dans cette future carte. À mon niveau, je ne peux dire : “Telle for- mation va être créée, telle formation va être dissoute.” C’est aux politiques de jouer. L.P.B. : Franchement, vous n’avez aucune idée d’éventuelles restructurations ? M.C. : Je n’ai pas voix au chapitre. La

L.P.B. : En chef de commandement, redoutez- vous cette nouvelle réorganisation plus dure encore que celle instaurée en 2008 ? M.C. : Je ne connais pas le résultat du Livre Blanc mais je serais étonné de voir le nombre de régiments augmen- ter. Nous avons déjà perdu 54 000 hommes depuis 2008 (jusqu’en 2014). Nous nous sommes restructurés, avons mené une réforme très grande ampleur et rempli le contrat. L.P.B. L’ancienne réforme a-t-elle pesé sur le moral de vos hommes ? M.C. : Les militaires ont adhéré globa- lement. C’est dur. On ne peut pas élu- der le fait qu’il y ait eu 82 dissolutions d’unités et 47 transferts. Ce n’est pas rien car il y a des familles derrière cela d’autant que durant cette restructu- ration, les opérations se poursuivaient avec la Côte-d’Ivoire, la Libye, l’Afghanistan puis le Mali. L.P.B. : Quels sont les points pesant dans la balance en faveur de Besançon ? M.C. : Ici, il y a une forte implication avec deux grands états-majors, l’E.M.F. 1 et celui de la 7 ème Brigade blindée. Les régiments sont reconnus comme celui de Valdahon qui appartient à la 2 ème division blindée, héritière du géné- ral Leclerc et le 19 ème régiment du génie.

décision appartient au Président de la Répu- blique. À Besançon, il existe une cohérence du dispositif, une rationa- lisation et optimisation des moyens. Mais si demain on remet en cause la maquette actuelle de l’armée de terre, je pense que l’on dissoudra des unités. L.P.B. : Cela veut dire des disparitions ? M.C. : On ira chercher les unités là ou elles sont. C’est donc fatale- ment là où il y a des gar-

“Beaucoup de fiches de soldes.”

Le Général Marc Foucaud commande l’état-major de Besançon. Il rappelle les enjeux du Livre blanc pour Besançon.

Le point intéressant à Besançon est de posséder une concentration d’unités militaires avec une base de défense assurant le soutien. L.P.B. :L’autre force,c’est le camp duValdahon. M.C. : Effectivement.C’est important car le camp permet de manœuvrer et tirer. Il y a un centre de formation initial de militaires qui viennent de s’engager. Par ailleurs, la garnison de Besançon se sent bien ici dans la ville.

L.P.B. : Parce qu’ils sont en ville ? M.C. : Oui, parce qu’ils sont dans une ville de taille humaine. Tout se passe bien avec les élus, la population. C’est positif. L’armée professionnelle, c’est beaucoup de familles, des fiches de soldes, des enfants et une vie sociale à laquelle nous participons. De nom- breuses entreprises régionales tra- vaillent pour l’armée dans le cadre d’appels d’offres bien sûr. Nous avons un rôle dans la société. Propos recueillis par E.Ch.

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013

7

Les chiffres-clés Effectifs. 4 931 militaires en poste à Besançon dont 680 civils employés par lʼarmée et 1 204 réservistes, soit 7 243 personnes (fin 2012). 2 états-majors, 3 régiments, une vingtaine dʼorganismes et de services spécialisés. Cʼest lʼune des plus fortes présences militaires opé- rationnelles en France. Social. 1 800 foyers, 2 000 enfants sco- larisés. On dénombre 500 logements domaniaux ou conventionnés. 900 familles se logent dans le secteur civil. Économie. 330 millions dʼeuros en poids économique comprenant la masse sala- riale, les achats, les investissements. Lʼarmée est le premier acheteur et pre- mier investisseur public de France. La Défense représente plus des 2/3 des marchés publics de lʼÉtat et plus dʼ1/4 de lʼensemble des marchés publics des collectivités. Recrutement. 375 postes disponibles chaque année. Plus de 300 militaires reconvertis en Franche-Comté par an. Informations : cirfa.besancon@terre- net.defense.gouv.fr Budget de fonctionnement , groupe- ment de soutien de la base de défense de Besançon. Il comprend les dépenses liées à la vie courante. 2,3millions dʼeuros pour le 19 ème régiment du génie de Besan- çon, 2 millions dʼeuros pour le 13 ème régi- ment du génie de Valdahon. Opération. Chaque année, 3 000 mili- taires des unités franc-comtoises sont engagés en opérations extérieures. Gendarmerie. Viennent se greffer les effectifs de la gendarmerie (aujourdʼhui sous tutelle du ministère de lʼIntérieur, mais qui restent des militaires), soit 1 900 personnes pour toute la Franche- Comté, dont 520 dans le Doubs. Envi- ron 10 % de la population de lʼagglomération bisontine.

ÉCONOMIE Les entreprises locales 200 fenêtres à changer et une chaudière… L’armée est un chantier mobilisant des entreprises privées régionales. La société Cofely-Axima de Châtillon-le-Duc réalise 15 % de son chiffre d’affaires avec les militaires. C’est 5 % pour l’entreprise Tapon- not, spécialisée dans le B.T.P. Une autre, de menuise- rie, décroche un chantier de trois mois. Visite.

David, technicien en chauffage pour une entreprise extérieure, est affecté spécia- lement à la maintenance du chauffage des casernes.

15 heures, réunion de chan- tier. Au rez-de-chaussée d’un des trois bâtiments de la caserne Ruty à Besançon, deux salariés de l’entreprise Cofely-Axima s’affairent au chevet d’une des chaudières. La machine, plutôt bruyante, produit et distribue l’eau chaude réchauffant les bâtiments abri- tant les officiers de l’armée. Une des chaudières - en fin de vie - va être rem- placée par une autre, à condensation. “Elle consommeramoins. L’armée veut, elle aussi, faire une économie d’énergie” témoigne David, technicien de la socié- té Cofely. Le spécialiste du chauffage intervient tous les jours dans les casernes de Besançon. “Nous avons en charge l’entretien et l’exploitation des instal- lations de chauffage,de production d’eau chaude, des ventilations et climatisa- tion de la base de défense. Cela repré- sente 15 % de notre chiffre d’affaires” témoigne Vincent Coquiard, chargé d’affaires pour la société bisontine. Surveillance, réglage, entretien cou- rant, dépannage et maintien en état

de propreté des installations des casernes Joffre, Ruty, Brun, Hugo, Lyautey et Thoraise… rapportent 100 000 euros par an à la société. Elle est engagée jusqu’en 2015. “C’est un chantier important” synthétise le char- gé d’affaires. C’est d’autant plus vrai en période de crise économique. “Chaque entreprise répond à des appels d’offres” précise le Général Marc Foucaud qui aperçoit, depuis sa fenêtre, les travaux menés par une entreprise de menui- serie dont la mission est de remplacer 200 fenêtres de la caserne Ruty. C’est une firme jurassienne (Lons-le-Sau- nier) qui a remporté l’appel d’offres. Trois de ses salariés travaillent ici pour une durée estimée à trois mois. “Tra- vailler pour l’armée, ce n’est pas une première” témoigne Johan Montrollin, gérant. Les contraintes sont identiques à des chantiers civils, à une différen- ce : les salariés doivent montrer pat- te blanche avant de rentrer dans l’enceinte militaire. “C’est d’autant plus vrai en période Vigipirate” précise un militaire. Autre domaine imparti aux entreprises civiles : le terrassement. L’entreprise de travaux publics Taponnot basée à Ecole-Valentin réalise environ 5 % de son chiffre d’affaires avec les militaires. “Ce n’est pas un immense chantier mais c’est un complément, d’autant que ce sont de bons payeurs. On travaille en confiance” admet le chef d’entreprise dont les salariés interviennent sur la voirie, trottoirs, fuites d’eau et assai- nissement mais aussi transport de matériel. La base de défense bisonti- ne met d’attaque l’économie locale. E.Ch.

200 fenêtres seront remplacées à Ruty dans le cadre de l’amélioration énergétique.

POINT DE VUE Les militaires représentent 1 800 foyers “En treillis à Besançon, on ne vous dévisage pas”

Les militaires sont consommateurs et

L es militaires ont des principes. Lorsqu’ils quittent leur caserne pour la vie civile, ils enlèvent treillis et rangers pour redevenir des civils comme les autres. Parfois, par manque de temps, il arrive de déroger à la règle et ils déambulent du coup dans les rues bisontines en uniforme. “Mais à Besan- çon, contrairement àMarseille où j’étais affectée avant, on ne vous dévisage pas si vous êtes en treillis. On vous fait enco- re moins de remarques surtout si vous le parc civil. Arrivée en 2011 à l’état-major de Besançon, le capitaine Isabelle Casabianca évoque sa vie de militaire. Rencontre. acteurs de la vie locale. 900 familles logent dans

COMMENTAIRE Le maire “L’armée est la plus grosse entreprise de cette ville” Jean-Louis Fousseret assure qu’il sera “vigilant” à la sortie imminente du Livre blanc sur l’armée, pour préserver les contingents actuels à Besançon. La Presse Bisontine : Quel est votre rapport avec l’armée ? Jean-Louis Fousseret : Besançon et l’armée, c’est une histoire très ancien- ne. Je pense qu’ici les soldats sont comme des poissons dans l’eau. Ils ne sont pas seulement acceptés à Besançon, mais souhaités. Voir un militaire se balader en treillis dans les rues de Besançon n’a jamais choqué personne. Avec un peu plus de 5 000 militaires, et plus de 10 % des foyers par rapport à la population globale, l’armée fait partie inté- grante de notre ville. C’est aussi 2 000 enfants scolarisés et 500 loge- ments, c’est une vraie activité économique et sociale pour la ville. Il y aussi de vrais liens affectifs entre la ville et les militaires. Par exemple, nous avons envoyé de nombreux colis aux soldats présents en Afgha- nistan. Personnellement, je suis très attaché à ces rapports. Je comp- te bien que tout cela continue. L.P.B. : Justement, le Livre blanc de l’armée qui est en cours de préparation, vous donne-t-il des motifs d’inquiétude ? J.-L.F. : Je réaffirme mon soutien total aux militaires. Et je compte bien avancer ces arguments du poids économique qu’ils représentent pour défendre la position de Besançon dans ce Livre blanc. Ce document n’est pas encore finalisé et je serai très vigilant. J’ai envoyé un courrier à Jean-Yves Le Drian le ministre de la Défense pour avancer nos argu- ments, et je lui ai même rendu visite il y a quelques semaines à mon ministère. Si on devait enlever les militaires à Besançon, ce serait pour la ville comme une sorte d’amputation. Je suis confiant et attentif. Recueilli par J.-F.H.

Le capitaine Isabelle Casabianca arrivée il y a deux ans à l’État-major dit se “plaire” à Besançon.

te fois. Confort, elle est parvenue à trou- ver une place pour son bambin non loin de sa caserne. Spécialisée dans le domai- ne juridique, elle fait office de legal advisor (conseiller juridique) à l’État- major force 1. Comme la plupart de ses camarades, elle ne loge pas en caser- ne même si son mari est militaire de carrière. Aujourd’hui, avant d’être des acheteurs de biens immobiliers du Grand Besançon, les hommes de la défense sont aussi des locataires. Les 5 000 qui sont en poste à Besan- çon - soit 1 800 foyers et plus de 2 000

enfants scolarisés - logent dans 500 appartements domaniaux ou conven- tionnés. Les 900 autres familles se logent dans le secteur civil. Ce monde fait vivre le commerce local. Si officiers et sous-officiers déjeunent au mess (cantine militaire), il leur arrive de commander des plats cuisinés ou des pizzas dans les nombreux restaurants de la rue Bersot pour ceux en poste à la caserne Ruty.Anecdotique mais révé- lateur des liens qui se sont créés entre les deux mondes. Le temps de la “gran- de muette” semble révolu.

êtes une femme. L’armée est bien insérée. C’est agréable. Quand vous allez acheter votre pain avec l’uniforme, ça ne choque pas” confie le capitaine Isabelle Casa- bianca, qui conduit matin et soir son garçon âgé de dix mois dans l’une des crèches de Besançon… sans la tunique de militaire cet-

“Besançon, une ville agréable.”

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013

8

COMMERCE

Les banques refusent d’investir

Qui veut la peau d’Éco-Market aux 408 ? Les banques refusent d’investir dans le supermarché hallal malgré un développement constant depuis 2011. La raison : son implanta-

tion dans un quartier difficile. Comme une goutte d’eau, l’indemnisation tramway vient d’être refusée au gérant.

L e magasin “Ed” s’est cas- sé les dents. Trop d’insécurité, de vanda- lisme, il a baissé pavillon en 2011 laissant une surface commerciale vide au cœur du quartier des 408 rue Brûlard à Besançon. Au passage, 2 000 habitants se retrouvaient sans commerce. Un couac. Le 9 février 2011, Erdogan Eser arrive comme le sauveur en rou- vrant ce commerce de 800 m 2 . Comme “l’illuminé” aussi. Qui voudrait bien investir ici, dans un quartier que l’on dit incon- trôlable ? Ce Français d’origine turque n’a que faire des idées reçues et le prouve au fil des

mois. À l’image du supermar- ché qu’il a développé à Chenô- ve, quartier difficile de Dijon, il utilise les mêmes recettes et les applique à la sauce bisontine. Il vend des produits répondant aux attentes des habitants en vendant de la viande hallal et dialogue avec les fauteurs de troubles. Entre 2011 et 2012, Eco-Mar- ket voit son chiffre d’affaires croître. Si elle possède des camé- ras de vidéosurveillance, elle n’utilise pas d’agent de sécuri- té pour faire sa police. “J’avais tout prévu… mais sous-estimé que les banques refuseraient d’investir ici car je suis dans un

quartier difficile. Une banque me l’a écrit noir sur blanc !” explique le gérant, fataliste. Conséquence directe : il ne peut ainsi réunir la somme afin de racheter les murs mais trouve

Erdogan Eser (à droite) ici avec son frère a créé 10 emplois dans le quartier des 408 avec le magasin Éco-Market.

toutefois un accord avec Ed, propriétaire des murs (groupe Carrefour) pour être locataire le temps de trouver un banquier. Seu- le la Banque Populaire le suit à hauteur de 33 % de l’investissement.

Une implantation refusée au centre.

Pas suffisant. Aujourd’hui, la location qu’il paye est deux fois plus impor- tante que s’il devait rembour- ser un prêt pour acheter ses murs. Le gérant n’a pas sou- haité que nous communiquions la somme déboursée. Il a frap- pé à toutes les portes (Ville, pré- fecture), jusqu’à écrire au

ministre du Redressement pro- ductif pour chercher et trouver de l’aide. “J’ai créé 10 emplois, 2 postes d’apprentissage, 2 postes de stagiaire, dans un quartier ou personne ne veut aller sans aucune aide ni subvention. Je ne demande pas d’argent de la collectivité, juste un prêt pour financer des murs ! Oséo refuse de venir ici car cela ne fait pas trois ans que je suis installé. Si le public ne vient pas ici, le pri- vé ne viendra jamais. C’est illo- gique, dit-il. Je n’aurais jamais loué ce magasin avec un tel mon- tant de loyer si j’avais pu anti- ciper la lâcheté et l’hypocrisie des banquiers et autres institu- tionnels” reprend le gérant. Malgré cette épine dans le pied, son magasin affiche une pro- gression en chiffre d’affaires… sauf depuis juillet dernier, date des premiers travaux du tram- way. Depuis les coups de pelle- teuse, c’est un capharnaüm devant son magasin occasion- nant de nombreuses gênes. “Un jour, un fossé dans la chaussée ne nous permettait plus d’entrer sur le parking, photos à l’appui. Mon chiffre d’affaires est en bais- se mais la C.I.A.T. (commission indemnisation tramway) a refu- sé mon dossier le 13 décembre dernier. Logique, ils ont pris en compte mon chiffre d’affaires depuis un an et non depuis juillet dernier, moment où les travaux ont débuté” explique-t-il sans véhémence mais avec dépit. Un recours a été déposé… et sa

demande retoquée le 12 mars ! Comme une goutte d’eau de plus, son parking (privé) est réguliè- rement squatté par les locataires de Grand Besançon Habitat (G.B.H.). Le bailleur reste sourd aux réclamations du proprié- taire alors que des voitures-ven- touses y stationnent la nuit. G.B.H. que nous avons tenté de joindre n’a pas donné suite. Désabusé, le gérant se rend à l’évidence : “Si je n’ai pas le sou- tien d’une banque d’ici la fin de l’année, j’arrête tout” lâche le gérant qui aide les associations en matériel lorsqu’elles organi- sent des manifestations ou paie les maillots du club de foot local…qui a disparu cette année faute de repreneur. La fermeture de l’enseigne son- nerait le glas d’un commerce local déjà difficile à installer ici. Adjoint au commerce, Jacques Mariot dit “avoir fait son pos- sible en frappant jusqu’à la por- te de la préfecture pour aider Monsieur Eser.” L’élu au com- merce le “remercie d’être là” mais se montre impuissant. Les remerciements iront droit au cœur du chef d’entreprise. Pas sûr toutefois qu’ils l’aideront ! La Ville fait un vœu pieux… et omet de préciser qu’elle a refu- sé à M. Eser une implantation dans un autre quartier de la vil- le car le magasin ne vendait ni porc, ni alcool. Besançon aurait- elle un problème avec ce genre de commerce ? E.Ch.

SANTÉ

Clinique Saint-Vincent E.O.S. révolutionne la radiologie Le cabinet de radiologie de la clinique Saint-Vincent vient d’investir dans un nouvel appareil très performant tant au niveau de la qualité des images qu’il restitue, que de la très faible dose d’irradiation pour le patient. Cette technologie est issue des travaux de Georges Charpak, prix Nobel de physique.

L’ E.O.S. ne ressemble pas aux sys- tèmes d’imagerie traditionnels utilisés dans les cabinets de radio- logie. Derrière son apparence de cabi- ne de douche, cette machine est un petit bijou de technologie créé par une socié- té française E.O.S. Imaging. Cette entre- prise a développé un appareil qui est une application concrète des travaux de Georges Charpak, prix Nobel de phy- sique 1992. Un outil synonyme de révo- lution pour les praticiens qui l’utilisent. Sa particularité est qu’il “nous permet de réaliser une radiographie complète du corps dans sa position debout” remarque HervéVerdot, médecin radio- logue associé à l’équipe de radiologie de la clinique Saint-Vincent. Cela fait unmois et demi maintenant que l’E.S.O. a été installé dans ce cabinet bisontin. Ce nouvel appareil est une valeur ajou- tée par rapport à l’activité de la cli- nique dont une des spécialités est l’opération du rachis notamment chez l’enfant. Chaque année, 2 500 patients sont pris

EN BREF

Aborigènes Le Gymnase-espace culturel et la galerie Histoires Aborigènes vous invitent à découvrir l’exposition “Prendre la hauteur” du 30 avril au 26 mai. Cette exposition vous mènera à la rencontre de l’art aborigène du désert central australien. Installée au Gymnase-espace culturel de l’I.U.F.M. de Franche-Comté au Fort Griffon, cette exposition s’accompagne d’une programmation de visites, conférence et lecture. Capitalisme Le C.A.C. (Collectif pour des alternatives au capitalisme) organise le samedi 6 avril à 20 h 30 une projection, en présence de l’auteur, du film de Pierre Carles, Hollande, D.S.K, etc. Au cinéma Victor-Hugo. Débat après la projection. Tarif unique : 5 euros. Par ailleurs, le 3 mai, à l’Entrepôt (57, chemin de Halage de Casamène) à 19 h 30, projection du film Walter en résistance, en présence de Charles Piaget. Entrée gratuite, participation souhaitée. Livres Foire aux livres organisée par S.O.S. Amitié Besançon Franche-Comté vendredi 5 avril de 15 heures à 19 heures, samedi 6 avril de 10 heures à 19 heures et dimanche 7 avril de 10 heures à 17 heures au gymnase du 28, rue Fontaine-Écu à Besançon.

en charge dans ce cabi- net de radiologie pour des problèmes de colon- ne vertébrale. “On peut imager parfaitement les troubles de la statique chez l’adulte comme chez les enfants scoliotiques” poursuit Hervé Verdot. Pour obtenir ce résultat en quelques secondes seu- lement, “un mécanisme de balayage permet à deux capteurs d’images brevetés, l’un pour l’image de profil, l’autre pour l’image de face, de réali- ser la radiographie du

Le docteur Hervé Verdot, devant cette nouvelle machine qui permet de radiographier tout ou partie du corps de la personne qui se tient debout.

50 machines en service

radiologie traditionnelle “déjà très peu irradiants” remarque encore le Doc- teur Verdot. L’entreprise française a commerciali- sé une cinquantaine de ces machines à travers le monde dont une vingtaine en France. Il y a en a deux à Besan- çon, dont une dans ce cabinet privé de radiologie et l’autre au C.H.U. Ce nou- vel outil ne remplace pas les systèmes d’imagerie dont sont équipés les cabi- nets de radiologie mais il est complé- mentaire. T.C.

patient sur toute sa hauteur. Les clichés obtenus en 2D peuvent ensuite bénéfi- cier d’une modélisation 3D” précise la société. E.O.S. Imaging. En ayant une vue globale du squelet- te, les spécialistes peuvent affiner leur diagnostic et mieux détecter les sources d’une anomalie de la colonne verté- brale qui peut être liée aussi à un pro- blème de hanche ou de genou. La performance de cette technologie se situe également dans la dose d’irradiation du patient qui est envi- ron 10 fois inférieure aux systèmes de

dans le monde.

Le Meilleur Emplacement, c’est le Meilleur Placement !

Rue Proudhon/Square St Amour • Besançon

SMCI signe ici sa toute dernière édition immobilière, fidèle à l’exigence de prestige du groupe immobilier. Le Cours Saint-Amour, prestigieuse résidence située dansl’un des plus agréables quartiers de Besançon, est dotée des plus beaux arguments. Une situation privilégiée, les avantages d’une vie facile en centre ville, la sérénité d’un cadre de vie préservé ! Optez donc pour la garantie optimale d’un investissement patrimonial de cœur de ville... Un emplacement rare et unique, des prestations de haute qualité, les garanties SMCI, bref, un bien d’exception dont les éléments fondamentaux en font une valeur sûre.

12 rue Gambetta - 25000 Besançon 03 81 25 05 25 www.smci-fc.fr

L’agence privée

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 142 - Avril 2013

10

POLÉMIQUE Accessibilité des handicapés

Besançon mauvais élève ? Dans son dernier rapport classant les villes de France selon leur accessibilité aux handicapés, l’association des paralysés de France (A.P.F.) classe Besançon au 76 ème rang. Un bulletin de notes annuel qui ne fait pas plaisir à Jean-Jacques Demonet, l’élu municipal en charge de cette question. Explications.

“F orcément, ce baro- mètre qui nous pla- ce dans les villes les moins accessibles ne nous satisfait pas mais ce n’est pas inattendu !” lance d’emblée l’élu qui explique cette chute : “Sur le Grand Besançon, les transports urbains fonctionnent à 60 % avec des bus équipés. La loi nous oblige à mettre en pla- ce un transport de substitution d’ici 2015, ce que nous avons déjà fait mais ce n’est pas pris en

Sur le reste des dossiers dont il a la charge, il a là aussi quelques difficultés à comprendre ce clas- sement. “Nous faisons des efforts importants dans les écoles, les piscines, à la gare L.G.V., etc. Prenez aussi l’exemple de la gare Viotte avec l’installation de quatre ascenseurs.” Bien sûr, toutes les constructions neuves sont réa- lisées avec la mise en confor- mité qui s’impose. Chantiers plus difficiles quand il s’agit d’adapter des sites classés : “9

considération dans ce classe- ment !” D’ores et déjà en effet, sur 18 des 59 communes de la C.A.G.B., Ginko Access assure un service en porte à porte, au prix du transport urbain. “Nous sommes d’ailleurs victimes de notre succès” ajoute M. Demonet en avançant le chiffre de 700 personnes utilisatrices. Il ajou- te également pour clore ce volet transport : “Le tram sera quant à lui totalement accessible aux personnes handicapées.”

Le point de vue de l’A.P.F. du Doubs Directeur de la délégation départementale de l’A.P.F., Étienne Kauffmann apporte son analyse sur le classement très médiocre infligé par son association à la ville de Besançon. Les reproches existent évidemment mais avec quelques bémols. “Dʼ un côté certaines villes en France ont beaucoup avan- cé et dʼautres stagnent dʼoù cette chute de Besançon qui depuis les dernières élections de 2008 a consi- dérablement réduit lʼimportance de sa mission handicap. Ce nʼest sans doute plus une priorité. Il faut des crédits ailleurs…” Constat amer de ce responsable qui déplore également lʼabsence de réunions de la commission accessibilité de lʼagglo depuis juillet 2011 : “Comment voulez-vous dans ce cas faire remonter les difficul- tés ?” interroge-t-il, irrité par la situation. Toutefois, le représentant de lʼA.P.F. admet que Besançon joue de malchance dans ce classement, étant dʼune part pénalisée par la piètre accessibilité des cabinets médicaux privés sur laquel- le la ville nʼa aucune influence, critère qui compte néanmoins dans la note finale. Notation par ailleurs établie selon une grille qui ne prend pas en compte le service Ginko Access qui assure pour- tant un ramassage au porte à porte pour les personnes handica- pées. “Mais ce service est saturé et ne peut plus répondre à la demande. Notre position est de favoriser lʼinclusion, quʼune per- sonne handicapée puisse prendre les mêmes transports que tout le monde, à toute heure selon son choix, sans avoir besoin de réserver parfois longtemps à lʼavance.” Le tram répondra à cet- te attente, mais en 2015. “À ce moment-là cʼest évident, Besan- çon fera un grand bond dans notre classement !” concède-t-il, comme il admet également volontiers la volonté affichée par la ville et lʼagglo de rendre les services et bâtiments publics acces- sibles. “Tout irait beaucoup mieux si la mission handicap avait les moyens de faire du bon travail” conclut Étienne Kauffmann.

lieux de culte seront accessibles d’ici à la fin de l’année. Dont l’église Saint-Pierre grâce à une concertation constructive avec l’architecte des bâtiments de France.” La liste des dossiers traités par l’élu serait trop longue à détailler ici. Jean-Jacques Demonet ne souhaite donc pas se lamenter outre mesure sur ce mauvais point de l’A.P.F. : “Nous travaillons sur toute l’ag- glo avec une soixantaine d’as- sociations représentant tous les types de handicaps. Elles nous font remonter leurs demandes d’après leur vécu sur le terrain et nous travaillons aussi avec elles en amont des dossiers” conclut-il, serein quant à la réa- lité du jugement des personnes handicapées qui vivent dans le Grand Besançon. D.A. Jean-Jacques Demonet connaît parfaitement les difficultés d’accès des handicapés dans le Grand Besançon.

Divers aménage- ments sont effectués dans les rues en plus des efforts de mise aux normes des bâtiments.

LIVRE

Le “Dictionnaire du sport au féminin”

“Entraîneuse” et “sauteuse” :

demandez la définition

“L es dictionnaires sont tous misogynes” dit Christia- ne Tetet, docteure à l’Uni- versité de Franche-Com- té, qui répare pour le coup toutes les discriminations faites par Le Petit Robert ou le Larousse. Tous, sans exceptions, ont laissé sur la touche les femmes sportives. “Pour la définition de marathonien dans Le Petit Robert, le mot masculin apparaît en 1896. Or, personne ne dit qu’il appa- raît en 1964 lorsqu’une femme court pour la première fois un marathon” précise la chercheuse bisontine qui publie un ouvrage de 300 pages dont “le produit des ventes abondera un fonds de soutien au sport féminin” tient à souligner l’auteure, avec un “e” cet- te fois. Ce dictionnaire met fin à l’invisibilité linguistique des femmes dans le sport. “Dictionnaire du sport au féminin”. L’ouvrage donne à la femme sportive, trop souvent ignorée des lexicologues, sa légitimité dans la langue. La Bisontine Christiane Tetet, docteure en linguistique, publie le

1 400 termes pour la nommer, plus de 3 000 citations extraites d’environ 200 textes des XIX ème et XX ème siècle sont inclus dans cet ouvrage. Quitte à cas- ser les codes, Christiane Tetet rappelle pourquoi il ne faut pas craindre d’uti- liser le terme “entraîneuse”. “Lorsqu’ils sont employés dans un contexte, on les comprend. Exemple : l’entraîneuse de handball. Ce sont surtout la généra- tion des 50 ans qui a des difficultés à l’utiliser.” D’ici 2014, les journalistes sportifs devront apprendre à manier le terme “sauteuses”. “Les femmes accèdent au saut à ski aux prochains J.O. C’était une des dernières inter- dictions.”

Commander le livre : Maison régionale des sports, 3 avenue des Montboucons à Besançon. Prix : 35 euros. Le produit des ventes abondera un fonds de soutien au sport féminin

La cycliste et la selle.

Pied de nez à l’histoire, l’universitaire a choisi une photo de cyclistes féminines en 1920… période où les médecins pensaient que la selle “donnait des sensations aux femmes !” Cet ouvrage n’est pas dis- ponible en librairie mais au Comité régional olym- pique et sportif ou au C.D.O.S. (comité dépar- temental). La préface est de Valérie Fourneyron, ministre des Sports.

Le dictionnaire du sport au féminin rend hommage aux sportives.

Made with FlippingBook Online newsletter