La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

Le dossier 27

Mars 2026

l Agression des élus Association des maires du Doubs “On ne peut pas tolérer qu’un élu dépositaire de la force publique soit agressé” Président de l’association des maires du Doubs, Patrick Genre est aussi le référent départemental sur toutes les questions en lien avec la protection des élus. En 31 ans d’engagement dans la vie politique locale, il constate lui aussi une évolution des relations entre la population et ceux qui les représentent. Témoignage.

“Dans le Doubs, on a formé près de 250 élus à la gestion des incivilités et du comporte ment à tenir face à des personnes agressives”, explique Patrick Genre.

L e nombre d’agressions envers des élus du Doubs est-il en progression ? Patrick Genre : On recense tous les signa lements faits par les élus en sachant bien que tout n’est pas forcément déclaré. Quatre situations ont été ren seignées en 2025. C’est un chiffre assez stable. On enregistre entre 4 et 6 agres sions chaque année depuis 2022 et cha cune a donné lieu à un dépôt de plainte. On reçoit aussi beaucoup de signale ments d’agressions verbales, d’insultes. L’Association des maires de France incite les élus, à chaque type d’agres sion, à faire remonter les faits qui seront étudiés avant d’engager d’éven tuelles poursuites. Le cadre juridique protège-t-il mieux les élus ? P.G. : Oui. Des actions ont été menées par le préfet et le procureur. Tous ces

éléments sont repris dans le nouveau statut de l’élu. On ne peut pas tolérer qu’un élu dépositaire de la force publique soit agressé. Des procédures spécifiques ont été mises en place pour mieux les protéger. Comment les associations de maires gèrent cette problématique ? P.G. : Il y a des réfé rents dans chaque département. Je suis le référent dans le Doubs. Suite à la recrudescence des agressions à l’échelle nationale, des cel lules d’accompagne ment psychologiques ont été mises en place. Dans le Doubs, “Entre 4 et 6 agressions enregistrées chaque année.”

on a formé près de 250 élus à la gestion des incivilités et du comportement à tenir face à des personnes agressives. Ces séances étaient dispensées par le ministère de l’Intérieur avec l’inter vention de membres du G.I.G.N. Il y a eu en tout onze sessions de formation. On a aussi la capacité juridique de se porter partie civile aux côtés des élus victimes d’agressions. Cela a été fait 2024 et l’association des maires ruraux s’est également portée partie civile dans une affaire similaire en 2023. Qu’est-ce qui peut expliquer ces violences envers les élus ? P.G. : Cette évolution est liée à l’appa rition et au développement des réseaux sociaux avec une multiplication des agressions verbales, du dénigrement, des insultes proférées envers les élus.

Le fait d’anonymiser amplifie bien sûr la portée de ces agressions. C’est une évolution marquante. On constate aussi une accélération de ces comportements depuis la crise sanitaire. On sent un fossé qui peut se créer entre la popu lation et la fonction politique locale. Il y a de moins en moins de respect et de plus en plus d’intransigeance. Certains n’ont pas supporté le fait qu’on leur ait imposé le confinement. Heureuse ment, dans la très grande majorité des cas, les relations, les échanges entre la population et les élus se passent

très bien. La fonction d’élu réserve encore de très bons moments. Personnellement, avez-vous déjà été victime d’agressions ? P.G. : J’ai été quelquefois insulté et maintes et maintes fois attaqué au delà des limites sans que cela ne déborde sur mes proches. Heureuse ment, ces faits restent très minoritaires en 31 ans d’engagement dans la vie publique. Pour autant, tout élu doit rester vigilant. n Propos recueillis par F.C.

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