La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026

22 Besançon

La Presse Bisontine - Janvier 2026

SOCIAL

Novillars, Saône, Boussières… Le café des Aidants restaure du lien social Sous l’impulsion de Malia Hakkar, psychologue et d’Amandine Berdouillard, assistante sociale, 8 cafés des aidants ont vu le jour en Bourgogne-Franche Comté. L’objectif est d’apporter soutien et informations aux personnes aidantes.

Amandine Berdouillard, et Malia Hakkar, toutes deux à l'initiative des Cafés des aidants (photo Jean-Charles Sexe).

C hacune dans leur profes sion libérale, elles sont confrontées à de nom breux aidants familiaux. Face parfois à leur détresse, ou du moins à leurs besoins de souf fler, d’échanger, de créer du lien, Malia Hakkar, psychologue et Amandine Berdouillard, assis tante sociale, ont décidé de créer des cafés des aidants. Lancés il y a trois ans, ces espaces d’échanges et d’informations

germent petit à petit sur le ter ritoire régional. Aujourd’hui, il en existe 8 à Besançon, Novillars, Saône, Boussières, Ornans, Quingey, Orchamps-Vennes et Salins-les-Bains. “Nous avons besoin des com munes pour promouvoir les cafés, souligne Malia Hakkar. Nous répondons à des besoins sur le territoire et nous sommes également un soutien aux élus, parfois confrontés à des admi

nistrés qui demandent de l’aide.” Cette action sociale, labellisée café des aidants, est reconnue par l’association française des aidants et financée par une structure extérieure privée. Seule une mise à disposition d’un local est demandée pour la tenue des cafés, une fois par mois. “Le café des aidants est comme un groupe de parole, il est là pour créer du lien, du sou tien. Nous sommes là pour récep

tionner les difficultés rencontrées par les aidants. Ce n’est pas à visée thérapeutique, précise Malia Hakkar. C’est gratuit et sans obligation d’inscription. Ils peuvent venir comme ils peu vent, et c’est évidemment confi dentiel. Ce qui se dit ne sort pas du café.” À raison d’1 h 30 une fois par mois, le Café des aidants regroupe au maximum 7 par ticipants. Malia Hakkar et Amandine Berdouillard essaient d’en implanter dans des zones rurales, souvent éloignées des structures de l’action sociale. Parmi les différents cafés qui se sont déjà tenus, Malia Hak kar relève plusieurs probléma tiques transversales. “Il y a une vraie problématique de culpa

bilité. Un aidant a le sentiment de ne jamais en faire assez. Cette culpabilisation enclenche des difficultés à accepter de l’aide à domicile, des placements tem poraires, à déléguer à d’autres professionnels. Notre binôme est aussi là pour éventuellement apporter toutes les informations si besoin. On essaie de décons truire un petit peu les blocages comme la culpabilisation à outrance.” Depuis deux ans, les deux femmes ont pu assister à de belles évolutions d’aidants. En majorité, les aidants qui se déplacent aux cafés sont des épouses à la retraite, il peut y

avoir un public plus jeune, notamment des enfants aidants. L’un des freins reste l’espèce de pudeur qui affleure souvent dans les milieux ruraux, la peur du qu’en-dira-t-on. “Les diffi cultés des aidants sont vues comme une sorte de vulnérabi lité, de faiblesse” , observe la psy chologue qui souhaite faire pas ser ce message : “On ne choisit pas de devenir aidant. Venez chercher du soutien au travers de personnes qui vivent la même chose. Pour adopter une posture résiliente, le lien social est pri mordial.” n L.P.

COMMERCE Librairie indépendante La renaissance de Réservoir Books En quelques mois, la situation de Reservoir Books a connu un rebond impressionnant. Les difficultés financières dévoilées il y a six mois ont permis à la librairie indépendante d’ouvrir un nouveau chapitre en éditant le livre “On voudrait pas crever”. Récit d’une renaissance dans un contexte tendu pour le secteur du livre.

min des Loups) et Laurent Chalumeau (La Belle, le Rebeu, la Rebelle) ont fait naî tre le livre “On voudrait pas crever”, du nom de la cagnotte. L’ouvrage a été édité par Reser voir Books, un “one shot” qui a été passionnant. Tiré à 1 000 exemplaires, le livre dont la couverture, imaginée par Bap tiste Portugal, le fils d’Hélène, est à l’image de la librairie, est parti comme des petits pains. Une nouvelle impression de 1 000 exemplaires a été relancée. De quoi repartir sur de bonnes bases pour cette librairie pop culture, où le conseil n’est jamais vain, où l’amour de la littérature se mêle au plaisir des échanges avec le client. “Le secteur du livre est devenu très tendu depuis un an et demi. Les librairies très incar nées comme la nôtre, sur le conseil, l’humain, la relation, peuvent survivre. On a creusé un sillon dans lequel on est en train d’aller de plus en plus” , observe Hélène Portugal. Les deux co-gérants ont à cœur de défendre les pépites, des livres qu’on ne voit pas ailleurs. “On ne travaille pas avec des livres qui n’ont pas besoin de nous, comme les éditions Fayard ou Amélie Nothomb, par exemple, renchérit Bruno Bachelier. On s’intéresse aux interstices. Il y a plein de petites maisons d’édi tions à mettre en lumière.” Reservoir Books se démarque aussi par les événements orga nisés dans ses rayons. Le 9 jan vier, Jacky Schwartzmann a choisi sa librairie préférée pour lancer son dernier roman Kil ling me softly aux éditions de la Manufacture. Dans les cartons, un festival de pop et littérature fin juin à la Rodia est en train d’émer ger. n L.P.

Contact : 06 77 13 64 77 Facebook café des aidants F-C, Linkedin, Google

L es pages n’ont pas fini d’être tournées à Reser voir Books. Après un début d’année compli qué, émaillé de grosses diffi cultés financières, la librairie indépendante rue Courbet a terminé 2025 sous de meilleurs auspices. En juin, Hélène Por tugal et Bruno Bachelier, les deux co-gérants lancent une cagnotte pour sauver la librai

rie. Objectif 20 000 euros pour ne pas “crever.” Grâce au sou tien de leur communauté de Bisontins mais aussi de per sonnes à travers le pays, amou reux du lieu, la somme réunie atteint 30 000 euros. Au-delà de cette collecte d’argent, deux auteurs reconnus ont décidé d’écrire deux fictions pour venir en aide à la librairie. Jacky Schwartzmann (Le che

MEILLEURS VŒUX

LE MENSUEL QUI VOUS SORT DU QUOTIDIEN !

Hélène Portugal et Bruno Bachelier, devant la table des pépites, avec leur dernière en main “On voudrait pas crever.”

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