La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

Besançon 17

La Presse Bisontine - Mars 2026

La réponse des six candidats bisontins l Séverine Véziès (L.F.I.) : “Ces enjeux font l'objet d'un des 4 piliers de notre pro gramme (revitaliser la démocratie, per mettre à chacun de satisfaire ses besoins fondamentaux, engager la bifurcation écologique, défendre les droits humains et la paix). Nous avons adressé sur cette base une réponse assez complète sur la façon dont nous pensons traiter ces enjeux. Pour autant nous sommes convaincus, que les réponses doivent être co-construites avec les associations de défense de l'environnement et avec les spécialistes de l’Université Marie et Louis Pasteur. ” du quotidien devant dépasser la sphère scientifique et s'imposer aux décideurs politiques. Réduire les pertes sur le réseau d'eau, protéger les captages, collaborer avec les agriculteurs, isoler les bâtiments, maintenir un commerce de proximité, faciliter les transports en commun, lutter contre la précarité énergétique sont des propositions légitimes. Il ne s'agit pas d'écologie punitive mais simplement de bon sens.”

UNIVERSITÉ MARIE ET LOUIS PASTEUR

Élections municipales

Plus de 70 chercheurs interpellent les candidats Face à l’écart grandissant entre les travaux scientifiques et les décisions politiques au national, plus de 70 personnels de l’Université Marie et Louis Pasteur ont décidé d’interpeller les candi dats grand bisontins aux élections municipales sur la transition écologique, sociale et solidaire.

l Ludovic Fagaut (L.R.) : “L’interpellation des personnels de l’Université est légitime. C’est grâce aux échanges, à la confron tation des idées et aux contributions des uns et des autres que nous construisons l’avenir et que nous élaborons des pro grammes. Notre équipe de campagne est en lien avec eux et, bien sûr, nous pourrons les rencontrer par la suite pour approfondir ces sujets essentiels comme l’eau, la nature et la transition écologique.” l Anne Vignot (E.E.L.V.) : “Je ne peux qu’être d’accord avec leur interpellation. Trop souvent, les scientifiques ont crié dans le désert, sur les pollutions, les insecticides, bien trop longtemps sur le changement climatique etc. Au cours de ce mandat, nous avons intensifié les rela tions avec le monde académique, sur les Vaîtes, sur la protection de l’eau, sur l’aménagement du territoire, sur l’envi ronnement éducatif des enfants, sur la santé publique, par exemple. C’est néces saire pour avoir des décisions éclairées, et aussi pour expérimenter, pour innover. Nous avons besoin d’une double exper tise, une expertise scientifique et une expertise d’usage, avec la démocratie participative. Nous avons donc répondu à leur interpellation. Les thématiques que les membres de l’Université mettent en avant sont prises en compte, et dans notre bilan, et dans notre programme.” n

T out est parti d’un ras-le-bol qui s’est exprimé lors de l’assemblée générale du laboratoire chrono environnement, fin 2025. “Il y a un ras-le-bol, de la colère de la part des chercheurs que les gens ne prennent pas de mesures écologiques. On n’est pas entendus, pas écoutés. Et on n’entend pas vraiment de mesures écologiques pendant la campagne des municipales” , explique Cécile Rémy, chercheuse en écologie forestière. “Notre démarche est d’interpeller les candidats sur des thématiques précises pour recontextua

liser et vulgariser aussi nos travaux, ajoute Julien Azuara, chercheur en écologie végétale et paléoécologie. Quels sont les points de vos programmes qui répondent aux thématiques soulevées ?” Ces dernières évoquent la façon de favoriser la biodiversité à l’échelle de la commune, la lutte contre le dérè glement climatique, la gestion durable de la ressource en eau, la transition écologique sociale et solidaire. Toutes sont couplées avec des leviers d’action, en cours ou à développer. “Il s’agit aussi de lutter contre la désinformation, il y

a un mésusage du terme écologie, sou ligne Cécile Rémy. On aborde les inter actions entre la biodiversité, la justice sociale, le climat, l’eau. La biodiversité est liée à l’économie de la ville, à la santé. On ne peut pas agir en silo.” “On ne peut pas traiter ces différents points séparément. On a maintenant du recul, on voit les résultats décevants de la taxe carbone, des zones à faible émission, reprend Julien Azuara. On souhaite que ces thématiques occupent une place de choix dans la campagne, que les élec teurs soient informés des vrais enjeux. On parle toujours de la crise écologique dans le futur, mais on est en plein dans le mur.” Soucieux d’éviter le greenwashing, le collectif de chercheurs se réserve le droit de critique, toujours d’un point de vue scientifique. “On n’est pas là en tant que citoyens, militants, idéologues. Nous donnons un avis professionnel, basé sur des faits scientifiques, des don nées factuelles.” Pour illustrer son pro pos, le chercheur cite les 103 morts en Bourgogne-Franche-Comté en 2023 causés par deux épisodes caniculaires. Soit 37 % des décès observés sur ces périodes, 300 passages aux urgences, 183 hospitalisations. “On est dedans, il faut agir pour limiter l’impact de cette crise écologique” , résume Cécile Rémy. n L.P.

l Jacques Ricciardetti (RN) : “La bio diversité, la gestion de l’eau, l’adaptation aux évolutions climatiques sont des enjeux réels pour notre territoire. Je remercie d’ailleurs certains personnels de l’Université qui s’engagent dans le débat public. Mais je tiens aussi à rappeler une chose essen tielle : l’université a d’abord pour mission de transmettre des savoirs solides, exi geants, fondés scientifiquement, en dehors de toute approche idéologique. En tant que candidat, je ne confonds pas le rôle d’un élu municipal et celui de l’université. Oui, ces sujets auront toute leur place dans notre programme, mais avec prag matisme et sans dogmatisme. Le débat public a besoin de science. Il n’a pas besoin d’idéologie.” l Éric Delabrousse (Horizons) : “Il est sain que des chercheurs de l’Université réunis pour l'occasion en un collectif, cherchent à prendre leur place dans le débat des élections municipales. Leur décision de se faire entendre dans un contexte de montée du climato-scepti cisme, et plus largement de la remise en cause de la parole scientifique, est louable. La contestation de la science et la fabrique du doute constituent aujourd’hui un combat

Julien Azuara et Cécile Rémy, deux scientifiques du laboratoire Chrono environnement se mobilisent aux côtés

de plus de 70 personnels de l’université.

EN BREF

ÉDUCATION Ouverture à l’international Les élèves du lycée Pierre-Adrien Pâris s’inspirent en Italie Rome, Naples et Pompéi étaient au menu du voyage de 57 élèves bisontins du lycée des métiers de la construction. L’architecture antique et baroque comme source d’inspiration.

Citadelle La Citadelle de Besançon a accueilli en décembre 2025 la naissance d’un langur de François, espèce de primate gravement menacée. Cet événement rare témoigne de l’engagement du Muséum de C’est la quatrième naissance d’un primate appartenant à cette espèce parmi les plus menacées au monde. Obésité Le samedi 25 avril, l’association Éliséa, en collaboration avec Décathlon, le Réseau obésité de Franche Comté et ses partenaires, organise la 5ème Journée régionale de sensibilisation au surpoids et à l’obésité de 10 heures à 18 heures, sur le parking Décathlon Châteaufarine-Besançon. Entrée gratuite, ouverte à tous. Cette journée conviviale et accessible s’adresse aux enfants, adolescents, adultes et familles, avec un objectif clair: mieux comprendre, échanger, agir… sans jugement. Plus d’infos: Facebook: assoc elisea Besançon en faveur de la conservation de la biodiversité.

L e lycée Pierre-Adrien Pâris de Besançon, qui forme ses élèves aux métiers de la construction et du développement durable est résolument tourné vers l’in ternational. Sur un effectif de 420 élèves (il accueille des classes de 3 ème jusqu’aux niveaux B.T.S.), pas moins de 76 séjours en mobilité entrante ou sortante sont prévus cette année, sous l’impulsion de Stéphanie Orta lon, enseignante d’anglais et référente internationale de l’éta blissement.

Le séjour italien des lycéens bisontins s’est déroulé début février.

Après un séjour à vocation mémorielle l’an dernier en Alle magne, les élèves ont mis le cap au sud cette année. Une délé gation de 57 élèves de Bac Pro étude et économie de la construction, accompagnés de 5 de leurs professeurs, a décou vert les richesses patrimoniales de l’Italie baroque et antique à Rome, à Naples et à Pompéi. “On a notamment eu la chance de découvrir presque en avant première mondiale une nouvelle partie du site de Pompéi qui ouvre tout juste au public. Ces

pédagogique et professionnelle. “Ils auront l’occasion de parti ciper à la construction de vraies maisons qui ont été vendues sur plans. C’est vraiment du concret pour eux” ajoute l’enseignante. Deux élèves de B.T.S. iront, eux, passer un mois cet été dans cette même ville de Finlande pour peaufiner leur formation. Le lycée Pâris est depuis plu sieurs années un des établisse ments bisontins les plus tournés vers l’international. n J.-F.H.

programmes de mobilités sont encore bien soutenus par le dis positif Erasmus et la région Bourgogne-Franche-Comté, c’est une vraie opportunité pour nos élèves de s’ouvrir sur le monde. Ces voyages seront importants pour enrichir le C.V. de nos jeunes quand ils arriveront sur le marché du travail” souligne Stéphanie Ortalon. L’ouverture à l’international se poursuivra dans quelques semaines avec l’accueil de 4 étu

diants finlandais et de leurs enseignants fin mars au sein du lycée bisontin dans le cadre d’un partenariat avec un éta blissement de Turku (à l’ouest d’Helsinki) initié en 2017 et renouvelé presque chaque année depuis. Et du 20 avril au 8 mai, M me Ortalon, accompagnée du proviseur adjoint, part à son tour avec 6 élèves bisontins de Bac Pro sur un chantier-école dans le même établissement finlandais pour une immersion

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