Le Doubs Agricole 47 - Mars 2026
ACTUALITÉ 24
S AN I TA I R E Premier bilan sur la crise de la D.N.C. La commission des affaires économiques du Sénat a été saisie d’une mission fl ash sur les enseignements à tirer de la gestion
comme en France et tous ont réussi à éradiquer la maladie. Nos travaux montrent que ce n’était pas utile de généraliser la vaccination. Le coût esti mé s’élèverait à 345,8 millions d’euros. Cela géné rerait aussi la perte de statut indemne de D.N.C. de la France pour ses partenaires économiques européens. Les conditions d’exportations devien draient drastiques. Or la France est le deuxième exportateur d’animaux vivants et de génétique et exporte majoritairement vers l’Italie et l’Espagne.
Une parole scientifique certifiée et forte est pri mordiale pour que la stratégie sanitaire soit com prise, acceptée et appliquée par les éleveurs.” La sénatrice du Doubs s’indigne aussi que les vac cinateurs aient fait l’objet de menaces. “Il faut de toute urgence renforcer la protection pénale des vétérinaires.” Le troisième rapporteur Christian Redon-Sarrazy a évoqué l’impact d’une crise qui s’avère coûteuse, révélatrice des fragilités du modè le économique et sanitaire. “Au 9 décembre 2025,
de la Dermatose nodulaire contagieuse (D.N.C.). Quatre
A u cours de cette mission, 141 acteurs du monde agricole et experts du sanitaire social ont été auditionnés. Des déplace ments sur le territoire ont également per mis d’apprécier de visu les conséquences de la D.N.C. Au terme de ces démarches, les rappor teurs considèrent qu’il est urgent de ramener des éléments factuels et scientifiques au centre du débat public devenu explosif. “Le protocole sani taire est efficace en France s’il est scrupuleuse ment appliqué. La D.N.C. est une maladie très contagieuse. Le diagnostic est difficile. Il n’y a pas de traitement mais un vaccin vivant atténué qui permet de protéger les bovins. En Europe, tous les pays touchés comme la Grèce, la Bulgarie, l’Italie, l’Espagne ont mis en place un protocole sanitaire rapporteurs dont Annick Jacquemet sénatrice du Doubs ont présenté début février les conclusions de ce rapport d’information.
La balance bénéfice-risque est défa vorable à la généralisation de la vac cination” , indique Martine Berthet, sénatrice rapporteuse de la mission en rappelant aussi que les 3 380 animaux abattus dans le cadre de la D.N.C. représentent 0,02 % du cheptel français. Elle pointe aussi du doigt les mou vements illicites de bovins qui ont biaisé l’efficacité du protocole. Les
l’estimation des dépenses de l’État dans le cadre de la lutte contre la D.N.C. s’élève à environ 42 millions d’euros.” La crise de la D.N.C. est également très coûteuse pour la filière notam ment du fait des restrictions de mou vements qui ont perturbé les mar chés. L’apparition de la D.N.C. a révélé les fragilités de la dépendan ce économique de la France aux
La balance bénéfice-risque est défavorable à la généralisation de la vaccination.
rapporteurs insistent sur l’urgence de renforcer le dispositif d’identification et de traçabilité des bovins. Annick Jacquemet s’est exprimée sur le volet infor mation et accompagnement des éleveurs. “La clef de la gestion de crise réside dans l’acceptabilité de la gestion sanitaire. Il faut trouver les mots justes pour que les éleveurs acceptent le dépeuplement.
exportations. Plus d’un mâle allaitant sur deux est exporté maigre, à 80 % vers l’Italie. Les rappor teurs alertent donc sur la nécessité de renforcer la filière d’engraissement française pour limiter la dépendance économique de la France aux expor tations. Le quatrième et dernier rapporteur, Gérard Lahel lec a évoqué l’importance de soutenir la recherche pour améliorer la connaissance scientifique enco re lacunaire de cette maladie dans le contexte euro péen. Afin d’améliorer la capacité de résilience face aux crises sanitaires en élevage, les rapporteurs préconisent de confier à l’Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environ nement et du travail, la mission de cartographier l’offre vaccinale pour toutes les maladies à éradi cation immédiate, de renforcer la recherche sur les insectes vecteurs et de saisir l’autorité européen ne de sécurité des aliments d’une demande d’avis actualisé sur la D.N.C. n
La commission a confirmé l’intérêt de la vaccination sans pour autant qu’elle soit étendue à l’ensemble du cheptel bovin français.
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