Le Doubs Agricole 47 - Mars 2026

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tions ne sont pas les mêmes. Jean-Baptiste Charlier donne l’exemple de la source de la Loue : le flux d’azo te est très majoritairement issu du plateau, et a donc une origine agricole. À l’inverse, le phosphore a pour source quasi unique les pertes du Doubs. Il s’agit donc d’une origine urbaine, et notamment le rejet d’assainissement de la zone urbaine de Pontarlier. La réhabilitation des stations d’épuration fait également partie des 100 leviers d’actions identifiés par l’étude Nutri-karst. Maintenant, ces données sont aux mains des acteurs publics, qui doivent décider de s’en empa rer afin d'agir pour améliorer l’état des cours d’eau. n l Florian Dornier, président de la F.D.S.E.A. : “Il n’y a pas de solutions simples à un problème complexe. Il y a cette difficulté de trouver une ligne de crête entre agriculture, environnement, ses paysages, les paysans. Il faut que les fosses à lisier qui ne sont pas couvertes soient accompagnées de financement pour les cou vrir. L’agriculture assure ses responsabilités, elle est en mouvement, mais on a besoin de temps.” Des réactions contrastées, où chacun se renvoie la balle l Gérard Mamet, vice-président de la C.L.E. (com mission locale de l’eau), et membre du collectif S.O.S. Loue Rivières Comtoises : “En 2012, nous étions ici pour les Assises de la Loue. Nous avions déjà dit que les problèmes étaient multifactoriels (agricoles, assai nissement, artificialisation des sols, dérèglement cli matique). Les études, c’est bien, maintenant, il faut agir.”

champs, devant les engrais minéraux de synthèse. Un constat est dressé : malgré ses efforts, l’agricul ture reste le principal poste d’apport en azote 92 % et en phosphore (95 %) devant les rejets domestiques et industriels (7 % pour l’azote et 5 % pour le phos phore) et la transformation du lait (0,4 % pour l’azote et 0,6 % pour le phosphore). “La tendance à la haus se des teneurs en nitrate dans les eaux dans les années 80-90 montre une inflexion dans les années 2000, sans pour autant engendrer une réduction importan te du niveau de pollution des eaux” , précise l’étude. “Non, il n’y a pas de plus en plus de nitrates dans les eaux qu’il y a une dizaine d'années” , souligne Jean Baptiste Charlier. Pourtant, l’état des rivières ne s’amé liore pas. Comment expliquer ce paradoxe? Si les pratiques à risque favorisant la pollution sont le travail du sol et la fertilisation minérale (les cultures et prairies temporaires), le réchauffement climatique joue un rôle aggravant, et notamment les périodes de séche resses. Le karst est d’autant plus vulnérable aux épi sodes de sécheresse. “Les bassins des rivières kars tiques comtoises ont la particularité d’être alimentés principalement par des eaux souterraines qui possè dent un faible pouvoir de rétention des polluants (que ce soit pour les nutriments ou d’autres types de conta minants) et de posséder dans de nombreux cas de faibles réserves en eau. Ce sont donc des bassins for tement vulnérables aux pollutions mais également sen sibles aux épisodes de sécheresse” , explique l’étude. À noter également une grande variabilité entre les rivières du Massif. Les rivières dans le Doubs sont plus sensibles à la pollution des eaux par les nitrates, par exemple. Et selon le lieu, les origines des pollu

Jean-Baptiste Charlier, hydrogéologue, et Didier Tourenne, agronome, ont présenté

les résultats de l’étude en fin d’année dernière à Ornans.

Pour limiter les transferts entre les sols et l’eau, 40 mesures concrètes ont été identifiées dans l’étude (par mi les 100 leviers d’actions) pour optimiser les pra tiques agricoles. Par exemple, limiter le retournement des sols, optimiser la fertilisation, renforcer l’efficience des fermes afin de favoriser l’autonomie des exploita tions et limiter l’achat d’engrais et d’aliments. Sur ce point, l’étude montre que depuis 20 ans, “l’améliora tion des pratiques dans les élevages a conduit à une diminution des livraisons d’engrais minéraux : deux fois moins d’engrais azotés, 7 fois moins d’engrais phos phatés et 5 fois moins d’engrais potassiques sont épan dus sur les parcelles agricoles.” Les déjections des bovins - fumier, purin, lisier - constituent la première source d’azote et de phosphore apportés dans les

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