La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

SÉCURITÉ : LA PRIORITÉ NUMÉRO 1 La Presse Bisontine - Mars 2026 24 LE DOSSIER

À quelques jours des élections municipales, les questions de sécurité arrivent en tête des préoccupations des citoyens et figurent souvent en bonne place dans le programme des candidats, à Besançon comme à Pontarlier. Sur cette question sensible, nous avons souhaité faire le point chiffres à l’appui pour saisir la réalité de la situation dans notre département, sur tous les aspects de la sécurité : de la délinquance du quotidien à l’insécurité routière, en passant par les violences intrafamiliales, la sécurité dans les transports, le protoxyde d’azote, les trafics de drogue et de tabac… Dossier.

l Doubs Bilan de la sécurité Les violences continuent d’augmenter, notamment intrafamiliales Si le bilan de la sécurité dans le département suit globalement les mêmes tendances qu’au national, les points noirs restent le trafic de stupéfiants, les violences intrafamiliales et la sécurité routière. Les atteintes aux biens et aux élus, en revanche, diminuent.

l Le trafic de stupéfiant Près de 600 personnes ont été mises en cause pour du trafic de stupéfiants, près de 2 300 pour de l’usage de stupéfiants. Face à ce fléau qui continue de gangrener les quartiers de Besançon, le préfet Rémi Bastille a loué la mise en place de nou velles armes légales pour lutter contre le trafic de stupéfiants (voir ci-contre). “Plus d’une personne par jour ouvré en moyenne est concernée par du l’usage et la revente de stupéfiants, soit une hausse de 65 %” , a ajouté Laurent Perrault, directeur interdépartemental de la police nationale. 1 445 personnes, soit 4 per sonnes par jour, ont été visées pour des usages. Par ailleurs, 234 signalements citoyens ont été recensés sur la plate forme masécurité.fr concernant la pro blématique des stupéfiants. “Il n’y a pas d’endroits où les trafiquants sont protégés par les riverains. Il y a encore de la nor malité, c’est rassurant et cela renforce notre détermination. Il n’y a pas de zones de non-droit” , précise le procureur de Besançon, Cédric Logelin. “Nous avons beaucoup plus de leviers

prises en charge. Des chiffres qui “ demeu rent préoccupants” pour le préfet. Avec une brigade mobile dédiée aux V.I.F., la gendarmerie se dit très présente sur la question. La colonelle Montet, patronne des gen darmes du Doubs, loue un suivi en pro fondeur des victimes. “On rappelle à J + 9, à J + 15, à J + 30. S’il n’y a pas de réponses, on envoie la patrouille. Les 34 brigades du Doubs qui accueillent du public ont été formées aux V.I.F.” Par ailleurs, une intervenante sociale est présente dans les brigades pour accueillir les victimes et recueillir la parole. Parallèlement, le nombre de victimes de violences hors cadre familial demeure stable. Le nombre de victimes de vio lences sexuelles est en recul de près de 10 % alors qu’il augmentait de 9 % depuis 2016. À noter également, une baisse du nombre d’homicides (8 en 2025 contre 12 en 2024). Pour autant, le nom bre de tentatives d’homicide est en hausse (43 faits en 2025), en majorité dans le cadre familial.

d’actions qu’il y a 5 ans. Nous avons quand même réussi à faire changer de visage les quartiers. Avant, Planoise comptait 30 ou 40 points de deal, on a assaini la situation dans beaucoup d’en droits” , recontextualise le préfet. Il pointe

notamment la pos sibilité de taper aux portefeuilles des tra fiquants en confis quant les avoirs cri minels. l Les violences intrafamiliales Si l’effort de lutte contre les violences intrafamiliales se poursuit, la hausse du nombre de vic times continue aussi. Depuis 2016, ces V.I.F. progressent annuellement de près de 10 %. L’an née 2025 dénombre + 16 % de victimes

525 personnes en situation de clandestinité.

l La sécurité routière Le bilan est très mauvais. Rémi Bastille ne mâche pas ses mots. 479 accidents en 2025 (+ 33 %), 604 blessés (+ 25 %) dont 204 hospitalisés et 29 tués (+ 7 %). “Nous avons engagé au maximum notre politique de prévention, on n’a jamais eu autant de contrôles et de radars, chaque semaine, nous constatons de grands excès de vitesse, souligne le préfet.

On ne se satisfait pas de ces chiffres.” “Un accident corporel tous les deux jours, un accident mortel tous les 14 jours, dans 20 %, il y a de l’alcool, dans 5 % des stupéfiants. On retire deux permis par jour pour vitesses de + 40 km/h” , précise la colonelle Montet. Autres chiffres préoccupants, la grosse augmentation des refus d’obtempérer. + 22 % en zone gendarmerie, + 46 % en

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