La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

26 Le dossier

Mars 2026

l Pontarlier Lutte contre le trafic Un bar à chicha fermé pour trafic illégal de tabac et cigarettes

Zoom De nouvelles armes légales pour la lutte contre le trafic de stupéfiants E n 2025, 600 personnes ont été mises en cause pour du trafic de stupéfiants, narcotrafic dans le Doubs, soit une hausse de 35 %. 2 286 personnes ont, elles, été mises en cause pour usage de stupéfiants, aboutissant à 1 656 amendes forfaitaires délictuelles. Face à ces chiffres qui continuent d’augmenter, le préfet Rémi Bastille s’est félicité de l’instauration de deux temps forts “de cadrage” en 2025. En février, la mise en place du Plan d’action dépar temental de restauration de la sécurité au quo tidien lutte contre la délinquance du quotidien, et en juin, la loi visant à sortir la France du nar cotrafic. “Il y a une prise de conscience collective sur l’enjeu du narcotrafic. Cela nous donne le maximum d’armes possibles pour lutter contre ce fléau”, a souligné le préfet. Concrètement, 12 interdictions de paraître ont été notifiées, un commerce a fait l’objet d’une fermeture administrative pour 6 mois et 7 dossiers de résiliation de bail sont en cours et prennent effet à la fin de la trêve hivernale. La loi permet en effet de résilier des baux de logement social quand celui-ci a été utilisé comme lieu de trafic de stupéfiants. 3,5 tonnes de stupéfiants ont été saisies dans le Doubs par les douanes. n L.P.

C ette fermeture administrative de 180 jours signée et notifiée par le préfet du Doubs le 30 janvier fait suite à plusieurs constatations réalisées par les services des douanes sur la revente de tabac hors cadre légal. En mai dernier, plus de 3 kg de tabac à chicha avaient été trouvés dans ce commerce qui avait ouvert ses portes au début de l’année 2025. Bis repetita lors d’un contrôle effectué en novembre dernier avec une détention de plus de 3 kg de tabac. Les services des douanes ont également découvert lors d’une visite domiciliaire concomitante 53 cartouches de ciga rettes destinées à la revente. Pour mémoire, la revente de tabac, donc hors du réseau des buralistes, est strictement encadrée, et elle est réservée aux bars licence III et IV, aux restaurants avec licence restaurant et stations-service d’autoroute. Le Hoo’Klub ne remplissait aucune de ces conditions. Des infractions portant sur le travail dissimulé ont aussi été relevées par l’Urssaf et la Police natio nale.

Suite à la découverte d’une somme de 15000 euros, une infraction de blan chiment douanier liée à la revente de produits issus d’un délit douanier a également été retenue. Le gérant pas sera au tribunal judiciaire de Besançon en novembre. Il sera jugé pour détention illégale de tabac. L’infraction de blan chiment douanier sera retenue ou pas par les juges sous réserve de faire au préalable le lien entre l’argent trouvé et le tabac revendu.

Situé au centre-ville de Pontarlier, le Hoo’Klub a fait l’objet d’une fermeture administrative de 6 mois. Ce commerce de restauration rapide est suspecté de revente illégale de tabac, de travail dissimulé et de blan chiment douanier. L’audience est fixée au 20 novembre.

La direction régionale des douanes de Besan çon constate une recru descence de ce type de trafic dans les com merces. Des grosses saisies sont régulière ment effectuées sur l’autoroute. Le prix du tabac dans certains pays comme la Suisse et plus encore le Luxembourg peuvent aussi donner lieu à des trafics illégaux. n F.C.

“Le Hoo’Klub ne remplissait aucune de ces conditions.”

Ouvert en janvier 2025, l’établissement fautif est déjà sous le coup d’une fermeture administrative de 6 mois.

l Innovation Avec la B.S.T.C. sur le terrain Sécurité dans les transports : une mutualisation des moyens Depuis quelques mois, une brigade de sécurisation des transports publique (B.S.T.C.) se déploie dans les transports de la région, du tramway bisontin aux trains régionaux en passant par les bus Mobigo vers Pontarlier.

Les policiers de la B.S.T.C. lors du contrôle d’un

homme qui portrait un

couteau à cran d’arrêt devant

la gare de Besançon.

E lle est composée d’une dizaine de policiers qui patrouillent chaque jour dans les transports en commun de la région, sous la responsabilité du brigadier chef Stéphane Mourey, chef de cette unité créée en décem bre 2023. Ce jour-là, c’est devant la gare Viotte de Besançon que les policiers de la B.S.T.C. opè rent, après avoir épaulé dans le

tramway bisontin les contrôleurs du réseau Ginko dans leur mis sion de prévention des fraudes. Un usager un peu récalcitrant, et les policiers sont appelés en renfort pour immédiatement calmer le jeu. Après avoir surveillé l’arrivée en gare des passagers d’un train en provenance de Dijon suite à une réquisition du procureur, c’est sur le parvis de la gare que

les agents de la B.S.T.C. repèrent un homme, visiblement désœu vré. Les investigations se pas sent dans le calme, les policiers lui demandent ses papiers d’identité et s’aperçoivent rapi dement que l’homme porte sur lui un couteau à cran d’arrêt, une arme de catégorie D dont le port est interdit sans autori sation. L’arme est immédiate ment confisquée, l’homme emmené par le tram jusqu’au commissariat de la Gare d’Eau, escorté par plusieurs fonction naires de police. Ce genre d’intervention, c’est le lot quotidien des policiers de la B.S.T.C. qui sont amenés à se déplacer suer l’ensemble de la région Bourgogne-Franche Comté, dans les principales gares, et sur les lignes de trans port en commun terrestres (les bus Mobigo par exemple) ou fer roviaires (T.E.R. ou grandes lignes). “Cette brigade rassure non seulement les usagers, mais aussi les contrôleurs de train ou de tram qui se voient épaulés dans leurs missions de contrôle” observe le chef de cette unité policière qui peut aussi être ame née à intervenir en renfort pour

L’arme a été immédiatement confisquée par les agents de police.

sécuriser certaines manifesta tions régionales comme récem ment la Percée du vin jaune, et même au-delà comme elle l’a fait en fin d’année à la Fête des lumières de Lyon. Les policiers de la B.S.T.C. sont parfois accompagnés d’un chien de la brigade cynophile pour des opérations s de détection de stu péfiants dans les transports en commun ou dans le périmètre des gares.

Pour le directeur de Kéolis-Besan çon Laurent Sénécat, la pré sence de cette police “apporte une réelle plus value sur le réseau Ginko. La présence quoti dienne des agents de police de cette brigade à bord de nos trams et bus est de nature à

En 2025, 103 faits d’incivilités sur le

Dans une récente enquête menée par le réseau de trans ports bisontin, 89 % des 1020 voyageurs interrogés ont répondu positivement à la ques tion “Concernant le réseau Ginko, diriez-vous qu’on s’y sent en sécu rité tout au long du trajet?” , contre 84 % en 2024. n J.-F.H.

rassurer autant voyageurs que conducteurs” confirme-t-il. En 2025, 103 faits de sécurité, majoritairement des incivilités, ont été recensés sur le réseau Ginko. “Cela peut sembler beau coup, mais c’est à rapprocher des 22,3 millions de voyages réa lisés dans l’année à bord des trams et bus” nuance le directeur.

réseau Ginko.

Les policiers de la B.S.T.C. interviennent régulièrement dans le tram de Besançon en appui aux contrôleurs du réseau Ginko.

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