La Presse Bisontine 286 - Mars 2026

Économie 13

Mars 2026

D es questions fondamentales peuvent se poser pour les maires du Grand Besançon en fonction de l’élection du ou de la future présidente de G.B.M. Est-ce que la fameuse charte de gouvernance qui impose le maire de Besançon comme président de G.B.M. pourrait être remise en cause ou pas ? Est-ce que l’op position bisontine pourrait éventuellement pré tendre à obtenir une vice-présidence à G.B.M. ? Quels seront les réels pouvoirs des vice-présidents avec les services de G.B.M. et la présidence ? Y aura-t-il une nouvelle configuration de la confé rence des maires, avec de vrais débats sur les futurs projets ? Y aura-t-il également des conseils communautaires plus réguliers pour éviter des conseils avec plus de 50 points à chaque fois ? Quelles seront les offres de mobilité à proposer pour la périphérie suite à l’adoption des mesures de gratuité ? Quelles seront les propositions du nouvel exécutif en matière de développement économique, notamment concernant les nouvelles zones d’activité, avec “enfin un directeur de l’éco nomie stable ?” s’interroge un maire de la péri phérie. La gestion des déchets sera-t-elle poussée plus loin et au-delà de la redevance initiative mise en place il y a maintenant plus de 10 ans ? G.B.M. prendra-t-elle en charge de nouvelles compétences comme le sport, et pour quel coût ? Autant de questions ouvertes que devra forcément aborder le prochain ou la prochaine présidente de G.B.M. avec son bureau renouvelé. n Zoom Les enjeux du prochain mandat

URSSAF

Le travail frontalier Le Doubs compte 31 500 travailleurs frontaliers

Depuis trois ans, l’Urssaf Franche-Comté suit l’évolution du travail frontalier, sur la question de l’activité et des revenus. Si les chiffres clés de 2024 restent globalement stables, le ralentissement de l’activité économique en Suisse n’a pas encore été pris en compte dans les statistiques.

Combien de frontaliers français ? La France compte 234 000 tra vailleurs frontaliers en Suisse sur 405 000 en tout dans le pays helvète. Un chiffre qui a aug menté de 4,5 % entre 2023 et 2024. Depuis trois ans, l’Urs saf Franche-Comté publie un recueil des chiffres clés du travail frontalier en Suisse. Les données sont issues de l’I.N.S.E.E. et de l’Office fédéral de la statistique côté suisse. Les travailleurs fron taliers sont en effet gérés par l’Urssaf, à condition qu’ils coti sent à l’assurance maladie fran çaise. “Depuis 2014, le travailleur frontalier relève de l’assurance maladie suisse mais il dispose d’un droit d’option pour l’assu rance maladie française dans les trois mois après embauche”, précise Amandine Durupthy Perriand, pilote du service des travailleurs frontaliers en Suisse pour l’Urssaf. En 2024, sur les 234 000 travailleurs frontaliers, 149 000 sont affiliés à l’assu rance maladie française, un chif

Il s’agit d’un homme de 43 ans, salarié, vivant en Haute-Savoie, à 32 km de son lieu de travail, principalement dans le canton de Genève. Son revenu fiscal de référence moyen est de 59 790 euros. Dans les faits, cette moyenne s’explique par le nombre majoritaire de Haut Savoyards travaillant en Suisse, soit 68 000. Le Doubs arrive en deuxième position avec 31 500 travailleurs frontaliers. “Dans le Doubs, les frontaliers repré sentent 15 % des salariés, soit 1 sur 7”, image Amandine Durupthy-Perriand. Plus d’un travailleur frontalier sur 2 habite dans les territoires proches de la bande frontalière : 58 % dans la communauté de communes du Val de Morteau, l’un des deux territoires avec la communauté de communes du Genevois en Haute-Savoie qui concentre le plus de frontaliers. Le Pays de Maîche, le Grand Pontarlier, la com’com des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs peuvent regrouper jusqu’à 42 % de frontaliers. Quasiment (à

91 %) tous ceux du Doubs par tent travailler dans le canton de Neuchâtel. Si en Bourgogne Franche-Comté, le trajet moyen est de 43 km, plus d’un frontalier sur 5 parcourt plus de 50 km. Quels sont les secteurs d’activité pour les frontaliers du Doubs ? 40 % travaillent dans l’industrie manufacturière, 12 % dans les activités de services adminis tratifs et de soutien, 11 % dans les commerces et 10 % dans la santé. “L’attrait pour le travail en Suisse s’explique par des niveaux de salaires parmi les plus élevés au monde, l’ouest de la Suisse majoritairement fran cophone, un droit du travail rela tivement souple et des infrastruc tures facilitant les déplacements quotidiens entre la France et la Suisse” , explique l’Urssaf. En 2024, les près de 150 000 travailleurs frontaliers affiliés à l’assurance maladie ont déclaré 8,8 milliards d’euros comme revenu fiscal de référence (R.F.R.). Dans la région, ce R.F.R. moyen est de 29 000 euros. “Il

Amandine Durupthy-Perriand, pilote du service des travailleurs frontaliers en Suisse, Romain Gibert, directeur comptable et financier et pilote du service statistiques et Valérie Baudeigne, statisticienne.

Doubs, le revenu fiscal moyen de référence pour un frontalier s’élève entre 49 000 et 58 000 euros. “Travailler en Suisse demeure attractif et dynamique” , conclut Amandine Durupthy-Perriand. À noter cependant que les dif

faut utiliser cette comparaison avec précaution, prévient néan moins Romain Gibert, directeur comptable et financier et pilote du service statistiques. Ce n’est pas le même périmètre, il est beaucoup plus large en Bour gogne-Franche-Comté.” Dans le

ficultés économiques qu’a connues la Suisse en 2025 n’ont pas encore été prises en compte, l’impact du ralentissement de l’activité sera mesuré dans le prochain recueil l’année pro chaine. n L.P.

fre en baisse de 2 %. Quel est le portrait-type ?

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