La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026

Économie 35

Janvier 2026

SAINT-VIT Un talent prometteur Maude Vienet à l’école de l’excellence La Saint-Vitoise Maude Vienet, 24 ans, a décroché la première place du podium aux WolrdSkills 2025, catégorie maroquinerie. Une fierté pour la jeune femme passionnée par le travail du cuir.

Maude Vienet a décroché le Graal lors des WorldSkills 2025 qui se déroulaient à Marseille (photo Fédération Française de la Maroquinerie C.T.C.-O.P.C.O. 2i).

L a nouvelle génération des arti sans-maroquiniers, c’est en partie elle qui l’incarne. À 24 ans, la jeune fille habitant Saint-Vit a décroché une des récompenses les plus prestigieuses de l’artisanat français : la médaille d’or aux WorldSkills 2025 (le nouveau nom des Olympiades des métiers) qui se déroulaient cet automne à Marseille. La compétition réunissait la fine fleur nationale dans une soixan taine de métiers différents. Maude Vienet avait déjà remporté au printemps la finale régionale, c’est dés ormais sur la plus haute marche du podium national qu’elle est montée. “Au national, nous étions 10 qualifiés. J’ai fini première” résume la jeune fille. Elle est montée sur la première marche du podium à l’issue d’une épreuve par ticulièrement sélective. “Il y a d’abord une épreuve qui dure entre 30 minutes et deux heures où il s’agit de présenter un produit de maroquinerie spécifique. Puis une grosse épreuve de 16 heures pendant laquelle il faut monter un sac de A à Z, où tous les gestes sont scrutés de près. Tout se joue sur de petits

détails” décrit la lauréate qui est actuel lement en deuxième année de B.T.S. “Métiers de la mode, chaussure et maro quinerie” à l’I.F.A.C. de Montbéliard, en alternance entre son école et son entreprise à Avoudrey, l’entreprise M.D.A., où elle a fait tout son appren tissage, depuis le C.A.P., en passant par le F.M.A. (Fabricant maroquinerie d’art). Voilà donc quatre ans que Maude

Vienet s’épanouit au sein de cette entreprise implantée en 2020 à Avoudrey, qui emploie aujourd’hui près de 180 salariés. M.D.A. tra vaille aujourd’hui exclu sivement pour une des plus anciennes marques de maroquinerie du monde, la marque belge de haute maroquinerie Delvaux. Elle qui a commencé en tant qu’opératrice-mon teuse, Maude Vienet travaille aujourd’hui au bureau d’études de

M.D.A. en tant que prototypiste et met teuse en œuvre où elle perfectionne son savoir-faire sur des produits de haute maroquinerie. “Mon travail consiste à rendre réalisables en série les projets que nous envoie le bureau de style basé à Bruxelles” explique l’ar tisane. Elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. “À l’issue de mon B.T.S. que je dois valider en juin prochain, je souhaiterais poursuivre ma formation et me spécialiser dans des disciplines comme le garnissage.” Maude Vienet ne se prédestinait pour tant pas à ce début de carrière pro metteur dans l’industrie haut de gamme, elle qui avait entamé une licence de langues à Besançon et sou

haitait devenir professeure d’anglais. “C’était à l’époque du Covid, on est assez nombreux à avoir décroché à ce moment là. Et comme j’aimais bien la couture, je me suis lancée dans cette formation. Je ne le regrette pas” dit-elle, passionnée par le travail du cuir. “J’ai toujours aimé travailler de mes mains. Le cuir est une matière fascinante, complexe et vivante, que l’on apprend à compren dre et à respecter. Les savoir-faire tra ditionnels sont le cœur du métier, mais les innovations ne peuvent qu’élargir le champ des possibles. Je crois à la complémentarité entre gestes anciens et techniques modernes” note-t-elle. Acteur clé dans l’économie nationale, troisième secteur exportateur mondial

et l’un des piliers de la balance com merciale française, la maroquinerie française repose sur un maillage d’ate liers et de P.M.E. ancrées dans les ter ritoires, à l’image de M.D.A. à Avoudrey. À l’échelle de la région Bourgogne Franche-Comté, 19 entreprises et 30 établissements, représentent la maro quinerie, avec 3 400 salariés en 2024, contre 1 920 salariés il y a 10 ans. Un secteur en croissance constante. Si le secteur est porté par les grandes mai sons de luxe connues de tous, il com prend aussi les sous-traitants, un tissu très divers d’acteurs dont 70 % de P.M.E. Une vraie locomotive pour l’éco nomie française. n J.-F.H.

“Le cuir est une matière fascinante, complexe et vivante.”

Les 20 ans de Témis Innovation ont été célébrés en décembre dernier.

BESANÇON La technopole bisontine Témis Innovation, l’âge de la maturité La technopole Témis fête ses vingt ans. Retour en images sur une zone créée par Jean-Louis Fousseret dont on ne donnait pas cher à l’époque de son lancement…

Le bâtiment de la maison des microtechniques à l’architecture audacieuse signée du cabinet Lamboley a été inauguré en 2005 par les autorités de l’époque (photo G.B.M.).

T émis est née de la volonté de Robert Schwint, maire de Besan çon de l’époque et de Claude Oytana, le président de l’Univer sité de Franche-Comté. Tous deux vou laient faire de Besançon un centre névralgique des microtechniques. C’est Jean-Louis Fousseret qui concrétisera le projet de zone, portée sur les fonts baptismaux au début des années 2000, avant la création du bâtiment Témis Innovation en 2005. Les débuts ont été laborieux, les anciens champs agricoles de cette zone située aux Montboucons

paraissaient bien trop vastes par rapport au nombre de projets d’implantation d’entreprises. Puis la mayonnaise a pris et Témis est devenue un écosystème original où se côtoient laboratoires de recherche, start-up innovantes et entre prises de renommée internationale. Aujourd’hui, la zone Témis se déploie sur 176 000 m², 15 000 nouveaux m² sont en projet et il reste tout juste 6 hectares disponibles. 140 établisse ments y sont installés, employant au total 3 500 emplois. n J.-F.H.

Après un démarrage poussif

au début des années 2000

(photo G.B.M.), la zone Témis abrite aujourd’hui 3 500 emplois.

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