La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

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MARS 2026 - N° 286 - 3 €

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Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon - www.presse-bisontine.fr

La réalité de l’insécurité à Besançon et dans le Doubs Sécurité : la priorité numéro 1

L’éclairage de la Citadelle rallume le débat P. 4 Pouilley-Français : l’heure du repeuplement Trois mois après l’abattage de son troupeau, la famille Lhomme prépare le repeuplement de son cheptel. Élevage Besançon P. 14

(photo J.-C. Sexe - Ville de Besançon)

P. 6 et 7 En fait-on assez pour le bio ? À l’heure où l’Agence bio se voit privée de moyens financiers et qu’une nouvelle version de la loi Duplomb est sur la table, on a confronté deux points de vue divergents sur la question : celui de la députée du Doubs Dominique Voynet à laquelle répond notre ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Interviews. Alimentation Alors même que la Ville de Besançon a lancé un vaste programme pour repenser l’éclairage de la Citadelle, le projet divise toujours et pourrait être remis en cause en cas de la changement de majorité à Besançon.

Délinquance du quotidien, insécurité routière, violences intrafamiliales, sécurité dans les transports, protoxyde d’azote,trafics de drogue et de tabac…

Le dossier en P. 24 à 33

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2 Retour sur info

La Presse Bisontine - Mars 2026

C’est reparti pour les Open Business

Municipales : les derniers grains dans l’engrenage

E lles sont devenues des rendez vous attendus du monde éco nomique ces conférences Open Business pilotées par la Chambre de Commerce et d’Industrie Saône Doubs. Ces temps forts réunissent 3 à 4 fois par an un public d’entre prises locales sur un format de 2 heures en début de soirée. “Ils per mettent aux entreprises de monter en expertise sur des thématiques bien identifiées en apportant des informations aux dirigeants. Le thème sélectionné est présenté, examiné, partagé, débattu par des experts puis complété par des retours d’expé riences significatives de dirigeants emblématiques” résume le président de la C.C.I. Jean-Luc Quivogne qui a présenté le programme de l’année mi-février. L’an dernier, 756 personnes avaient assisté aux quatre confé rences proposées au cours de l’an née. Le premier rendez-vous Open Busi ness de l’année a lieu le mardi 24 mars

à 19 heures au Parc-expo de Vesoul avec une conférence dédiée à la révo lution de l’ubérisation. Elle sera ani mée par Grégoire Leclercq, ingénieur cofondateur de l’Observatoire de l’Ubérisation Les neurosciences et la performance durable constitueront le thème de la deuxième conférence le 23 juin à la Maison de l’économie à Besançon (avenue Villarceau) avec Erwan Devèze, consultant en neuro-leader ship et neuro-management. Troisième et avant-dernière conférence de l’an née le 13 octobre sur la place du chef d’entreprise dans la vie nationale et locale, animée par Jérôme Four quet, politologue et essayiste, spé cialiste des évolutions de la société française et des dynamiques d’opi nion, toujours à la Maison de l’éco nomie. Une quatrième conférence pourrait être organisée en fin d’année à Montbéliard dont le thème reste à confirmer. Tous les détails et les ins criptions sur openbusiness.cci.fr ■

D eux épisodes sont venus percuter la relative séré nité de la campagne des municipales à Besançon pour les listes paraissant les mieux placées à quelques jours du premier tour. Celle menée par Anne Vignot d’abord avec la mise à l’écart par son parti le P.-S. de Jean-Sébastien Leuba, qui figure pourtant en seconde place sur la liste de la maire sortante. La commission indé pendante de lutte contre le har cèlement et les discriminations créée par le Parti socialiste a en effet demandé il y a quelques jours une exclusion “définitive

et immédiate” de Jean-Sébas tien Leuba suite au recours qu’avait déposé une cadre locale du parti. Ce dernier a un mois pour faire appel auprès de la commission nationale des conflits du P.-S. Si les instances du P.-S. confirment la prise de position de la commission, M. Leuba “s’est engagé auprès de moi et des instances natio nales socialistes à démission ner” répond Anne Vignot. Ce dernier confirme également cette hypothèse. Dans l’autre camp, celui de Ludovic Fagaut, c’est la distri bution du Journal du Marais,

Jean-Sébastien Leuba (à droite sur la photo lors de la présentation de la liste d’Anne Vignot aux municipales) est en deuxième position sur la liste de la maire sortante.

un périodique publié par le syn dicat mixte du marais de Saône dont M. Fagaut est le président qui a fait grincer des dents. Le magazine, habituellement dis tribué dans les boîtes à lettres des habitants des communes intégrées au syndicat a été cette fois-ci diffusé à bien plus large

échelle, jusque dans certains quartiers de Besançon. Il n’en a pas fallu plus pour qu’Anne Vignot signale ces faits à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. À dix jours du premier tour, le ton monte… ■

Le Coin des talents a son stand au marché

C’ est un stand par comme les autres qui a ouvert ses portes

aux Halles beaux-arts de Besançon il y a quelques semaines. Le Coin des talents,

un stand où on trouve de nom breux produits des régions de France, est tenu par des tra vailleurs en situation de han dicap de l’association S.D.H. 25 (Solidarité Doubs Handicap), présidée par Marie-Laure Dal phin. Cette association accueille sur le département 370 adultes, répartis dans des E.S.A.T. (Éta blissements et services d’aide par le travail), comme l’atelier situé zone Lafayette à Besan çon ou celui d’Étalans spécialisé dans la fabrication de jus de pommes. Un jus qu’on trouve bien sûr sur les étals du Coin des talents, comme des dizaines d’autres produits ali mentaires ou d’hygiène en pro

venance d’une quinzaine d’E.S.A.T. de France. “L’ouver ture de ce stand aux Halles beaux-arts est un pari pour nous, l’idée est de diversifier les activités du pôle travail de S.D.H. Nos ateliers ont des talents tous différents, mais le tout pour une richesse com mune. L’ouverture de ce stand y contribue” image M me Dalphin. “En valorisant le talent de nos travailleurs dans un lieu de vie central de la cité, on est au cœur de nos valeurs” ajoute Jean-Michel Lamy, responsable du pôle accompagnement de S.D.H., élément moteur de ce nouveau projet qui a déjà trouvé sa clientèle. ■

Au stand des travailleurs de S.D.H., on trouve de nombreux produits artisanaux, alimentaires ou d’hygiène-beauté. Éditorial Parité, vraiment ? U n homme, retraité, âgé de plus de 60 ans. Voilà le portrait-robot type des maires de notre région. L’I.N.S.E.E. Bourgogne Franche-Comté vient de rendre une étude éclairante sur le sujet, à l’heure où la règle de la parité entre les femmes et les hommes dans les conseils municipaux devient la règle pour toutes les communes, y compris les moins peuplées. Cette parité, qui ne concernait jusque-là que les com munes de plus de 1 000 habitants, a bien du mal à progresser. À la veille des pro chaines élections municipales, à peine 21 % des maires de notre région sont actuellement des femmes. En une quin zaine d’années, cette proportion de femmes maires a évolué très lentement, n’aug mentant que de quatre points. La réforme de la parité généralisée va-t-elle changer la donne ? Rien n’est moins sûr. Si les

La C.C.I. Saône-Doubs et ses partenaires renouvellent le cycle des conférences Open Business.

est en place depuis des décennies, ou plu tôt des siècles en France, n’a pas encore laissé suffisamment de places aux femmes pour qu’elles s’expriment aux hauts niveaux de responsabilités. Plus trivia lement, une femme s’autorise moins sou vent à déserter la maison surtout si le foyer comporte des enfants en bas âge, pour s’adonner à des tâches d’adminis tration politique, et rien dans le statut de l’élu ne les encourage à le faire. Les partisans d’un machisme atavique diront que les choses sont ainsi faites. Ceux qui défendent une certaine idée du progrès social s’en offusquent. Mais rien pourtant n’est mis en place pour améliorer la repré sentativité féminine à la tête des exécutifs. Les mentalités évoluent lentement. La part de femmes maires à l’issue de ce scrutin de mars 2026 sera un bon indi cateur pour vérifier, si en matière de démocratie, la cause des femmes progresse ou stagne inlassablement. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser

conseils municipaux de toutes les com munes seront composés pour moitié d’hommes et pour moitié de femmes, rien n’obligera les conseillers municipaux à mettre une femme à leur tête. Cet écart entre le nombre d’élues au conseil et leur présence dans l’exécutif en tant qu’ad jointes ou que maires s’explique donc par ce mode de désignation interne des adjoints et des maires, élus par les conseillers municipaux, où là, la parité n’est pas imposée. L’I.N.S.E.E. le souligne, sans pour autant se poser la vraie question du pourquoi : “Le mandat de maire demeure difficile d’accès pour les femmes.” La réponse à cette question semble toutefois assez limpide. S’il demeure si peu de femmes aux commandes des communes - sur les 23 communes de plus de 10 000 habitants de la région, seules quatre sont tenues par des femmes dont les deux prin cipales quand même, Dijon et Besançon -, c’est que le système patriarcal tel qu’il

Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni. est éditée par la société “Publipresse Médias” S.I.R.E.N. : 424 896 645 Rédaction et publicité: 0381679080 E-mail: redaction@publipresse.fr

Directeur artistique : Olivier Chevalier.

Conception pubs : Éloïse Perrot.

Crédits photos : La Presse Bisontine, C.C.G.P., C.H.U. Besançon-Franche-Comté, F.C.E. - France Clôture Environnement, Jean-Charles Sexe - Ville de Besançon. Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod. Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1623-7641 Dépôt légal : Mars 2026 Commission paritaire : 0225 D 80130

4 Besançon

La Presse Bisontine - Mars 2026

CITADELLE

Projet d’éclairage Faire rayonner la Citadelle, oui, mais avec mesure Depuis trois ans, un projet d’éclairage de la Citadelle est en cours d’élaboration. Un point d’étape technique a été réalisé début février pour une mise en service prévue à l’automne. Au cœur du projet, la préservation de la biodiversité et la lutte contre la pollution lumineuse.

L’ éclairage ou plutôt l’extinction de la Citadelle a fait couler beaucoup d’encre pendant le mandat d’Anne Vignot. Navrant plusieurs élus, en premier lieu Ludovic Fagaut et Laurent Croizier, ces derniers souhaitant faire scintiller la Citadelle “à l’image de la Tour Eiffel à Paris” (voir ci-contre). “En 2020, le

système d’éclairage qui date de 1996 montrait déjà des défaillances. Nous avons un calendrier d’éclairage en fonc tion des animations. En été, la Citadelle est éclairée 3 à 4 fois par semaine, en hiver, elle n’est pas souvent allumée” , recontextualise Alexandre Arnodo, directeur de la Citadelle. Depuis trois ans, Grand Besançon Métropole, en charge de l’éclairage extérieur, planche sur un projet de mise en lumière qui “place la préser vation de la biodiversité, de l’environ nement et la lutte contre la pollution lumineuse au cœur de sa démarche. Cette approche novatrice concilie la valorisation du patrimoine historique et paysager avec la protection de l’en vironnement.” Début février, un point d’étape technique a été présenté par Daniel Mourot, direc teur des mobilités et de l’éclairage public à G.B.M. Réserve électorale oblige, aucun élu n’était présent. “Il s’agit du dernier essai de matériel, on teste différents types de projecteurs pour avoir le meilleur rendu, explique le directeur de service. L’originalité de ce projet est de bâtir avec les enjeux envi ronnementaux. Il ne s’agit pas d’éclairer au mieux et de limiter les dégâts après.” Les remparts notamment côté Rivotte portent un fort enjeu avifaune. Des sites de nidifications de choucas, fau cons pèlerins etc. ont été identifiés,

rendant l’accès aux falaises interdit du 15 février au 15 juin. 12 espèces de chauve-souris dont une colonie de grand rhinolophe, espèce la plus photosensible ont été inventoriées ainsi que des gîtes et des routes de vol. Le site de la Cita delle est classé Z.N.I.E.F.F. et Natura 2000 et fait l’objet d’un arrêté préfec toral de protection de biotope. Bref, le patrimoine historique et naturel est exceptionnel nécessitant des précau tions, une discrétion du matériel pour respecter le label Unesco et une sobriété pour la faune et flore. L’éclairage est donc conçu sur mesure selon les endroits. Côté Tarragnoz, les falaises sont actuellement éclairées, elles ne le seront plus, seuls les remparts seront mis en lumière. Une partie sera aussi éteinte du 15 février au 15 juin pendant la période de nidification. Une trame noire, c’est-à-dire sans éclairage, notamment côté Chapelle-des-Buis, est prévue permettant une traversée des espèces. Les durées journalières de mise en lumière seront aussi adaptées selon la temporalité et le cycle biologique des espèces. Dans certains secteurs, l’éclairage est réduit pendant les pre mières et dernières heures de la nuit, périodes particulièrement sensibles pour la faune. “Plutôt que d’illuminer dès la tombée de la nuit, on peut décaler l’allumage d’une heure, 1 h 30. À 1 heure, tous les éclairages (hors éclairages sur le travail déjà réalisé pour le projet d’éclairage de la Citadelle de Besançon. Ces études techniques, patrimoniales et environnementales sont utiles et doivent servir de base. En revanche, s’appuyer sur l’existant ne signifie pas valider aveuglément le projet tel quel. Notre objectif est simple : un éclairage plus cohérent qui valorise la Citadelle tout en respectant les finances publiques et les enjeux environnementaux. Autrement dit : on capitalise sur ce qui a déjà été fait, on optimise, et on améliore, sans gaspillage ni dogmatisme.” l Séverine Véziès : “Il n’est aucunement dans nos intentions de revenir sur un projet d’éclairage dont la mise en œuvre est imminente et dont la conception semble avoir pris en compte l’enjeu essentiel de préservation de la biodiversité. De façon générale d’ailleurs, notre alter-projet “la Citadelle de l'Uto pie” s’appuie sur ce qui existe, et notam ment les rénovations récentes du Musée de la Résistance et de la Déportation et du Musée Comtois, pour lui donner un nouveau souffle.” l Anne Vignot : “Nous allons bien sûr poursuivre le projet déjà démarré, et en passe d’être réalisé (les travaux sont planifiés pour juin). C’est un travail unique en France, que de concilier tous les enjeux au travers de cet éclairage : la protection de la bio

de nos CONSEILLERS L’EXPERTISE

publics de sécurité) doivent être éteints” , précise Daniel Mourot. “La difficulté est le chevauchement entre activités humaines, valorisation du patrimoine et protection de la biodiversité très active en été, on a donc trouvé ce compromis” , remarque Alexandre Arnodo. Si le système d’éclairage par le bas est conservé, les flux lumineux du nouveau seront plus concentrés et directs, géné rant moins de pollution lumineuse. Et de consommation d’énergie. À fonction nement égal, les nouveaux projecteurs divisent par 3 la puissance électrique consommée. Le budget s’élève à 1,6 million d’euros. La procédure d’appel d’offres pour le

choix de l’entreprise est en cours. Les travaux devraient débuter à la mi-juin pour une mise en service à l’automne. Puis, en 2027 devraient commencer des travaux pour l’éclairage intérieur de la Citadelle, budgétés à 1 million d’euros et pris en charge par la Ville de Besançon. Reste à savoir ce que déterminera le ou la nouvelle maire de Besançon, et président(e) de Grand Besançon Métro pole. À la question de savoir si ce projet d’éclairage extérieur peut être stoppé par le nouvel édile, la réponse est oui. D’ores et déjà, 200 000 euros ont été dépensés pour les études. n L.P.

Début février, de nouveaux projecteurs ont été installés pour une phase de test.

EN BREF

diversité, la valorisation patrimoniale, les économies d’énergie et la sécurité des personnes. Ce projet est emblématique de l’approche systémique que j’ai impul sée dans les réalisations de la Ville. Nous devons tout concilier, c’est l’enjeu du XXI ème siècle.” l Jacques Ricciardetti : “Il était primordial d’éclairer à nouveau notre Citadelle. La laisser durablement dans l’obscurité n’était pas acceptable. Le passage à l’éclairage Led est, en soi, une bonne chose : c’est plus économe en énergie, plus durable et plus cohérent avec une gestion sérieuse des finances publiques. Nous parlons bien d’un projet à 1,6 million d’euros. À ce niveau d’in vestissement, la question n’est plus sym bolique, elle devient budgétaire. Chaque euro compte. 200 000 euros ont déjà été engagés en études. Il serait absurde de jeter ce travail à la poubelle. Si nous sommes élus, nous examinerons le projet avec sérieux : ce qui est techniquement pertinent et financièrement maîtrisé sera conservé, ce qui relève du superflu, du spectaculaire coûteux ou d’un dimen sionnement excessif sera revu. Nous ne remettrons pas les compteurs à zéro par posture politique. Mais nous ne signerons pas non plus un chèque en blanc à 1,6 million d’euros sans nous assurer que le projet est proportionné, utile et soutenable.” n

CITADELLE

Éclairage

Que proposent les candidats bisontins aux élections municipales ? Le phare de Besançon, l’atout de Besançon, le repère de Besançon… La Citadelle est qualifiée de maintes manières par les candidats aux municipales. Si tous s’accordent sur le poids majeur de ce patrimoine Vauban pour la ville, chacun porte un projet d’éclairage bien différent

Danse L’association Besançon Danse Sportive (B.D.S.) organise le Grand Prix International de Danse Sportive de Besançon le samedi 14 mars pour sa deuxième édition. 200 danseurs venus de l’étranger, aux côtés des 50 compétiteurs du club bisontin, seront réunis au sein du Kursaal de Besançon. Plus d’infos au 0663630760 ou à besancon.ds@gmail.com Foire aux livres La prochaine Foire aux livres organisée par S.O.S. Amitié Besançon Franche-Comté a lieu du vendredi 27 au dimanche 29 mars au Gymnase Fontaine-Écu à Besançon. Il ouvrira ses portes vendredi 27 mars de 15 heures à 19 heures, samedi 28 mars de 10 heures à 19 heures et dimanche 29 mars de 10 heures à 17 heures. Plus d’infos sur

l Éric Delabrousse : “Le projet de nouvel éclairage de la Cita delle est une excellente chose. Le système actuel date d’il y a une trentaine d'an nées. Sa vétusté rend donc son rempla cement logique et légitime. Logique en termes d’économie d’énergie, puisque la consommation électrique prévue avec ce système à Led sera divisée par 3 pas sant de 60 à 20 kWh. Légitime puisqu’en 2026 une réflexion autour de la notion de protection de la biodiversité importe. Une fois ce système en fonction, ce qui ne sera pas le cas avant cet automne, il conviendra de définir les périodes et les zones d’éclairages Les durées et les heures

d’allumage et d’extinction en fonction des saisons resteront à définir. Le choix de maintenir dans l’obscurité certaines falaises devra se discuter. Dans tous les cas, la dépense estimée d’1,6 million d'euros est bien investie et il n'est pas question pour moi de revenir sur ce projet et sur les 200 000 euros déjà dépen

sés pour les études.” l Ludovic Fagaut :

“Nous ne repartirons évidemment pas de zéro. Les 200 000 euros d’études déjà engagés constituent de l’argent public : il serait irresponsable de les jeter à la poubelle. Nous nous appuierons donc

ww.besancon. sosamitie.org

Le Grand Besançon 5

La Presse Bisontine - Mars 2026

MOBILITÉS Le point noir du pont Schwint Le plan piéton est en marche En 2025, Grand Besançon Métropole, dans son plan de Mobilité, a préconisé la réalisation d’un plan piéton. L’objectif est de favoriser la marche comme déplacement.

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pour un coût de 40 000 euros (la moitié étant prise en charge par l’A.D.E.M.E.). Si cette dernière a permis de poser un

matique, plus de 3 000 contributions aux enquêtes en ligne et à la cartogra phie participative ont été recensées. “D’après ces enquêtes, les attentes prin cipales des habitants et des associations portent sur la qualité et la continuité des cheminements piétons, la sécuri sation des traversées et l’accès aux transports collectifs” , poursuit Yves Guyen. Deux axes principaux sont d’ores et déjà repérés : améliorer les conditions de marche dans des zones très locales, à 5 ou 10 minutes des écoles, mairies, gares, commerces, tout en tenant compte des contraintes locales de chaque commune de G.B.M. Puis la création d’un réseau magistral struc turant à Besançon “pour relier les prin cipaux pôles générateurs de déplace ments piétons, où la demande est la plus forte. Ce réseau magistral serait construit en étoile autour du centre ville qui concentre les flux de déplace ments à pied. L’enjeu est de créer des itinéraires continus et confortables sur des axes très fréquentés. Certaines sec tions sont déjà bien adaptées mais d’au tres nécessiteront des aménagements en faveur des piétons.” Le carrefour entre les avenues Foch, Helvétie et le pont Schwint concentre par exemple l’un des points noirs pour les piétons. “Ce carrefour est très utilisé par les piétons, très dangereux. Ils ne peuvent pas traverser le pont. On doit répondre à un besoin de sécurisation pour les piétons” , a souligné Anne Vignot. Une étude pour modifier ce carrefour est en cours. L’Agglo a inscrit 200 000 euros dans son budget 2025, dédiés à l’amélioration des trottoirs ou au traitement des points noirs. La rue des Oiseaux et le quai de Strasbourg ont ainsi vu leurs trottoirs refaits grâce à cette enve loppe. Le même budget a été renouvelé pour 2026. n L.P.

diagnostic et d’identifier des points noirs pour la circulation des piétons, elle sera approfondie pour établir un plan d’actions “priorisé et chif fré” sur les 10 prochaines années. La population s’est aussi emparée de cette thé

Un besoin de sécurisation dans les communes.

Zoom Un quatrième pôle d’échange multimodal à Montferrand-le-Château

Un nouveau pôle d’échange multimodal en préparation à Montferrand-le-Château.

A près Saint-Vit, Saône et Roche lez-Beaupré, c’est au tour de Montferrand-le-Château de voir la création d’un P.E.M., pôle d’échange multimodal. “Il s’agit d’inciter le report modal et de concentrer en un lieu unique plusieurs modes de transports” , explique Yves Guyen. Ce nouveau P.E.M. prendra place sur le site de la gare, avec des places de stationnement perméables

et des zones végétalisées. Il s’accom pagne d’une requalification de la R.D. 105 dans la traversée de la commune et d’un projet communal comprenant le réaménagement de la rue du Chenas sard et le déplacement de la mairie. Ce projet de P.E.M. est estimé à 700 000 euros (T.T.C.). En outre, des études sont lancées quant à la création d’un P.E.M. à Devecey. n

Faciliter la marche dans le Grand Besançon, est l’objectif du Plan Piéton.

6 L’interview du mois

Mars 2026

AGRICULTURE

La députée contre la ministre

DOMINIQUE VOYNET Filière bio : deux visions de l’agriculture durable ? “On a vraiment l’impression que le ministère de l’Agriculture s’acharne sur le bio” Dominique Voynet, députée E.E.L.V. de la deuxième circonscription du Doubs a adressé une lettre ouverte à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Elle s’indigne face à des menaces et des attaques qui s’accumulent depuis plusieurs mois à l’encontre de l’Agence bio et plus largement à l’encontre de l’agriculture biologique. Inquiétude autour de la filière du bio

M adame Voynet, qu’est-ce qui vous a poussé à envoyer ce courrier à ce moment là alors que s’ouvrait salon de l’agriculture ? Dominique Voynet : Menacée de dis parition dès janvier 2025 à l’ins tigation du sénateur Duplomb, l’Agence bio a vu ses crédits dimi nuer de 60 %, soit 15 millions d’euros en 2025. Il en est de

même du “Fonds Avenir bio” - amputé de 5 millions d’euros - sur lequel reposent bien des acti vités de l’agence. L’Agence bio est totalement exsangue, elle n’a pas pu être présente au salon de l’agriculture cette année. Ça coûte cher d’avoir un stand. C’est de la folie douce. Le Salon de l’agriculture est le moment de l'année où on montre ce que ce

que l'agriculture peut faire de bien. Et par rapport à ce que fait l’Agence bio, c’est un moment aussi où beaucoup d’agriculteurs viennent avec l’idée de faire le tour des stands et de voir ce qu’ils peuvent faire. Il y a une aspira tion dans le monde agricole à mieux faire.

situation de l’Agence bio qui voit ses crédits baisser drastiquement et sa directrice Laure Verdeau sur le départ forcé ? D.V. : Ce qui me choque, c’est que l’Agence bio est un instrument public qui accompagne et conseille les agriculteurs qui sou haitent changer leur pratique. On ne force personne, on n’exerce pas de pression sur les agricul teurs conventionnels. On accom pagne les agriculteurs qui veu lent faire mieux. Ce n’est pas une affaire politicienne, ce n’est pas une affaire d’opposition entre syndicats. En Franche-Comté par exemple, il y a énormément d’agriculteurs, quelle que soit leur appartenance syndicale qui se demandent comment faire pour réduire l’usage des subs tances. Baisser le crédit de 60 %, je trouve ça délirant et on met en difficulté les agriculteurs qui sont engagés dans la transition. J’ai essayé de comprendre pour quoi, est-ce qu’ils sont en train de mettre en place d’autres outils ou de territorialiser mieux leur politique. On m’a répondu dans les couloirs du ministère de l’Agriculture, que l’Agence bio est devenue une affaire person nelle entre Madame Verdeau et Madame Genevard. Je ne veux pas le croire, ce n’est pas possible de personnaliser un combat à ce point. S’il y a des reproches objec tifs à faire à Madame Verdeau, il faut le dire. Mais si ce n’est pas le cas alors qu’elle est sou tenue par l’ensemble des parties prenantes, ça me paraît fou. Aujourd’hui, on importe du bio de tous les pays européens, notamment d’Allemagne par exemple, alors qu’on est incapa ble d’accompagner nos produc teurs. Quelles sont vos craintes sur le bio ? D.V. : La filière bio a subi un trou d’air pendant le Covid. En 2024, dans la P.A.C., on a dû déplorer une remise en cause des aides durables à l’installation et à la conversion vers le bio qui sont financés par le deuxième pilier de la P.A.C. La situation n’est pas simple mais cette année, on

Que ressentez-vous par rapport à la

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard au Salon de l’agriculture, avec le président de l’Agence Bio Bruno Martel, le 26 février dernier.

a vraiment l'impression que le ministère de l’Agriculture s’acharne sur le bio. L’Agence bio, c’est une agence publique qui est destinée à encou rager l’adoption de pratiques responsables du point de vue de l’environnement. Et elle me sem ble encore plus nécessaire aujourd’hui alors que l’impact du changement climatique devient évident sur beaucoup de territoires. Cela devient encore plus important d’adopter des pratiques responsables pour ce qui concerne la gestion de l’eau, par exemple, pour éviter les inon dations liées à l’imperméabili sation des sols. Et des périodes

molécules qui impactent la santé. Les agriculteurs sont les pre mières victimes de ces produits. Dans votre lettre ouverte, vous espérez qu’Annie Genevard ne sera pas “la ministre de l’effondrement de l’agri culture biologique à l’aube de la néces saire et inévitable bifurcation de notre modèle agricole.” Les mots sont forts… D.V. : D’abord, je n’ai aucune ani mosité envers Madame Gene vard, je l’ai même soutenue pour la D.N.C., j’ai trouvé que c’était la politique à suivre. Je suis quand même déçue, Annie Gene vard a sous les yeux un modèle agricole qui est un modèle plutôt responsable et vertueux avec le comté. Je ne comprends pas qu’elle soit tétanisée par les gros agro-industriels et qu'elle épouse le point de vue d’Arnaud Rous seau qui est à la tête de la F.N.S.E.A. Ce qui m’inquiète parce que Monsieur Rousseau a des intérêts dans l’agriculture au Brésil dont le modèle n’est pas celui qu’on veut défendre en France. Je trouve aussi qu’on a des problèmes budgétaires. On utilise mal les crédits du deuxième pilier de la P.A.C. Il y a de l’argent à Bruxelles qui dort parce qu’on ne souhaite pas l’uti liser parce qu’on n’est pas capable d’accompagner nos agriculteurs bio. n Propos recueillis par L.P.

de sécheresse de plus en plus longues. On voit aussi que toutes les mutuelles et toutes les caisses de sécurité sociale poin tent l’augmen tation des pathologies qui sont pour beaucoup d’entre elles corrélées avec l’usage de pro duits pesti cides et de

“La ministre de l’effondrement de l’agriculture biologique.”

Dominique Voynet, députée de la 2 ème circonscription du Doubs s’inquiète, dans une lettre adressée à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, de l’avenir du bio.

L’interview du mois 7

Mars 2026

ANNIE GENEVARD

La réponse de la ministre de l’Agriculture

“Le bio n’est pas une option marginale, c’est un des piliers de notre politique” De retour du Salon de l’agriculture, la ministre Annie Genevard s’inscrit totalement en faux contre les affirmations de la députée du Doubs Dominique Voynet et réaffirme le soutien plein et entier de l’État à cette filière.

gique. Les aides à la conversion représentent ainsi 340 millions d’euros par an dans le cadre du Plan stratégique national 2023 2027, afin de permettre aux agri culteurs de franchir le cap dans de bonnes conditions. S’agissant du maintien, l’écorégime joue un rôle clé, avec plus de 200 millions d’euros par an consa crés aux exploitations engagées, et une revalorisation prévue en 2026, après une revalorisation de 96 millions d’euros en 2025. L’ob jectif est clair : soutenir la transi tion, mais aussi garantir la péren nité économique des exploitations bio sur le long terme. Comment considérez-vous les 2,1 millions de signataires de la pétition contre la loi Duplomb ? A.G. : Je les prends pour ce qu’ils sont: une expression légitime et saine de la démocratie dans laquelle nous vivons. Ce sujet est devenu un véritable enjeu de société, et il est normal que des citoyens s’en saisissent, d’autant plus lorsqu’il touche à des ques tions de santé publique. Ces mobi lisations ont donc toute leur place dans le débat public. Pour autant, il est essentiel de ne pas tout confondre. Ce débat doit se mener avec sérieux, en s’ap puyant sur les avis scientifiques, et non sur des prises de position politiques. n Propos recueillis par J.-F.H.

C omment expliquez-vous les coupes budgétaires de l’Agence Bio et du Fonds Avenir Bio, ainsi que l’absence de l’Agence Bio du Salon de l’agri culture ? Annie Genevard : Il est important de rétablir les faits. Les moyens alloués à l’Agence Bio et au fonds Avenir Bio ont augmenté en 2026 par rapport à 2025. En 2024, une aide exceptionnelle avait été consentie au fonds Avenir Bio mais n’avait pas vocation à s’inscrire dans la durée, ce qui était convenu quand elle a été accordée. Si l’on se concentre sur les finan cements pérennes, dits de droit commun, consacrés à l’Agence Bio, ceux-ci ont au contraire progressé ces dernières années, témoignant d’un soutien structurel maintenu. En tout, ce sont plus de 700 mil lions d’euros d’argent public qui sont consacrés chaque année à la filière bio. C’est un engagement très significatif.

A.G. : C’est absurde. Le ministère compte une dizaine d’opérateurs sous sa tutelle et leur gouvernance obéit chacune à leur rythme admi nistratif de nomination, tant des présidents que des directeurs géné raux. L’échéance du mandat de la direction générale de l’Agence impose son renouvellement, le pro cessus en cours s’inscrit dans un cadre normal et transparent, conforme aux règles de gouver nance de l’établissement. Dans un courrier qu’elle vous a adressé, Dominique Voynet vous interroge notam ment sur les mesures prévues en faveur de la filière bio dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole. Que lui répon dez-vous ? A.G. : Le projet de loi d’urgence agricole a vocation à répondre aux difficultés de l’ensemble du monde agricole dans les domaines de l’eau, des moyens de production et de la prédation, autant de sujets qui concernent aussi les agriculteurs biologiques. Ils en bénéficieront pleinement, au même titre que les

autres. Il n’y a pas d’exclusion ni de traitement à part: le bio fait partie intégrante de l’agriculture française dans toute sa diversité. Au-delà de ce texte, le budget 2026 traduit des choix clairs en faveur de la filière. Le Fonds Avenir Bio est maintenu à un niveau supé rieur de 10 % à son niveau histo rique, pour atteindre 8,8 millions d’euros. Les moyens de l’Agence Bio sont renforcés, avec près de 885000 euros supplémentaires consacrés à la communication sur le bio. Enfin, le crédit d’impôt bio est prolongé au niveau de 2025, soit 4500 euros par exploitation et par an, apportant une visibilité et une stabilité attendues par les agriculteurs. Comment entendez-vous mobiliser les crédits du deuxième pilier de la P.A.C. pour restaurer l’appui à la transition et à la pérennité du bio ? A.G. : Les outils du deuxième pilier de la P.A.C. sont pleinement mobi lisés pour accompagner et sécuriser les parcours en agriculture biolo

souhaite-t-il donner à la filière bio ? A.G. : L’agriculture biologique occupe une place importante dans notre vision de l’agriculture fran çaise. Elle est à la fois un levier de souveraineté alimentaire et un moteur indispensable des transi tions environnementale et clima tique. Cet engagement n’a jamais faibli, y compris dans les moments les plus difficiles pour la filière. Lorsque les agriculteurs bio ont traversé une période de forte ten sion économique, du fait d’un repli du marché, l’État a répondu pré sent, avec des aides d’urgence pour la trésorerie, un accompagnement renforcé pour structurer les filières et des campagnes de communica tion destinées à soutenir la demande. Le message est clair: le bio n’est pas une option margi nale, c’est un des piliers durables de notre politique agricole. Certains affirment que l’éviction de la directrice de l’Agence Bio, Laure Verdeau, serait une affaire personnelle. Qu’en est il ?

Quelle place le ministère de l’Agriculture

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Espace Valentin / Besançon (face station-service Carrefour)

8 L’ÉVÉNEMENT

Mars 2026

MAIS OÙ SONT PASSÉS LES ŒUFS ?

La pénurie d’œufs touche la plupart des magasins depuis plusieurs mois maintenant. Comment expliquer ces rayons régulièrement vides dans les grandes surfaces ? Comment la filière régionale des œufs s’organise pour tenter de remédier à la situation ? Enquête et analyse dans notre dépar tement. Sur notre photo, une pro ductrice locale installée dans le Haut Doubs, Élodie Dornier, qui peut compter sur une fidèle clientèle au marché de Pontarlier où elle est présente le jeudi et le samedi.

l Consommation d’œufs Les raisons de la pénurie Un appétit sans fin pour les œufs Depuis quelques mois, les supermarchés affichent régulièrement des rayons vides là où devraient s’empiler des boîtes d’œufs. Comment expliquer cette pénurie qui touche tout le pays ? La Bourgogne-Franche-Comté est-elle un peu préservée grâce à ses élevages ? Éclairages.

Zoom Au Super U de Besançon, on subit aussi

R égulièrement, le rayon œufs du Super de Besançon l’Amitié est vide. Pris d’assaut dès qu’il est réappro visionné par des clients qui, ici comme ail leurs, se retrouvent face à des rayons dés espérément vides. Le magasin bisontin ne peut que déplorer la situation depuis plusieurs mois. “On subit comme tout le monde. Nous sommes le dernier maillon de la chaîne. Le problème, c’est que la livraison des œufs se fait en fonction des

surfaces de nos magasins, de façon éga litaire, et comme nous bénéficiions d’une forte fréquentation, la situation est souvent tendue” note Magali Neuville, la directrice du magasin bisontin. La responsable souligne tout de même qu’on a “la chance d’avoir un gros four nisseur local avec la société Coquy, mais il ne peut pas toujours nous livrer autant que nous le souhaiterions” ajoute-t-elle. n J.-F.H.

D epuis quelques mois, les Français ne marchent pas sur des œufs quand il s’agit de consommer le fruit de la ponte des poules. Selon le C.N.P.O., l’interprofession des œufs, un habitant mange 20 œufs par mois, une consom mation qui a bondi de 5 % en moyenne en 2025. Soit une moyenne de 237 œufs par habitant dans l’année (contre 227 en 2024). Entre 2023 et 2025, c’est + 14 % d’achat d’œufs en magasin, soit 300 millions d’œufs supplémentaires vendus en magasin sur la même période. Soit au total 7,3 milliards d’œufs vendus en France en un an. “Dans un contexte incertain, marqué par un pouvoir d’achat réduit et une volonté de maî triser les dépenses, y compris alimen taires, les foyers français continuent d’acheter de plus en plus d’œufs. Ces produits incontournables de la cuisine constituent en effet la façon la moins chère de profiter de protéines animales et de maîtriser son empreinte carbone, tout en offrant une grande variété de possibilités culinaires, tant sucrées que salées” , avance ainsi l’Interpro*. L’œuf s’impose aujourd’hui comme l’un des produits les plus emblématiques

et les plus plébiscités de l’alimentation française : 96 % des Français le consi dèrent comme un produit incontour nable de leur alimentation (Baromètre C.S.A./ C.N.P.O. 2023) et ils en consom ment de plus en plus. D’ici 2028, si le marché continue sur cette dynamique, 8 milliards d’œufs pourraient être ven dus en grandes surfaces. Les élevages français sont-ils capables de garder le rythme et de produire plus ? En 2025, la mobilisation des éle veurs a permis une hausse de produc tion de 0,8 % (contre + 5 % de la consom mation) pour une production de près de 16 milliards d’œufs. En Bourgogne-Franche-Comté, la filière

mentation” , souligne dans une publi cation de novembre 2025 l’Agreste (sta tistique publique de l’agriculture, de l’alimentation, de la forêt et de la pêche). La France poursuit en effet son objectif vers 90 % de poules pondeuses en éle vages alternatifs à la cage d’ici 2030. Fin 2025, ils concernaient 77 % des poules. Le Doubs quant à lui assure 18 % de la production régionale (20 % pour la Côte-d’Or et 42 % pour la Saône-et Loire, le reste étant dispatché dans les autres départements), grâce entre autres à la plus grosse production d’œufs classés plein air. Face à la hausse de la consommation d’œufs, le cheptel de poules pondeuses en B.F.C. a augmenté de plus de 50 % ces dix dernières années. Dans le même temps, le nombre d’ex ploitations possédant un atelier de poules pondeuses a crû de 150 %. n L.P. *Source https://oeuf-info.fr/ les-chiffres-cles/ **Source Agreste, statistique publique de l’agriculture, de l’ali mentation, de la forêt et de la pêche, publication de novembre 2025 sur le recensement agricole de 2020.

des poules pondeuses regroupe 123 exploita tions pour une produc tion de 320 millions d’œufs par an**. “La pro duction est constituée en majorité d’œufs de plein air et bio (52 % pour le bio), même si une impor tante production d’œufs en cage existe en Saône et-Loire, celle-ci devrait disparaître en raison de l’évolution de la régle

Le Doubs assure 18 % de la production régionale.

Ce jour-là à Super U, une livraison attendue est arrivée. Les consommateurs sont rassurés.

L’événement 9

Mars 2026

l Flagey

De nouveaux élevages en prévision

“Pour 2026, Coquy ambitionne de produire 82 millions d’œufs”, explique Fabrice Delval, le directeur opérationnel ici en compagnie des autres cadres du site Coquy à Flagey. De gauche à droite : Jessica Ferry, responsable de centre, Morgane Le Goff, responsable qualité et Jean-Philippe Klopp,

Les œufs Coquy montent en capacité Sur un marché de l’œuf où la demande est supérieure à l’offre, l’entreprise basée à Flagey intégrée depuis 2019 dans la coopérative Terre Comtoise, parvient encore à livrer tous ses clients tout en étudiant la possibilité d‘augmenter à moyen terme sa production en créant de nouveaux élevages, sachant qu’il faut deux ans pour finaliser un dossier avicole.

D eux raisons principales expli quent la pénurie d’œufs en France. La consommation d’œufs par habitant a pro gressé alors que, dans le même temps, beaucoup d’élevages “œufs cages” fer ment progressivement. Un effet ciseaux qui s’équilibrera d’ici un ou deux ans le temps que sortent de terre de nou veaux élevages sol, plein air ou bio. “Il manquerait aujourd’hui 300 élevages de 20 000 à 30 000 poules pour répondre aux besoins du marché français” explique Fabrice Delval, le directeur des opéra tions chez Coquy. L’entreprise régionale implantée à Fla gey fêtera son 70 ème anniversaire cette année. En effet, en 1956, Albert et Mar guerite Bourgon, fondateurs de la marque, relèvent le défi de faire un œuf régional. Coquy fait désormais partie prenante du patrimoine alimentaire régional que ce soit au rayon œufs ou en croisant chaque jour les camions de

livraison qui sillonnent les routes pour distribuer leurs précieuses cargaisons. En 2019, la société Coquy a été reprise par Terre Comtoise associée à deux autres coopératives : Bourgogne du Sud et Bourgogne Céréales. Les nouveaux propriétaires ont investi 5 millions d’eu ros dans la construction d’un centre de conditionnement ultra-moderne capable de calibrer 130 millions d’œufs à l’année, dans le futur. Pour 2026, Coquy ambitionne de pro duire 82 millions d’œufs contre 72 mil

responsable commercial.

Coquy se positionne sur trois gammes d’œufs: sol, plein air et bio. Georges Bourgon, le fils du fondateur, était déjà sorti de la gamme “œuf cages” depuis plus de 15 ans. L’intégration régionale concerne également l’aliment fourni en totalité par Terre Comtoise. “Toute la matière première (céréales, soja) qui entre dans la composition de la formule de l’aliment est cultivée en Bourgogne Franche-Comté. Les céréales sont trans formées au moulin de Dannemarie-sur Crète qui appartient aussi à Terre Comtoise. Les poules Coquy consomment

chaque année 12000 tonnes d’aliment non-O.G.M., sans antibiotiques et riche en Oméga 3” , détaille le directeur. L’entreprise de Flagey emploie 40 col laborateurs. “On a 12 chauffeurs-livreurs merchandiseurs qui assurent la livraison, la mise en rayon et la prise de commande. 400000 œufs sortent chaque jour du centre de conditionnement pour être dis tribués dans un rayon de 100 km. On livre également quelques centrales d’achat, cela représente 20 % du business. Au total, on travaille avec 280 clients livrés entre une et trois fois par semaine.”

Le directeur ajoute aussi que l’entreprise est engagée dans la démarche R.S.E. qui repose sur trois piliers : économique, social et environnemental. Le fonctionnement entre l’entreprise Coquy et les 10 élevages associés est assez logique : Terre Comtoise apporte l’aliment, en contrepartie, l’éleveur four nit les œufs vendus par Coquy auprès de ses clients. “Aujourd’hui, on livre tous nos clients malgré des commandes crois santes. D’autres demandes sont en étude en parallèle de nos futurs élevages.” n F.C.

lions l’année dernière et environ 50 millions d’œufs à la reprise en 2019. “On gère six pou laillers en direct à Fla gey et on travaille avec 10 éleveurs associés, tous installés en Bour gogne-Franche-Comté. Au total, cela repré sente 300 000 poules” ,

400 000 œufs sortent chaque jour du centre de Flagey.

l Val d’Usiers Circuit court Les œufs d’Élodie ne connaissent pas la crise

Les 900 poules d’Élodie Dornier sont logées dans deux poulaillers mobiles régulièrement déplacés aux beaux jours. Des conditions d’élevage très éloignées des poulaillers hors-sol, un aliment sur-mesure : ces paramètres expliquent sans doute l’attachement de la clientèle à ces œufs fleurant bon le terroir du Val d’Usiers.

A u royaume des A.O.P. froma gères, il n’est pas toujours facile d’être l’invité au festin surtout quand l’invitée se décline au féminin. Après son B.T.S. agricole obtenu en 2007, Élodie Dornier a d’abord travaillé au service de rem placement dans l’espoir de trouver sa place dans un élevage bovin ou de s’ins taller en caprin. Sauf qu’elle n’était pas forcément la bienvenue sur les diffé rentes exploitations où elle a posé can didature. “J’ai travaillé dans l’agroali mentaire le temps de trouver un projet agricole qui corresponde à mes envies et à mes moyens.” La solution prendra la forme d’un éle vage avicole. Après une première ten tative qui finira par avorter, elle se lance finalement en 2021 dans l’exploitation d’un élevage de 250 poules en optant pour le statut de micro-entrepreneur. “Les élevages de cette taille ne sont pas tenus d’avoir un agrément sanitaire. Il suffit de tamponner les œufs et de tra vailler en vente directe” , explique la jeune avicultrice qui écoulera une partie de sa production sur les marchés locaux, notamment le jeudi et le samedi matin

sécurité très strictes. Tout est organisé pour éviter les risques de contamination venant de l’extérieur. À chaque renou vellement du lot de poules, programmé tous les 18 moins, l’aviculture procède à la désinfection des installations. Com bien d’œufs peuvent produire 900 poules ? “Il faut compter environ 5 œufs par semaine pour une poule.” La production du poulailler du Val d’Usiers reste très localisée : les marchés de Pontarlier, quelques restaurants assez haut de gamme, des établisse ments scolaires et des commerces ali mentaires. “Je viens d’installer un dis tributeur à l’entrée de la boutique Chouette Éthique dans l’ancienne com mune de Bians-les-Usiers. Les œufs sont conditionnés en boîtes de 6 ou 12. L’ap pareil contient 32 casiers.” Pour nourrir ses poules, Élodie Dornier a sollicité la minoterie Dornier pour composer une formule sans additif ni colorant. “Jusqu’à Noël, je n’avais pas franchement ressenti une forte demande mais les choses ont évolué à partir du mois de janvier. On ressent davantage la hausse de la demande.” La production d’œufs dans une structure comme la

à Pontarlier. Cette situation provisoire se formalise le 1 er mars 2023 quand Élodie Dornier opte pour le statut d’avicultrice à part entière. Elle s’engage dans le métier avec un cheptel de 900 poules, ce qui reste très artisanal au regard de la plu part des autres élevages. “Au départ, j’ai aménagé un ancien bâtiment agricole en poulailler qui a aussi fait l’objet d’un agrandissement. J’ai élevé un seul lot dans cette structure” , poursuit celle qui finira par changer de modèle.

L’avicultrice a investi dans un distributeur d’œufs installé devant la société Chouette Éthique située au Val d’Usiers.

En mai 2025, elle investit dans deux poulaillers mobiles. Fabriqués en Alle magne, ces “Farmers mobiles” sont équipés pour une totale autonomie avec un stockage d’aliments, une réserve d’eau, des pan neaux solaires produisant l’énergie pour mettre en route la chaîne d’alimen tation, les lumières et le tapis qui récupère les œufs. Comme dans tout élevage, Élodie Dornier respecte des règles de bio

“La pénurie attire davantage

sienne demande encore beaucoup d’opé rations manuelles notamment au centre de conditionnement où les œufs sont mirés, calibrés et tamponnés. “On men tionne le code du producteur. Ce n’est pas obligatoire d’indiquer la date de ponte sur les œufs. Je le fais sur les boîtes.” La date limite de consommation d’un œuf est de 28 jours. Deux calibres d’œufs 53-63 mm et 63-73 mm sont com mercialisables en France. Les trop gros

ou trop petits partent comme ingrédients dans la fabrication de produits alimen taires comme les pâtes. “Je ne subis pas la pénurie mais la pénurie attire davan tage de clients sur le marché qui espèrent trouver des œufs plus facilement. Même si la demande est là, je n’ai pas l’intention d’avoir plus de poules qu’aujourd’hui. Je tiens à rester à la tête d’un élevage à taille humaine.” n F.C.

10 Économie

Mars 2026

“Les arbres de résonance poussent à plus de 1 000 mètres d’altitude. Ils sont à croissance lente et présentent aussi des caractéristiques génétiques spécifiques”, explique Emmanuel Dornier, l’agent O.N.F.

MIGNOVILLARD

Jusqu’à 400 euros le m 3

Les bois de résonance, l’autre trésor du massif jurassien Depuis plusieurs années, la commune de Mignovillard en partenariat avec l’O.N.F. organise une journée en l’honneur des bois de résonance, ces épicéas d’exception utilisés

qui gère la forêt communale de Mignovillard.

18 arbres, soit 30 m 3 , étaient mis en vente le 20 février à la salle des sports de Mignovillard.

P as sûr qu’un tel événement résiste au réchauffement clima tique car les épicéas de réso nance n’échappent pas à l’ap pétit de scolytes qui ont maintenant conquis tous les étages de la forêt juras sienne. Sachant qu’un épicéa sur 10 000 seulement répond aux caractéristiques d’un bois de résonance, ce capital excep tionnel est encore plus menacé. Comme l’est d’ailleurs la population de grand tétras, autre emblème des forêts d’al titude jurassiennes. “On organise cette journée dédiée aux bois de résonance tous les deux ans” , indique Emmanuel Dornier, l’agent de l’O.N.F. en charge du triage de Mignovillard. Avec plus de 1000 hectares de forêt soumise plantée à 70 % de résineux, Mignovillard est la plus grosse com mune forestière du département du Jura. Dans la forêt du Mont Noir, une partie de ces bois croissent lentement mais sûrement entre 1 000 et 1 200 m d’altitude, là où quelques épicéas trou vent les conditions propices pour deve nir des bois de résonance. “Ces massifs ont fait l’objet d’une sylviculture gérée par l’O.N.F. qui a permis de conserver ces bois qui ont entre 200 et 300 ans. On en trouve dans la forêt du Prince, dans le Risoux…” Il n’existe pas de formation pour identifier ces arbres aux fûts réguliers sans aucune ano malie sanitaire. “C’est avant tout de

pour la fabrication d'instruments de musique. Une journée en présence de tous les acteurs de cette filière aussi rare que précieuse.

de forestiers et de curieux ont assisté à la vente orchestrée par l’O.N.F. Une vente à l’ancienne sur papier et au mieux disant. Les prix d’achat ont varié de 210 à 400 euros le m 3 . Le prix de plus élevé concerne le lot 4 avec une pièce unique de 2 m 3 acquise par Étienne Rognon. Cet artisan menuisier est venu du Châtillonnais pour parti ciper à cette vente. “J’ai été informé par l’O.N.F. qui nous envoie le catalogue. J’avais besoin de renouveler mon stock” dit-il. Les bois de résonance sèchent à l’air libre plusieurs années avant d’être débités. Le prix des tables d’harmonie issues de la valorisation de ces arbres peut atteindre des milliers d’euros. La satisfaction était de mise du côté de la commune de Mignovillard qui orga nisait cette journée. “En temps normal, on commercialise environ 4 000 m 3 de bois chaque année. Cela représente entre 250000 et 350000 euros de recettes forestières. Avec le bostryche, on a été contraint de multiplier les coupes sani taires. On n’a pas d'autre choix que de décapitaliser nos forêts pour les années à venir. Cette vente apporte une note positive dans un contexte forestier en pleine mutation” , explique Lydie Cha nez, responsable de la commission bois. n F.C.

l’observation et du temps passé en forêt. J’ai l’œil, la fibre, la passion même si je ne suis pas du tout musicien” , poursuit le jeune forestier. Certains parlent d’un don pour trouver ces arbres assez magiques. Emmanuel Dornier côtoie régulièrement les scieurs de bois de luthe rie qui forment aussi une communauté à part. Ces toutes petites unités trai tent entre 20 et 50 m 3 de bois par an. Elles ont un savoir-faire très spé cifique avec 80 % de

Artisan menuisier, Étienne Rognon, ici en discussion avec Coralie Lenne de l’O.N.F., est venu du Châtillonnais renouveler son stock de bois de résonance.

Ces bois ont entre 200 et 300 ans.

pertes. Six d’entre elles étaient pré sentes le vendredi 20 février à la salle des sports de Mignovillard pour la vente de 30 m 3 de bois de résonance orchestrée par l’O.N.F. “On avait deux lots de cinq pièces et huit lots vendus à l’unité. C’est la première fois qu’on proposait des arbres uniques. Cela per met d’attirer des toutes petites scieries.” Les bois de résonance bénéficient d’un traitement particulier de l’abattage jusqu’à la vente aux artisans luthiers. “Ils sont abattus seulement en période hivernale et en lune décroissante pour qu’ils ressuient plus vite.” Beaucoup

Un épicéa sur 10 000 répond aux caractéristiques des bois de musique, comme les violons ou les guitares.

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