Le Doubs Agricole 47 - Mars 2026

Hors série de la Presse Pontissalienne

DENIS BILLOD, CHAMPION DE FRANCE Il gagne le premier prix pour ses pratiques agroécologiques

HORS-SÉRIE DE LA PRESSE PONTISSALIENNE N°47

MARS 2026

p. 20

Le porc, l’autre filière régionale d’excellence

(photo Interporc F.C.)

Le dossier en p. 10 à 16

Ensemble, cultivons & concrétisons les projets qui feront l’agriculture de demain.

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SOMMAIRE 2

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ACTUALITÉ D.N.C. :

P. 4

L’heure du repeuplement à Pouilley-Français. Trois mois après l’abattage des bêtes, la famille Lhomme se prépare à reconstituer un nouveau troupeau. Comment s’adaptent les aviculteurs du Doubs face à la forte demande d’œufs. Exemple avec deux producteurs locaux : les œufs Coquy à Flagey et les œufs d’Élodie au Val d’Usiers. LE DOSSIER P. 10 à 16 La filière porcine régionale face à son avenir Démarche qualité, interprofession, installation, recherche de nouveaux débouchés, battage-découpe, mise en marché : dans les coulisses d’une filière toujours en quête de notoriété. ÉCONOMIE La minoterie Dornier P. 26 et 29 fête son centenaire en 2026 Gros plan sur une entreprise qui a toujours su se diversifier et se moderniser pour répondre aux besoins de son territoire. La minoterie est toujours là, adossée à une activité en nutrition animale en conventionnel et en bio. POLITIQUE Éric Liégeon, le député P. 30 et 33 qui garde les pieds sur terre, Propulsé à la députation quand Annie Genevard est entrée au gouvernement Barnier en octobre 2024, Éric Liégeon ne s’attendait pas à se retrouver sur les bancs de l’Assemblée nationale. Retour d’expérience et son point sur une actualité agricole particulièrement dense.. TECHNOLOGIES Vigie Jura : P. 38-39 Une solution de surveillance des troupeaux face à la prédation du loup p. 8-9

C e volume correspond aux ventes de comté en 2025. Un niveau jamais atteint par une filière encore au top de sa forme. “La promesse comté”, comme se plaît toujours à le rappeler Alain Mathieu, le président du C.I.G.C., fait toujours recette même en période d’instabilité. Comment expliquer cette progression inso lente qui défierait presque les lois de la croissance économique ? D’abord et surtout le pari de la qualité exigée à tous les échelons et que ne viendra pas contredire l’homologation du nouveau cahier des charges applicable depuis le début de l’année 2026. Limitation de la productivité, de la taille des exploitations, de la surface mini male par vache : le cadre fixé pour les années à venir se veut être toujours plus qualitatif qu’avant. Autre raison du succès : le main tien des règles de régulation qui garantissent l’équilibre entre offre et la demande et assure à cha cun une promesse de rémunéra tion attractive sur tous les plans. Pour autant, la prudence reste de mise même si on continue à pous ser les murs chez les affineurs. Dans une situation géopolitique sans aucune visibilité, que va-t-il advenir du pouvoir d’achat et des habitudes de consommation ? That’s the question ! n

L’insolente réussite de la filière comté (photo C.I.G.C.)

Le Doubs Agricole Hors-série de “La Presse Pontissalienne” Conception, rédaction, publicité et réalisation : S.A.S. Publipresse Médias Tél. : 03 81 67 90 80 E-mail : redaction@publipresse.fr www.publipresse.fr Directeur de la publication : Éric Tournoux. Directeur de la rédaction : Jean-François Hauser. Rédaction : Frédéric Cartaud, Jean-François Hauser, Laurine Personeni. Directeur artistique : Olivier Chevalier. Crédits photos : Publipresse, C.I.G.C., Franche-Comté Élevage, Florian Houtmann, Interporc F.C. Impression : Est Imprim. I.S.S.N. : 1623-7641 - Dépôt légal : Mars 2026 Commission paritaire : 0227 D 79291 La reproduction partielle ou totale de textes ou photographies de ce numéro du “Doubs Agricole” est subordonnée à l’autorisation de l’éditeur.

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ACTUALITÉ 4

POUILLEY-FRANÇAIS

Après le dépeuplement, bientôt un nouveau troupeau chez les Lhomme

Trois mois après le traumatisme de l’abattage de ses 83 bêtes, l’éleveur de Pouilley-Français touché par la D.N.C. prépare le repeuplement de son troupeau. Il vise début avril pour réaliser l’opération.

D es traînées de poudre blanche tout au long du bâtiment agri cole, ce sont les traces enco re bien visibles de l’aspersion de chaux vive par les services de net toyage. Avec l’absence de meugle ments, ce sont les derniers signes pal pables du drame qui a touché l’exploitation de Cédric Lhomme à Pouilley-Français suite à l’abattage total de son troupeau de 83 vaches le 2 décembre dernier. Un funèbre céré monial qui s’est étalé de 14 h 30 à 22 heures cette interminable journée de décembre. Cet épisode a profon dément marqué le monde agricole local et enclenché, bien à l’insu de l’exploi tant, une vague d’indignation qui avait largement dépassé les frontières de notre région. Trois mois plus tard, alors que les feux des projecteurs se sont éteints, nous sommes allés à la rencontre du couple Lhomme, Cédric et Céline, soudés par ce douloureux épisode, à l’heure où ils s’apprêtent à enclencher la dernière étape de leur redémarrage avec le repeuplement de leur troupeau. Le bâti ment agricole dont il a fallu intégrale ment curer les stabilisations, avant une opération de désinfection organisée en deux temps, la seconde effectuée le 13 janvier, attend donc ses nouvelles bêtes. Échaudés par l’épisode de D.N.C., ils restent très prudents. “Je crains le retour de la D.N.C. avec le printemps, je ne souhaite pas qu’on se précipite. Je pense qu’on ne repeuplera pas avant début avril malgré la levée sanitaire intervenue le 27 février. Je préfère prendre un peu plus de temps plutôt que de repeupler dès début mars et qu’au premier relâchement la maladie arrive avec les mouches” commente Cédric Lhomme. Les éleveurs proches ainsi que les instances agricoles ont déjà assuré à l’agriculteur de Pouilley Français de leur soutien pour assurer

le repeuplement de son troupeau. “L’idéal serait de trouver un éleveur qui arrête, avec des bêtes qui se connais sent et une hiérarchie déjà établie dans le troupeau. Ce serait le scénario idéal. Je compte aussi sur mon maquignon pour nous aider à trouver des vaches gestantes, des vaches en lactation, des génisses gestantes et des veaux pour avoir un bon roulement dès le redémarrage” note l’éleveur installé sur son exploitation depuis 22 ans, avec ses parents au démarrage. Cet épisode de décembre a créé une certaine psychose dans le monde agri cole, avec son lot de calomnies et d’in formations non vérifiées sur la suppo sée provenance de la maladie dont personne encore officiellement n’a déterminé l’origine pour le cas de Pouilley-Français. Il a créé aussi un élan de solidarité avec une cagnotte en ligne qui a permis de verser 32 000 euros au couple Lhomme. “Cet te somme permettra d’éviter de vider la trésorerie de l’entreprise et elle a

Trois mois après l’abattage total de leur troupeau, Céline et Cédric Lhomme préparent le repeuplement de l’exploitation.

correspondant à la valeur du troupeau à reconstituer, aux coûts de transport, et à la perte de production. “Nous atten dons encore la partie perte de pro duction” précise Cédric Lhomme. Mais quel que soit le montant de l’indemni sation que percevra l’exploitation, une chose est sûre : “Jamais on ne vou drait revivre ça un jour” disent en chœur Céline et Cédric Lhomme. n

déjà servi en partie à nous rémunérer quand nous n’avions plus aucun reve nu lié à l’exploitation” précise Céline Lhomme reconnaissante envers cet élan de générosité. Et il y a bien sûr eu les indemnisations de l’État liées à la perte de leur trou peau. Une première partie versée avant la fin de l’année, l’autre en février pour un montant global de 223 000 euros

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ACTUAL I TÉ 6

ENVIRONNEMENT Les raisons de la pollution des rivières comtoises En fi n d’année dernière, les résultats de l’étude Nutri-karst ont été présentés à un public composé d’acteurs du monde agricole et d’associations de défense de l’environnement. Au-delà de pointer des responsables sur la pollution des rivières comtoises, l’étude apporte une somme de données scienti fi ques et a identi fi é plusieurs leviers d’actions.

L a tâche était abyssale. L’étude Nutri-Karst a d’ailleurs duré 6 ans et a nécessité un investis sement d’1,3 million d’euros, assuré à 50 % par l’Agence de l’eau. L’enjeu est d’importance pour l’avenir et la ressource en eau, qui reste un bien com mun. L’objectif de cette étude, portée par le B.R.G.M. (Bureau de recherches géologiques et minières) et la Chambre d’agriculture 25-90 vise à mieux comprendre l’impact des activités agricoles et des rejets domes tiques et industriels sur la qualité des eaux des rivières comtoises. L’étude Nutri-karst s’est focalisée sur les excès en nutriments (azote et phosphore) dans les bassins karstiques. “Il s’agit de mieux comprendre l’origine des dysfonctionnements des rivières. Le lien de cause à effet n’est pas si simple. Et il y avait des

tion des quotas laitiers). Et malgré une augmentation du nombre de bovins dans le Doubs et le Jura de 2010 à 2020. Autre facteur favorisant la lutte contre la pollution aux nutriments des rivières : une prédominance des prai ries permanentes à 79 % de la surface agricole sur le massif du Jura. Les prairies temporaires représen tent 11 % et les cultures 10 %. “Le retournement d’une prairie libère des nitrates en quantité impor tante, explique Didier Tourenne. S’il est réalisé en fin d'été ou à l’automne, avec des sols mous pendant plusieurs semaines ou mois, le risque de perte de nitrates (et donc de ruissellement jusqu’à la rivière, N.D.L.R.) est maximal. Les prairies permanentes sont des capteurs à nitrate.”

lacunes dans les connaissances sur les transferts et la mobilité des contaminants dans le karst” , vulgarise Jean-Baptiste Charlier, hydrogéologue en charge du projet Nutri-karst au B.R.G.M., aux côtés de Didier Tourenne, agronome à la Chambre d’agriculture. L’étude s’est d’abord penchée sur l’évolution de la ressource en eau, de l’occupation des sols et du cli mat sur 50 ans. Plusieurs constats sont dressés : une hausse du stress hydrique associée à une diminution progressive et durable des ressources en eau, une sensibilité des eaux souterraines et de surface de la Loue et du Haut-Doubs au réchauffement climatique, d’une part. D’autre part, des efforts de la part des agriculteurs avec un cheptel de bovins raisonnée, bien loin du nombre des années 1980 (avant l’introduc

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tions ne sont pas les mêmes. Jean-Baptiste Charlier donne l’exemple de la source de la Loue : le flux d’azo te est très majoritairement issu du plateau, et a donc une origine agricole. À l’inverse, le phosphore a pour source quasi unique les pertes du Doubs. Il s’agit donc d’une origine urbaine, et notamment le rejet d’assainissement de la zone urbaine de Pontarlier. La réhabilitation des stations d’épuration fait également partie des 100 leviers d’actions identifiés par l’étude Nutri-karst. Maintenant, ces données sont aux mains des acteurs publics, qui doivent décider de s’en empa rer afin d'agir pour améliorer l’état des cours d’eau. n l Florian Dornier, président de la F.D.S.E.A. : “Il n’y a pas de solutions simples à un problème complexe. Il y a cette difficulté de trouver une ligne de crête entre agriculture, environnement, ses paysages, les paysans. Il faut que les fosses à lisier qui ne sont pas couvertes soient accompagnées de financement pour les cou vrir. L’agriculture assure ses responsabilités, elle est en mouvement, mais on a besoin de temps.” Des réactions contrastées, où chacun se renvoie la balle l Gérard Mamet, vice-président de la C.L.E. (com mission locale de l’eau), et membre du collectif S.O.S. Loue Rivières Comtoises : “En 2012, nous étions ici pour les Assises de la Loue. Nous avions déjà dit que les problèmes étaient multifactoriels (agricoles, assai nissement, artificialisation des sols, dérèglement cli matique). Les études, c’est bien, maintenant, il faut agir.”

champs, devant les engrais minéraux de synthèse. Un constat est dressé : malgré ses efforts, l’agricul ture reste le principal poste d’apport en azote 92 % et en phosphore (95 %) devant les rejets domestiques et industriels (7 % pour l’azote et 5 % pour le phos phore) et la transformation du lait (0,4 % pour l’azote et 0,6 % pour le phosphore). “La tendance à la haus se des teneurs en nitrate dans les eaux dans les années 80-90 montre une inflexion dans les années 2000, sans pour autant engendrer une réduction importan te du niveau de pollution des eaux” , précise l’étude. “Non, il n’y a pas de plus en plus de nitrates dans les eaux qu’il y a une dizaine d'années” , souligne Jean Baptiste Charlier. Pourtant, l’état des rivières ne s’amé liore pas. Comment expliquer ce paradoxe? Si les pratiques à risque favorisant la pollution sont le travail du sol et la fertilisation minérale (les cultures et prairies temporaires), le réchauffement climatique joue un rôle aggravant, et notamment les périodes de séche resses. Le karst est d’autant plus vulnérable aux épi sodes de sécheresse. “Les bassins des rivières kars tiques comtoises ont la particularité d’être alimentés principalement par des eaux souterraines qui possè dent un faible pouvoir de rétention des polluants (que ce soit pour les nutriments ou d’autres types de conta minants) et de posséder dans de nombreux cas de faibles réserves en eau. Ce sont donc des bassins for tement vulnérables aux pollutions mais également sen sibles aux épisodes de sécheresse” , explique l’étude. À noter également une grande variabilité entre les rivières du Massif. Les rivières dans le Doubs sont plus sensibles à la pollution des eaux par les nitrates, par exemple. Et selon le lieu, les origines des pollu

Jean-Baptiste Charlier, hydrogéologue, et Didier Tourenne, agronome, ont présenté

les résultats de l’étude en fin d’année dernière à Ornans.

Pour limiter les transferts entre les sols et l’eau, 40 mesures concrètes ont été identifiées dans l’étude (par mi les 100 leviers d’actions) pour optimiser les pra tiques agricoles. Par exemple, limiter le retournement des sols, optimiser la fertilisation, renforcer l’efficience des fermes afin de favoriser l’autonomie des exploita tions et limiter l’achat d’engrais et d’aliments. Sur ce point, l’étude montre que depuis 20 ans, “l’améliora tion des pratiques dans les élevages a conduit à une diminution des livraisons d’engrais minéraux : deux fois moins d’engrais azotés, 7 fois moins d’engrais phos phatés et 5 fois moins d’engrais potassiques sont épan dus sur les parcelles agricoles.” Les déjections des bovins - fumier, purin, lisier - constituent la première source d’azote et de phosphore apportés dans les

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ACTUALITÉ 8

F L AG E Y

Les œufs Coquy accompagnent la croissance Depuis sa reprise par Terre Comtoise en 2019, l’entreprise de Flagey a vu sa production évoluer de 64 % pour atteindre l’objectif de 82 millions d’œufs en 2026. Une croissance fi dèle à ses valeurs. De l’aliment pour les poules à la commercialisation des œufs : Coquy joue plus que jamais la carte d’une fi lière 100 % franc-comtoise avec la coopérative Terre Comtoise.

C oquy fêtera son 70 ème anniver saire cette année. En effet, en 1956, Albert et Marguerite Bour

cieuses cargaisons. En 2019, la société Coquy a été repri

se par Terre Comtoise asso ciée à deux autres coopé ratives : Bourgogne du Sud et Bourgogne Céréales. Les nouveaux propriétaires ont investi 5 millions d’euros dans la construction d’un centre de conditionnement

duire 82 millions d’œufs contre 72 mil lions l’année dernière et environ 50 mil lions d’œufs à la reprise en 2019. “On gère six poulaillers en direct à Flagey et on travaille avec 10 éleveurs associés, tous installés en Bourgogne-Franche Comté. Au total, cela représente 300 000 poules” , explique Fabrice Delval, le direc teur des opérations. Coquy se positionne sur trois gammes

d’œufs : sol, plein air et bio. Georges Bourgon, le fils du fondateur, était déjà sorti de la gamme “œuf cages” depuis plus de 15 ans. L’intégration régionale concerne également l’aliment fourni en totalité par Terre Comtoise. “Toute la matière première (céréales, soja) qui entre dans la composition de la formu le de l’aliment est cultivée en Bourgogne Franche-Comté. Les céréales sont trans

400 000 œufs sortent chaque jour

gon, fondateurs de la marque, relèvent le défi de faire un œuf régional. Coquy fait désormais partie pre nante du patrimoine ali mentaire régional que ce

du centre de Flagey.

soit au rayon œufs ou en croisant chaque jour les camions de livraison qui sillon nent les routes pour distribuer leurs pré

ultra-moderne capable de calibrer 130 mil lions d’œufs à l’année, dans le futur. Pour 2026, Coquy ambitionne de pro

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VAL D’USIERS Les œufs d’Élodie ne connaissent pas la crise Les 900 poules d’Élodie Dornier sont logées dans deux poulaillers mobiles régulièrement déplacés aux beaux jours. Des conditions d’élevage très éloignées des poulaillers hors-sol, un aliment sur-mesure : ces paramètres expliquent sans doute l’attachement de la clientèle à ces œufs fl eurant bon le terroir du Val d’Usiers.

“Pour 2026, Coquy ambitionne de produire 82 millions d’œufs”, explique Fabrice Delval, le directeur opérationnel ici en compagnie des autres cadres du site Coquy à Flagey. De gauche à droite : Jessica Ferry, responsable de centre, Morgane Le Goff, responsable qualité et Jean-Philippe Klopp, responsable commercial.

A u royaume des A.O.P. fro magères, il n’est pas toujours facile d’être l’invité au festin surtout quand l’invitée se décli ne au féminin. Après son B.T.S. agri cole obtenu en 2007, Élodie Dornier a d’abord travaillé au service de rempla

avec un cheptel de 900 poules, ce qui reste très artisanal au regard de la plu part des autres élevages. “Au départ, j’ai aménagé un ancien bâtiment agri cole en poulailler qui a aussi fait l’ob jet d’un agrandissement. J’ai élevé un seul lot dans cette structure” , poursuit

teur à l’entrée de la boutique Chouet te Éthique dans l’ancienne commune de Bians-les-Usiers. Les œufs sont conditionnés en boîtes de 6 ou 12. L'appareil contient 32 casiers.” Pour nourrir ses poules, Élodie Dornier a sollicité la minoterie Dornier pour com poser une formule sans additif ni colo rant. “Jusqu’à Noël, je n’avais pas fran chement ressenti une forte demande mais les choses ont évolué à partir du mois de janvier. On ressent davanta ge la hausse de la demande.” La pro duction d’œufs dans une structure com me la sienne demande encore beaucoup d’opérations manuelles notamment au centre de conditionnement où les œufs sont mirés, calibrés et tamponnés. “On mentionne le code du producteur. Ce n’est pas obligatoire d’indiquer la date de ponte sur les œufs. Je le fais sur les boîtes.” La date limite de consommation d’un œuf est de 28 jours. Deux calibres d’œufs 53-63 mm et 63-73 mm sont commercialisables en France. Les trop gros ou trop petits partent comme ingré dients dans la fabrication de produits alimentaires comme les pâtes. “Je ne subis pas la pénurie mais la pénurie attire davantage de clients sur le mar ché qui espèrent trouver des œufs plus facilement. Même si la demande est là, je n’ai pas l’intention d’avoir plus de poules qu’aujourd’hui. Je tiens à res ter à la tête d’un élevage à taille humai ne” dit-elle. n

cement dans l’espoir de trouver sa place dans un élevage bovin ou de s’ins taller en caprin. Sauf qu’el le n’était pas forcément la bienvenue sur les diffé rentes exploitations où elle a posé candidature. “J’ai

celle qui finira par changer de modèle. En mai 2025, elle investit dans deux pou laillers mobiles. Fabriqués en Allemagne, ces “Far mers mobiles” sont équi pés pour une totale auto nomie avec un stockage

“La pénurie attire davantage de clients sur le marché.”

formées au moulin de Dannemarie-sur Crète qui appartient aussi à Terre Com toise. Les poules Coquy consomment chaque année 12 000 tonnes d’aliment non-O.G.M., sans antibiotiques et riche en Oméga 3” , détaille le directeur. L’entreprise de Flagey emploie 40 colla borateurs. “On a 12 chauffeurs-livreurs merchandiseurs qui assurent la livraison, la mise en rayon et la prise de comman de. 400 000 œufs sortent chaque jour du centre de conditionnement pour être dis tribués dans un rayon de 100 km. On livre également quelques centrales d’achat, cela représente 20 % du business. Au total, on travaille avec 280 clients livrés entre une et trois fois par semaine.” Le directeur ajoute aussi que l’entreprise est engagée dans la démarche R.S.E. qui repose sur trois piliers : économique, social et environnemental. Le fonctionnement entre l’entreprise Coquy et les 10 élevages associés est assez logique : Terre Comtoise apporte l’aliment, en contrepartie, l’éleveur fournit les œufs vendus par Coquy auprès de ses clients. “Aujourd’hui, on livre tous nos clients mal gré des commandes croissantes. D’autres demandes sont en étude en parallèle de nos futurs élevages.” Deux raisons principales expliquent la pénurie d’œufs en France. La consom mation d’œufs par habitant a progressé alors que, dans le même temps, beau coup d’élevages “œufs cages” ferment progressivement. Un effet ciseaux qui s’équilibrera d’ici un ou deux ans le temps que sortent de terre de nouveaux élevages sol, plein air ou bio. “Il manquerait aujour d’hui 300 élevages de 20 000 à 30 000 poules pour répondre aux besoins du mar ché français.” n

d’aliments, une réserve d’eau, des pan neaux solaires produisant l’énergie pour mettre en route la chaîne d’alimenta tion, les lumières et le tapis qui récu père les œufs. Comme dans tout élevage, Élodie Dor nier respecte des règles de biosécuri té très strictes. Tout est organisé pour éviter les risques de contamination venant de l’extérieur. À chaque renou vellement du lot de poules, program mé tous les 18 moins, l’avicultrice pro cède à la désinfection des installations. Combien d’œufs peuvent produire 900 poules ? “Il faut compter environ 5 œufs par semaine pour une poule.” La pro duction du poulailler du Val d’Usiers reste très localisée : les marchés de Pontarlier, quelques restaurants assez haut de gamme, des établissements scolaires et des commerces alimen taires. “Je viens d’installer un distribu

travaillé dans l’agroalimentaire le temps de trouver un projet agricole qui cor responde à mes envies et à mes moyens.” La solution prendra la forme d’un éle vage avicole. Après une première ten tative qui finira par avorter, elle se lan ce finalement en 2021 dans l’exploitation d’un élevage de 250 poules en optant pour le statut de micro-entrepreneur. “Les élevages de cette taille ne sont pas tenus d’avoir un agrément sani taire. Il suffit de tamponner les œufs et de travailler en vente directe” , explique la jeune avicultrice qui écoulera une partie de sa production sur les mar chés locaux, notamment le jeudi et le samedi matin à Pontarlier. Cette situation provisoire se formalise le 1er mars 2023 quand Élodie Dornier opte pour le statut d’avicultrice à part entière. Elle s’engage dans le métier

Élodie Dornier peut compter sur une fidèle clientèle au marché de Pontarlier où elle est présente le jeudi et le samedi.

DOSS I ER 10 TOUT EST BON DANS LA FILIÈRE PORCINE RÉGIONALE

Que ce soit avec le lait ou la viande porcine, les paysans francs comtois ont toujours su valoriser ces matières premières. En témoignent bien sûr les salaisons et l’emblématique saucisse de Morteau qui fait pratiquement partie du patrimoine alimentaire français. Interporc Franche-Comté qui structure aujourd’hui la filière porcine régionale continue à privilégier la recherche de la qualité, seul moyen de démarquer. Importance de maintenir les débouchés existants pour certains produits, mais surtout ambition d’en trouver de nouveaux, volonté de favoriser les installations des jeunes éleveurs, de rester en phase aussi avec les attentes sociétales, de gagner en autonomie. Sans oublier bien sûr la raison d’être d’Interporc Franche-Comté, à savoir, prendre son destin collectivement en main. Dossier.

(photo Interporc F.C.)

F I L I ÈRE L’ambition de valoriser toute la production

Si elle n’a pas le rayonnement d’un C.I.G.C. et ses volumes de production, Interporc Franche-Comté af fi che sa volonté de centraliser toutes les compétences et de contribuer à une meilleure valorisation à tous les stades de la fi lière porcine. O

n recense 183 sites d’élevage porcin dit professionnels en Franche-Comté, dont

sans savoir que cela suffit tout jus te à rémunérer un salarié à mi temps”, essaie de relativiser Jean Michel Guignard, le président d’Interporc Franche-Comté. Comme tous les acteurs de cet te petite filière, il estime impératif de trouver des plus-values. “Si on arrive à mieux valoriser cette pro duction, on favorisera le renou vellement des générations et l’ave nir sera garanti.” Beaucoup d’éleveurs de la filière porcine com toise exercent sur des schémas de ferme associant production lai tière et engraissement porcin. “Tout le monde se connaît sur une peti te filière comme la nôtre. C’est plus facile d’instaurer un dialogue, de mettre en place une action”, apprécie Yannick Pourchet, nais seur-engraisseur au G.A.E.C. de la Ricorne à Maisons-du-Bois-Liè vremont. Le succès du comté pourrait aus si profiter à l’élevage porcin régio nal. Pour certaines exploitations, le développement d’un atelier por cin offre une possibilité de se diver sifier pour consolider des emplois.

80 engagés dans les filières I.G.P. Ils représentent plus de 90 % des porcs produits dans la région. “La Franche-Comté abrite 1 % du cheptel national. Soit 180 000 porcs nés et élevés en Franche Comté. Ce qui signifie que les éle veurs comtois répondent à 40 % de la demande de consommation qui correspond à 400 000 porcs” , indique Claire Legrand, la direc trice d’Interporc Franche-Comté. L’interprofession emploie quatre autres salariés. Chacun est dédié à diverses tâches : cahier des charges, audit, volet sanitaire, plan d’épandage, installation, secré tariat… Toute une équipe au ser vice des éleveurs. “On essaie de mener à bien les projets d’instal lation en se heurtant parfois à des a priori négatifs, comme ce fut le cas sur l’élevage porcin à Larnod. Les gens qui ne sont pas de la partie s’insurgent parfois quand on parle d’un projet à 1 000 places

Chiffres-clés Interporc en Franche-Comté : l 395 détenteurs de porc l 160 sites professionnels qui produisent 179 385 porcs charcutiers, dont 90% sont sous I.G.P. (Alimentation au lactosérum) l 52 sites en plein air, pour 2934 PC l 6 abattoirs, dont un abattoir spécialisé avec l’abattoir des éleveurs de La Chevillotte l 320 000 porcs abattus en 2025 l 27 000 tonnes équivalent carcasse répondant à environ 40 % de la consommation en viande de porc de la FC de la population l 29 salaisonniers engagés dans la filière Morteau et Montbéliard l L’ensemble représente environ 1 500 emplois

“On doit absolument trouver des plus-values dans la valorisation de la viande de porc. Si on y parvient, l’avenir sera garanti”, observe Jean-Marie Guignard, le président d’Interporc Franche-Comté.

11 PROMOTION A2M à la conquête de nouveaux consommateurs L’Association de défense et de promotion des charcuteries et salaisons I.G.P. de Franche-Comté, dite A2M, assure la défense et la promotion des I.G.P. saucisse de Morteau et saucisse de Montbéliard. Conforter l’existant en diversi fi ant les habitudes de consommation.

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“O n stagne au niveau de la Morteau avec un volume de production autour de 5 000 tonnes alors que la saucisse de Montbéliard continue à progresser pour atteindre environ 6 700 tonnes en 2025” , précise Jean-François Nicolet qui a été reconduit en juin dernier à la tête de l’association qu’il préside depuis 2021, succédant ainsi à Michel Delacroix. A2M fédère tous les acteurs des deux I.G.P. de l’amont à l’aval : naisseurs engraisseurs, abatteurs-découpeurs, fabricants d’aliments, artisans salai

sonniers et les industriels salaisonniers. L’I.G.P. saucisse de Morteau regroupe 28 opérateurs et 24 fabricants adossés à l’I.G.P. saucisse de Montbéliard. “On assure la cohésion et on suit la vie de nos adhérents. Actuellement, on est en cours de finalisation du nouveau cahier des charges de la saucisse de Montbéliard.” Mise en place pour défendre les intérêts des deux I.G.P., l’association investit beaucoup de moyens dans la promotion. “Le volet communication est important. On travaille souvent en collaboration avec

Pour expliquer la croissance plus rapide de la saucisse de Montbéliard, Jean-François Nicolet rappelle qu’il s’agit d’un produit au format plus petit, moins météo-dépendant et, autre intérêt, moins cher. “Le prix plus modeste reflète un process avec un coût de fabrication moins élevé que pour la Morteau.” Que représente la part de l’export pour les deux I.G.P. ? “C’est inférieur à 5 %. On cherche avant tout à conforter la notoriété de ces produits en France. Bien entendu, la conquête de nouveaux marchés à l’export varie en fonction des objectifs de chaque metteur en marché.” Le rôle de l’A2M consiste aussi à prendre en charge l’organisation des concours entre les différents fabricants. “Ce sont des moments de convivialité pour déguster et évaluer tous les produits. On en profite aussi pour communiquer sur le savoir-faire des acteurs de la filière.” . n

le Comité Gastronomique et de Promotion des Produits régionaux qui est aussi connu sous la signature “Les produits gourmands”. Les objectifs stratégiques consistent à préserver les consommateurs habituels de nos produits en essayant d’aller capter d’autres clientèles. On sait que la Morteau est un produit qui se mange plutôt en hiver et on aimerait diversifier les habitudes de consommation. Pourquoi pas la proposer en barbecue, en salade ou encore en street food ? On cherche aussi à se positionner sur le marché de la restauration collective.” La promotion des deux I.G.P. est multi-support : sur les réseaux, les affiches, dans la presse. Les deux fleurons des salaisons franc-comtoises apparaissent régulièrement à la télévision et font l’objet de recettes dans des émissions comme “Petits plats en équilibre” diffusées sur TF1 aux heures de grande écoute.

porcine régionale

Éleveurs, responsables de filière, président d’association : tout le monde se connaît et se côtoie au sein d’Interporc Franche-Comté. De gauche à droite : Nicolas Sachot installé en G.A.E.C. avec son épouse Graziella sur une exploitation bovin lait-engraissement porcs, Jean-François Nicolet le président d’A2M, Jean-Michel Guignard, président d’Interporc Franche-Comté, Yannick Pourchet, président de l’I.G.P. Viande de porc de Franche-Comté et Florent Jacquemin-Verguet, directeur général du groupe Franche-Comté Élevage.

ÉVOLUTION DES VOLUMES PRODUITS DE SAUCISSES DE MORTEAU ET DE MONTBÉLIARD DEPUIS 10 ANS (en tonnes)

12000

10000

Les marges de progression de la filiè re reposent sur la nécessité de valo riser, au-delà des produits embléma tiques sous I.G.P., toute la production porcine. Dans cette optique, Yannick Pourchet évoque l’intégration de l’in dicateur des prix de production dans les contrats commerciaux mis en pla ce depuis cinq ans. “On a lancé ce

dispositif avec 9 éleveurs. C’est plus sécurisant et cela permet de se pro jeter et de rassurer les banques.” Jean Michel Guignard n’oublie pas d’évo quer “la chance d’avoir un abattoir porcin à Valdahon et d’autres struc tures multi-espèces comme à Pon tarlier et Champagnole qui fonction nent aussi grâce aux porcs.” . n

8000

6000

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0

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2025

Saucisses de Morteau

Saucisses de Montbéliard

Total

DOSSIER 12

PREMIÈRE ET SECONDE TRANSFORMATIONS L’abattoir de Valdahon depuis 30 ans au service du porc comtois

Construit en 1996, cet abattoir spécialisé dans le porc est la propriété de la coopérative Franche-Comté Élevage qui fonctionne avec un groupement de 44 éleveurs et 19 exploitations en gestion directe. De quoi assurer 50 % des approvisionnements de l’outil d’abattage.

C onçu dans un esprit de coopération et de proximi té, l’abattoir de Valdahon a largement rempli son contrat depuis sa construction en 1996 sur la zone artisanale des Banardes à Val

Verguet, le directeur général de Franche-Comté Élevage. L’abattoir de Valdahon mobilise une équipe de 120 collaborateurs pour assurer la première et la seconde trans formation ainsi que la mise en mar

dahon. “On dispose main tenant d’une autorisation d’abattage de 30 000 tonnes par an. Cela repré sente 260 000 porcs abat tus à Valdahon, soit 80 % des abattages de porcs

ché. 35 à 40 % de la pro duction est destinée aux charcutiers-salaisonniers, 20 % partent à la G.M.S. et 10 % alimentent le réseau des boucheries tra ditionnelles. S’ajoutent les

Un esprit de coopération et de proximité.

L’abattoir de Valdahon est un maillon indispensable au sein de la filière régionale porcine (photo Franche-Comté Élevage).

collectivités et le marché de gros pour écouler en France et à l’étranger des morceaux comme les pieds, les joues, les abats, les foies, les cœurs… Une équipe de commerciaux est installée

à Besançon pour gérer les ventes et trouver de nouveaux débouchés. 98 % des approvisionnements por cins de la coopérative proviennent de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est. “On est intégré dans un groupement de 44 élevages qui assu re 50 % de nos approvisionnements avec les 19 porcheries exploitées par la coopérative. On vit donc les mêmes problématiques que les éleveurs. On a produit cette année près de 45 000 porcs avec des salariés qui assurent la fonction d’agents d’élevage.” Franche-Comté Élevage travaille éga lement en direct avec des éleveurs du Grand Est et des groupements par tenaires. Ces deux sources repré sentent chacune 25 % des approvi sionnements. L’établissement rencontre ponctuel

lement des soucis de turn-over du personnel. “Les équipes sont plutôt stabilisées. Les postes les plus en tension concernent surtout les postes en maintenance où l’on subit la concur rence du travail frontalier contre lequel il est difficile de s’aligner. Pour les fonctions supports, on arrive toujours à trouver des candidats. Il y a beau coup de formation interne sur les postes de production avec une main d’œuvre qui tend de plus en plus à se féminiser sur des opérations de découpe précises. Grâce à l’auto matisation, on a beaucoup réduit la pénibilité de certaines tâches. On est toujours engagé dans une démarche d’amélioration continue des condi tions de travail avec la volonté de se démarquer pour gagner en attracti vité.” n

en Franche-Comté en y associant les volumes traités sur les sites multi espèces implantés à Lons-le-Sau nier, Champagnole, Pontarlier et à Vesoul” , détaille Florent Jacquemin

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DOSSIER 14

GROUPE ARCADO Le choix de se regrouper pour mieux répondre aux évolutions du marché Entrés comme commerciaux chez Jean-Louis Amiotte au début des années quatre-vingt-dix, les frères Olivier et Richard Paget ont peu à peu formé une plateforme de cinq P.M.E. dont la taille permet aujourd’hui de s’adapter à la concentration des fabricants, des acteurs de la distribution et à la diversi fi cation des usages comme l’illustre la reprise récente par le groupe Arcado de l’entreprise Bazin à Breuches-les-Luxeuil.

L e rachat de l’entreprise André Bazin en début d’année par le groupe Arcado par ticipe de cette volonté d’élargir l’éventail d’utilisation des produits et d‘intégrer des compétences complémentaires. “D’un point de vue stratégique, cela permet d’abord de rapatrier le centre de décision en Franche Comté. Bazin dispose d’un savoir-faire plus lar ge d’ingrédients et de solutions auprès de la res tauration. L’entreprise fabrique beaucoup de jambons et de lardons. Elle dispose d’outils qui

permettraient de retrouver de la saucisse I.G.P. dans les hamburgers, dans des pizzas ou enco re des sandwiches”, explique Olivier Paget, le président-directeur général du groupe Arcado. Cette nouvelle acquisition qui induit également la reprise de 350 salariés marque une nouvelle étape dans l’histoire de ce groupe. Tout a débu té en 1991 avec l’arrivée de Richard Paget chez Jean-Louis Amiotte. Son frère Olivier le rejoint en 1998. “On est rentré comme commerciaux avant de reprendre les rênes de cette entrepri-

Soucieux de se développer sans renier les savoir-faire, Olivier Paget demeure très prudent sur l’avenir. “Je reste concentré dans un monde difficile.”

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15

si la coopérative des Éleveurs de La Chevillotte qui gère l’abattoir porcin de Valdahon. En six ans, le volume de la gamme Montagne a progressé de 100 à 300 tonnes. Cette filière met aussi en avant le bien-être animal. Elle repose sur des contrats de deux ans avec un calcul de rémunération basé sur le coût de l’aliment. S’il ne juge pas utile d’aller à l’encontre de la sai sonnalité de la saucisse de Morteau, le dirigeant d’Arcado estime opportun d’adapter le produit à l’évolution des modes de consommation en se positionnant par exemple sur le prêt à cuire. “On voit que le poids de la gamme cuite progresse plus vite que celui de la saucisse crue à cuire. C’est un argument qui nous a permis de propo ser nos produits dans l’ouest de la France.” Dans sa stratégie d’expansion, le groupe Arca do reste fidèle à ses valeurs d’authenticité, ce qui se répercute aussi dans l’économie locale. “L’impact social est fondamental et encore plus dans un groupe comme le nôtre axé sur la char cuterie de terroir où tout est fait manuellement. On est des gros employeurs. L’enjeu du recrute ment est important et demande de s’adapter chaque saison pour compléter et fidéliser l’ef fectif. On essaie de créer un sentiment d’appar tenance.” Quand on demande s’il voit l’avenir avec séréni té, Olivier Paget rétorque : “Je reste concentré sur un métier difficile. On navigue avec pruden ce dans un monde incertain.” n

La stratégie du groupe Arcado suit celle d’un marché économique marqué par la concentration des enseignes et la diversification des utilisations des produits. Exemple avec la gamme Montagne développée par Jean-Louis Amiotte.

se.” Les deux frères vont ensuite faire l’acquisi tion d’autres sociétés spécialisées aussi les salai sons comtoises. Ils se retrouveront ainsi à la tête d’une plateforme de P.M.E. : Morteau Saucisse, Clavière, Aux produits Saugets, Bazin où chaque entité conserve son autonomie et ses recettes.

les démarches engagées pour faire reconnaître l’I.G.P. jambon persillé de Bourgogne, une spé cialité de la maison Clavière à Dole. L’effort d’adaptation aux attentes du consom mateur s’observe aussi sur les filières. “L’I.G.P. est déjà une réponse. On a développé d’autres

“On a toujours fonctionné ainsi et on a réussi à sécuriser la qualité et les savoir-faire de chacun.” Au dernier salon de l’Agriculture de Paris, Jean-Louis Amiotte a rem porté deux médailles comme Mor teau Saucisse alors que Clavière est monté sur un podium. Des cadres

éléments comme sur la Morteau Label rouge. Jean-Louis Amiotte et Aux Produits Saugets sont posi tionnés sur ces produits. Le cahier des charges du Label rouge impo se d’utiliser des porcs nés, élevés, abattus en Franche-Comté.” Olivier Paget cite aussi l’exemple de la gam

“Adapter le produit à l’évolution des modes de consommation.”

dirigeants, des banques sont entrés au capital du groupe Arcado. “En intégrant ces compétences, on sécurise l’avenir. La preuve avec ces médailles bien différenciées.” Dans cette volonté de pré server les savoir-faire, le président évoque aussi

me Montagne mise en place en 2018 chez Jean Louis Amiotte. Une gamme de saucisses de Mor teau et Montbéliard lancée avec dix producteurs qui nourrissent leurs porcs uniquement avec de l’aliment non O.G.M. Cette démarche associe aus

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DOSSIER 16

PORC DE FRANCHE-COMTÉ Une I.G.P. en quête de notoriété

Association regroupant une centaine d’adhérents, l’appellation Porc de Franche-Comté est également une I.G.P. Depuis deux ans, la structure travaille sur la notoriété de l’appellation et sa visibilité dans les rayons de supermarché.

E n Franche-Comté, la majorité des éleveurs de porcs (90 %) s’inscrivent dans des signes de qualité, type I.G.P. ou encore Label rouge. Parmi eux, Porc de

restreints. Depuis deux ans, Porc de Franche-Comté travaille à augmenter sa notoriété avec un nouveau logo. L’objectif : être visible en rayons pour les consommateurs. Car, en 2025, 2

Franche-Comté pour la viande fraîche, regroupe une centai ne d’éleveurs. Pour répondre à cette I.G.P. Porc de Franche

600 tonnes de viande Porc de Franche Comté ont été ven dues, sur un potentiel de 9 000 à 10 000 tonnes. “Le but est

2 600 tonnes de viande Porc de Franche Comté vendues.

Comté, les porcs doivent être nés, éle vés et abattus en Franche-Comté, avec une période de vie de plus de 182 jours, une alimentation en lacto sérum, etc. Près de 16 éleveurs sont en plus Label rouge, c’est-à-dire qu’ils répondent à des critères complémentaires et plus

d’augmenter nos volumes, d’avancer, de renouveler les générations d’éle veurs aussi” , explique Yannick Pour chet, éleveur de porcs à Maisons-du Bois-Lièvremont et président de Porc de Franche-Comté. Travailler la notoriété, c’est aussi pour favoriser la contractualisation avec les

Yannick Pourchet est éleveur de porcs à Maisons-du-Bois-Lièvremont et président de Porc de Franche-Comté (photo archive L.D.A.).

filières (vente directe, salaisonniers, groupement d’éleveurs, etc.) assurant ainsi une meilleure rémunération. “En 2016, il y avait 0 % sous contrat, resi tue Yannick Pourchet. Aujourd'hui, on est à 80 %. Tout le monde n’est pas à ce niveau. Sur les 20 % restants, il manque 40 euros par porc, ce qui fait à l’année en moyenne 45 000 euros. ça représente un salarié.” L’enjeu est donc sur la contractualisation qui prend en compte le coût de production, esti mé en ce moment à 2 euros le kilo. “Nous avons mis deux ans pour créer

l’indice du coût de production qui réajuste le prix tous les mois. C’est la 5ème année que c’est mis en place et ça fonctionne. Nous sommes la seu le région où on a un indice de coût de production qui fluctue tous les mois” , loue le président de Porc Franche Comté. En France, la viande fraîche de porc représente 25 % contre 75 % pour les salaisons. Jusqu’en 2024, le porc était la principale viande consommée, par ce qu’elle reste moins chère que les autres, et notamment le bœuf. n

Le logo Porc de Franche-Comté se veut plus visible dans les rayons.

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ACTUALITÉ 18

DAMPRICHARD Élevage de porcs et de bovins, le combo gagnant

Installé en G.A.E.C. avec sa femme Graziella, Nicolas Sachot combine élevage de bovins et de porcs sur son exploitation à Damprichard. Grâce à ce double élevage, l’agriculteur n’a pas besoin d’acheter des engrais minéraux.

E n 2024, Nicolas et Graziella Sachot créent leur exploitation, le G.A.E.C. du Vieux Chêne, installé à Damprichard. Le couple prend la suite d’un agriculteur parti à la retraite. La seule condition ? Que la porcherie soit gardée, à côté de l’élevage de vaches laitières. Le G.A.E.C. du Vieux Chêne compte ain si 300 places d’engraissement pour les porcs et produit 240 000 litres de lait. Un double élevage qui engendre un cercle vertueux. “En deux ans, je n’ai jamais acheté un engrais minéral, explique Nicolas Sachot. L’engrais de

porc, bien utilisé et bien valorisé au bon moment pour l’atelier bovins per met d’être autonome à 99 % par rap port aux engrais minéraux.” Par ailleurs, gérer un atelier de bovins et un atelier de porcs permet aux agri culteurs de sécuriser des revenus, grâ ce au lait. Aujourd’hui, les producteurs de porcs déplorent un manque de sécurisation de leurs revenus. D’au tant plus que pour s’installer, un éle veur de porcs ne bénéficie pas d’aides de la P.A.C. “Le métier plaît tant que ça reste petit en taille. C’est une bel le agriculture, on n’est pas dépendant

Nicolas Sachot, jeune agriculteur, éleveur de porcs et de vaches laitières, installé à Damprichard.

tallation d’une porcherie à Larnod. En cause, une fronde populaire et le refus de permis de construire de la mairie. Une pétition avait recueilli 35 000 signa tures, la plupart n’émanant pas des habitants du secteur. “On veut man

de la météo, tout est planifié à l’avan ce. Mais il faut que ça reste à taille standard et rémunérateur” , souligne Jean-Michel Guignard, éleveur de porc à Chapelle-d’Huin et président d’In terporc Franche-Comté.

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Ce dernier relève éga lement la méconnais sance du métier. “Beau coup de personnes viennent dans nos éle vages et sont surprises : ils nous disent “on ne pensait pas que c’était autant de travail.” “Il faut

ger local, du bon mais on ne veut pas que ce soit à côté de chez soi, c’est comme pour les éoliennes”, observent, agacés, les éleveurs de porcs. La Franche-Comté compte 183 sites pro

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fessionnels dont 80 sites sous I.G.P. Le Doubs est le département qui comp te le plus de porcheries. La Franche Comté produit entre 180 000 et 190 000 porcs pour une demande des consommateurs d’environ 400 000 porcs. À l’échelle nationale, la Franche Comté représente 1 % des porcs en France. n

montrer ce qu’on fait, nous, on ouvre nos portes” , renchérit Yannick Pour chet, éleveur à Maisons-du-Bois-Liè vremont et président de l’I.G.P. Porc de Franche-Comté. En filigrane, les agriculteurs pointent les stéréotypes et les a priori négatifs liés aux porcheries. Ils restent encore amers face à l’abandon du projet d’ins

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