La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

14 Économie

Mars 2026

POUILLEY-FRANÇAIS Crise de la D.N.C. Après le dépeuplement, bientôt un nouveau troupeau chez les Lhomme

Trois mois après le traumatisme de l’abattage de ses 83 bêtes, l’éleveur de Pouilley-Français prépare le repeuplement de son troupeau. Il vise début avril pour réaliser l’opération.

sations, avant une opération de désinfection organisée en deux temps, la seconde effectuée le 13 janvier, attend donc ses nou velles bêtes. Échaudés par l’épisode de D.N.C., ils restent très prudents. “Je crains le retour de la D.N.C. avec le printemps, je ne souhaite pas qu’on se précipite. Je pense qu’on ne repeuplera pas avant début avril malgré la levée sani taire intervenue le 27 février. Je préfère prendre un peu plus de temps plutôt que de repeupler dès début mars et qu’au premier relâchement la maladie arrive avec les mouches” commente Cédric Lhomme. Les éleveurs proches ainsi que les instances agricoles ont déjà assuré à l’agri culteur de Pouilley-Français de leur soutien pour assurer le repeuplement de son troupeau. “L’idéal serait de trouver un éle veur qui arrête, avec des bêtes qui se connaissent et une hié rarchie déjà établie dans le trou peau. Ce serait le scénario idéal.

D es traînées de poudre blanche tout au long du bâtiment agricole, ce sont les traces encore bien visibles de l’aspersion de chaux vive par les services de nettoyage. Avec l’absence de meuglements, ce sont les der niers signes palpables du drame qui a touché l’exploitation de Cédric Lhomme à Pouilley-Fran çais suite à l’abattage total de son troupeau de 83 vaches le 2 décembre dernier. Un funèbre cérémonial qui s’est étalé de 14 h 30 à 22 heures cette inter minable journée de décembre. Cet épisode a profondément marqué le monde agricole local et enclenché, bien à l’insu de l’exploitant, une vague d’indi gnation qui avait largement

dépassé les frontières de notre région. Trois mois plus tard, alors que les feux des projecteurs se sont éteints, nous sommes allés à la

Trois mois après l’abattage total de leur troupeau, Céline et Cédric Lhomme préparent le repeuplement de l’exploitation.

rencontre du cou ple Lhomme, Cédric et Céline, soudés par ce douloureux épi sode, à l’heure où ils s’apprêtent à enclencher la der nière étape de leur redémarrage avec le repeuple ment de leur trou peau. Le bâti ment agricole dont il a fallu intégralement curer les stabili

Je compte aussi sur mon maqui gnon pour nous aider à trouver des vaches gestantes, des vaches en lactation, des génisses ges tantes et des veaux pour avoir un bon roulement dès le redé marrage” note l’éleveur installé sur son exploitation depuis 22 ans, avec ses parents au démar rage. Cet épisode de décembre a créé une certaine psychose dans le monde agricole, avec son lot de calomnies et d’informations non vérifiées sur la supposée prove nance de la maladie dont per sonne encore officiellement n’a

déterminé l’origine pour le cas de Pouilley-Français. Il a créé aussi un élan de solidarité avec une cagnotte en ligne qui a per mis de verser 32 000 euros au couple Lhomme. “Cette somme permettra d’éviter de vider la trésorerie de l’entreprise et elle a déjà servi en partie à nous rémunérer quand nous n’avions plus aucun revenu lié à l’exploi tation” précise Céline Lhomme reconnaissante envers cet élan de générosité. Et il y a bien sûr eu les indem nisations de l’État liées à la perte de leur troupeau. Une pre

mière partie versée avant la fin de l’année, l’autre en février pour un montant global de 223 000 euros correspondant à la valeur du troupeau à recons tituer, aux coûts de transport, et à la perte de production. “Nous attendons encore la partie perte de production” précise Cédric Lhomme. Mais quel que soit le montant de l’indemnisation que percevra l’exploitation, une chose est sûre : “Jamais on ne voudrait revivre ça un jour” disent en chœur Céline et Cédric Lhomme. n J.-F.H.

“Jamais on ne voudrait revivre ça un jour.”

PIREY-POUILLEY

Autoconsommation électrique La coopérative photovoltaïque prend forme

celui du marché. L’expérimentation lancée est en passe de réussir. “La phase d’expérimentation était prévue pour une durée de six mois. Si elle s’avère réussie, on pourra alors ouvrir à d’autres utilisateurs” se réjouit Domi nique Perreux, le président de la Per sonne Morale Organisatrice (P.M.O.) associative qui coordonne cette opéra tion inédite associant des particuliers à des entreprises et des collectivités. L’électricité est produite par des pan neaux photovoltaïques installés sur les toits des bâtiments communaux (groupe scolaire la Lanterne, ancienne trésorerie de Pouilley-les-Vignes, école élémentaire de Pirey…), d’entreprises et de commerçants, elle sera ensuite mutualisée et revendue aux membres de l’A.C.C. Pour les communes impli quées dans le projet, c’est l’aboutisse ment d’un long processus. “On avait un peu anticipé la démarche en 2015 quand on a refait notre groupe scolaire en l’équipant de panneaux photovol taïques. Intégrer ce projet d’A.C.C. est une vraie opportunité” note le maire de Pouilley Jean-Marc Bousset. Même satisfecit chez son voisin le maire de Pirey Patrick Ayache qui souligne néan moins les obstacles dressés sur le par cours d’un tel projet coopératif : “Tout le dispositif réglementaire et législatif semble être fait en France pour qu’on n’arrive pas à faire ce qu’on souhaite faire en matière d’énergie renouvela ble… Mais nous y sommes arrivés, et

L’Autoconsommation Collective Ouverte (A.C.C.) de Pirey-Pouilley-les-Vignes est sur les rails. Une première en France où sont associés des particuliers, des entreprises et des collectivités locales.

C ette initiative inédite a agrégé dans le même élan une quaran taine d’habitants des communes de Pirey et de Pouilley-les Vignes, des entreprises locales comme Super U à Pouilley ou F.C.E. à Pirey, entre autres, et quatre collectivités

publiques, les communes de Pirey, de Pouilley, Grand Besançon Métropole et le syndicat scolaire de la Lanterne autour d’un même objectif : monter un projet de production, de consommation et de revente d’une électricité solaire locale à un prix plus compétitif que

Les acteurs privés et publics réunis dans cette initiative coopérative.

20 000 euros par an. Tandis qu’au Super U de Pouilley qui a devancé la légis lation en équipant ses parkings et ses toits de panneaux, la facture d’électricité est passée de 25 000 euros par mois à moins de 12 000. “C’est une question de sobriété écologique, mais aussi éco nomique” résume Dominique Perreux. Les particuliers, eux, ont l’opportunité grâce à ce dispositif d’accéder à une électricité locale, verte et moins chère. n J.-F.H.

c’est sans doute le premier exemple en France d’un tel système coopératif entre habitants, entreprises et collectivités.” L’élue à l’énergie de G.B.M. Lorine Gagliolo se réjouit “que notre territoire s’empare de son destin énergétique.” Les acteurs économiques doivent y trouver leur compte comme les habi tants et les collectivités au bas de leur facture. Pour l’école de Pouilley, la pro duction d’électricité photovoltaïque lui permet d’économiser près de

La société F.C.E. à Pirey a équipé les toits de ses nouveaux locaux de panneaux photovoltaïques et participe à l’opération (photo F.C.E. - France Clôture Environnement)

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