La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026

28 Haut-Doubs

Janvier 2026

CÉRÉMONIE DE NATURALISATION

Cinq personnes en 2025

Ils sont devenus Français Une cérémonie de remise de décrets de nationalité s’est tenue le 12 décembre dernier en sous-préfecture de Pontarlier au cours de laquelle cinq personnes de cinq pays différents ont été naturalisées.

dans son pays en 2019. “Elle est tombée enceinte et je l’ai accom pagnée lors de son retour en France” , explique celui qui était commerçant en Brésil et qui vend désormais des fromages et produits laitiers à la froma gerie Perrin à Cléron. Un profil commercial intéressant car il parle aussi espagnol, anglais et bien sûr portugais. Habitant au village d’Athoze, Vitor 46 ans s’occupe tendrement de ses deux filles, Chloé et Aimée. Un bel exemple d’intégration pour celui qui dit se sentir “encore plus Français que son épouse !” La diversité était de mise cette année avec des candidats origi naires de cinq pays : Brésil, Alle magne, Équateur, Kosovo et Maroc. Droit de vote, liberté d’ex pression, de manifestation, éga lité homme-femme, accès aux soins, la nationalité française apporte qu’on se le dise de nom breux avantages. “Devenir citoyen français, c’est au-delà de nos origines et de nos convictions spirituelles, nous rassembler autour de valeurs communes,

L’ émotion était toujours palpable lors de cette cérémonie très solen nelle, orchestrée par le sous-préfet Nicolas Onimus en présence des candidats, de leur famille et des élus des communes de résidence. Le petit film qui évoque tout ce qui se rattache à l’identité française ne laisse pas indifférent. “C’était une évi dence d’être présent. Je suis ravi d’avoir participé une fois à cet événement au cours de ma vie d’élu” , apprécie Patrick Marcel, conseiller municipal aux Pre miers Sapins, qui accompagnait Vitor Macedo Darze venu retirer sa déclaration de nationalité. Originaire du Brésil, ce dernier a connu sa future épouse quand cette dernière archéologue de profession était venue travailler

Christian, Kimberly et les deux enfants Jeshua et Bella Kamyla.

torienne. “On se connaît depuis l’enfance. J’allais régulièrement le voir en Équateur et il est venu me rejoindre par amour” , sourit l’épouse qui est décoratrice en horlogerie en Suisse voisine. Le couple a eu une petite fille, Bella Kamyla 3 ans, et accueille aussi Jeshua, le fils de Christian qui a 11 ans. “On a acheté une mai son, à Orchamps-Vennes” , sou ligne Christian qui travaille à la scierie Mougin des Majors, au-dessus de Villers-le-Lac. n F.C.

acquérir des droits de même que s’engager à respecter les devoirs de la République française” , rap pelle le sous-préfet Nicolas Oni mus en précisant aussi que le passeport français permet de partir dans de multiples pays sans avoir à faire des demandes de visa. Chaque année, 100 000 étrangers deviennent Français. Un grand jour aussi pour Chris tian Loayza. Ce jeune Équato rien de 30 ans vit depuis 7 ans en France avec son épouse Kim berly qui est déjà Franco-Équa

Un grand jour pour Vitor le Franco-Brésilien et beaucoup de plaisir à participer à cette cérémonie pour Patrick Marcel, élu des Premiers Sapins, commune de résidence de Vitor et sa famille.

Zoom Des méthodes de recrutements innovantes l La méthode de recrutement par simulation Méthode de recrutement objective fon dée sur l’évaluation des habiletés et la motivation des candidats pour tenir un poste de travail l L’immersion professionnelle avant embauche Utile pour rendre les métiers attractifs et sélectionner le bon candidat. La période d’immersion permet de faire découvrir le poste ou d’évaluer des candidats en situation de travail. l La préparation opérationnelle à l’emploi individuelle Elle permet de former le candidat pour qu’il ait dès l’embauche les compétences minimales requises. France Travail construit avec l’employeur un parcours sur mesure adapté au poste, au candidat et à l'organisation de l’entreprise. Avec les aides à la formation, les futurs sala riés peuvent bénéficier jusqu’à 450 euros de formation réalisées par un organisme ou jusqu’à 300 heures de formation réalisées en 100 % tutorat. Indicateurs emploi bassin de Pontarlier l Nombre de demandeurs d’emploi catégorie A, B, C : 4 720, dont 25 % de seniors l Taux de chômage: 5,5 % au second trimestre 2025 contre 4,9 % au second trimestre 2024

EMPLOI

Le cas des seniors de retour de Suisse Les seniors de plus de 50 ans sont plutôt une chance pour les employeurs locaux

C’est en tout cas la perception globale des acteurs économiques, ils étaient une dizaine, réunis à Pontarlier mi-décembre lors d’une table-ronde sur l’emploi des seniors animée par la Confédéra tion des Petites et Moyennes Entreprises du Doubs en partenariat avec France Travail Pontarlier.

FCNet et Polysécurité à Besançon a connu des expériences positives ou néga tives avec des seniors. “Il faut tester, tenter et faire confiance” dit-elle. D’autres employeurs rappellent que l’un des principaux freins au recrute ment sur le Haut-Doubs n’est pas l’âge mais le logement. “Pour un chauffeur à qui l’on offre un salaire entre 1 700 et 1 800 euros, c’est le gros problème” , sou ligne ce patron de T.P. Youssef El Machi chi, gérant de l’entreprise One1 Sécu rité-Haut-Doubs sécurité incendie ne fait pas, lui non plus, de différence. “Pour nous l’âge, c’est un non sujet. S’il a 50 ans et qu’il est bon et qu’il se lève tous les matins pour aller au boulot, ça me va” , annonce ce dernier en pointant aussi du doigt une faille du système. “Un agent de sécurité en Suisse gagne entre 4000 et 5000 euros. Quand il revient sur France et qu’il découvre qu’il touchera beaucoup moins, il a parfois tendance à profiter de la situation en restant au chômage.” Jean-François Locatelli rappelle aussi l’existence d’un outil intéressant, à savoir le complément d’allocation, payé pour amortir en quelque sorte la diffé rence de salaires entre deux situations. “C’est un argument qu’on met en avant pour les seniors et qui permet de faire une transition en douceur.” À Hyper U de Doubs, les seniors repré sentent 20 % de l’effectif. “La pénibilité des postes est une contrainte dans la grande distribution, d’où l’importance de ne pas proposer un poste qui décou ragerait la nouvelle recrue qui n’aurait plus la même condition physique qu’à 20 ans” , explique un responsable du personnel. n F.C.

P as toujours facile et agréable de se retrouver demandeur d’emploi après 50 ans même si on peut souvent se prévaloir d’une expé rience professionnelle que d’autres, plus jeunes, n’ont pas encore. “L’inclusion des seniors est un des thèmes du dispositif national “Les entreprises s’engagent” coanimé par la C.P.M.E. et la Direction départementale de l’Emploi, du Travail, des Solidarités et de la Protection des Populations. L’objectif de ces réunions thématiques est d’apporter des solutions aux entreprises sur les questions de l’em ploi, du handicap, de l’économie dura ble… Pour chaque action on va chercher des acteurs locaux : entreprises, collec tivités, sociétés de services” , indique Raphaël Lucas, le secrétaire général de la C.P.M.E. 25. Un job dating sur les demandeurs d’em

ploi de plus de 50 ans précédait de quelques heures la table-ronde. “Ce ren dez-vous a mis en relation 37 deman deurs d’emploi et six entreprises pon tissaliennes. Les candidats ont été spécialement préparés en amont par les conseillers de France Travail. Ils ont suivi des webinaires pour être plus à l’aise et valoriser leurs compétences” , précise Laurence Perrier, la directrice de France Travail Pontarlier. D’autres entreprises ont ensuite rejoint celles qui étaient au job dating pour échanger sur leur perception des seniors dans leur stratégie de recrutement. “On sou haitait les sensibiliser, faire tomber les a priori au sujet des seniors qui coûte raient trop cher, qui ne sont plus dans le coup et les informer aussi sur différents dispositifs comme l’immersion profes sionnelle avant embauche ou la prépa

ration opérationnelle à l’emploi indivi duelle” , explique Raphaël Lucas. La part des seniors dans l’effectif varie d’une entreprise à l’autre. Dans le groupe Intoo spécialisé dans l’immobilier, on compte 23 % de seniors sur un total de 400 collaborateurs réparties sur 17 agences dont 10 dans le Doubs. Ici, l’âge n’est pas un critère de recrutement. “C’est avant tout une question de moti vation. On est sur une région en tension d’emploi et on s’intéresse davantage à la personnalité sans faire de différence entre les jeunes et les anciens. Au contraire, c’est important dans une struc ture comme la nôtre d’avoir tout type de profils. On essaie même d’avoir cette mixité d’âge dans chaque agence. En recrutant des seniors, on sait qu’on gagne en fidélisation” , explique Isabelle Boyrie, directrice générale d’Intoo Habitat et responsable R.H. Les agences France Travail situées sur la bande frontalière constatent que beaucoup de travailleurs frontaliers ont tendance à revenir sur France, pas sés le cap de la cinquantaine. “Les enfants sont partis, la maison est payée et beaucoup expriment une grosse las situde des temps de transport, des bou chons. On sait aussi que la fuite des compétences n’est pas près de s’arrêter quand on observe la pyramide des âges de la population suisse avec des départs en retraite massifs dans les années à venir” , nuance Jean-François Locatelli, le directeur de France Travail dans le Doubs. Isabelle Porgye, P.D.G. du groupe

“On souhaite sensibiliser les

entreprises, faire tomber les a priori au sujet des seniors qui coûtent trop cher, qui ne sont plus dans le

coup”, justifie Raphaël Lucas,

le secrétaire général de la C.P.M.E. du Doubs.

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