La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026

30 Le Grand Besançon CENTRE HOSPITALIER DE NOVILLARS Psychiatrie adulte De nouveaux locaux mais pas de nouveaux soignants

Janvier 2026

chiatre. Par rapport aux besoins, on pourrait quasiment créer un autre sec teur psychiatrique.” Intervenant sur de nombreux troubles (anxieux, dépressifs, bipolaires, addic tifs, etc.), le C.M.P. compte une file active de plus de 1 000 patients, toutes filières confondues. Au total, les 3 C.M.P. (Besançon, Valdahon et Maîche) ont accueilli 2 317 personnes en 2024. Face à une demande en soins psychiques en augmentation, les délais de rendez vous et de prise en charge s’allongent. Pour une première évaluation par l’équipe d’infirmiers, il faut compter entre 1 et 2 mois. Par la suite, la prise en charge par un médecin peut prendre 6 mois, ou un an pour une prise en charge psychologique. Le C.M.P. compte 4 psychologues et 7 infirmiers. “Un créneau d’urgence par semaine est réservé au C.M.P. Jules-Verne (tous les quinze jours dans les C.M.P. ruraux) pour des patients en état dépressif sévère ou en crise suicidaire. Cela évite de les envoyer aux urgences psychiatriques” , relève le D r Grandperrin. Si l’équipe soignante travaille au quotidien pour éviter la rupture des soins, les visites à domicile par un binôme médecin infirmier deviennent de plus en plus difficiles. “On le perd un peu avec un

S’ils sont investis depuis le mois de septembre par patients et soignants, les nouveaux locaux de l’espace Jules-Verne, situés voie Gisèle-Halimi, à Besançon ont été inaugurés mi-décembre. Regroupant trois unités de soins pour la psychiatrie de l’adulte, la structure reste confrontée à un manque de soignants face aux besoins.

A uparavant situés rue de l’in dustrie, le C.M.P. (centre médico-psychologique), et l’E.M.P.P. (équipe mobile pré vention précarité) Jules-Verne ainsi que le C.A.T.P.P. Le Patio (centre d’ac cueil thérapeutique à temps partiel) se sont retrouvés à l’étroit. Par ailleurs, ils ne bénéficiaient pas d’accès P.M.R. Depuis septembre dernier, soignants et patients ont intégré le nouvel Espace Jules-Verne, au 12, bis voie Gisèle Halimi. Passant ainsi de 437 m 2 à 626 m 2 . Si le volume d’espace supplé mentaire a été loué par le D r Élisabeth Cheraitia, la cheffe de pôle n’a pas manqué de souligner l’urgence “de revaloriser le nombre de soignants.” Un appel largement applaudi par la salle, composée principalement de per sonnel de l’espace Jules-Verne. Le direc teur du G.P.M.S. Doubs-Jura (groupe

ment psychiatrique et médico-social) Stéphane Filipovitch en est bien conscient : “On pourrait ouvrir 3 C.M.P. ici, 2 à Valdahon et un supplémentaire à Maîche, ils seraient remplis.” En l’espèce, le C.M.P. Jules-Verne à Besançon couvre un secteur de 100 000 habitants environ, sur le nord-est de Besançon et englobe les communes de Thise, Geneuille, Novillars, etc. Les

C.M.P. ruraux de Valda hon et Maîche en dépen dent. Les professionnels assurent des consulta tions aux trois endroits. “Sur le C.M.P. Jules Verne, nous avons 1,2 équivalent temps plein, ce qui permet d’assurer un médecin toute la semaine, explique le D r Yohan Grandperrin, psy

Des files actives qui ne cessent d’augmenter.

Deux salles d’activités thérapeutiques sont aménagées dans les nou veaux locaux, dont une pour la médiation pleine conscience.

secteur aussi grand. On essaie de le maintenir petitement” , convient le psy chiatre. Pour autant, le C.M.P. bénéficie depuis trois ans d’un poste d’infirmier en pratique avancée, permettant entre autres d’étoffer les accompagnements, de réaliser des consultations de suivi au niveau avancé, de faciliter la coor dination avec la médecine de ville. De l’autre côté du secrétariat et de la salle d’attente est logé l’E.M.P.P. (équipe mobile prévention précarité). Ses prin cipales missions portent sur la précarité (en lien avec les partenaires de la pré carité comme le S.A.A.S., la Boutique Jeanne-Antide, l’Agora) et la prévention. Sur ce point, les soignants se déplacent sur demande d’un tiers au domicile d’une personne en refus ou incapacité de soins, comme l’explique Fabrice Fournier, infirmier à l’E.M.P.P. Les soi gnants évaluent la situation de la per sonne pour une éventuelle prise en charge. Enfin, la troisième mission, la plus récente, concerne les personnes migrantes.

L’E.M.P.P. accompagne des personnes souffrant de troubles comme la schi zophrénie, les troubles névrotiques, troubles de l’humeur, trouble de la per sonnalité, état limite, etc. En 2024, 734 patients ont été suivis par l’E.M.P.P., une file active, là aussi, qui ne cesse de croître. Enfin, la troisième unité de soin de l’espace Jules-Verne se situe un étage au-dessus. Le centre d’accueil théra peutique à temps partiel le Patio est un espace de soin par la médiation. Deux activités de médiation sont pro posées : un atelier d’expression artis tique et un atelier méditation pleine conscience. L’objectif pour les patients étant d’arriver à verbaliser ce qui ne l’était pas. L’accueil se fait une fois par semaine en groupe pendant deux heures. Le recours au Patio qui offre des soins dans la durée permet parfois d’éviter des hospitalisations. Une soixantaine de patients par an est accompagnée par le Patio. n L.P.

Le D r Yohan Grandperrin, psychiatre au C.M.P. qui a accueilli 1 348 personnes en 2024.

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