La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026

Mensuel d'informations de Besançon et du Grand Besançon

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Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon - www.presse-bisontine.fr JANVIER 2026 - N° 284 - 3 €

Une nouvelle vie pour le Centre Saint-Pierre P. 4 P. 8 À 10 On fait de moins en moins de bébés dans le Doubs Pour la première fois, on a enregistré dans le dépar tement plus de décès que de naissances. Explications. L’événement Besançon

Élections municipales dans les communes du Grand Besançon Les candidats se dévoilent

Il reste à peine un mois aux candidats pour déposer leurs listes pour

P. 12-13 Les nouvelles zones constructibles dans l’agglo Le P.L.U.I. a été arrêté lors du dernier conseil commu nautaire. Les 67 communes doivent maintenant l’ap prouver par un vote de leur conseil municipal. Pour certaines, le changement de zones constructibles en zones naturelles ou agricoles fait grincer des dents. Urbanisme L’ouverture d’une grande épicerie au Centre Saint Pierre doit signer la renaissance de ce centre commer cial qui a connu ses heures de gloire avant de péricli ter progressivement. Un espoir pour le centre-ville.

les élections municipales des 15 et 22 mars. Tour d’horizon des forces en présence dans les communes de la périphérie bisontine.

Le dossier en P. 16 à 21

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2 Retour sur info

La Presse Bisontine - Janvier 2026

Christophe Lime candidat à Dannemarie-sur-Crète

Les - derniers ? - vœux du préfet Bastille

E n poste depuis tout juste deux ans, le préfet du Doubs Rémi Bastille a prononcé ses traditionnels vœux le 8 janvier en préfecture du Doubs. “Sans doute que ce sera quelqu’un d’autre qui les prononcera à ma place l’an née prochaine” avance-t-il pru demment. En attendant, il a brossé le bilan d’une année 2025 marquée notamment par la décision d’interdire les poids lourds en transit sur la R.N. 83 (applaudissements nourris dans la salle), la poursuite du déploiement des Maisons France Services (deux nou velles viennent d’ouvrir, à Méta bief et Grand-Charmont), la création de 12 Maisons label lisées France Santé, l’ouverture

de 110 nouvelles places d’hé bergement d’urgence, évidem ment la lutte contre la D.N.C. “avec une lutte indispensable contre la désinformation, les complotismes et les manipu lations politiques grossières, quand elles ne sont pas gro tesques” , etc. Pour 2026, le préfet Bastille a rappelé les principaux combats à mener : celui pour la sécurité et contre l’immigration irrégu lière, celui contre le narcotrafic (42 % de mis en cause en plus par rapport à 2024), lutte contre les violences intrafamiliales (2 952 victimes en 2024), la gestion des enjeux de biodi versité (2 000 hectares de forêt d’altitude intégrés dans un arrêté de biotope), le soutien

U n des piliers de la Ville de Besançon et de G.B.M., élu sans discontinuer depuis 25 ans, tire sa révérence. Enfin pas tout à fait… Résident depuis quelques mois à Dannemarie-sur-Crète, il fera partie de la liste conduite par le maire sortant candidat à sa succession Sébastien Perrin. “J’ai répondu à la sollicitation de Sébastien Perrin, je serai donc à ses côtés sur la liste. La vie d’une commune comme Dan nemarie est intéressante, elle a su continuer à se développer et à trouver sa place entre Besançon et Saint Vit et il reste de beaux projets à y réaliser” estime la voix historique du

P.C.F. local qui ne voulait pas “faire le mandat de trop à Besançon où j’ai effectué la transition en douceur avec Hasni Alem et Aline Chassagne, un binôme qui sera à la hauteur pour assurer la suite” dit-il. S’il est élu conseiller municipal de Dannemarie en mars prochain, Christophe Lime assure qu’il ne briguera pas la fonction de délégué communautaire à G.B.M., c’est le maire de Dannemarie qui l’assumera. “Je ne vais pas sortir par la porte pour à nouveau rentrer par la fenêtre !” sourit l’élu de 63 ans qui s’apprête, même si c’est dans une autre commune, à embrayer sur un cinquième mandat d’affilée. ■

Dans ses vœux, le préfet Rémi Bastille en a appelé malgré le contexte à “un peu plus de légèreté dans un monde qui en manque singulièrement.”

aux entreprises et ce, dans un contexte où le chômage conti

nue à augmenter dans le Doubs. ■

Le marché de l’immobilier reprend des couleurs

U ne hausse des volumes, mais aussi une hausse des prix. C’est le constat dressé par les notaires de la région qui ont publié les chiffres d’une année 2025 placée sous le signe de la reprise pour la profession. “Cette dynamique qui concerne les quatre départements du territoire franc comtois témoigne de l’attractivité et de la

résilience de nos territoires” se félicite M tre Bruno Maire, le président de la chambre interdépartementale des notaires de Franche-Comté. En 2025 dans le Doubs, le prix des appar tements anciens a fait un bond de + 9,3 % par rapport à l’année précédente. Celui des maisons anciennes a connu une hausse

de + 4,4 %. En volume de ventes, la ten dance est également haussière. “Tous types de biens confondus, après deux années de forte baisse, les volumes annuels des ventes ont enregistré une hausse de + 3,5 % dans le Doubs. À l’échelle de la région, les volumes des transactions ont retrouvé un niveau comparable à ceux observés en 2015-2016” notent les notaires francs comtois. Le prix moyen des maisons anciennes vendues en 2025 dans le Doubs s’est établi à 206 000 euros. Avec, toujours, de fortes disparités selon les secteurs. De l’ordre de 140 000 euros dans la périphérie de Montbéliard (les surfaces y sont éga lement plus petites), les prix médians des maisons ont atteint 304000 euros dans le secteur de Morteau, 238400 du côté de Maîche, et jusqu’à 341 000 euros dans le secteur du Mont d’Or et des lacs, en passant par un prix médian de 273800 euros à Besançon. ■

À Besançon, le prix de vente médian des maisons est de 273 800 euros.

Christophe Lime se retire des affaires municipales bisontines, et se présentera sur une liste à Dannemarie.

Éditorial Ligne droite

pas les quelques avancées contenues dans la réforme du statut de l’élu local voté en fin d’année dernière qui pourra donner l’impulsion nécessaire à ceux qui hésitent à se lancer dans la fonction de maire. Certes, leur rémunération est revue un peu à la hausse, certes ce statut leur apporte une meilleure protection contre les violences, certes ils bénéficieront doré navant d’une meilleure formation. Pas sûr pour autant que cela suffise à rallumer la flamme de l’engagement. Et puis bien sûr il y a Besançon qui focalise toute l’at tention. On assiste ici depuis quelques jours au rapprochement de certaines com posantes de la gauche, tandis que la droite républicaine qui se dit qu’elle n’a jamais eu autant de chances de décrocher la ville que cette année, devra se dépêtrer de la présence possible du Rassemblement natio nal au second tour. La dernière ligne droite est en vue. Ces municipales pourraient réserver ici ou là de belles surprises. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser

pourtour bisontin, le prochain scrutin se dessine plus clairement : parfois avec une seule liste en présence, parfois avec plu sieurs comme à Saône ou à Saint-Vit notamment. Il y a aussi le cas de ces com munes où les maires, lassés par la difficulté de la tâche ou par le manque de recon naissance du travail accompli, décident de jeter l’éponge, sans que derrière eux une quelconque relève soit assurée. Après un mandat 2020-2026 particulièrement éprouvant, qui a démarré sous la chape du Covid et qui a été ponctué par des crises à répétition (l’inflation, la crise financière, la guerre en Ukraine, la baisse des sub ventions de l’État…), certains maires lassés ont préféré lâcher la bride. Ils sont nombreux ainsi dans le Haut-Doubs à avoir pris cette décision après un mandat seulement, surpris ou débordés par l’am pleur de la tâche ou affaissés sous le poids des responsabilités qu’une fonction de maire exige au quotidien. Et ce ne sont

Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni. est éditée par la société “Publipresse Médias” S.I.R.E.N. : 424 896 645 Rédaction et publicité: 0381679080 E-mail: redaction@publipresse.fr

E n ce début d’année, le compte à rebours est désormais lancé pour les candidats aux prochaines élec tions municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars dans toutes les communes de France. Et pour ceux qui tentent encore en cette mi-janvier de constituer une liste, le temps presse puisqu’ils n’ont plus que jusqu’au 26 février pour la déposer en pré fecture. Dans le Grand Besançon, en ce début d’année, ils sont encore quelques unes ou quelques-uns à encore peiner pour boucler leurs listes. Ces difficultés, les candidats les rencontrent notamment dans de nombreuses petites communes, celles qui comptent moins de 1 000 habi tants et qui, pour la première fois, sont soumises comme leurs grandes sœurs à l’obligation de monter des listes complètes et respectant la parité hommes-femmes. Mais dans les principales communes du

Directeur artistique : Olivier Chevalier.

Conception pubs : Éloïse Perrot.

Crédits photos : La Presse Bisontine, Éric Deni sot, Fédération Française de la Maroquinerie C.T.C.-O.P.C.O. 2i, Thomas Girard, G.B.M., I.N.R.A.P., Préfecture du Doubs, Jean-Charles Sexe. Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod. Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1623-7641 Dépôt légal : Janvier 2026 Commission paritaire : 0230 D 80130

4 Besançon

La Presse Bisontine - Janvier 2026

COMMERCE

Ouverture fin janvier

Un retour à l’Origine pour le Centre Saint-Pierre “Origine”, c’est justement le nom de l’épicerie qu’ouvrent Vincent Morel et Baptiste Jeanbourquin. Comme une première pierre pour un retour aux sources attendu du Centre Saint-Pierre.

L ocal, sain et bon. C’est avec ces trois mots que les concepteurs de l’épicerie “Origine” définissent le concept de ce magasin de 200 m² qui s’apprête à ouvrir ses portes au Cen tre Saint-Pierre de Besançon et doit marquer, pour ce qui fut un des princi paux poumons du commerce bisontin, une sorte de renaissance, un retour aux origines espèrent-ils. “Notre idée est clai rement de revitaliser cette magnifique entrée de ville et en ouvrant cette épicerie, on espère bien que ce sera la première étape de la remise à flot de ce navire que fut le Centre Saint-Pierre” observe Vin cent Morel. Avec son cousin Baptiste Jeanbourquin, c’est aussi aux racines familiales que renvoie le nom de leur nouvelle épicerie Origine. “Notre arrière grand-mère et notre grand-mère com munes tenaient, pas loin d’ici, une épicerie de ville qui s’appelait L’Épargne bisontine. C’est aussi cela pour nous le retour à l’origine, on refait un peu l’histoire !” ajoute Baptiste Jeanbourquin. L’origine, c’est aussi celle des produits qui seront vendus ici, directement en provenance de producteurs régionaux pour la plupart. Produits alimentaires, fruits et légumes, produits frais, char cuterie, mais aussi produits cosmétiques

et d’hygiène, les deux commerçants veu lent faire de cette enseigne qui ouvre fin janvier “une épicerie de quartier pour tous, une épicerie du quotidien, de qualité” résume Vincent Morel. L’espace épicerie comportera une partie de produits en vrac, un espace sera dédié à la découpe de fromage et de charcuterie “pour un contact direct avec le commerçant et les produits” , et Origine comportera égale ment une partie restauration rapide (sandwiches, salades…) pour satisfaire les petites faims. Un bar à soupe est également prévu, ainsi qu’un bar à pâtes (artisanales, il va sans dire).

Une vaste terrasse don nant sur les rues d’Al sace et de la République sera ouverte aux beaux jours. Origine devrait ouvrir ses portes sept jours sur sept. Pour les deux concep teurs, Origine doit être pour les Bisontins non seulement une nouvelle épicerie qualitative de centre-ville, mais plus encore : l’acte fondateur du renouveau du Cen tre Saint-Pierre. Pour

Impliquer un maximum de monde dans leur projet.

Baptiste Jeanbourquin et Vincent Morel dans leur future épicerie Origine.

EN BREF

que la clientèle s’approprie pleinement le concept, Vincent Morel et Baptiste Jeanbourquin souhaitent impliquer un maximum de monde dans leur projet de redynamisation du Centre Saint-Pierre en lançant prochainement sur les réseaux

sociaux des pages où chacun pourrait venir partager ses souvenirs, photos à l’appui, de ce centre commercial qui boosta en son temps l’attractivité du centre-ville bisontin. n J.-F.H.

Saône : rendre à César…

Petite mise au point par rapport à l'article paru dans le dernier numéro de La Presse Bisontine consacré aux prochaines municipales à Saône. Si Yoran Delarue (photo 1) avait bien été élu maire une première fois en 2014, il a été réélu en 2020 comme conseiller municipal, mais pas Le fauteuil de maire est occupé depuis juin 2020 par Benoît Vuillemin et ce, jusqu'en mars municipal, M. Delarue avait dû démissionner pour raison de santé. Il va tenter un come-back en 2026 et aura face à lui notamment la liste portée par l'actuel premier adjoint Lylian Calvat. Musique L’association Arts en Synergie organise un grand concert “piano et peinture” au Kursaal de Besançon le mardi 3 février à 20 heures sur le thème Chopin et Scriabine avec Aglaya Zinchenko et Jean-Luc Gantner. Les tableaux seront projetés en vidéo sur un écran durant le concert. En parallèle, une exposition des peintures de Jean-Luc Gantner se tient à la galerie d’Art Contemporain Bertrand Hassoun, 18, rue de la Bibliothèque à Besançon jusqu’au 14 février. Plus d’infos auprès d’Aimé Ardiet au 06 79 09 98 60. comme maire évidemment. prochain. Quelques semaines après son élection au conseil

Grandeur, décadence… et renaissance ?

Aujourd’hui, la galerie commerciale est toujours dans son jus, prête à être relancée.

C’ est à l’architecte bisontin Michel Demenge que l’on doit ce centre d’activités voulu par le promoteur de l’époque Jean Michel (qui présidera plus tard la chambre de commerce). Le Centre Saint-Pierre comprenait deux niveaux de commerces (rez de-chaussée et R + 1), des bureaux, et une trentaine de loge ments toujours occupés. Le Centre Saint-Pierre, construit à l’emplacement d’une ancienne caserne militaire, a ouvert ses portes en septembre 1977 après deux ans de travaux. L’architecte Michel Demenge s’était fait connaî tre quelques années plus tôt, en 1969, quand il avait conçu le bâti ment de l’office de tourisme à l’en trée du Parc Micaud. Cet élève

des beaux-arts de Besançon puis de Paris où il eut notamment comme enseignant le sculpteur Paul Belmondo a également signé à Besançon l’extension de la pré fecture en 1982, le Théâtre de Planoise un an plus tôt. L’architecte bisontin qui a également suivi un stage auprès du grand Le Corbu sier durant ses études est égale ment le père de l’aménagement de la place Pasteur en 1975. Après une décennie de folie com merciale dans les années quatre vingt, le Centre Saint-Pierre a len tement décliné. Avant l’implantation imminente de l’épicerie Origine, il ne reste que deux commerces : le coiffeur Ze Bigoudy, et l’épicerie orientale L’Istanbul. L’heure du renouveau a sonné. n

Le Centre a été inauguré en 1977. Au centre (avec la canne), le maire sortant de l’époque Jean Min joz et à sa droite, son successeur Robert Schwint. La galerie marchande du Centre Saint-Pierre dans les grandes années.

Les créateurs de l’épicerie Origine en appellent aux souvenirs des Bisontins et ont créé la page Facebook “Centre Saint-Pierre de Besançon Mémoires et Partages”.

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6 L’interview du mois

Janvier 2026

POLITIQUE

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard

“Mon seul sujet en ce moment, c’est de sauver l’élevage français”

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard est sous pression. La Mortuacienne doit affronter plusieurs crises actuellement et tente de répondre à la colère des agriculteurs français, à un peu plus d’un mois du salon international de l’Agriculture. Elle nous a accordé une interview dans son fief de Morteau.

ration du monde entier, la France a un élevage exceptionnel. C’est ce patrimoine-là que nous tentons de protéger actuellement. Le cas de Pouilley-Français a été le déclencheur de la crise. Dans ce dossier et dans d’autres, peut-on affirmer que l’origine de la maladie est liée à des transports clandestins de bovins ? A.G. : Le cas de Pouilley-Français a surtout déclenché une crise médiatique alors que jusque-là on gérait la maladie avec une effi cacité discrète, même si des réti cences existaient déjà quand on décidait d’abattre un troupeau et c’est tout à fait légitime. À partir du moment où des repré sentants nationaux sont venus à Pouilley-Français, les choses se sont compliquées. Par ailleurs, les transports non déclarés d’ani maux peuvent bien sûr contribuer à diffuser la maladie. Vous êtes beaucoup attaquée sur cette question, les réseaux sociaux se déchaî nent. Comment encaissez-vous ces réactions ? A.G. : J’essaie de me préserver de toutes les horreurs qu’on peut lire sur les réseaux sociaux. Des messages publiés souvent par des personnes qui n’ont rien à voir avec l’agriculture. Mon seul sujet en ce moment, c’est de contribuer à sauver l’élevage français. Il faut être solide et ne jamais oublier la cause pour laquelle on se bat : l’agriculture est un des piliers de notre nation. Elle est menacée, il faut la défendre. C’est ma seule boussole, et je ne me déroberai jamais. Avec cette crise de la D.N.C., certains vous accusent une fois de plus d’ac cointance avec la F.N.S.E.A. qui approuve

et l’Italie ont appliqué avant nous ce protocole pour éradiquer avec succès la maladie. En comparai son, l’Albanie avait mis trois ans pour se débarrasser de la maladie parce que ce pays avait opté pour un abattage partiel des troupeaux. Résultat : 7 500 foyers avaient fait leur apparition dans les Bal kans. En France, on a abattu 0,02 % du cheptel. Je précise qu’il y a eu plus d’abattages pour la tuberculose bovine que pour la D.N.C. Une vaccination intégrale des bovins en France est-elle à l’étude ? A.G. : Le seul chemin d’espoir pour éradiquer la maladie, c’est en effet la vaccination. Mais elle prend du temps. Et un animal vacciné peut aussi tomber malade avant d’être immunisé. Toutes ces rai sons m’ont poussée à confier au C.I.R.A.D., l’organisme de recherche spécialiste de cette maladie, une étude qui doit déter

Q uelles sont les conséquences attendues ou redoutées de la D.N.C. sur les exportations de bovins en France ? Annie Genevard : Ma préoccupation première est de préserver l’élevage bovin français de cette terrible maladie. La France est un magni fique pays d’élevage, riche de ses 16 millions de bovins, d’une extra ordinaire qualité et variété. Les conséquences peuvent être consi dérables. Pour l’agriculture fran çaise, les exportations liées aux bovins (animaux vifs, viande ou produits laitiers) représentent une manne de près de 5 milliards d’euros pour l’économie française et c’est évidemment en premier lieu du revenu pour nos agricul teurs. C’est la raison pour laquelle tous les pays européens et au delà regardent avec une grande attention la façon dont la France gère cette maladie qu’est la der matose nodulaire contagieuse (D.N.C.). Les moindres failles dans l’éradication de cette maladie se traduiront directement sur les marchés à l’export et entraîne raient inéluctablement une chute des prix. C’est déjà le cas avec l’Espagne ou le Maroc qui ont stoppé provisoirement leurs importations. Si les marchés se ferment, la France ne pourra pas absorber seule les surplus et ce serait une perte de revenus consi dérable pour nos éleveurs. C’est

un risque qu’on ne peut pas cou rir. La maladie est-elle maîtrisée ? A.G. : Dans les Savoies, le Rhône, l’Ain, la dermatose a été éradi quée. Dans le Doubs et le Jura, la zone réglementée sera bientôt levée. À l’exception de l’Occitanie en ce début du mois de janvier, la France sera donc indemne de la maladie. Et nous la vaincrons également en Occitanie. D’où la position du gouvernement sur l’abattage systématique des bovins ? Est-ce que cette mesure pourra-t-elle être modifiée en fonction des résultats de l’étude que vous avez confiée au C.I.R.A.D. (Centre de coopération internationale en recherche agro nomique pour le développement) ? A.G. : L’abattage d’un troupeau est une terrible épreuve, dont les anciens qui ont connu cela par le passé (fièvre aphteuse, vache folle…) parlent encore avec émo tion. Cela me touche évidemment énormément. Mais le protocole qui avait été validé à la quasi unanimité du Parlement de l’éle vage, instance qui réunit tous les acteurs, est hélas le seul qui vaille pour le moment car cette maladie est très contagieuse et elle est mortelle pour au moins 10 % du cheptel. Et cette maladie peut être asymptomatique et même indétectable aux tests ! L’Espagne

miner comment la gestion de la maladie peut évoluer quand l’immunité collective est atteinte. La ques tion de la vaccination intégrale est légi time. Cependant, on sait qu’elle rencon trerait aussi des obs tacles car chez les éleveurs aussi il y a des antivax. Et si on prenait cette déci sion, cela signifierait qu’on maintient la France sous cloche pendant une période très longue. Avec 16 millions de bovins, et une qualité géné tique qui fait l’admi

“Il reste environ 6 semaines avant le salon, c’est à notre portée.”

bêtes, mais beaucoup moins que d’habitude. Concernant le Mercosur dont la signature avait juste été repoussée de quelques semaines, que pouviez-vous attendre de plus en faveur des pays européens ? A.G. : On a déjà montré que la France était capable de convaincre d’autres pays : l’Irlande, la Pologne, l’Italie, la Belgique, etc., que ce Mercosur est un accord d’un autre âge, qui expose terri blement nos filières (volailles, bœuf, sucre, éthanol, miel…). Depuis le début, je n’abandonne pas, je me bats contre cet accord. L’agriculture n’est pas une varia ble d’ajustement, ça ne peut pas être volailles contre voitures. Néanmoins, rien n’aurait pu empêcher sa signature, pas même votre détermi nation ? A.G. : Dans ce contexte et pour montrer toute notre détermina tion, je viens de prendre plusieurs initiatives. La première est d’in terdire les denrées importées qui comportent des traitements inter dits dans l’Union européenne. C’est une façon de dire que pour lutter contre une concurrence déloyale, on décide d’interdire l’importation de certaines denrées. C’est une manière aussi de faire prendre conscience aux Français que le patriotisme agricole est nécessaire. Deuxième décision prise en ce début d’année : on ren forcera de manière forte les contrôles douaniers des produits agricoles qui entrent sur notre territoire. Sur cette question de Mercosur, je dis au monde agricole que sa demande d’équité et de

vos méthodes. Une fois pour toutes, pouvez-vous démontrer le contraire ? A.G. : Il n’y a pas un seul ministre de l’Agriculture qui ait échappé à cette mise en cause. Je le répète une nouvelle fois : je travaille avec tous les syndicats, sans exception, et jamais le dialogue n’a été rompu avec aucun. Ce sont des corps intermédiaires qui ont tous intérêt à travailler avec le gouvernement dans la franchise et le respect mutuel. Ils sont libres, et moi aussi. Je ne suis inféodée à personne, malgré la petite musique qu’essaient de faire entendre certains syndicats. Cette lecture politique n’est pas à la hauteur des enjeux de notre agri culture. De mon côté, je défends un modèle agricole qui ne tourne pas le dos à la production, qui veut travailler à la souveraineté alimentaire de la France, un modèle équilibré entre le respect de l’environnement et de la pro duction. Je défends l’idée que notre agriculture doit être diverse. Il n’y a pas un seul modèle d’agri culture, mais une multitude, y compris bien sûr l’agriculture paysanne de petites exploitations et les circuits courts, qui ont toute leur raison d’être mais qui ne suf fisent pas à nourrir la France. Comment pouvez-vous vous projeter sur le prochain salon de l’Agriculture, et peut-on imaginer un S.I.A. sans bovins ? A.G. : Il reste environ 6 semaines avant le salon, c’était peut-être à notre portée. D’ici là on, aura vacciné près de 2 millions d’ani maux. Les filières emmèneront sans doute quand même quelques

Protection Depuis le cas de Pouilley-Français

vaste débat continue à diviser le monde agricole. “En France, cela représente 16 millions de bovins. C’est un chantier colossal qui serait à la charge des exploitants situés hors des deux zones. À savoir aussi que sur une zone vaccinée, il faudra attendre 14 mois à partir du dépeuple ment du dernier foyer identifié pour pouvoir exporter. Il y a aussi de gros enjeux économiques” commente Lionel Malfroy, le président du Grou pement de Défense Sanitaire du Doubs.Si un foyer est détecté, le dépeuplement de tous les animaux présents dans ce foyer est obligatoire. “Cette solution a été adoptée en Savoie et aujourd’hui ils n’ont pas de souci avec la D.N.C. On sait qu’il y a débat sur ces mesures. Nous, à la chambre d’agriculture, on fait confiance aux scientifiques qui ont défini ce protocole. L’objectif, c’est de protéger les jeunes installés, les filières franc-comtoises. Je regrette qu’à Pouilley-Français il y ait eu une volonté manifeste d’instrumentaliser notre agriculture, surtout par des responsables venus d’ailleurs”, estime pour sa part Philippe Monnet, le président de la Chambre d’agriculture 25-90. n

D epuis le cas avéré de Pouilley-Français, les zones qui avaient déjà été mises en place fin octobre lors du premier déclen chement du protocole autour des foyers D.N.C. à Écleux (Jura) avaient été élargies à d’autres communes du Doubs. Le 31 décembre, le préfet du Doubs a assoupli les mesures. “La zone réglementée instaurée le 29 novembre à la suite de la détection d’un cas de D.N.C. sur la com mune de Pouilley-Français est modifiée. L’an cienne zone de protection devient zone de sur veillance, compte tenu de l’écoulement d’un délai de 28 jours après la désinfection préliminaire du dernier élevage infecté, sans détection d’autre foyer” précise ainsi la préfecture du Doubs. Cette nouvelle zone de surveillance comprend le territoire des communes précédemment concernées par la zone de protection (zone de 20 km autour du foyer) ainsi que la zone de surveillance préexistante (zone de 50 km autour du foyer).

Ce changement de catégorie de zone permet un allègement des conditions de déplacement des bovins détenus jusqu’alors en zone de pro tection. “La levée de la zone de protection démontre l’efficacité de la stratégie de lutte contre la D.N.C. mise en place et confirme que son application rigoureuse, avec le concours des éleveurs, vétérinaires, groupements de défense sanitaire et agents de l’État, permet d’éradiquer l’épizootie sur les territoires touchés” ajoute la préfecture. La prochaine étape devrait être la levée de la zone réglementée (ZS4) qui était prévue le 17 janvier si aucun nouveau foyer n’était déclaré dans la zone ou à proximité et si le niveau de vaccination atteint les objectifs fixés (75 % des bovins vaccinés et 95 % des élevages protégés). Cette ZS4 deviendra alors une zone vaccinale avec des règles de mouvement assouplies. Alors faut-il ou pas généraliser la vaccination à l’ensemble du cheptel bovin français ? Ce

L’interview du mois 7

Janvier 2026

justice est légitime et entendue, et que quelle que soit l’issue du Mercosur, les décisions de la France seront très regar dées. Le dossier est loin d’être terminé. Car même si le traité est signé au Conseil européen, il devra être voté, puis ratifié par le Parlement européen. On n’est donc pas au bout du chemin. Autre combat à mener : la prochaine P.A.C. Que pouvez-vous annoncer sur ce point ? A.G. : J’annonce au sujet de la P.A.C. qu’il ne manquera pas un centime de la par ticipation de la France à la future P.A.C. Le gouvernement prend l’engagement

songé à démissionner ? A.G. : Pas un seul moment je me suis dit que j’allais lâcher l’affaire. Pourtant, de l’avis même de mes prédécesseurs à ce ministère, il n’y a jamais eu autant de crises simultanées à gérer. Vous avez choisi de rester au gouvernement malgré les consignes de votre parti L.R. dont vous être suspendue. Pourquoi avoir fait ce choix ? A.G. : Je suis toujours membre des L.R., je ne peux juste plus m’exprimer natio nalement au nom du parti pour l’instant. Une chose est sûre : je n’irai pas ailleurs dans un autre parti que L.R. Je prends cet épisode avec beaucoup de philosophie, moi qui connais ce parti depuis si long temps. Ce que m’importe, c’est la fidélité à mes idées, à mes valeurs, celles du tra vail, de l’ordre, de la défense du mérite et des territoires… Au moment de faire un choix, je me suis demandé où je serais le plus utile : dans mon parti, ou après des agriculteurs ? J’ai choisi ma mission auprès des agriculteurs. Certains ont fait d’autres choix, quitte à un peu abîmer leur image. Personnellement, je crois à la morale de l’action. Quelle est votre position pour 2027 ? A.G. : L’important est que ma famille poli tique soit représentée dans cette élection. Il faut laisser passer les municipales. La question qui reste entière est de savoir qui de notre famille politique pourra le mieux incarner cette candi dature. Le départage sera sans doute difficile… n Propos recueillis par J.-F.H.

qu’il y aura au mini mum 65 milliards d’eu ros pour la politique agricole. N’avez-vous pas eu le sen timent d’être un peu dépos sédée de certains dossiers et que c’est le Premier minis tre qui a repris la main ? A.G. : Un Premier minis tre qui ne prend pas en main avec sa ministre une crise à dimension nationale, ça n’existe pas, c’est dans la logique des choses, et je reste évidemment impliquée totalement à ses côtés. Face à de telles crises, et aux réactions de certains syndicats ou agriculteurs à votre encontre, avez-vous

“Faire prendre conscience aux Français que le patriotisme agricole est nécessaire.”

Annie Genevard est revenue dans ses terres mortuaciennes l’espace de quelques jours au moment des fêtes.

8 L’ÉVÉNEMENT

Janvier 2026

LA NATALITÉ EN CHUTE LIBRE

La natalité est en berne dans la région. Même si le Haut-Doubs est encore un peu épargné par rapport au reste de la région, les chiffres ne devraient pas repartir à la hausse pour autant. Et pour la première fois, le Doubs a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances.

l Démographie Les chiffres des maternités On fait de moins en moins de bébés dans le Doubs La natalité est en berne dans la région. Si le Haut-Doubs est encore un peu épargné par rapport au reste du département, les chiffres ne devraient pas repartir à la hausse pour autant.

N otre région Bourgogne Franche-Comté est la seule de France à perdre des habi tants selon les dernières sta tistiques démographiques de l’I.N.S.E.E. Bourgogne-Franche-Comté. Et ici, contrairement à la moyenne française où le nombre de décès a dépassé celui des naissances l’an dernier, c’est le cas déjà depuis 2015 dans notre région où le solde naturel (la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) se creuse depuis dix ans. Dans cette évolution morose, le dépar tement du Doubs continue bon an mal an à tirer son épingle du jeu. “Le croi sement des courbes entre les naissances et les décès s’est réalisé seulement en 2024 dans le Doubs” observe Charles Pilarski, chef du service Études et dif fusion de l’I.N.S.E.E. Bourgogne-Franche Comté. En 2023, on a enregistré autant de naissances que de décès dans le Doubs (5 116 précisément) et en 2024, la courbe des décès (5 142) est passée au-dessus

de celle des naissances (4 976) pour la première fois. “Le Doubs était le dernier des huit départements de B.F.C. qui avait encore un solde naturel positif. L’an pro chain, tous auront un solde naturel négatif dans la région.” À l’échelle de la région, 22 500 bébés seulement sont nés en 2024 en Bourgogne-Franche-Comté, c’est un

une assez forte croissance démogra phique, de l’ordre de 0,5 à 1 % par an. “Le Haut-Doubs reste une exception, avec un solde naturel et un solde migratoire positifs. Et plus on se rapproche de la frontière, plus les communes ont un solde naturel positif” ajoute M. Pilarski. La capitale du Haut-Doubs, Pontarlier, gagne 0,8 % de population par an (dont 0,5 % dû au solde naturel), ce qui a permis à la ville de retrouver une croissance démo graphique, passée de 17 197 habitants en 2017 à 18 067 habitants en 2023. La deuxième zone est Besançon et son agglomération, avec là aussi, une crois sance démographique assez soutenue (+ 0,3 à + 0,4 % par an), avec quelques disparités cependant selon les secteurs de la périphérie. Certaines communes de l’Ouest et du Nord bisontin affichent une belle santé démographique, comme Saint-Vit (+ 0,9 % par an), Miserey (+ 1 %), Pouilley-les-Vignes (+ 2 %), Pirey (+ 0,7 %) tandis que le mouvement est moins favorable au Sud et à l’Est de la

niveau historiquement bas, et “l’une des plus fortes baisses de France métropolitaine.” C’est le plus faible nombre de naissances enregistrées dans la région depuis cin quante ans. Si on prend la loupe et on analyse la situation à l’intérieur même du département, trois zones se distinguent. La bande frontalière d’abord, entre Pontarlier et Valdahon en passant par Morteau continue à enregistrer

“Un mouvement de fond est enclenché. Pour combien de temps ?”

préfecture du Doubs. Marchaux affiche ainsi un - 0,2 % par an, Saône - 0,9 %, Thise - 0,3 %, Novillars - 2 %. La troisième zone est le secteur de Mont béliard qui poursuit sa déprise démo graphique. La Cité des Princes a perdu par exemple à elle seule 700 habitants en moins de six ans. Mais dans le Doubs comme ailleurs dans notre région, et en France, le pic des naissances se situait en 2010 et depuis, les courbes des naissances n’ont fait que baisser. Une des conséquences de cette

baisse régulière des naissances depuis une quinzaine d’années, c’est que les effectifs scolaires ne feront que diminuer dès ces prochaines années. En 15 ans, on a enregistré une baisse de 25 % des naissances dans notre département, et entre - 30 et - 35 % dans le reste de la région Bourgogne-Franche-Comté. Pourquoi fait-on moins d’enfants depuis une quinzaine d’années ? À cela plusieurs facteurs selon les statisticiens de l’I.N.S.E.E. D’abord une question logique : le nombre d’enfants dépend d’abord du

L’événement 9

Janvier 2026

l Maternités C.H.U. de Besançon et C.H.I.H.C. Une coopération fertile entre les maternités Depuis le mois de septembre, une F.M.I.H. (Fédération médicale inter-hospita lière) est mise en place entre les services de gynécologie-obstétrique du C.H.U. de Besançon et le C.H.I.H.C. de Pontarlier. L’objectif est de pérenniser l’activité de la maternité du Haut-Doubs, prépondérante dans le maillage territorial.

3 000 accouchements au C.H.U. Près de 3 000 accouchements ont eu lieu au C.H.U. de Besançon en 2025. Un nombre qui augmente, alors même que la natalité baisse en France. Soit une centaine de naissances en plus par rapport à l’année dernière. “On avait plutôt chuté l’année dernière, on en regagne cette année pour être comme il y a deux ans, observe le Professeur Nicolas Mottet, chef de service gynécologie-obstétrique. On s’est stabilisé au fur et à mesure des années. Ce qui change, c’est le rapport des patientes à la mater nité qu’elles choisissent. Elles font le choix d’avoir un plateau tech nique plutôt qu’une maternité de type 1.” D’autant plus que le profil de patientes évolue. De grossesses plus tardives, des comorbidités comme l’obésité ou de la tension. “Il y a une augmentation des gros sesses à risque”, relève le Pr Mot tet. Par ailleurs, le Centre de P.M.A. du C.H.U. voit son activité exploser avec notamment des prises en charge pour la préservation de la fertilité (comme la congélation des ovocytes) qui augmentent. De plus, la prise en charge obsté tricale pour la cancérologie et l’en dométriose pèse aussi dans le choix de la maternité du C.H.U. n

L’ on pourrait dire que la coopération entre le C.H.U. et le C.H.I.H.C. est fertile et a déjà pro

duit deux bébés. Le premier est la direction commune entre les deux établissements, assurée par Thierry Gamond-Rius. Le second

est la coopération réussie entre les deux maternités. Près de 4 mois après le début officiel de la F.M.I.H. (Fédération médicale

La maternité du C.H.U. ne compte plus que des chambres individuelles pour les patientes.

Le Professeur Nicolas Mottet, chef de service de gynécologie-obstétrique à Besançon et Pontarlier, et Anne Baseggio, cadre sage-femme.

L’évolution du nombre de naissances dans les maternités Année Total des Masculin Féminin naissances LES NAISSANCES À PONTARLIER 2015 1204 640 564 2016 1173 626 547 2017 1176 621 555 2018 1204 609 595 2019 1169 600 569 2020 1155 593 562 2021 1203 607 596 2022 1098 562 536 2023 1033 541 492 2024 1054 568 486 2025 984 482 502 LES NAISSANCES À BESANÇON 2015 4449 2269 2180 2016 4353 2209 2144 2017 4217 2187 2030 2018 4194 2142 2052 2019 3900 2055 1845 2020 3835 1983 1852 2021 3849 1926 1923 2022 3768 1948 1820 2023 3523 1807 1716 2024 3427 1822 1605 2025 3445 1787 1658 * Source : états civils Besançon et de Pontarlier

inter-hospitalière) en gynécolo gie-obstétrique, la coopération fonctionne. C’est ce que constate le Professeur Nicolas Mottet, chef de service de gynécologie-obsté trique au C.H.U. qui a repris la chefferie à Pontarlier. “Nous sommes 5 praticiens à aller régu lièrement à Pontarlier. Cela a per mis de maintenir la permanence des soins et le plateau d’accou chement sur le Haut-Doubs.” Avec près de 1 000 accouchements en 2025, la maternité de Pontar lier joue un rôle essentiel dans le maillage territorial. Maternité de type 2, elle peut accueillir des nouveau-nés prématurés (34 semaines de grossesse). “Si on s’investit à Pontarlier, c’est qu’on y croit. On ne peut pas se permettre de voir disparaître Pontarlier. Des patientes qui y viennent sont vite à 2 heures de route de Besançon” , souligne le P r Mottet. Concrètement, cette F.M.I.H. tra vaille à développer d’autres acti vités à Pontarlier pour que la maternité reste attractive, à relancer la chirurgie, à orienter les patientes vers le Haut-Doubs plutôt que Besançon… “Le plus gros travail est d’arriver à recréer une dynamique d’équipe et un gros projet médical. Il faut aussi arriver à retravailler sur la qualité des prises en charge et des bonnes pratiques habituelles pour le per

sonnel”, po ursuit le chef de ser vice. Grâce aux postes partagés au sein de cette F.M.I.H, Pontar lier compte un praticien et demi, permettant d’assurer un planning de garde. L’équipe de sages femmes et de pédiatrie reste, quant à elle, solide. Pour Thierry Gamond-Rius, direc teur des deux établissements, “les actions du Professeur Mottet sont conçues comme un atelier de ce qu’on pourrait faire comme coopération liée à la direction commune. La

Depuis l’année dernière, dans le

F.M.I.H. est quali tative à long terme, et c’est ce qu’on essaie de construire sur toutes les dis ciplines dans une logique de complé mentarité et pas de concurrence. C’est un dispositif qui doit permettre d’as surer l’avenir de l’hôpital de Pontar lier sur le long terme.” Dans la cité du Haut-Doubs, l’orthopédie et la chirurgie viscérale sont les prochaines disciplines à voir s’installer une F.M.I.H. n L.P.

Recréer une dynamique d’équipe.

Doubs, on enregistre moins de naissances que de décès.

nombre de femmes en âge de pro créer, l’effet est donc mécanique avec 5 % de femmes en moins qui sont en âge de procréer dans le Doubs depuis 2010. La baisse de la fécondité est un autre facteur explicatif de la baisse du nombre de naissances. En 2010, les femmes du Doubs affichaient un taux moyen de 2,09 enfants. Ce taux est tombé à 1,53 enfant par femme en 2024. Des facteurs sociologiques entrent aussi en ligne de compte

dans ce recul de la natalité : une mise en couple de plus en plus tar dive, des durées d’union qui ont tendance à se raccourcir, une aug mentation de l’infertilité, une cer taine prise de conscience écologique de certains couples, une peur de l’avenir ou un manque d’argent… “Tous ces éléments font qu’un mou vement de fond est enclenché. À avoir combien de temps il va durer” interroge Charles Pilarski. n J.-F.H.

10 L’événement

Janvier 2026

l Sage-femme Installée dans le Haut-Doubs “On peut compter sur la maternité quand on en a besoin” Si l’on fait toujours plus d’enfants dans le Haut-Doubs qu’ailleurs dans le département, ce territoire jeune est aussi confronté à des problématiques qui n’encouragent pas la natalité. Entretien avec Audrey Guidat, sage-femme à Mouthe.

l Besançon

Polyclinique de Franche-Comté

Un centre de la femme en 2026 Avec 694 accouchements en 2025, un nombre qui diminue d’année en année, la Polycli nique de Franche-Comté fait le choix d’ouvrir en 2026 un centre de la femme. Il réunira tout un panel de services, autour de la femme, de l’adolescence à la ménopause. Docteur Margot Jamay, Aline Olivier et Estelle Gras-Laplante, dans une salle d’accouchement de la P.F.C.

E n deux ans, la Polyclinique de Franche-Comté a perdu 134 accouchements. 694 accouche ments ont eu lieu en 2025, un nombre qui ne cesse de diminuer. Dès 2011, la P.F.C. accusait une perte de vitesse. Mais la rétrogradation en 2022 par l’A.R.S. de l’établissement en mater nité de type 1 (soit plus de service de néonatalogie) a joué un rôle prépon dérant. Certaines patientes préférant être suivies directement par le C.H.U. pour parer tout problème. “Pourtant, nous avons systématiquement trois médecins de garde (gynéoclogque-obs tétricien, pédiatre et anesthésiste), ce qui assure une sécurité pour les patientes comme pour le personnel” , avance Aline Olivier, sage-femme coordinatrice dans la maternité.

de jour pour la maternité post-nataux pour la prévention de la dépression post-partum, l’infertilité et l’endomé triose, la chirurgie du cancer du sein et de l’ovaire, le cabinet de gynécologie avec un médecin spécialiste de l’endo métriose, et enfin un centre de santé. Ce dernier assurera entre autres des consultations pour la jeune fille, des cours de préparation à l’accouchement, des entretiens pré et post-nataux, des consultations de pédiatrie et avec un psychologue. Ces dernières ont aussi pour but d’améliorer l’accompagnement de femmes ayant subi une interruption spontanée de grossesse. Le centre de santé devrait se déployer au premier trimestre 2026 et s’instal lera à côté du centre de P.M.A. n L.P.

Un poste de sage-femme Materniteam s’est créé, occupé par Estelle Gras Laplante. Elle reçoit entre autres toutes les patientes au 4 ème mois de grossesse pour banaliser le parcours de soins et accompagner le projet de naissance. Elle coordonne tous les ateliers mis en place : allaitement, massage de bébé, prise de parole entre papas, etc. Face à la baisse d’accouchements, et de la natalité en général, Elsan, le groupe propriétaire de la P.F.C., déve loppe dans ses maternités, un centre de la Femme. Celui de la P.F.C. ouvrira en 2026. Il vise à répondre aux demandes de soins de l’adolescente à la femme ménopausée. Dans ce centre de la Femme se trouveront donc la maternité actuelle, le centre de Pro création médicale assistée, des hôpitaux

“On observe par exemple plus de dépressions post-partum” constate Audrey Guidat, sage-femme et sexologue installée dans le Haut-Doubs depuis dix ans.

l Pontarlier Service état civil Une baisse de 24 % du nombre de naissances à Pontarlier en 10 ans

Vous exercez à Mouthe depuis longtemps ? Audrey Guidat: Nous sommes venus dans le Haut-Doubs en 2013 avec mon mari. Le marché si l’on peut dire était très saturé dans la profession. J’ai fait quelques remplacements, travaillé au C.H.U. à Besançon pour, finalement me mettre à mon compte en 2015 en reprenant un cabinet exis tant à Mouthe. Comme j’étais la seule à exercer sur ce secteur, je travaillais beaucoup en intervenant 40 km à la ronde y compris dans le Jura sur le secteur de Nozeroy-Mignovillard. D’autres sages-femmes sont venues s’installer et je suis maintenant plus disponible pour me recentrer sur le bassin du Haut-Doubs. Le niveau d’activité reflète-t-il la dynamique démographique du Haut-Doubs ? A.G. : On est sur un secteur avec beau coup de jeunes. On a connu un pic d’activité pendant le Covid mais le rythme des naissances s’est stabilisé. Vous accompagnez les futures mamans à partir de quel stade ? A.G. : Tout au long de la grossesse jusqu’au stade post-natal avec un suivi personnalisé qui s’inscrit dans le dispositif “Prado”. On peut pour suivre l’accompagnement en lien avec la P.M.I. Au final, cela représente parfois jusqu’à 18 mois d’échange. Il y a forcément une relation qui se crée. Est-ce important d’avoir une maternité à proximité ? A.G. : C’est primordial. On a de super retours et une bonne connivence. On peut compter sur la maternité de Pon tarlier quand on en a besoin. On se rencontre de temps en temps pour échanger sur les nouveaux protocoles. Il y a du dialogue, de la complémen tarité. On ne sent pas seule.

Comment expliquer ce ralentissement des naissances après le Covid ? A.G. : Le Haut-Doubs n’échappe pas au contexte national. La croissance démographique du Haut-Doubs est liée à l’arrivée de jeunes couples. Les choses peuvent se compliquer à l’ar rivée d’un enfant. Les mamans se retrouvent loin des parents, de la famille et peuvent se sentir isolées quand le papa frontalier doit repartir au travail plus tôt qu’en France. S’ajoute à cela la difficulté de trouver une solution de garde d’enfant, le manque de médecins traitants. Vous constatez des situations critiques ? A.G. : Depuis quelques années, on observe par exemple plus de dépres sions post-partum. L’isolement et les soucis de garde favorisent sans doute ces pathologies. Le nombre de sages-femmes est réglementé sur un territoire ? A.G. : Tout à fait et comme la dotation se faisait à l’échelle d’un département, on trouvait beaucoup de sages-femmes sur Besançon. La réglementation a évolué avec un zonage plus fin, ce qui

Pour la première depuis 10 ans, le nombre de naissances enregistrées au service état civil de Pontarlier passe sous la barre des 1 000 en 2025. Le jeune Haut-Doubs n’échappe plus à la tendance de baisse de la natalité française.

service état civil est sensi blement le même que celui de la maternité sauf en cas d’accouchement à domicile. Ces chiffres montrent aussi qu’on vient parfois de très loin pour accoucher à Pon tarlier avec des parents domi ciliés jusqu’à Champagnole, Morez, Morbier. La fermeture de la maternité à Saint Claude en avril 2018 n’est sans doute pas étrangère au rayonnement géographique de l’hôpital de Pontarlier. Quelques bébés suisses figu

rent aussi dans le registre 2025. Sans oublier des accou chements inopinés, en transit ou en vacances dans la région. Inversement, l’état civil n’enregistre pas les nais sances d’enfants pontissa liens nés à l’extérieur de la commune. Dans le détail, on note qu’après plusieurs années de stagnation entre 1 100 et 1 300, le nombre de naissances n’a cessé de dimi nuer après 2021 pour attein dre le chiffre plancher de 984 au 29 décembre 2025. n

S i la cyberattaque dont a été victime l’hôpital de Pontarlier dans la nuit du 18 au 19 octobre a semble-t-il été fatale aux sta tistiques de la maternité, il reste quand même les chiffres de l’état civil. Ces données concernent l’enregistrement de toutes les naissances sur venues sur le territoire com munal. Les papas sont le plus souvent préposés à cette opé ration qui peut néanmoins être effectuée par toute per sonne ayant assisté à l’ac couchement. Seule obligation, l’enregistrement doit se faire dans les cinq jours auprès du service. Dans le cas contraire, il faut en faire la demande au tribunal. Plu sieurs pièces justificatives sont nécessaires pour pouvoir procéder à la déclaration de naissance : certificat d’accou chement, adresse, profession des parents, déclaration du choix du nom si c’est le pre mier enfant, livret de famille,

reconnaissance ou pas de l’enfant… Si un doute sur la légalité du prénom se pose, le service saisit alors le pro cureur en sachant que cette procédure n’est pratiquement jamais engagée à Pontarlier. Le nombre de naissances du

ÉVOLUTION DU NOMBRE DE NAISSANCES ENREGISTRÉES À PONTARLIER ENTRE 2013 ET 2025 (Source : service état civil, commune de Pontarlier).

a facilité l’arrivée de nou velles sages-femmes sur le secteur. La profession s’est décloison née ? A.G. : Oui et on a la chance d’avoir une bonne Com munauté Professionnelle Territoriale de Santé, ce qui permet de débloquer des situations, de trouver des solutions, d’orienter vers les bonnes structures. C’est une vraie plateforme d’échanges. n Propos recueillis par F.C

“On ne sent pas seule.”

12 Économie

Janvier 2026

GRAND BESANÇON Urbanisme Plus de 600 hectares deviennent non constructibles

Mi-décembre, le P.L.U.I. a été arrêté en conseil communautaire. 607 hectares constructibles ont été déclassés pour devenir des terrains agricoles, faisant grincer les dents de certaines com munes. Pourquoi ? Qu’est-ce qu'un P.L.U.I. ? On vous explique.

S i d’emblée le Plan local d’urba nisme intercommunal (P.L.U.I.) peut apparaître comme un docu ment abscons, il fixe pourtant le développement de l’agglomération pour les 15 prochaines années. Grosso modo, ce document d’urbanisme - le premier pour G.B.M. - doit permettre de faire appliquer des mêmes règles urbanis tiques pour les 67 communes. Il vise à trouver un équilibre entre le développe ment du territoire et la préservation des espaces naturels. De lui dépendent le logement, les activités économiques, les mobilités, l’environnement… Lancé en 2020, le P.L.U.I. a dû intégrer un an plus tard la loi Climat et résilience et notamment le zéro artificialisation nette. “On a dû continuer à faire sans aller sur des terrains agricoles” , résume Aurélien Laroppe, vice-président en charge de l’urbanisme qui n’a pas ménagé ses efforts pendant les six ans qu’aura nécessités l’élaboration du document.

Le P.L.U.I. soulève surtout un change ment de paradigme. Quand sur les 50 dernières années, la périurbanisation a été multipliée par 5 (quand la population a seulement doublé), il faut dorénavant penser densification. Les prochaines constructions se feront à 60 % en renou vellement (contre 10 % avant) et en exten sif à 40 % (contre 90 %).

En l’espèce, 607 hectares constructibles et 3 400 hec tares de zones naturelles ont été déclassés en zones agricoles. “Cela permet de sanctuariser les zones agri coles, on veut protéger les agriculteurs” , explique Aurélien Laroppe. À l’op posé, 58 hectares de zones agricoles ont été passés en zones à urbaniser (soit 0,001 % de la surface de l’agglo). À titre d’exemple, à La Chevillotte, tous les

Un manque de moyens soulevé.

hectares constructibles doivent être déclassés à cause du karst. Donc le P.L.U.I. prévoit le passage de certaines zones agricoles en zones constructibles, dans un système de vase communicant. Au total, G.B.M. compte 438 hectares constructibles avec le P.L.U.I. “À l’instant T, le P.L.U.I. peut paraître contraignant, mais dans dix ans, ce sera pour la protection des habitants” , relève Aurélien Laroppe. Ce dernier pointe

entre autres la gestion des risques natu rels. Le karst, en premier lieu, la pluie inondation et la marne en pente sont les principaux risques naturels sur G.B.M. “Sur la gestion des risques, ce n’est pas plus mal qu’il y ait un P.L.U.I. avec l’ex pertise des services d’urbanisme de l’ag glo” , argue Aurélien Laroppe. Le P.L.U.I. permet aussi une vision à long terme sur la question des déplacements, sur les eaux pluviales, les zones d’activités

Aurélien Laroppe, vice-président en charge de l’urbanisme.

HORLOGERIE

Les 70 ans de la marque

Kelton, la renaissance d’une icône horlogère ? À l’occasion de ses 70 ans, Kelton enrichit sa collection Héritage avec un nouveau modèle en édition limitée. L’occasion de remonter le temps, quand l’usine Kelton de Besançon employait près de 3 000 salariés.

Édith Chapelle-Petit, directrice générale de Kelton, et Vincent Bergerat, le creative et design director de la marque.

C ertains anciens Bisontins se souviennent peut-être encore quand, débarquant spécialement en hélicop tère, l’idole d’alors Sylvie Vartan était venu donner un concert spé cialement pour le personnel de l’usine Kelton, boulevard Kennedy

à Besançon. Celle qui était alors une des égéries de la marque était venue spécialement chanter pour le personnel. Ce jour de 1969, chaque invité se verra offrir une montre ainsi qu’un 45 tours dédi cacé de la chanteuse yé-yé… Cette anecdote montre combien la marque Kelton a fait partie de l’histoire horlogère bisontine. Kelton était indissociable de la marque américaine Timex dont elle est le pendant européen. Kel ton est le fruit de la rencontre entre le géant américain Timex et Stéphane Boullier, le dirigeant de la marque Vixa, qui équipait à l’époque les pilotes de l’armée de l’air française. Mettant à profit une de ses opérations commer ciales aux États-Unis, Stéphane Boullier rencontre les gérants de Timex et leur propose de déve lopper en Europe un marché simi laire à celui implanté sur le conti nent américain, qui déjà se distingue de ses concurrents par des prix abordables. Nous sommes en 1955, Kelton est née. “Kelton,

c’était un peu la Swatch avant la Swatch : des montres séduisantes et colorées, à des prix très acces sibles !” commente Édith Cha pelle-Petit, l’actuelle directrice de la marque. Les Américains de Timex y met tent les moyens et implantent un premier atelier d’assemblage de montres Kelton rue des Villas, à Besançon. La demande étant au rendez-vous, Kelton s’agrandit avec trois nouveaux bâtiments aménagés à Besançon, puis une usine construite sur le boulevard. Kelton se

“Dirty Dozen”, ces montres com mandées par l’armée britannique à douze manufactures suisses pendant la Seconde Guerre mon diale. La nouvelle directrice a un souhait : “Que Kelton soit mieux représentée au musée du Temps, qu’on reprenne notre place dans l’histoire locale, mais aussi dans l’actualité horlogère grâce à nos nouveaux modèles !” note M me Chapelle-Petit. L’objectif de la marque est de dou bler son nombre de points de vente en France. Localement, les nou veaux modèles Kelton sont vendus chez Utinam, Grande rue à Besan çon. “Nous comptons bien faire de Kelton à nouveau l’icône pop de l’horlogerie française” ajoute la directrice générale. n J.-F.H.

dre. Conjonction, alignement de pla nètes : la direction de Kelton embauche l’ancien directeur des ventes de la société Bic. Celui-ci met à profit ses circuits de dis tribution, ainsi les montres Kelton sont vendues dans les bureaux de tabac, maisons de la presse et papeteries. Succès immédiat : en 1962, les ventes annuelles attei gnent 136 000 montres, et jusqu’à 4 millions de montres vendues par an à son apogée en 1972. Au sommet de la marque, près de 3 000 personnes travaillent dans l’entreprise du boulevard Ken nedy. Les montres Kelton ont également été pionnières dans la communi cation. Avec son slogan chanté “Vous vous changez, changez de

Kelton !” , la publicité Kelton devient une saga nationale. Avant le drame : l’invention des mouvements de montres à quartz en 1969 par les Japonais de Seiko, qui portera un coup fatal non seu lement à Kelton, mais à la quasi intégralité de l’horlogerie fran çaise. C’est en 2016 que Kelton a amorcé son grand retour sur le marché français. Si la production des pièces d’horlogerie a changé de continent – les mouvements viennent de Chine comme pour la grande majorité des marques -, l’assemblage des montres conti nue à être réalisé en France (dans le Gers). Pour son 70 ème anniversaire, la marque sort de nouveaux modèles, comme la montre Héritage Croco 70 ans, où Kelton s’inspire des

Objectif de la marque : doubler son nombre de points de vente.

démarque de la concurrence en se déployant dans des points de ventes inhabituels. Jusqu’alors, les montres se ven daient en bijoute rie. Mais les prix des montres Kelton sont si attractifs que les bijoutiers refusent de les ven

Une des innombrables campagnes de publicité de la marque à l’époque.

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