La Presse Bisontine 284 - Janvier 2026

L’événement 9

Janvier 2026

l Maternités C.H.U. de Besançon et C.H.I.H.C. Une coopération fertile entre les maternités Depuis le mois de septembre, une F.M.I.H. (Fédération médicale inter-hospita lière) est mise en place entre les services de gynécologie-obstétrique du C.H.U. de Besançon et le C.H.I.H.C. de Pontarlier. L’objectif est de pérenniser l’activité de la maternité du Haut-Doubs, prépondérante dans le maillage territorial.

3 000 accouchements au C.H.U. Près de 3 000 accouchements ont eu lieu au C.H.U. de Besançon en 2025. Un nombre qui augmente, alors même que la natalité baisse en France. Soit une centaine de naissances en plus par rapport à l’année dernière. “On avait plutôt chuté l’année dernière, on en regagne cette année pour être comme il y a deux ans, observe le Professeur Nicolas Mottet, chef de service gynécologie-obstétrique. On s’est stabilisé au fur et à mesure des années. Ce qui change, c’est le rapport des patientes à la mater nité qu’elles choisissent. Elles font le choix d’avoir un plateau tech nique plutôt qu’une maternité de type 1.” D’autant plus que le profil de patientes évolue. De grossesses plus tardives, des comorbidités comme l’obésité ou de la tension. “Il y a une augmentation des gros sesses à risque”, relève le Pr Mot tet. Par ailleurs, le Centre de P.M.A. du C.H.U. voit son activité exploser avec notamment des prises en charge pour la préservation de la fertilité (comme la congélation des ovocytes) qui augmentent. De plus, la prise en charge obsté tricale pour la cancérologie et l’en dométriose pèse aussi dans le choix de la maternité du C.H.U. n

L’ on pourrait dire que la coopération entre le C.H.U. et le C.H.I.H.C. est fertile et a déjà pro

duit deux bébés. Le premier est la direction commune entre les deux établissements, assurée par Thierry Gamond-Rius. Le second

est la coopération réussie entre les deux maternités. Près de 4 mois après le début officiel de la F.M.I.H. (Fédération médicale

La maternité du C.H.U. ne compte plus que des chambres individuelles pour les patientes.

Le Professeur Nicolas Mottet, chef de service de gynécologie-obstétrique à Besançon et Pontarlier, et Anne Baseggio, cadre sage-femme.

L’évolution du nombre de naissances dans les maternités Année Total des Masculin Féminin naissances LES NAISSANCES À PONTARLIER 2015 1204 640 564 2016 1173 626 547 2017 1176 621 555 2018 1204 609 595 2019 1169 600 569 2020 1155 593 562 2021 1203 607 596 2022 1098 562 536 2023 1033 541 492 2024 1054 568 486 2025 984 482 502 LES NAISSANCES À BESANÇON 2015 4449 2269 2180 2016 4353 2209 2144 2017 4217 2187 2030 2018 4194 2142 2052 2019 3900 2055 1845 2020 3835 1983 1852 2021 3849 1926 1923 2022 3768 1948 1820 2023 3523 1807 1716 2024 3427 1822 1605 2025 3445 1787 1658 * Source : états civils Besançon et de Pontarlier

inter-hospitalière) en gynécolo gie-obstétrique, la coopération fonctionne. C’est ce que constate le Professeur Nicolas Mottet, chef de service de gynécologie-obsté trique au C.H.U. qui a repris la chefferie à Pontarlier. “Nous sommes 5 praticiens à aller régu lièrement à Pontarlier. Cela a per mis de maintenir la permanence des soins et le plateau d’accou chement sur le Haut-Doubs.” Avec près de 1 000 accouchements en 2025, la maternité de Pontar lier joue un rôle essentiel dans le maillage territorial. Maternité de type 2, elle peut accueillir des nouveau-nés prématurés (34 semaines de grossesse). “Si on s’investit à Pontarlier, c’est qu’on y croit. On ne peut pas se permettre de voir disparaître Pontarlier. Des patientes qui y viennent sont vite à 2 heures de route de Besançon” , souligne le P r Mottet. Concrètement, cette F.M.I.H. tra vaille à développer d’autres acti vités à Pontarlier pour que la maternité reste attractive, à relancer la chirurgie, à orienter les patientes vers le Haut-Doubs plutôt que Besançon… “Le plus gros travail est d’arriver à recréer une dynamique d’équipe et un gros projet médical. Il faut aussi arriver à retravailler sur la qualité des prises en charge et des bonnes pratiques habituelles pour le per

sonnel”, po ursuit le chef de ser vice. Grâce aux postes partagés au sein de cette F.M.I.H, Pontar lier compte un praticien et demi, permettant d’assurer un planning de garde. L’équipe de sages femmes et de pédiatrie reste, quant à elle, solide. Pour Thierry Gamond-Rius, direc teur des deux établissements, “les actions du Professeur Mottet sont conçues comme un atelier de ce qu’on pourrait faire comme coopération liée à la direction commune. La

Depuis l’année dernière, dans le

F.M.I.H. est quali tative à long terme, et c’est ce qu’on essaie de construire sur toutes les dis ciplines dans une logique de complé mentarité et pas de concurrence. C’est un dispositif qui doit permettre d’as surer l’avenir de l’hôpital de Pontar lier sur le long terme.” Dans la cité du Haut-Doubs, l’orthopédie et la chirurgie viscérale sont les prochaines disciplines à voir s’installer une F.M.I.H. n L.P.

Recréer une dynamique d’équipe.

Doubs, on enregistre moins de naissances que de décès.

nombre de femmes en âge de pro créer, l’effet est donc mécanique avec 5 % de femmes en moins qui sont en âge de procréer dans le Doubs depuis 2010. La baisse de la fécondité est un autre facteur explicatif de la baisse du nombre de naissances. En 2010, les femmes du Doubs affichaient un taux moyen de 2,09 enfants. Ce taux est tombé à 1,53 enfant par femme en 2024. Des facteurs sociologiques entrent aussi en ligne de compte

dans ce recul de la natalité : une mise en couple de plus en plus tar dive, des durées d’union qui ont tendance à se raccourcir, une aug mentation de l’infertilité, une cer taine prise de conscience écologique de certains couples, une peur de l’avenir ou un manque d’argent… “Tous ces éléments font qu’un mou vement de fond est enclenché. À avoir combien de temps il va durer” interroge Charles Pilarski. n J.-F.H.

Made with FlippingBook Online newsletter creator