La Presse Bisontine 286 - Mars 2026
28 Le dossier
Mars 2026
l C.H.U. Minjoz Unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger Un chien pour apaiser et libérer la parole des enfants
Créée en 2023, l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger ne cesse de voir sa file active augmenter. En trois ans, elle a accueilli plus de 1 000 enfants. Grâce à la générosité de mécènes, ce service hospitalier a pu adopter un chien de soutien formé à l’accompagnement de personnes vulnérables. L’effet de cette boule de poils a été immédiat.
E lle a tout juste un an, son pelage brun tout doux appelle les caresses. Si Anis est éner gique comme tout jeune chien, elle s’approche volontiers des personnes, se couche les pattes en l’air pour récla mer des caresses. Elle est équilibrée
et attentive. L’atmosphère s’adoucit immédiatement, les sourires pointent facilement sur les visages. Anis a été dressée pendant plus de 8 mois par l’association Adapt’on Chien, associa tion de formation de chiens de soutien. Elle a été préparée pour intervenir
auprès d’enfants et d’adolescents confrontés à des situations particuliè rement difficiles, victimes de maltrai tances, de violences, de harcèlement, témoins de violences conjugales, etc. Depuis la fin février, elle a intégré l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger (U.A.P.E.D.) du C.H.U. Besan çon-Franche-Comté. Une jeune patiente a écrit : “Je pense qu’Anis m’a beaucoup aidée, elle était à mes pieds quand j’ai parlé, ça m’a rassurée, c’était sympa.” “Le but est d’apaiser les enfants, de libérer la parole, explique le D r Adèle Schiby, pédiatre au sein de l’unité. Sou vent, on a des enfants complètement prostrés, qui ont subi des violences. En caressant un chien qui peut les accom pagner pendant la prise en charge, ils s’apaisent. Nous avons eu une jeune fille qui pleurait tout le temps, le chien s’est couché à ses pieds, elle s’est cal mée.” La médecin a accepté d’être la référente d’Anis et de l’accueillir chez elle, lorsque la chienne n’est pas dans le service. Elle y sera à 50 %. La présentation avec les enfants se fait dans le salon d’accueil si l’enfant est d’accord. Ensuite, Anis l’accompagne dans la salle d’exa men, elle peut être présente pendant une prise de sang. Anis a été dressée spécifiquement pour intégrer l’U.A.P.E.D. Créée en 2023, cette unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger “répond à la nécessité de struc
Anis a intégré l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger à la fin février (photo C.H.U. Besançon-Franche-Comté).
tations ont eu lieu en 2025, contre 300 en 2024. “Nous avons de plus en plus de demandes. En 2027, nous aurons une salle d’audition ce qui permettra de réunir en un seul lieu et unité de temps la prise en charge médicale et judiciaire” , remarque la pédiatre. Si l’U.A.P.E.D. permet des consultations longues, le suivi reste à court terme, jusqu’à ce qu’il y ait un suivi adapté pour la prise en charge du patient. Le projet d’un chien de soutien a été porté financièrement par le fonds Phi salix et a bénéficié du soutien de la Fondation Crédit Agricole Franche Comté et du Lions Club Besançon Cité. n L.P.
turer une offre de soins spécialisée pour les mineurs victimes de violences, confor mément aux orientations du Plan natio nal de lutte contre les violences faites aux enfants 2020-2022” , précise le C.H.U. Ce service compte deux pédia tres, des puéricultrices présentes à 100 %, une psychologue et une secré
taire. “Les enfants sont adressés soit par la jus tice, qui sont vus par un médecin légiste, soit par d’autres professionnels de la petite enfance” , poursuit le D r Schiby. En trois ans, plus de 1000 enfants ont été accueillis, 600 consul
600 consultations en 2025.
Anis et sa référente, le D r Schiby.
l Besançon
Violences intrafamiliales
La Maison des femmes a ouvert ses portes
Salariés et équipes d’encadrements de la nouvelle Maison des femmes et pour
services que ceux proposés par nos deux associations, notam ment un volet santé qui est un complément indispensable. On envisage aussi d’y proposer d’au tres accompagnements comme la possibilité de porter plainte ici” ajoute Catherine Philippe, la seconde co-présidente de cette adresse refuge qui proposera aussi tout au long de l’année des séances d’information et de prévention en matière de santé ou d’égalité hommes-femmes. Les problématiques juridiques et d’insertion professionnelle seront également traitées sous le toit de cette Maison des femmes. “On vise un accueil inconditionnel” ajoute M me Phi lippe qui précise que “plus de 60 % des femmes qui passent la porte du C.I.D.F.F. pour des ques tions d’emploi sont également confrontées à des problèmes de violences.” Cette Maison des femmes et pour l’égalité ouvre ses portes alors que les violences intrafa
C’est dans les anciens locaux de la résidence Henri-Huot, rue Sancey à Besançon, que les femmes et leurs enfants disposent désormais d’un lieu d’accueil unique.
l’égalité qui a ouvert ses portes ce 2 mars.
C ette structure mise à disposition par la Ville de Besançon dans l’an cienne résidence senior Henri-Huot entièrement réha bilitée est la concrétisation d’un long travail initié dès 2018 prin cipalement par deux associations bisontines: Solidarité Femme Besançon et le C.I.D.F..F. du Doubs (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles). La maire de Besançon avait repris l’idée dans son pro gramme de 2020 et l’engagement s’est concrétisé par le rachat par la Ville au C.C.A.S. de ces locaux situés quartier Saint-Claude. Une cagnotte citoyenne lancée par la Ville avait permis de récol ter 320000 euros supplémen
taires pour abonder au budget de fonctionnement de ce lieu d’accueil qui a ouvert ses portes le 2 mars, quelques jours avant la journée internationale des droits des femmes. Deux sala riées viendront compléter l’ef fectif des deux associations dés ormais regroupées en un même lieu. “Réunir nos deux associa tions en un même endroit est un plus indéniable se félicite Chloé Bontemps, co-présidente de cette Maison des femmes et pour l’éga lité. Parce que d’abord ça évite aux femmes en détresse de racon ter plusieurs fois leur récit et ça évite les renoncements ou les découragements à devoir aller à plusieurs endroits différents.” Autre plus-value : “Cette Maison des femmes abritera d’autres
miliales (V.I.F.) continuent leur inquiétante progression. Selon la préfecture du Doubs, elles ont encore fait un bond de 16 % en 2025 par rapport à l’année pré cédente, alors qu’elles progres sent déjà de 10 % par an en moyenne
pire, les mouvements masculi nistes connaissent parfois un succès grandissant. La préven tion et l’éducation sont plus que jamais nécessaires” complète Chloé Bontemps. Un autre chif fre ne ment pas : les deux asso ciations Solidarité Femmes Besançon et le C.I.D.F.F. ont d’année en année de plus en plus de sollicitations 4 000 per sonnes ont passé la porte des deux associations au total l’an dernier, et parmi ces 4 000 per sonnes, 453 étaient des femmes et enfants victimes de violences conjugales. Dans son rapport annuel paru en janvier dernier, le Haut conseil à l’égalité (H.C.E.) dresse un constat accablant: malgré
les avancées juridiques et poli tiques, le sexisme reste profon dément ancré dans la société française, sous des formes à la fois paternalistes et hostiles. Ces représentations ne sont pas des comportements isolés mais constituent un système structu rant d’inégalités. Dans ce cadre, Le “Collectif 8 mars”, constitué d’une dizaine d’associations locales, lance un programme de 17 actions de prévention et de sensibilisation dédiées aux droits des femmes et à la promotion de l’égalité, du 2 mars au 6 mai. Un dernier chiffre glaçant: une femme est tuée tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France. n J.-F.H.
Les violences intrafamiliales ont encore fait un bond
depuis 2016. “Malgré toutes les mesures prises par les autorités, les V.I.F. continuent à augmenter car la société n’évolue que très lentement par rapport aux sté réotypes de genres et parfois
de 16 % en 2025.
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