La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026
8 L’ÉVÉNEMENT
Janvier 2026
LA NATALITÉ EN CHUTE LIBRE
La natalité est en berne dans la région. Même si le Haut-Doubs est encore un peu épargné par rapport au reste de la région, les chiffres ne devraient pas repartir à la hausse pour autant. Et pour la première fois, le Doubs a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances.
l Démographie Les chiffres des maternités On fait de moins en moins de bébés dans le Doubs La natalité est en berne dans la région. Si le Haut-Doubs est encore un peu épargné par rapport au reste du département, les chiffres ne devraient pas repartir à la hausse pour autant.
N otre région Bourgogne Franche-Comté est la seule de France à perdre des habi tants selon les dernières sta tistiques démographiques de l’I.N.S.E.E. Bourgogne-Franche-Comté. Et ici, contrairement à la moyenne française où le nombre de décès a dépassé celui des naissances l’an dernier, c’est le cas déjà depuis 2015 dans notre région où le solde naturel (la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès) se creuse depuis dix ans. Dans cette évolution morose, le dépar tement du Doubs continue bon an mal an à tirer son épingle du jeu. “Le croi sement des courbes entre les naissances et les décès s’est réalisé seulement en 2024 dans le Doubs” observe Charles Pilarski, chef du service Études et dif fusion de l’I.N.S.E.E. Bourgogne-Franche Comté. En 2023, on a enregistré autant de naissances que de décès dans le Doubs (5 116 précisément) et en 2024, la courbe des décès (5 142) est passée au-dessus
de celle des naissances (4 976) pour la première fois. “Le Doubs était le dernier des huit départements de B.F.C. qui avait encore un solde naturel positif. L’an pro chain, tous auront un solde naturel négatif dans la région.” À l’échelle de la région, 22 500 bébés seulement sont nés en 2024 en Bourgogne-Franche-Comté, c’est un
une assez forte croissance démogra phique, de l’ordre de 0,5 à 1 % par an. “Le Haut-Doubs reste une exception, avec un solde naturel et un solde migratoire positifs. Et plus on se rapproche de la frontière, plus les communes ont un solde naturel positif” ajoute M. Pilarski. La capitale du Haut-Doubs, Pontarlier, gagne 0,8 % de population par an (dont 0,5 % dû au solde naturel), ce qui a permis à la ville de retrouver une croissance démo graphique, passée de 17 197 habitants en 2017 à 18 067 habitants en 2023. La deuxième zone est Besançon et son agglomération, avec là aussi, une crois sance démographique assez soutenue (+ 0,3 à + 0,4 % par an), avec quelques disparités cependant selon les secteurs de la périphérie. Certaines communes de l’Ouest et du Nord bisontin affichent une belle santé démographique, comme Saint-Vit (+ 0,9 % par an), Miserey (+ 1 %), Pouilley-les-Vignes (+ 2 %), Pirey (+ 0,7 %) tandis que le mouvement est moins favorable au Sud et à l’Est de la
niveau historiquement bas, et “l’une des plus fortes baisses de France métropolitaine.” C’est le plus faible nombre de naissances enregistrées dans la région depuis cin quante ans. Si on prend la loupe et on analyse la situation à l’intérieur même du département, trois zones se distinguent. La bande frontalière d’abord, entre Pontarlier et Valdahon en passant par Morteau continue à enregistrer
“Un mouvement de fond est enclenché. Pour combien de temps ?”
préfecture du Doubs. Marchaux affiche ainsi un - 0,2 % par an, Saône - 0,9 %, Thise - 0,3 %, Novillars - 2 %. La troisième zone est le secteur de Mont béliard qui poursuit sa déprise démo graphique. La Cité des Princes a perdu par exemple à elle seule 700 habitants en moins de six ans. Mais dans le Doubs comme ailleurs dans notre région, et en France, le pic des naissances se situait en 2010 et depuis, les courbes des naissances n’ont fait que baisser. Une des conséquences de cette
baisse régulière des naissances depuis une quinzaine d’années, c’est que les effectifs scolaires ne feront que diminuer dès ces prochaines années. En 15 ans, on a enregistré une baisse de 25 % des naissances dans notre département, et entre - 30 et - 35 % dans le reste de la région Bourgogne-Franche-Comté. Pourquoi fait-on moins d’enfants depuis une quinzaine d’années ? À cela plusieurs facteurs selon les statisticiens de l’I.N.S.E.E. D’abord une question logique : le nombre d’enfants dépend d’abord du
Made with FlippingBook Online newsletter creator