La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026
Économie 13
Janvier 2026
L a commune de Devecey n’a pas attendu l’arrivée d’un P.L.U.I. pour se pencher sur la densification. Ce bourg-centre de 1 400 habitants est ramassé sur 470 hectares. Peu de foncier et beaucoup d’espaces qui ne sont pas constructibles, le risque d’inondation étant trop importants. La commune porte donc une réflexion de renou vellement urbain, notamment avec l’urbanisation d’une de leurs dernières dents creuses. Sur un terrain privé, en face de l’école, un projet immobilier de 46 logements (42 logements collectifs et 4 maisons individuelles) ainsi qu’un bâtiment dédié aux activités de santé est en cours. Le permis de construire est en instruction. Sauf que les élus redoutent un avis négatif. “Sur ce projet, nous avons posé une O.A.P. appartenant au P.L.U.I., qui n’est pas encore voté, résume le maire Gérard Monnien. Or, ce projet n’est plus conforme à notre P.L.U. On craint que les services d’urbanisme de G.B.M. donne un avis défavorable parce qu’il n’est pas conforme au P.L.U.” La commune peut tout de même prendre la décision de délivrer le permis sur un P.L.U.I. qui n’existe pas encore. Mais elle court le risque d’un recours de tiers. Faut-il attendre l’approbation future du P.L.U.I. ? “Cette construction devient urgente. Il y a 20 ans, notre école avait 9 classes, aujourd’hui, il n’y en a plus que 4. Si on ne réagit pas, on n’aura plus d’école. Ramener de la population est une priorité, avertit le maire. On ne peut pas attendre 2028.” n À Devecey, l’intenable entre-deux de leur projet immobilier
Chemaudin-et-Vaux qui possédait beaucoup de foncier, notamment dans zones boisées, doit déclasser 92 %, passant de 108 hectares constructibles à 8 hectares. “Mais ça reste énorme, cela permet d’accueillir 400 habitants” , nuance Aurélien Laroppe. À l’inverse, Velesmes-Essarts n’a presque rien à déclasser, possédant peu de zones constructibles. Mamirolle, qui a voté contre le P.L.U.I. en conseil communautaire, déclasse à 49 %, pas sant de 27 hectares à 13,9. “Ils ne sont ni avantagés, ni lésés. La commune peut accueillir 700 habitants avec leurs 13,9 hectares constructibles” , poursuit l’élu. Pour le premier adjoint Cédric Lindecker, “on nous enlève l’opportunité de nous agrandir. On a du mal à se faire entendre pour préserver des zones constructibles. On n’a pas voté contre le P.L.U.I. mais contre une façon de faire. On n’est pas dans une opposition stérile, on va relancer la discussion. On a déjà obtenu beaucoup de choses mais il y a encore besoin d’éclaircir certaines choses : qu’on nous enlève moins de zones constructibles et qu’on nous laisse maître de nos décisions.” En plus de Mamirolle, quatre autres communes ont voté contre le P.L.U.I. : Miserey-Salines, Tallenay, Châ tillon-le-Duc, et Vaire. Le P.L.U.I. porte aussi 191 O.A.P. sectorielles (orientation d’aménagement et de program mation) qui comportent un canevas général commun à tous les sites et des orientations spécifiques site par site. “Les O.A.P. sont obli gatoires pour toutes nouvelles constructions d’ensemble. Avant, c’était laissé au bon vouloir des promoteurs” , explique Aurélien Laroppe. À Pugey, où il ne reste plus guère de zones constructibles, un projet de lotissement est en réflexion. “On se laisse le temps de réfléchir mais on veut un projet intelligent, avec aucun
vis-à-vis, un espace de stationnement en dehors du lotissement, un sens de circulation, etc.” , énumère le maire Frank Laidié qui prévient toutefois : ce sera le projet du prochain mandat s’il est réélu. Sur le mandat actuel, Pugey a planché sur un gros travail de densification du centre-village. Dans un corps de ferme laissé vide depuis plusieurs années et l’an cienne école (soit une surface au sol de plus 1 000 m 2 environ), trois grands appartements (1 F5 et 2 F4) destinés aux familles ont vu le jour, ainsi qu’une médiathèque (intercom munal avec Fontain), une salle associative, un espace café épicerie associatif (en suspens jusqu’aux élections) et des locaux profession nels. Ces derniers accueillent les deux ortho phonistes du village, ainsi qu’un nouveau médecin généraliste et une coiffeuse. Deux espaces restent libres, l’un verra probablement s’installer un autre personnel de santé, le second étant réservé pour un espace tiers lieu coworking. Enfin, sur les 200 m 2 de l’an cienne école, une micro-crèche s’est instal lée. La densification du village a donc apporté de nombreux nouveaux services et équipe ments. Le maire de Pugey est favorable au P.L.U.I. et espère bien que son conseil l’ap prouvera. Car pour que le P.L.U.I. soit effectif, il faut que chaque conseil municipal vote en faveur du document. Aurélien Laroppe sait que l’unanimité n’aura pas lieu. “Entre l’arrêt et l’approbation, on trouvera des solutions.” L'exécutif de G.B.M. espère un P.L.U.I. opé rationnel pour 2027. Si ce n’est pas le cas, le couperet tombera en 2028. À cette date, s’il n'existe pas de document d’urbanisme en vigueur, les communes ne pourront plus déli vrer des autorisations d’urbanisme. n L.P.
Pugey propose un exemple réussi de densification alors que la commune dispose de très peu de zones constructibles.
économiques, etc. Le déclassement des zones n’a pas été fait au hasard. Pour l’élaboration du document, chaque commune a été consultée sur leurs projets, leur territoire, etc. “Les chiffres éma nent d’un travail précis sur les communes, précise Aurélien Laroppe. Toutes les parcelles de plus de 1 000 m 2 ont été regardées pour savoir si on densifiait dessus ou pas.” Si toutes les communes enlèvent des hectares construc tibles, toutes ne le font pas à la même échelle.
La dent creuse en face de l’école va être urbanisée pour accueillir 46 logements.
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