La Presse Bisontine 286 - Mars 2026
L’interview du mois 7
Mars 2026
ANNIE GENEVARD
La réponse de la ministre de l’Agriculture
“Le bio n’est pas une option marginale, c’est un des piliers de notre politique” De retour du Salon de l’agriculture, la ministre Annie Genevard s’inscrit totalement en faux contre les affirmations de la députée du Doubs Dominique Voynet et réaffirme le soutien plein et entier de l’État à cette filière.
gique. Les aides à la conversion représentent ainsi 340 millions d’euros par an dans le cadre du Plan stratégique national 2023 2027, afin de permettre aux agri culteurs de franchir le cap dans de bonnes conditions. S’agissant du maintien, l’écorégime joue un rôle clé, avec plus de 200 millions d’euros par an consa crés aux exploitations engagées, et une revalorisation prévue en 2026, après une revalorisation de 96 millions d’euros en 2025. L’ob jectif est clair : soutenir la transi tion, mais aussi garantir la péren nité économique des exploitations bio sur le long terme. Comment considérez-vous les 2,1 millions de signataires de la pétition contre la loi Duplomb ? A.G. : Je les prends pour ce qu’ils sont: une expression légitime et saine de la démocratie dans laquelle nous vivons. Ce sujet est devenu un véritable enjeu de société, et il est normal que des citoyens s’en saisissent, d’autant plus lorsqu’il touche à des ques tions de santé publique. Ces mobi lisations ont donc toute leur place dans le débat public. Pour autant, il est essentiel de ne pas tout confondre. Ce débat doit se mener avec sérieux, en s’ap puyant sur les avis scientifiques, et non sur des prises de position politiques. n Propos recueillis par J.-F.H.
C omment expliquez-vous les coupes budgétaires de l’Agence Bio et du Fonds Avenir Bio, ainsi que l’absence de l’Agence Bio du Salon de l’agri culture ? Annie Genevard : Il est important de rétablir les faits. Les moyens alloués à l’Agence Bio et au fonds Avenir Bio ont augmenté en 2026 par rapport à 2025. En 2024, une aide exceptionnelle avait été consentie au fonds Avenir Bio mais n’avait pas vocation à s’inscrire dans la durée, ce qui était convenu quand elle a été accordée. Si l’on se concentre sur les finan cements pérennes, dits de droit commun, consacrés à l’Agence Bio, ceux-ci ont au contraire progressé ces dernières années, témoignant d’un soutien structurel maintenu. En tout, ce sont plus de 700 mil lions d’euros d’argent public qui sont consacrés chaque année à la filière bio. C’est un engagement très significatif.
A.G. : C’est absurde. Le ministère compte une dizaine d’opérateurs sous sa tutelle et leur gouvernance obéit chacune à leur rythme admi nistratif de nomination, tant des présidents que des directeurs géné raux. L’échéance du mandat de la direction générale de l’Agence impose son renouvellement, le pro cessus en cours s’inscrit dans un cadre normal et transparent, conforme aux règles de gouver nance de l’établissement. Dans un courrier qu’elle vous a adressé, Dominique Voynet vous interroge notam ment sur les mesures prévues en faveur de la filière bio dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole. Que lui répon dez-vous ? A.G. : Le projet de loi d’urgence agricole a vocation à répondre aux difficultés de l’ensemble du monde agricole dans les domaines de l’eau, des moyens de production et de la prédation, autant de sujets qui concernent aussi les agriculteurs biologiques. Ils en bénéficieront pleinement, au même titre que les
autres. Il n’y a pas d’exclusion ni de traitement à part: le bio fait partie intégrante de l’agriculture française dans toute sa diversité. Au-delà de ce texte, le budget 2026 traduit des choix clairs en faveur de la filière. Le Fonds Avenir Bio est maintenu à un niveau supé rieur de 10 % à son niveau histo rique, pour atteindre 8,8 millions d’euros. Les moyens de l’Agence Bio sont renforcés, avec près de 885000 euros supplémentaires consacrés à la communication sur le bio. Enfin, le crédit d’impôt bio est prolongé au niveau de 2025, soit 4500 euros par exploitation et par an, apportant une visibilité et une stabilité attendues par les agriculteurs. Comment entendez-vous mobiliser les crédits du deuxième pilier de la P.A.C. pour restaurer l’appui à la transition et à la pérennité du bio ? A.G. : Les outils du deuxième pilier de la P.A.C. sont pleinement mobi lisés pour accompagner et sécuriser les parcours en agriculture biolo
souhaite-t-il donner à la filière bio ? A.G. : L’agriculture biologique occupe une place importante dans notre vision de l’agriculture fran çaise. Elle est à la fois un levier de souveraineté alimentaire et un moteur indispensable des transi tions environnementale et clima tique. Cet engagement n’a jamais faibli, y compris dans les moments les plus difficiles pour la filière. Lorsque les agriculteurs bio ont traversé une période de forte ten sion économique, du fait d’un repli du marché, l’État a répondu pré sent, avec des aides d’urgence pour la trésorerie, un accompagnement renforcé pour structurer les filières et des campagnes de communica tion destinées à soutenir la demande. Le message est clair: le bio n’est pas une option margi nale, c’est un des piliers durables de notre politique agricole. Certains affirment que l’éviction de la directrice de l’Agence Bio, Laure Verdeau, serait une affaire personnelle. Qu’en est il ?
Quelle place le ministère de l’Agriculture
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