La Presse Bisontine 168 - Septembre 2015

Mensuel d'informations de Besançon et du Grand Besdançon

àpartir de MONTURE+2VERRES RÉSISTANTSAUXRAYURES 99 *

Major LeagueBaseball trademarks and copyrights are usewith permission of Major LeagueBaseballProperties, Inc. VisitMLB.com

BESANÇON 8 place de la Révolution C.C. Ile de France 67 rue des Cras www.opticiens-mutualistes-doubs.fr

*conditionsenmagasin

2, € 60

- RÉGIEPARLECODEDELAMUTUALITÉ-SIREN775.571.276

Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon www.presse-bisontine.fr SEPTEMBRE 2015 N° 168

L’ARGENT DES P.V. À BESANÇON

De nouvelles amendes à 135 euros. Comment la mairie peut accorder certains avantages…

L’ÉVÉNEMENT en p. 6 et 7

LE DOSSIER p. 18 à 23 Emploi : L’effet frontalier se ressent jusque dans le Grand Besançon

TRANSPORT p.8 La grogne des commerçants inquiets des travaux du futur transport en site propre

CHATEAUFARINE - BESANÇON - PONTARLIER

*Jusqu’au 19/09/2015 - sur le moins cher, hors promos et prix nets

Rédaction : “Les Éditions de la Presse Bisontine” - B.P. 83 143 - 1, rue de la Brasserie - 25503 MORTEAU CEDEX - Tél. 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81 - redaction@groupe-publipresse.com

RETOUR SUR INFO

2

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

“Ce n’est pas l’eau qui se transforme mais les appareils”

L’actualité bouge, les dossiers évoluent. La Presse Bisontine revient sur les sujets abordés dans ses précédents numéros, ceux qui ont fait la une de

Été Besançon ne sera jamais une ville touris- tique ou festive, c’est comme ça. La ville a beau disposer d’un patrimoine bâti excep- tionnel, d’une situation géographique pri- vilégiée à quelques encablures de la Suis- se et de l’Allemagne, d’un cadre naturel unique, il manque l’essentiel : la culture touristique. Nous sommes le 24 juillet, au cœur de la saison estivale, dans l’épicentre de la ville question restaurants : la rue Bersot. 14 h 02 : des touristes cherchent une table pour se restaurer. Ils écument cinq adresses différentes, essuient cinq fois la même réponse négative : “On ne sert plus après 14 heures…” Comment, avec un discours pareil laisser une image accueillante à des touristes éberlués qui n’ont eu d’autre choix que de se rabattre sur la première sandwicherie venue ? Le tourisme n’est pas dans la culture des com- merçants bisontins, elle ne l’est pas plus dans celle des élus de cette ville. Autre épisode de l’été, même rue Bersot. Mi- juillet, trois cafetiers de la rue se voient infliger par la Ville l’interdiction de déployer leur terrasse le soir durant une semaine. En pleine canicule, au cœur de l’été, ces commerçants sont punis au motif que régu- lièrement la clientèle déborde un peu d’enthousiasme dans cette rue où cafés et riverains font de moins en moins bon ména- ge. Bien sûr, la législation française est tel- le aujourd’hui qu’avec l’interdiction de fumer dans les établissements, le seul moyen de griller une cigarette est de le faire dehors. Ces mêmes cafetiers, concurrents, mais poursuivant le même objectif de dynami- ser leur ville, se sont unis, avocat à l’appui pour tenter de faire entendre raison aux autorités municipales qui ont décidément bien du mal à adopter une position cohé- rente sur cette sempiternelle question des nuisances sonores. C’est en revenant de congés, après avoir fréquenté et traversé de nombreuses villes “vraiment” touris- tiques que l’on se rend compte à quel point Besançon est à la traîne. On déplore un centre-ville qui se meurt - il faut dire que la politique en matière de stationnement y contribue largement - et en même temps on décourage toute initiative pour le faire vivre. Pour ce pas avoir à faire face à leurs responsabilités, les élus de Besançon ont reporté à septembre une réunion sur la tranquillité publique et les nuisances sonores initialement prévue le 9 juillet, cela parce que la tenue de cette réunion avait été éventée sur les réseaux sociaux. La mai- rie de Besançon n’a pas encore su, à part quelques mesurettes inappliquées, traiter efficacement la question des nuisances sonores, tout comme les commerçants eux-mêmes ne savent pas attirer et rete- nir le chaland. Difficile ensuite de s’afficher ville touristique… Jean-François Hauser Éditorial

l’actualité de Besançon. Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”.

Une amélioration pour les rotations héliportées

L’ hélicoptère du S.M.U.R. et Dragon 25 peuvent désormais atterrir et décoller ensemble sur le site du C.H.R.U. grâce à la nouvelle hélistation. En moyenne, ce sont 3,8 vols par jour pour secourir ou transporter les malades. L’hélistation de l’hôpital Jean- Minjoz reste rarement inactive. De jour, com- me de nuit, les hélicoptères atterrissent ou décollent pour porter secours ou pour prendre en charge des transports inter-hospitaliers. Depuis le 20 octobre dernier, un nouvel héli- coptère (celui du S.M.U.R.) en plus de Dragon 25 est venu renforcer la prise en charge de l’urgence. L’hélismur gère tous les transferts des urgences entre hôpitaux de la région. Pour se mettre aux normes, et surtout pour pouvoir accueillir jusqu’à trois appareils en même temps, une nouvelle piste a été créée pour un coût global de 500 000 euros. Les travaux ont duré quatre mois. Ils se sont terminés le 18 juin. Trois hélicoptères peuvent se poser. L’avitaillement d’un ou deux hélicoptères est possible. C’était une condition nécessaire pour améliorer la prise en charge des secours aux

personnes dans la région. Le bilan de l’activité de Dragon 25 et de l’hélismur entre le 20 octobre et le 31 mai fait état de 1 069 demandes d’interventions héliportées soit 4,8 demandes par jour. 775 (72 %) ont pu être réalisées par l’un ou l’autre des hélico- ptères, soit en moyenne 3,5 vols par jour (et 3,8 vols en 2015). Une activité soutenue. “46 % des 775 missions effectuées sont des trans- ports inter-hospitaliers (patient transféré d’un hôpital à un autre) et 54 % exécutées sont des primaires réalisées à 55 % par Dragon 25 et 45 % par hélismur” explique l’hôpital. Les héli- coptères qui peuvent atterrir de jour comme de nuit à Besançon doivent parfois composer lorsqu’ils se déplacent. À l’hôpital de Saint- Claude dans le Jura, mais aussi Lons-le-Sau- nier, il n’existe pas d’hélistation. Les engins se posent sur des terrains de foot. Pontarlier, dont les travaux sont en cours, disposera d’un ser- vice tout comme le nouvel hôpital de Belfort- Montbéliard. L’hélicoptère de la Rega (Suisse) interviendra de son côté toujours sur la ban- de frontière.

Christophe Lime, adjoint à l’eau et l’assainissement, répond aux accusations selon laquelle l’eau de Besançon deviendrait de plus en plus calcaire.

D ans le numéro de mai de La Presse Bisontine, un article était consacré aux conséquencesducalcaire pré- sent dans l’eau du robinet à Besançon. Trois témoignages d’habitants de Besançon met- taient en exergue la panne de leur chaudière, pourtant récen- te. Selon lediagnosticétabli par un professionnel venu réparer lesappareils, l’eaudeBesançon en était la cause. La Ville de Besançon via son service eau et assainissement (mutualisé avec la C.A.G.B.) a enquêté et répond à une accusation selon laquelle l’eaudeviendraitdeplus en plus chargée en calcaire. Réponse de Christophe Lime, adjointàl’eauetl’assainissement: “Les pourcentages de la dure- té en calcaire de l’eau n’ont pas changé à Besançon. Ce n’est pas l’eau qui se trans- formemais les appareilsména- gers” dit-il. L’élu admet que la Bisontine est une eau dite “dure” notamment pour le puits de captage de l’est bisontin, moins pour celui de Chene- cey-Buillon. “Nous nous tenons dans lamoyenne haute en Fran- ce, c’est vrai mais le premier problème vient des fabricants, pas de la collectivité.” Les fabri- cants conçoivent en effet des

chaudières toujours moins énergivores mais fragiles. Un entretien régulier est donc nécessaire. “On connaît ce type de problème de chau- dières encrassées, poursuit Christophe Lime. À la Ville de Besançon, nous avons des appareils de mesure. Les ins- tallateurs devraient en être équi- pés et conseiller les clients… en leur expliquant qu’il ne faut pas chauffer trop l’eau.” Le directeur du service de l’eau abonde dans ce sens : “Il faut trouver la bonne température et ne pas hésiter à mettre du vinaigre blanc pour détartrer son lave-vaisselle, ses robi- nets…C’est simple à faire. On peut ajouter du bicarbonate de soude. C’est nettement plus écologique que les produits vendus et moins cher !” Les adoucisseurs d’eau, Chris- tophe Lime les déconseille : “D’abord, le calcaire est bon pour la santé. Avec l’adoucisseur, on retrouve davantage de bactéries. Il fra- gilise les installations.” Bref, un entretien régulier avec une giclée de vinaigre blanc et une eau pas trop chauffée par la chaudière devrait éviter bien désagréments et des dépenses.

L’hélismur (notre photo) et Dragon 25 peuvent cohabiter sur l’hélistation de l’hôpital Minjoz à Besançon grâce à une nouvelle plate-forme.

Le B.T.C. fait sa métamorphose

chauffage permettra de garantir une tem- pérature minimale offrant ainsi aux prati- quants la possibilité de jouer en hiver dans de meilleures conditions” détaille Patrick Ayache, le président du club. Plus globalement, il s’agit également d’une reconquête des adhérents et de nou- veaux pratiquants dans une période ou les effectifs de licenciés en tennis dimi- nuent sur le plan national. Parallèlement à ces grands travaux, le gérant du club- house devrait aussi engager des travaux d’agrandissement et d’amélioration du restaurant attenant au club. Le B.T.C. nouveau présentera ses nouvelles ins- tallations en novembre. D’ici là, les ins- criptions pour la nouvelle saison sont ouvertes au 18, rue de Trépillot (03 81 50 07 10 ou besancon-tennis- club.fr).

L e Besançon Tennis-Club, qui compte parmi les troisprincipauxclubsde ten- nis de Franche-Comté en nombre de licenciésfinaliseactuellementunvastechan- tier deconstructiondetroisnouveauxcourts couverts et chauffés en résine, en lieu et place des historiques courts en terre bat- tue. Avec l’aide de ses partenaires (Ville, Région, Département et Fédération fran- çaise de tennis), le B.T.C. investit quelque 880 000 euros, dont plus de 200 000 auto- financés par le club. “Nous réalisons ces travaux avec comme objectif, parmi d’autres, de mieux accueillir les prati- quants en leur offrant des conditions de jeu du meilleur niveau. Nous avions aus- si, dans ce même objectif, décidé de renoncer à un club entièrement “terre bat- tue” qui ne correspondait plus aux attentes d’une partie de nos adhérents. Enfin, le

est éditée par “Publipresse Médias” - 1, rue de la Brasserie B.P. 83143 - 25503 MORTEAU CEDEX Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81 E-mail : redaction@groupe-publipresse.com S.I.R.E.N. : 424 896 645 Directeur de la publication : ÉricTOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-FrançoisHAUSER Directeur artistique : OlivierCHEVALIER Rédaction : ÉdouardChoulet,ThomasComte, Jean-FrançoisHauser. Co ntact publicitaire : FrançoisROUYER au0670109004 Imprimé à I.P.S. - I.S.S.N. : 1623-7641 Dépôt légal : Août 2015 Commission paritaire : 0217I79291

Trois nouveaux courts chauffés en résine viendront dès cet automne compléter l’offre tennis au B.T.C.

Crédits photos : La Presse Bisontine, Festival de musique, Kiwanis-Besançon.

cuisines-schmidt.com

À PARTIR DE 6400€ ** Électroménager inclus

HAPPY BIRTHDAYS * Du 10 au 26 Septembre

SALM SAS – RCS COLMAR B 326 784 709 - Crédit Photo personnage : Istockphoto - Photos non contractuelles

*Les joursanniversaire. **Prixde vente conseillé,électroménager inclus,surunesélectiondecuisinesSchmidtmodèleARCOSMAT,selon le plan d’implantation promo Schmidt dont le descriptif est consultable en magasin ou sur www.cuisines-schmidt. com. Prix valable du 10 au 26 septembre 2015 hors livraison, pose, et accessoires. Modèle présenté partiellement surce visuel :modèleARCOS3D,d’unprixde venteconseilléde7082€TTCélectroménager inclusetARCOS,d’un prix de vente conseillé de 6 718 € TTC électroménager inclus dans la configuration du plan d’implantation promo Schmidt consultable en magasin ou sur www.cuisines-schmidt.com, valable jusqu’au 26/09/15 hors livraison, pose et accessoires. Détails et conditions des offres sur www.cuisines-schmidt.com et dans les points de vente partici- pants.Prisesde vues illustrativesetnon contractuelles.

L’INTERVIEW DU MOIS

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

4

POLITIQUE

François Sauvadet “Il n’y a pas de match Besançon-Dijon”

L a Presse Bisontine :Avoir choisi Besançon pour faire votre premier déplacement de candidat officiel au début de l’été, c’était juste un symbole ? François Sauvadet : C’est plus que cela. J’ai tenu à venir en premier à Besançon pour montrer que nous réussirons cette grande région qui s’étend de la frontière suisse aux bords de Loire uniquement si on joue gagnant-gagnant entre les territoires. Bien sûr il faudra parler du débat entre Besan- çon et Dijon mais il ne faut pas non plus que les autres villes de cette future région ne soient que spectateurs de ce débat. Je sens beaucoup d’agitation chez les deux présidents sortants à ce sujet, mais entre Franche-Comté et Bourgogne, les lois de l’équilibre ne doivent pas non plus être la voie de la dispersion. On sait aussi que le contexte budgétaire sera toujours aussi tendu pour la future région et que les éco- nomies annoncées ne seront pas au ren- dez-vous. Tout cela est de l’enfumage. Je serai le meilleur garant de l’équilibre entre les deux régions. C’est autre chose que de dire comme le fait Marie-Guite Dufay qu’elle veut préserver les intérêts de la Franche- Comté. L.P.B. : Quels seront les dossiers prioritaires de la future région Bourgogne-Franche-Comté ? F.S. : Je souhaite bien évidemment que nous travaillions à l’emploi et à l’économie. La situation locale n’est pas reluisante. Là où en France on a un taux de disparition d’entreprises de l’ordre de 0,5%, en Franche- Comté, on est à 2,5 % et en Bourgogne à 4 % On comptera cette année 2 400 défaillances d’entreprises sur le territoire. Ce n’est pas normal aujourd’hui que nous n’ayons engagé que 75 % des fonds euro- péens disponibles au bénéfice de l’innovation, avec le risque d’en perdre. L.P.B. : Vous avez des idées à émettre à ce sujet ? F.S. : Si je suis élu président de cette gran- de région en décembre, la première chose que je ferai est la création d’un pôle de stra- tégie européenne et ce pôle sera basé à prochain est entré en campagne. Comme un symbole, le Bourguignon avait tenu sa première conférence de presse à Besançon. Première interview. Le chef de file de la droite et du centre pour les élections régionales de décembre

François Sauvadet fera sa rentrée politique dans le Doubs à Gilley aux côtés de Nicolas Sarkozy le 5 septembre.

F.S. : Nous n’avons pas d’autre choix que de jouer ensemble et nous avons l’obligation de réussir cette fusion. La Franche-Com- té, avec son agriculture, son industrie, ses 230 km de frontière avec la Suisse, est d’ailleurs une formidable chance pour la Bourgogne. Il n’y aura pas dematch Franche- Comté contre Bourgogne pas plus qu’il y aura un match Besançon-Dijon. Pour que cette fusion soit une réussite, il faut que les choses soient efficientes, opérationnelles et équilibrées. Pour arriver à cet équilibre entre les territoires, j’ai d’ailleurs deman- dé à Jean-Louis Fousseret de le rencontrer comme je l’avais demandé à Alain Millot l’ancien maire de Dijon (décédé cet été) pour discuter avec eux des conditions dans lesquelles on pourra organiser les choses au mieux. Par ailleurs, je ne veux pas qu’il y ait de territoires oubliés à l’occasion de cette fusion. Dans un autre geste de proxi- mité, j’ai réuni les six présidents de droi- te et du centre des Conseils départemen- taux des deux régions actuelles. Ma main est également tendue aux deux autres Conseils départementaux de gauche, la Haute-Saône et la Nièvre. Avec les six Conseils départementaux, nous avons déjà convenu de travailler régulièrement ensemble sur cette notion de territoires. Il paraît tout de même étonnant que ces der- niers n’aient même pas été associés aux discussions relatives à la fusion des régions ! Nous organiserons donc une conférence territoriale régulièrement avec eux. Dans les huit départements de la future région, ils gèrent quand même un budget global de 3 milliards d’euros, soit le double du futur budget régional. L.P.B. : Comment transformer cette réforme que vous n’avez pas votée en opportunité pour cette future région qui restera une des plus faibles de France ? F.S. : Sur le plan géographique, ce sera une assez grande région mais c’est vrai que du point de vue du P.I.B., elle sera une des plus faibles de France. En même temps,

elle restera la principale région industrielle de France, il s’agira donc de la faire entrer dans l’ère du 4.0. Surtout, cette région sera avec sa qualité de vie une des plus attrac- tives de France. Nous ferons en sorte qu’elle devienne un territoire avec une qualité de vie au service de l’emploi. Cette région ira des montagnes du Jura aux bords de Loi- re avec un panel de paysages extraordi- naire et la proximité immédiate des grands axes, des pays comme l’Allemagne, la Suis- se ou l’Italie et aux portes de Lyon et de Paris. Nous pourrons faire de cette situa- tion géographique une vraie chance. Nous redonnerons de la fierté à cette région. L.P.B. : Elle en manque de la fierté ? F.S. : Il faut bien reconnaître que jusqu’à maintenant l’actuelle présidente de la Région Franche-Comté a joué petits bras. Il faut désormais changer de braquet, redon- ner de l’allant et de la fierté à cette région. Nous avons des atouts considérables pour pouvoir rayonner à l’international. L.P.B. :Vos têtes de liste départementales sont choi- sies. Dans la douleur ? F.S. : Les commissions nationales d’investiture de l’U.D.I. et des Républicains ont désigné ceux qui mèneront le combat à mes côtés et je m’en réjouis. Les têtes de listes dépar- tementales sont désormais connues. Pour les quatre départements francs-comtois ce sera Florence Besancenot dans le Terri- toire-de-Belfort, Patrick Genre dans le Doubs, Hélène Pélissard dans le Jura et Alain Joyandet enHaute-Saône qui a accep- té cette responsabilité. Le sujet pour moi, c’est le rassemblement d’un maximum de gens compétents pour que les choses chan- gent dans cette région. Je mettrai tout mon poids afin que tout le monde se sente à l’aise dans ce rassemblement que je veux le plus large possible. Il faut me faire confian- ce pour que toutes les tensions qui sont nées ici ou là s’apaisent très vite. Une page est tournée, une nouvelle s’ouvre. Mainte- nant, il faut faire campagne pour les gens

de cette région. C’est ça le changement à apporter. L.P.B. : Le rassemblement, vous le préconisez jus- qu’où ? F.S. : Si l’U.D.I. ou les Républicains étaient capables de gagner seuls, ça se saurait depuis longtemps. C’est pour cela que l’on a choisi l’union. Je souhaite d’ailleurs que ce rassemblement aille jusqu’au MoDem. L’union n’est pas une option quand on a le F.N. aux trousses. C’est une obligationmora- le et politique. À partir de la rentrée, nous sommes en ordre de marche. Je remarque d’ailleurs que la gauche a beaucoup plus de travail devant elle pour réussir l’union. L.P.B. : Votre avis sur l’aéroport de Dole ? F.S. : Les responsables régionaux ont loupé le coche en voulant un aéroport sans avions aumotif que le contribuable régional n’avait pas à payer de subventions pour faire venir des compagnies low-cost . Si je suis élu, je soutiendrai bien évidemment l’aéroport de Dole. Je pose la question à Marie-Guite Dufay : quelqu’un qui prend le T.G.V., il est bien subventionné par la Région ? Tout le monde a payé pour Besançon, Dijon ouMul- house et à ce motif-là il ne faudrait pas accepter de Suisses ou de Parisiens dans nos trains ? Ce raisonnement est absurde. Ceci dit, deux aéroports, ce n’est pas tenable. Il faut maintenir juste une aviation d’affaire sur Dijon et un aéroport régional sur Dole. L.P.B. : Quelle sera la marque de fabrique Sauva- det pour la future région ? F.S. : Jusqu’à maintenant, le P.S. se conten- tait de parler aux socialistes. Je veux d’abord un changement de méthode : que la futu- re Région parle à tous les habitants de ce territoire, sans gommer les différences mais en faisant en sorte qu’aucun territoire ne soit oublié. Nous sortirons d’une région simplement administrée pour entrer dans un développement stratégique.

Bio express François Sauvadet est né le 20 avril 1953 à Dijon, il est vice-président de l’U.D.I. Il est président du Conseil général de la Côte-d’Or depuis mars 2008. Le 29 juin 2011, il est nommé ministre de la Fonction publique dans le troisième gouvernement François Fillon, à la faveur d’un remaniement qui fait suite à la désignation de Christine Lagarde à la tête du F.M.I. En juin 2012, il est réélu député de la Côte-d’Or. Il participera ensuite à la création de l’U.D.I. avec Jean-Louis Borloo. Le 21 avril 2015, il déclare sa candidature à la présidence du Conseil régional de Bourgogne- Franche-Comté, en concurrence avec Alain Joyandet, qui s'était porté candidat en décembre 2014. Il sera finalement retenu au détriment du sénateur de Haute-Saône suite à l’accord national entre l’U.D.I. et les Républicains.

Besançon. Il aura vocation à permettre à tous les acteurs économiques de leur simplifier l’accès aux crédits européens. Le délai d’obtention d’un crédit euro- péen est actuellement de 20 mois. Ce n’est plus pos- sible. Parallèlement à la création de ce pôle euro- péen sur Besançon, nous allons densifier notre pré- sence sur Bruxelles. L’objectif est que la Bour- gogne-Franche-Comté devienne une terre beau- coup plus attractive. J’ai demandé au députéArnaud Danjean d’animer cette cel- lule européenne. L.P.B. : Quelles sont les condi- tions de la réussite de cette fusion ?

“Les économies

annoncées ne seront pas au rendez-vous.”

Propos recueillis par J.-F.H.

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

5

TECHNOLOGIE Société Afone Le Wi-Fi gratuit arrive au centre-ville

Une expérimentation de trois ans démarre en cette fin d’été à Besançon. Des bornes permettant l’accès gratuit au Wi-Fi ont été installées à plusieurs endroits du centre-ville.

blissements” indique le maire de Besançon. Plusieurs villes ont déjà contractualisé avec la sociétéAfone, notamment Dijon, Mulhouse, Strasbourg, Nice ou encore Angers, et plus récem- ment Paris qui a déjà couvert certains quartiers. “Mais le poten- tiel le plus important est sur Besançon car cette ville a de l’avance avec son réseau Lumiè- re” commente ReynaldWerquin, le responsable de la société Afo- ne basée dans la région d’Angers. Ce dernier estime que “désor- mais c’est l’audience qui fixe la qualité d’un réseau, ce n’est plus les abonnements.” Les annonceurs susceptibles de communiquer via ce réseauWi- Fi bisontin pourront pratiquer le “géo-fencing”, c’est-à-dire qu’ils pourront cibler une zone de cha- landise bien précise pour faire passer leurs messages. “Par exemple un restaurant pourra dire qu’il offre le café ce midi, et cette publicité pourra être dif- fusable sur les smartphones dans un rayon de 200 m autour de son établissement” illustre le spé- cialiste. Pour un commerçant, il en coûtera “entre 20 et 40 euros par mois selon les messages qu’il voudra faire passer” ajoute M. Werquin. Le système peut aller encore plus loin : quand il sera disponible autour du stade, une application enrichie pourra don-

Une petite vingtaine de bornes seront progressivement instal- lées depuis la gare jusqu’à l’intérieur de la Boucle, via Bat- tant et Granvelle. Plus tard, le stade Léo-Lagrange “et pour-

T outes les 30 minutes, accepter de recevoir sur son smartphone une publi- cité locale : c’est ainsi que sera financé le nouveau service de Wi-Fi gratuit au centre-vil- le de Besançon à partir de la rentrée. Géré par l’opérateur privé Afone, ce système Wi-Fi sera expérimenté sur trois ans, et certainement reconduit ensui-

quoi pas le tram- way” pourraient être concernés par ce Wi-Fi gratuit. “Ce réseau sera également au ser- vice des commer- çants du centre-vil- le qui pourront par exemple passer de la pub pour pro- mouvoir leurs éta-

Une vingtaine de bornes seront installées.

te. Une convention de partena- riat a été signée au début de l’été entre la Ville de Besançon et la société Afone : à charge pour elle de financer l’installation des bornes à plusieurs endroits de la ville. En contrepartie, la Ville prendra à sa charge l’éventuel déficit d’exploitation du système, à hauteur maxi- male de 28 000 euros par an.

Reynald Werquin, responsable de la société angevine Afone qui installe les bornes Wi-Fi au centre-ville.

ner des informations sur le télé- phone des spectateurs connec- tés, concernant le profil d’un joueur, ses statistiques, ses meilleures actions, etc. L’hyperconnectivité est devenue une priorité pour tous : “Quand je vais dans les quartiers, avant on me demandait de refaire des trottoirs ou d’installer des lam- padaires. Maintenant, la ques-

tion qu’on me pose le plus sou- vent est “Quand est-ce qu’on va avoir le haut débit ?” note Jean- Louis Fousseret qui a été un des premiers à tester la fiabilité de ce nouveau service au moment de l’installation de la première borne début juillet.

Le maire de Besançon a été le premier à tester le fonc- tionnement de ce réseau en téléchargeant l’application.

J.-F.H.

Le plaisir de vivre en ville

‡ 5&6 %

23 avenue Fontaine Argent • 3, 5, 7 et 9 rue Chopard • 25000 Besançon

Bureau de vente Résidence Le Montana • 128 rue de Belfort 25000 Besançon Tél. 03 81 80 63 56 Permanence les mardi, jeudi et vendredi de 15h00 à 18h00

30, rue Denis Papin • B.P. 35 25301 PONTARLIER CEDEX - Tél. 03 81 46 71 87

www.de-giorgi.fr

L’ÉVÉNEMENT

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

LE BUSINESS DES P.V. À BESANÇON

La Ville de Besançon reste assez opaque sur les retombées des procès-verbaux de stationnement. Difficile d’obtenir les chiffres. Selon nos estimations, les recettes liées aux P.V., rétrocédées par l’État à la Ville, avoisineraient le million d’euros par an. Parfois, les P.V. se collent un peu “à la tête du client”…

Un été sans P.V. rue Proudhon et square Saint-Amour Stationnement Une consigne venue d’en haut Les agents de

N ormalement, entre midi et 14 heures, les automo- bilistes qui se garent à Besançon risquent d’être sanctionnés par un P.V. s’ils omettent de prendre un ticket de stationnement. Or, depuis le début de l’été, ceux qui s’arrêtent square Saint- Amour et rue Proudhon bénéficient, à leur insu, d’un traitement de faveur. Dans ces deux secteurs de la Boucle en effet, les agents de surveillance de la voie publique (A.S.V.P.) de la Police Municipale ont cessé de réprimer les contrevenants. Ce n’est pas parmanque de temps ou d’effectifs que les patrouilleurs ne contrôlent plus les véhi- cules dans le quartier. La raison est qu’ils ne font qu’appliquer une consigne consigne qui émanerait directement du maire. surveillance de la voie publique ont reçu pour consigne de ne plus mettre de P.V. de station- nement dans ce secteur de la ville pendant le temps de midi. Une

de leur direction mais qui émanerait directement de Jean-Louis Fousseret, le maire de Besançon. Nous avons eu accès à un mail daté du 30 juin dans lequel le directeur de la Police Municipale fait passer le mes- sage à ses équipes à la suite d’un échan- ge téléphonique avec le maire. “Il nous donne pour consigne dès à présent et pour l’été de ne plus faire de contrôle du stationnement payant square Saint- Amour et rue Proudhon entre 11 h 45 et 14 h 15” lit-on dans le courriel. Le maire aurait pris cette décision sui- te à la plainte d’un commerçant bien installé dans le quartier, exaspéré par

Les policiers bisontins ont reçu la consigne de ne pas verbaliser dans ce secteur de la ville.

la ronde desA.S.V.P. qui alignaient les voi- tures pendant le temps de midi. Des policiersmunicipaux rapportent même que le commerçant en question aurait pris à parti les agents en service. Toujours est-il que la consigne de ne plus amender les véhi- cules rue Proudhon

Une consigne de travail discriminatoire

cas, cette fois-ci, les automobilistes qui prendront un “topic” à Besançon pen- dant le temps de midi auront une bon- ne raison de crier à l’injustice. T.C.

“consigne de travail” qu’ils jugent par ailleurs “discriminatoire” par rapport aux autres usagers qui doivent s’ac- quitter d’un droit de stationnement s’ils ne veulent pas prendre un P.V. En tout

et square Saint-Amour est difficile à avaler pour lesA.S.V.P. Selon nos infor- mations, dans un courrier adressé au maire début juillet, ils ont fait part de leur “indignation” à propos de cette

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

7

Le Besançon Basket Club organise MARDI 8 SEPTEMBRE 20 HEURES Au Palais des Sports de Besançon

Des amendes qui passent de 35 à 135 euros Depuis cet été Trottoirs, pistes cyclables… Une infraction pour “stationnement très gênant”

ELAN

VS CHALON

MATCH PROA PRÉ-SAISON P O P AI

SIG

STRASBOURG FAUTEUILS 8€ - PARTERRES ET GRADINS 4€ BUVETTE SANDWICHS ANIMATIONS Avec le soutien de :

a été créée avec à la clé, une amende qui bondit de 100 euros supplémentaires. La mairie a commencé par la prévention.

Renseignements et réservation au 03 81 87 07 33 ou sur www.bbc25.fr

L a mairie de Besançon a préfé- ré par jouer d’abord la carte de la pédagogie, avant de sévir. Rue du Lycée, depuis le début de l’été, un panneau prévient l’auto- mobiliste : “Rappel, vous êtes passible d’une amende de 135 euros.” Cette pan- carte est d’ailleurs susceptible d’être déplacée à plusieurs endroits de la vil- le. Elle a été installée là au début de l’été parce que les trottoirs de la rue du Lycée ont été entièrement refaits.Avec cette sévérité accrue, Besançon ne fait qu’appliquer une réglementation natio- nale adoptée début juillet dans la plus grande discrétion. Désormais, un auto- mobiliste qui se gare ou s’arrête sur une bande, une piste cyclable, un passage pour piétons ouun trottoir pourra encou- rir une amende bien plus dissuasive, pour “stationnement très gênant”. La mesure s’applique depuis le 1 er juillet, selon un décret publié au Journal offi- ciel… le 4 juillet. Est donc désormais considéré comme “très gênant”,l’arrêt ou le stationnement

d’un véhicule : dans une voie de bus, sur un emplacement réservé aux personnes handicapées ou aux transports de fonds, sur les passages piétons, sur les voies vertes et pistes cyclables, à proximité des signaux lumineux de circulation ou des panneaux de signalisation lorsque le gabarit du véhicule est susceptible de masquer cette signalisation à la vue des autres usagers,audroit des bouches d’in- cendie et sur les trottoirs. Une indul- gence est toutefois réservée aux “moto- cyclettes, tricycles à moteur et

automobilistes, d’où la pose de ces pan- neaux, avant de faire de la répression note Marie Zéhaf, l’adjointe bisontine à la voirie. C’est lamême chose par exemple le vendredi soir dans la Grande rue : les gens ont pris la mauvaise habitude de se garer sur les trottoirs.” La Ville pro- met néanmoins que les agents de la poli- ce municipale agiront sur ce point avec discernement. Cette mesure, peu médiatisée par le ministère desTransports, n’est pas une surprise car elle figurait dans le “Plan d’action pour les mobilités actives” (P.A.M.A.) présenté en mars 2014 par leministre de l’époque,Frédéric Cuvillier. La mesure a de quoi satisfaire les cita- dins excédés par les comportements des automobilistes qui, évidemment n’en ont toujours que “pour 5 minutes.” Les voilà prévenus… J.-F.H.

cyclomoteurs”. “Les deux- roues motorisés sont éga- lement concernés par ces mesures mais sur les trot- toirs, leur stationnement reste considéré comme “gênant” et c’est donc tou- jours une contraventionde seconde classe qui s’ap- plique, à 35 euros” , obser- ve une source bien infor- mée. “On fait déjà de la pédagogie enprévenant les

Une mesure peu médiatisée par le ministère.

Des panneaux, amovibles pour pouvoir être installés ailleurs, ont été posés rue du Lycée.

Chiffres

38 125 amendes Plus de 100 P.V. dressés tous les jours à Besançon

Les derniers chiffres disponibles font état de plus de 900 000 euros de recettes liées aux P.V. à Besançon. Près de 40 000 P.V. sont dressés tous les ans. Les prochains chiffres risquent d’être encore supérieurs.

suivante, donc pour 2015, la loi sera adoptée en 2016 et le mon- tant connu en décembre ou jan- vier suivant. De même, avec la mise en place du P.V. électro- nique, nous n’avons plus les chiffres statistiques sur le nombre de contraventions dressées (jusque-là nous enregistrions manuellement chaque contra- vention et le détail des mentions portées), nous devons reprendre pour cela des données brutes transmises à l’A.N.T.A.I. (Agen- ce nationale de traitement auto- matisé des infractions) et trier parmi ces données quelles sont les contraventions liées au sta-

Repères Les chiffres de la police bisontine 38 125 contraventions dressées en un an (données 2013) 1 868 véhicules mis en fourrière 292 faits de délinquance constatés tous les mois dont dégradations (+ 24 % par rapport à l’année précédente), troubles (- 14 %), agressions (- 13 %). (source Ville de Besançon)

S ixA.S.V.P. (agents de sur- veillance de la voie publique) supplémen- taires avaient été recru- tés au printemps dernier. Mais depuis la mise en place au prin- temps dernier du P.V. électro- nique, il est devenu difficile (voi- re impossible) de récolter le montant des recettes liées aux contraventions à Besançon.

Depuis la dématérialisation, aucun comptage ne peut être tenu par les services munici- paux. C’est derrière cet argu- ment que s’est cachée la police municipale de Besançon pour éviter de répondre avec préci- sion à nos sollicitations. “Ces chiffres ne sont donnés par l’État qu’en début d’année et les pro- chaines statistiques ne seront

ans doute pas communiquées avant janvier 2017, soutient le directeur de la police munici- pale. La loi qui définit le mon- tant reversé aux communes por- te généralement sur les contraventions de l’année plei- ne précédente, avant que le cal- cul ne soit fait commune par com- mune et communiqué en fin d’année, voire en début d’année

et mise en œuvre de plans de circulation, installation et déve- loppements de signaux lumi- neux et de la signalisation hori- zontale… Pour avoir le nombre précis d’amendes dressées, il faut remonter au bilan d’activité de l’année 2013. Les chiffres les plus récents font état d’un nombre de contraventions de 38 125 dressées en un an, ce qui fait une moyenne supérieure à 100 amendes par jour. L’année précédente, le chiffre de 40 000 P.V. avait même été dépassé (41 368 précisément). Avec la généralisation des P.V. électroniques et le recrutement de six nouveaux agents muni- cipaux avant l’été, les prochains chiffres bisontins pourraient bien bondir. Proches de nous, les Belfortains ont senti la doulou- reuse : en 2014, les recettes liées aux P.V. ont bondi de plus de 250 000 euros pour attendre les 900 000 euros. J.-F.H.

tionnement. Nous ne disposons pas d’indicateur suivi en la matière” poursuit la direc- tion bisontine. Dans le budget 2015, avant donc lamise en place au printemps dernier des P.V. électro- niques, 910 000 euros au chapitre “recettes” du budget primi- tif étaient liés au produit des amendes de poli- ce. L’année précé- dente, ce montant était de

L’argent réaffecté aux aménage- ments de sécurité.

La généralisa- tion du P.V. électronique devrait faire encore gonfler les statistiques.

980 000 euros. Cet argent est généralement réaffecté à plu- sieurs choses : création de parcs de stationnement, aménagement de carrefours, équipements assu- rant l’information des usagers, l’évaluation du trafic et le contrô- le des titres de transport, études

BESANÇON

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

8

EN BREF

SOCIÉTÉ

Vie nocturne Le Boxx fermé, que reste-t-il des nuits bisontines ?

Conférence “Personne ne devrait mourir

seul” : conférence de Rosette Poletti, mardi 29 septembre à 20 heures au Petit Kursaal. Organisé par l’association Carpe Diem R.C.H., à l’origine de la création de la première et unique maison d’accompagnement pour les personnes en France. Le thème en sera “Personne ne devrait mourir seul ou comment les familles, le personnel soignant et les bénévoles peuvent accompagner les personnes en fin de vie.” Rosette Poletti est infirmière en psychiatrie, psychothérapeute, responsable du Centre de l’accompagnement des personnes en difficulté. Tarif d’entrée : 5 euros. en situation de soins palliatifs et/ou de maladies graves évolutives

La plus grande discothèque de Besançon (avenue de Chardonnet) a fermé ses portes en juillet. Il en reste cinq autres, dans un autre registre.

V ont-elles se partager le gâteau ? Dans le monde de la nuit, Besançon a perdu sa plus grande dis- cothèque : le Boxx. Elle laisse place à cinq autres entités. Ins- tallée 8, avenue de Chardonnet à Besançon sur l’ancien site de la Rhodia, la boîte de nuit a bais- sé le rideau le dernier week-end de juillet non pas faute de clients mais à la suite de la fin du bail qui liait la société avec la Ville de Besançon. Cette fermeture, annoncée de longue date, est effective. Elle est la conséquence du projet de la Ville de recréer ici un quartier et un espace cul- turel en lieu et place des bâti- ments de la Rodia. Le départ de l’enseigne laisse un vide car l’ancien patron Raoul Sebbagh n’a pas prévu de recréer de discothèque à Besançon après avoir œuvré 21 ans ici. Dix per- sonnes travaillaient ici.Des géné- rations se sont succédé sur les deux pistes de danse : le rez-de-

chaussée pour les plus de 30 ans et l’étage pour les plus jeunes. Appelée successivement le Queen, le K.G.B., puis 8 ème Ave- nue, le Boxx laisse les noctam- bules dans les mains de cinq autres discothèques. Pour poursuivre la fête jusque tard dans la nuit, les Bisontins devront se rendre soit à La Mez (10, chemin de Mazagran), au Privé (rue Antide-Janvier), au Styl (5, Grande rue) ou au Brys-

tol (avenue Édouard- Droz). Ces enseignes ferment entre 4 heures et 5 h 30 du matin. Les bars peuvent fermer à 2 h 30 du jeudi au samedi, à condition d’avoir signé la charte de la vie nocturne. Les non-signataires doi- vent fermer toute la semaine à 1 heure du matin.

Il reste cinq

autres disco- thèques.

Raoul Sebbagh avait, en novembre 2012, mis en place un système de navettes de bus la nuit pour les fêtards (photo archive L.P.B.).

TRAVAUX

La future ligne T.C.S.P. Les commerçants grognent,

la C.A.G.B. leur répond

L e bureau de tabac du Stade, le café-restaurant de la Gibelotte, la boulangerie, le café du Stade, le contrôle technique et le maga- sin Smash ont un point commun : ils redoutent le projet de création d’une ligne de bus en site propre. Lancé par découvre l’absurdité et l’atrocité de la guerre. La compagnie de théâtre “Les Menteurs d’Arlequin” a créé un son et lumière sur la guerre de 14-18. L’histoire nous conduit dans les pas de trois poilus avec qui on

la communauté d’agglomération du Grand Besançon., ce chantier débute- ra à la fin de l’année. Une nuisance qui fait craindre aux commerçants des pertes financières : “Quand le pont de la Gibelotte sera fermé à la circulation, ce sera pour moins une baisse de 40 % de mon activité” se désole Rachid El Bouayadi, gérant d’Auto Control, enseigne de contrôle technique des véhicules avenue Léo-Lagrange.Même constat pour le bureau de tabac : “Il y a beaucoup de passage. S’ils ferment la rue pendant 6 mois, même que dans un sens de circulation, ma clientèle ne

viendra plus… Je peux perdre 50 % de mon chiffre d’affaires. Ce sera très com- pliqué d’autant que j’ai racheté ce bureau de tabac il y a trois ans” explique Manuelle Dars, gérante. Bref, il y a de l’inquiétude du côté des commerçants dont certains verront quasiment leur pas-de-porte ou places de parking être rognés par les nouvelles voies. Le T.C.S.P. a en effet besoin de place pour laisser la place aux bus qui rouleront dans une voie de circulation dédiée. Via une lettre qu’ils avaient adressée à la collectivité, les gérants ont fait part de leur mécontentement. Ils réclament une indemnisation com- me leurs collègues ont pu bénéficier lors de la construction du tramway. La C.A.G.B. les a rencontrés pour les informer de la date et de la nature des travaux. Elle rappelle qu’elle “n’engage pas ces travaux pour enquiquiner les commerçants” déclare Jean-Paul Michaud, vice-président en charge des infrastructures à l’agglomération. Au contraire, elle promet les travaux ter- minés une avenue embellie, accessible. “Nous discutons même avec certains commerçants (boulangerie, café, bureau de tabac) pour qu’ils profitent de nos travaux afin de réaliser la mise aux normes d’accessibilité de leur établis- sement. Ils peuvent en profiter” témoigne le service technique. Un argument recevable. Mais qui ne convainc pas : “Qui paiera nos pertes ?” Les professionnels réclament une com- mission d’indemnisation. Réponse de la C.A.G.B. : “Nous étudions cette demande, répond Jean-Paul Michaud. J’ai pris l’engagement que cette ques- tion soit étudiée. Elle passera par un vote au conseil communautaire. Cette décision ne m’appartiendra donc plus”

Manuelle Dars, gérante du tabac du Stade avenue Léo-Lagrange, indique jusqu’où la voie arrivera.

dit-il. Un médiateur des travaux sera nom- mé. À sa charge de régler les problèmes sur les 4,5 km de ce nouveau réseau qui permettra aux voyageurs de gagner du temps pour rejoindre Viotte depuis Témis et inversement.

gérant : “C’est une solution…mais pas la meilleure ! Pourquoi ne décalent-ils pas la route en face où il n’y a person- ne ?” se demande-t-il. Lamaison (située en face à la boulangerie), frappée d’alignement, a été rachetée par l’agglomération et sera déconstruite. 2016 risque donc d’être compliqué pour ces commerçants agacés de savoir que de nouveaux travaux seront lancés en 2018. Le chantier de mise à deux fois deux voies du pont de la Gibelotte n’ayant pu être réalisé dans la conti- nuité du chantier, il débutera en 2018… “Mais il n’y aura pas d’incidence sur la circulation” promet l’agglomération. Lot de consolation : une fois ces tra- vaux terminés, les commerçants béné- ficieront d’une avenue flambant neu- ve et accessible. E.Ch.

Au-delà des pertes de fréquentation, cer- tains commerçants voient leur emplace- ment grignoté. C’est le cas du contrôle tech- nique qui perd son parking. “Nous avons trouvé une solution avec d’autres places que nous lui propo- sons” explique la col- lectivité. Un choix qui ne satisfait pas le

La question de l’indemnisation est à l’étude.

Jean-Paul Michaud, vice-président de l’agglomération en charge des infrastructures.

BESANÇON 10

La Presse Bisontine n° 168 - Septembre 2015

L e c h if f re

ARCHÉOLOGIE Des épingles sur le linceul Trésors médiévaux dans le sous-sol bisontin Des opérations archéologiques menées dans la crypte de l’église Notre-Dame de Besançon (rue Mégevand) ont livré des informations inédites. Trois squelettes, sans doute du XIII ème siècle, ont été mis à jour. Les recherches se poursuivent.

183

de l’année, 176 entreprises avaient alors fait l’objet d’une procédure collective, 62 avaient été placées en redressement judiciaire et 96 en liquidation. Par ailleurs, en août, le Tribu- nal de Commerce de Besançon a établi sa première procédure de rétablissement profession- nel qui s’applique aux très petites entreprises. Il s’agit d’une forme déguisée de liqui- dation puisqu’au terme de la procédure, l’entreprise dispa- raît et la dette est effacée.

E ntre janvier et juillet 2015, 183 entreprises ont fait l’objet d’une procédure col- lective selon les statistiques du Tribunal de Commerce de Besançon. 86 d’entre elles ont été placées en redressement judiciaire et 82 en liquidation. Un chiffre en augmenta-

L ionel Estavoyer n’en croit pas ses yeux. Chargé du patri- moine à la Ville de Besançon, il découvre au fur et à mesu- re que les archéologues bison- tins grattent le sol une sépulturemédié- vale. Deux squelettes allongés apparaissent, entourés par d’épaismurs de pierre. Un autre crâne sort de la paroi. “Il y a encore quelques années, cette crypte était un capharnaüm qui servait de débarras…On a bien fait de

tout enlever” se réjouit le conservateur de la Ville de Besançon. Jadis utilisée par les scouts de Fran- ce, la crypte de l’église Notre-Dame de Besançon située au 28, rue Mégevand (à côté de la faculté des lettres) a dévoi- lé des secrets inespérés “tant par l’étude de sesmurs que par son sous-sol” ,indique Marie-Laure Bassi,archéologue àBesan- çon. Ces travaux ont été menés en col- laboration avec l’Université de Franche- Comté et la Ville dans le cadre d’un

programme de recherche portant sur la “topographie chrétienne de Besan- çon (IV ème -XI ème siècle)”. Les travaux à Notre-Dame ont débu- té en avril. La terre a commencé à livrer ses premiers secrets. “La date de construction de l’église peut être déter- minée grâce à l’archéologie du bâti” précise l’archéologue. Il faut dire que la période médiévale a été délaissée par la recherche, bien que les vestiges soient encore préservés. Les scientifiques savaient, par sonda- ge, qu’ils allaient découvrir des choses. Ils ont trouvé trois corps, de deux adultes et d’un enfant. Si les corps doivent être encore examinés pour connaître leur sexe, ils dateraient du XIII ème siècle. “C’est une page importante de l’histoire de Besançon car nous avons peu d’éléments sur cette époque alors que nous en possédons davantage sur l’Antiquité. Cela permet de révéler un pan méconnu de l’église Notre-Dame, du monastère médiéval auquel elle appartenait et du quartier antique qui précédait ce complexe religieux” rap- porte l’archéologue. Ces squelettes sont probablement ceux de paroissiens. Des épingles en métal, pour accrocher le linceul recouvrant le corps des défunts, ont été mises à jour. Ces travaux per- mettront de mieux définir l’évolution de ce quartier en lien avec les histo- riens médiévistes. Des élèves en troi- sième année d’histoire ont participé à ces fouilles avec la cellule d’archéologie de Besançon. Un travail minutieux. Simon, Méla- nie, Marie-Laure, Josserand, ont par exemple enlevé les 992 pavés sur 6 m 2 qu’ils ont préalablement notés pour

tion comparé à lamême période en 2014. Sur les six premiers mois

Un crâne, datant de l’époque médiévale (XIII ème siècle).

les replacer au même endroit. Pour une fois, ils ont pu travailler sans la contrainte du temps horaire et dans un lieu “fossilisé”, c’est-à-dire qu’il a peu changé au cours des siècles. D’autres lieux ont été explorés par l’Université et la Ville avec une pros- pection géophysique radar à la Cita- delle pour trouver des traces de l’ancienne église Saint-Étienne, édifi- ce démantelé par Vauban et totale- ment méconnu. Des méthodes de numé- risation 3D sont utilisées par le service d’archéologie préventive et le labora-

toire Chrono-environnement de Besan- çon. Les compétences jointes permet- tront de découvrir tout un pan mécon- nu de l’histoire médiévale bisontine. Il arrive aussi que les découvertes soient fortuites durant des chantiers comme ce fut le cas cet été lors de la création d’un mur anti-crue non loin du F.R.A.C. de Franche-Comté. Le pro- gramme collectif intitulé “Vesontio Christiana” IV ème -XI ème siècle est enga- gé pour trois ans. De nouvelles décou- vertes sont à prévoir… E.Ch.

Des archéologues et étudiants bisontins fouillent le sol de la crypte de l’église Notre-Dame à Besançon.

COMMERCE

Centre-ville Les locaux de Camponovo - presque - vendus

Les bâtiments de l’ancienne librairie auraient enfin trouvé preneur. La transaction est en cours de finalisation. Et la F.N.A.C. envisagerait de s’installer aux Galeries Lafayette.

S itués à l’angle de la Grande rue et de la rue Jean-Jacques Rousseau au centre- ville de Besançon, les anciens locaux de la librairie Camponovo, vides depuis 2012, sont en passe d’être vendus à un consortium d’investisseurs. Selon nos informations, les négo- ciations sont bien avancées et le compromis de vente a été signé. Il resterait néanmoins à purger les conditions suspen- sives pour finaliser la transac- tion dont on ne connaît pas le montant. La mairie suit de près ce dos- sier dans lequel elle a donné un certain nombre de directives pour que la valorisation future de cet ensemble immobilier, idéa- lement situé, se fasse dans l’intérêt du centre-ville. “Il a été demandé aux investisseurs de

engager pour aménager le site. La F.N.A.C. étudierait désor- mais la possibilité d’investir un espace… aux Galeries Lafayet- te. Attendons de voir, car si l’enseigne avait eu la volonté farouche de s’implanter à Besan- çon percevant le potentiel com- mercial de la ville, elle l’aurait fait depuis longtemps. F.N.A.C. ou pas, l’important aujourd’hui est que les locaux de l’ancienne librairie ne res- tent pas en friche plus long- temps pour l’image de la Boucle. On sait d’ores et déjà que les quatre niveaux qu’occupait Cam- ponovo (2 500 mètres carrés), ne seront pas réservés à de l’activité commerciale. Seul le rez-de-chaussée le sera. Il est prévu d’aménager des bureaux et des appartements dans les étages. T.C.

ne pas implanter à cet endroit une banque, une mutuelle, où une assurance” indiquent les services de la mairie. Toutefois, le rez-de-chaussée de l’ancienne librairie restera dédié à une acti- vité commerciale. “Il aura pro- bablement vocation à accueillir du prêt-à-porter” précise enco- re la municipalité. On apprend

au passage que la F.N.A.C. (le ser- pent de mer com- mercial de Besan- çon) aurait envisagé de s’installer dans les murs de Cam- ponovo. Mais l’enseigne aurait finalement aban- donné l’idée au regard des inves- tissements trop importants à

Pas de banque, pas de mutuelle, pas d’assurance.

Seul le rez-de-chaussée du bâtiment conservera une activité commerciale.

Made with FlippingBook flipbook maker