La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025
Le mensuel d'informations sur Pontarlier et le Haut-Doubs
OCTOBRE 2025 - N° 309 - 3 €
Mensuel d’information du Haut-Doubs - www.presse-pontissalienne.fr
Le marché repart, mais les prix n’ont pas baissé P. 8 à 13 La nouvelle directrice de l’ARS est du Haut-Doubs Originaire du secteur de Frasne, la nouvelle directrice générale de l’Agence régionale de santé Mathilde Marmier se livre dans une longue interview. Santé Immobilier P. 6-7
Chasse à courre, chamois, bécassine... La chasse fait toujours débat
Le secteur de l’immobilier donne de timides signes de reprise après deux ans de crise. Le volume des trans actions repart à la hausse, les prix restent élevés.
P. 4
Pontarlier
Municipales 2026 : la liste Guinchard lance les hostilités Le candidat tête de liste aux prochaines municipales à Pontarlier est le premier à dégainer. Et sans doute pas le dernier : outre une liste de gauche, plusieurs autres listes de droite sont en préparation.
Le dossier en P. 24 À 31
SURCLASSÉ ? VOUS DORMIEZ ET SI
PONTARLIER Literie Girard
PO Les Gra 03 8 www.ponta
NTARLIER nds Planchants 81 38 80 68 arlier.grandlitier.com
au 18/ Du 17/
10 09
FIRST SERVICE Photo non con
E - RCS Toulouse 352 646 822 ntractuelle. ©Garnier Studios
3 782888 203007
2 Retour sur info
La Presse Pontissalienne - Octobre 2025
Le super comice reporté en 2026 Touillon-et-Loutelet a son sapin président
L a Ville de Pontarlier et la Fédération départementale des comices ont décidé d’annuler à l’unanimité la 6 ème édition du Super Comice qui aurait dû se tenir le 25 octobre. La raison de cette annulation est avant tout sanitaire, simple principe de précaution face à l’évo lution de la Dermatose Nodulaire Conta gieuse. “ On va laisser du temps au temps. On aurait pu envisager ce Super Comice si la maladie était restée cantonnée aux Savoies mais elle continue à progresser et se rapproche dangereusement du Doubs. Tout le conseil d’administration de la Fédération a approuvé ce report. C’est une décision sage et cohérente. L’enjeu est trop important. Il ne faut pas que la passion dépasse la raison. On n’au rait pas pu rassembler sereinement 600 vaches en provenance de 400 fermes à seulement 70 km de la zone régulée. C’était prendre un risque énorme. Les comices vont sortir grandis de cette décision” ,
annonce Richard Ielsch, le président de la Fédération des comices du Doubs. Si toutes les mesures prises en Savoie pour contenir la D.N.C. ont permis de maîtriser la propagation, elle n’est pour autant pas éradiquée. “Le dernier foyer est localisé dans l’Ain si bien que Cha pelle-des-Bois se trouve maintenant à 10 km du premier cercle de la maladie” , détaille Lionel Malfroy, le président du Groupement de Défense Sanitaire du Doubs. Au 16 septembre, 75 foyers ont été identifiés dans 40 exploitations en Savoie et dans l’Ain. 1 500 bêtes ont été abattues. À défaut du grand rassemblement de vaches montbéliardes, les organisateurs du Super Comice ont néanmoins prévu de maintenir quelques animations le 25 octobre sous la halle Pasteur. “Il y aura des animations pour les enfants, de la restauration, des projections de films sur les comices. Les producteurs tenaient à
A vec 69 hectares de forêt communale, Touillon-et-Lou telet n’est pas, à proprement parler, une grosse commune forestière. “On souhaitait néanmoins s’inscrire aussi dans cette tradition des sapins présidents. On a travaillé en collaboration avec l’O.N.F. pour sélectionner un arbre qui soit à la fois remarquable et facile d’accès” , explique Sébastien Populaire, le maire de la commune. Le sapin président de Touillon-et Loutelet en impose. Ce géant de 170 ans culmine à 40 m de hauteur, mesure 1,10 m de diamètre et fait 3,3 m de circonférence. Une plaque d’identité figure désormais sur son tronc. “ On a procédé à quelques aménagements pour que les gens puissent s’y rendre facilement. Il est situé près d’une piste forestière.” L’inauguration a eu lieu le 7 septembre dernier en présence d’une artiste au
nom illustre, à savoir Laura Chaplin, l’une des petites-filles du monstre sacré du cinéma. “C’est une artiste très proche de la nature. Elle a accepté l’invitation au cours de laquelle elle a aussi été intronisée ambassadrice de l’absinthe.” Sébas tien Populaire ne voit pas d’antago nisme au fait d’élire un sapin président alors que les massifs forestiers souf frent encore du scolyte. La forêt com munale du Touillon n’a pas échappé au fléau sanitaire. En 2025, il a fallu abattre 1 200 m 3 de résineux à la fois pour des raisons sanitaires et éco nomiques. Ces arbres se sont vendus 50 % de leur valeur normale. “Dans une année classique, on touche entre 20 000 et 30 000 euros des ventes forestières. Cela représente entre 15 et 20 % des recettes communales. On est impacté mais la forêt n’est pas notre principale rentrée budgé taire” tempère le maire. ■
être présents” , confirme Richard Ielsch. Rendez-vous au 24 octobre 2026 pour le prochain Super Comice. ■ “Quelques animations sont quand même prévues le 25 octobre sous la halle Pasteur”, justifie Richard Ielsch, le président de la Fédération des comices du Doubs.
Le mont d’or, c’est dans la boîte !
Le lancement de la saison du mont d’or coïncide aussi avec la recrudescence des attaques du loup dans le massif juras sien. “Ça pèse psychologique ment. On est aussi inquiet de l’évolution de la dermatose nodulaire en espérant que cela ne touche pas le Doubs.” Comme pour toutes les filières A.O.P. au lait cru, Éric Février estime que l‘avenir est bien incertain. “Le lait cru est en danger en France. On met tou jours les risques en avant mais jamais les bénéfices. On sou haiterait être plus soutenu par l’État. L’Union Régionale des Fromages d’Appellation Contrôlée a engagé un travail pour mesurer tous les bénéfices et les risques au niveau tech nique, économique, sociétal, environnemental.” ■
D éputé, sénateur, élus locaux, professionnels du tourisme et acteurs de la filière mont d’or : la foule des grands jours avait fait l’ef fort de monter jusqu’au bâti ment d’accueil de Superlon gevilles où était organisé dès potron-minet le lancement de
de personnes.” Éric Février le président du Syndicat profes sionnel de l’A.O.P. mont d’or semblait très confiant sur ce début de saison. “On a subi la canicule en 2023 puis trop d’humidité en 2024. Cette année, on bénéficie d’une alter nance de temps chaud et de précipitations. Cela a favorisé la pousse d’herbe, les granges sont pleines. On a à la fois la qualité et la quantité au niveau des fourrages. La fabrication a débuté depuis le 15 août dans les dix ateliers à mont d’or y compris chez le produc teur fermier.” Celui qui est aussi agriculteur tempérait son discours avec trois sujets de préoccupation.
la saison du mont d’or. Sébas tien Populaire, le président de l’office de tourisme Pays du Haut-Doubs parle carrément de première mondiale. “Il se fabrique entre 8 et 10 millions de boîtes, ce qui signifie que la consommation de mont d’or réunit entre 35 et 40 millions
Le sapin président de Touillon-et Loutelet a été inauguré en présence de Laura Chaplin, la petite-fille de Charlie Chaplin, ici en
En pleine dégustation, Éric Février (à gauche) est ravi des conditions de production propices à un début de campagne encourageant.
présence du maire Sébastien Populaire.
Éditorial Instabilité
tiques que tout oppose, sauf la recherche du chaos et l’avènement d’une crise de régime. La géopolitique internationale plus mouvante que jamais ajoute encore une dose de scepticisme pour les dirigeants d’entreprise ballottés sur un océan éco nomique agité de vagues et obscurci d’un épais brouillard. Suite à la dissolution ratée du président Macron il y a plus d’un an, la crise économique menace donc de s’ajouter à la crise sociale et, si tant est que le gouvernement de Sébastien Lecornu ne passe pas la barrière de la censure, c’est une crise politique, voire de régime qui risque de s’ajouter aux deux autres. Beaucoup pour un seul pays. Le seul moyen d’une rapide mais au moins pro visoire sortie de crise et d’un salutaire retour de la confiance économique comme sociale, serait un accord gouvernemental sur les quelques questions qui cristallisent la colère des Français actuellement. Un vœu pieux, mais le seul qui vaille. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser
inquiétudes et ont tenu à le faire savoir à travers la prise de parole assez rare de leurs représentants réunis au sein du syndicat U.I.M.M., un des plus importants de la région, qui regroupe des dizaines de P.M.E. du secteur de la métallurgie. Pour eux, ce climat d’incertitude dans lequel est plongé le pays depuis plus d’un an est mortifère. Ils en appellent urgem ment à la prise de conscience de nos diri geants pour apporter à l’économie fran çaise un tant soit peu de visibilité. Car de quelque secteur d’activité que ce soit d’ailleurs, les responsables d’entreprises semblent naviguer plus que jamais à vue. Pour le monde économique, et donc celui de l’emploi, il n’y a rien de plus angoissant que les incertitudes politiques. Comment se projeter, comment rassurer ses clients quand le pays est ainsi plongé dans une telle brume politique, avec des gouver nements menacés de chuter à la moindre entente hétéroclite entre des groupes poli
Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER est éditée par la société “Publipresse Médias” Rédaction et publicité: 03 81 67 90 80 E-mail: redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645
A lors que la France attendait son énième gouvernement après plu sieurs semaines de discussions et de tergiversations, et après plus d’un an de chaos politique et quatre Premiers ministres en l’espace de quelques mois, le monde économique, autant que le peuple français, commence à donner des signes de fébrilité devant tant d’incertitudes. Face à une instabilité croissante sur les plans économiques, réglementaires et fis caux, les entreprises industrielles de la région viennent d’exprimer publiquement leur exaspération grandissante, alors qu’elles sont au cœur des enjeux de réin dustrialisation, de souveraineté et de transition écologique du pays. D’habitude discrets puisque trop occupés à faire tour ner leurs entreprises, souvent des P.M.E., les patrons locaux ne cachent plus leurs
Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni.
Mise en page : Olivier Chevalier Conception pubs : Éloïse Perrot.
Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod.
Crédits photos : La Presse Pontissalienne, A.P.V.D., C.A.U.E. du Doubs, Éditions Gaillard-Prêtre, F.D.C. 25, Valentin Giboulot, J. Salvi, Ville de Pontarlier. Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1298-0609 Dépôt légal : Octobre 2025 Commission paritaire : 0227 D 79291
Cet automne, découvrez nos nouvelles collections GV RTQƂVG\ FG conditions privilégiées . DEPUIS 20 ANS À BESANÇON
NOUVELLES INSPIRATIONS OFFRES EXCEPTIONNELLES
et bien plus encore…
UN AUTOMNE POUR RÉINVENTER VOTRE INTÉRIEUR AVEC ÉLÉGANCE Depuis 20 ans, CLIMENT Mobilier révèle l’excellence du mobilier contemporain en collaboration avec les plus grandes marques européennes et françaises
05 rue de la Mouillère | 25000 BESANCON | climent.fr | 03.81.81.41.22 .70&+ CW 5#/'&+ ̑ * * ̑ * * (fermeture à 18h le lundi & samedi)
4 Pontarlier
La Presse Pontissalienne - Octobre 2025
MUNICIPALES 2026 Neuf adjoints, deux conseillers délégués Bertrand Guinchard présente ses priorités et sa municipalité Le candidat qui fut le premier à se déclarer pour les prochaines élections municipales à Pontarlier a choisi de dévoiler le nom de sa liste, les grands axes de son programme et de présenter publiquement celles et ceux qui l’accompagneront en cas de victoire. Des confirmations et quelques surprises.
Zoom La municipalité Guinchard
C omposée de six hommes et six femmes, cette pré-liste affiche une moyenne d’âge de 47 ans. Tous vivent à Pontarlier à l’ex ception de Bertrand Guinchard qui réside aux Granges-Narboz. On retrouve quatre élus sortants dont deux adjoints avec Alexandra Aktas-Leroux et Philippe Besson. Arnaud Baverel et Corinne Gabelli actuellement conseillers municipaux sont
aussi dans cette municipalité. “Aucun des élus sortants n’est reconduit dans les responsabilités qui sont les siennes actuellement. Tous sont en activité professionnelle. Il n’y a pas encore d’ordre déterminé. Il n’y aura pas d’hyper-maire mais un maire avec une équipe autonome et compétente. Je serai là pour les guider et trancher que cela sera nécessaire” , poursuit Bertrand Guinchard. n
veut défendre en second lieu le bien vivre à Pontarlier. Ce qui sous-entend d’avoir une ville propre avec une voirie en bon état, des espaces verts. “On va travailler sur les infrastructures, les festivals, les animations. En 25 ans, il y a eu peu de change ments. On a envie de redonner aux Pontissaliens le goût de se réapproprier la ville.” Troisième priorité : le développement dura ble et les mobilités. “Le côté écolo sera au cœur de nos décisions. Technicien dans l’industrie, 45 ans - Adjoint au sport, vie associative et forêt l Kajsa Biard Consultante en qualité de vie, 35 ans - Adjointe au développement durable, mobilités et tourisme l Marlène Cablé Consultante en communication, 38 ans Adjointe à la transition numérique et à la communication l Alexandra Aktas-Leroux Avocate, 32 ans Adjointe à l’action sociale (C.C.A.S.) et au logement l Arnaud Baverel
On me l’a reproché quelquefois. Le développement durable ce n’est pas que du militantisme mais ce que l’on peut faire de mieux pour préserver l’environ nement.” Il poursuit en défendant la place de la voiture dans les mobilités ce qui pourrait sembler contradictoire. Le candidat se montre plus convaincant et crédible en évo quant la quatrième priorité de son programme avec le dévelop pement économique. “Sans dyna l Thierry Pétament Chef d’entreprise, 57 ans Adjoint à l’économie et au développement du centre-ville l Fabrice Hérard Responsable associatif, 54 ans Adjoint à la culture, au patri moine et au devoir de mémoire l Valérie Chao-Engel Responsable marketing dans l’industrie, 46 ans Adjointe à la santé, au cadre de vie et aux relations extérieures l Kelly Criquet Infirmière de bloc opératoire, 32 ans - Adjointe à l’éducation, à la jeunesse et à la Politique de la Ville
misme économique, il n’y aura pas de social et ne croyez pas que l’un s’oppose forcément à l’autre. Cela passe par exemple par une politique du logement où la Ville joue tout son rôle en partenariat avec des investisseurs immobi liers.” Le cinquième et dernier axe s’articule autour de la tran sition numérique. “Ne ratons pas le train de l’I.A. comme nous sommes en train de le faire. Il faut qu’on devienne une vraie ville intelligente.” n F.C. l Bruno Guyon Expert-comptable, 61 ans Conseiller délégué en charge des finances l Corinne Gabelli Commerçante, 59 ans Conseillère déléguée en charge des animations et de l’événementiel sur la Ville de Pontarlier l Philippe Besson Directeur adjoint d’établissement scolaire, 58 ans Adjoint à l’urbanisme et au suivi des projets structurants et aux investissements
B ertrand Guinchard qui affirmait en mai dernier assumer lui-même ce rôle s’est quand même fait assister d’un directeur de campagne, en la personne de Christian Pourny, l’ancien adjoint qui ne compte pas jouer les pre miers rôles dans cette élection.
Le nom de la liste “Pontarlier forte, vivante et responsable” marque la volonté de défendre et valoriser les atouts de la capi tale du Haut-Doubs. À savoir son dynamisme économique, son tissu associatif, ses savoir-faire et sa capacité à innover. Sans entrer dans le détail de
son programme, Bertrand Guin chard annonce les cinq axes prio ritaires sur lesquels il souhaite s’investir avec son équipe. “Prio rité numéro 1 : la sécurité. On ne veut pas laisser les dérives s’installer à Pontarlier et que cela devienne comme à Besan çon” , explique le candidat qui
Bertrand Guinchard entouré des
neuf adjoints et conseillers délégués de la liste “Pontarlier forte, vivante et responsable”.
“On n’est pas parvenu à surmonter les conséquences de la guerre en Ukraine”, explique François Laurence qui a dirigé Cofreco de 1995 à sa liquidation en juin dernier.
ÉCONOMIE
Troisième dépôt de bilan
Le mois de juin est placé sous le signe des rencontres littéraires dans cette librairie du centre-ville reprise il y a cinq ans par quatre associés organisés en société coopérative participative. Le portail est définitivement clos chez Cofreco
Il travaille avec son épouse Dominique, la fille de Henry Gaiffe, qui gérait le volet publicité-marketing. “Le coffrage est longtemps resté l’activité principale avant qu’on ne se diversifie dans le por tail bois. Les bonnes années, on utilisait pratiquement 1 000 m 3 de bois par mois.” Cofreco ouvre en 1999 un second site de production à Pont-d’Ouche n Côte d’Or, dédié à la fabrication des portails métalliques. L’entreprise développe ainsi un vrai savoir-faire dans le portail et le coffrage en aluminium. Elle tra verse à nouveau une mauvaise passe en 2008. “On est quand même parvenu à se reconstruire en apurant deux plans de redressement.” Au fait de son activité, elle emploie jusqu’à 130 personnes et l’effectif se stabilise en moyenne entre 80 et 90 collaborateurs. Le troisième dépôt de bilan s’est soldé par une liquidation prononcée en juin 2025. “En trois années, on est passé de 85 à 50 salariés sur les deux sites. Faute de main-d’œuvre qua lifiée, on a dû arrêter les portails bois sur Pontarlier. Ce qui nous a fait le plus défaut, c’est la guerre en Ukraine en 2023. Pourquoi ? Cela a généré une envolée du prix des matières premières. Je l’illustre par deux exemples. En 2020, on perd 13 % de chiffre d’affaires mais
on réussit à maintenir un résultat positif. Trois ans plus tard, on fait le même chiffre d'affaires mais on perd 800 000 euros à cause du coût des maté riaux et de l’énergie. On s’est retrouvé dans l’impossibilité de répercuter la totalité de ces hausses.” Le chiffre d'affaires qui variait, bon an mal, entre 11 et 12 millions d’euros enregistre une baisse de 40 % entre 2021 et 2024. La crise immobilière n’arrange rien. “On a subi de plein fouet la hausse des taux. On travaillait avec des pro fessionnels spécialisés dans le coffrage. Ils ont dû réduire drastiquement leur activité faute de chantiers. L’impact a été identique avec les portails qui ali
mentaient le marché de la maison indi viduelle.” Dans son malheur, François Laurence note que la direction et le personnel sont restés en bons termes jusqu’au bout. “Ils ont compris qu’on avait essayé de faire le maximum pour sortir de cette situation.” Le site de La Cluse s’étend sur près de 5 hectares dont la moitié classée en terrain non constructible. La partie aménageable est uniquement destinée à accueillir des commerces et entreprises. “Les terrains et bâtiments vont être mis en vente pour permettre l’implantation de nouvelles activités et créer de l’emploi sur le bassin de Pon tarlier” , annonce l’ancien dirigeant. n
L’ histoire de Cofreco débute en 1927 dans le hameau de Der rière-le-Mont près de Morteau où César Gaiffe crée une scierie qu’il transmettra à ses deux fils Henry et Gérard. Les deux frères commen çaient déjà à fabriquer des coffrages quand ils ont décidé de venir s’implan ter dans l’ancienne scierie Jeunet située à l’entrée de Pontarlier. Ils construiront alors l’usine actuelle avec des salariés qui travaillaient déjà à Derrière-le-Mont. Les deux frères ont toujours été sensibles aux causes humanitaires. Ce sont les premiers
qui mettront des locaux à disposition d’Emmaüs quand l’association arrivera à Pontarlier en 1985. Henry a égale ment été président du C.S.R.P. et Cofreco sponsor de la course de ski de fond Mouthe-Pontarlier. “Dans les années soixante-dix, l’entre prise travaillait beaucoup avec des gens de l’A.D.A.P.E.I. sur des missions ponc tuelles” , rappelle François Laurence. Arrivé dans l’entreprise en 1982 comme commercial, il évoluera au poste de directeur commercial avant de prendre les commandes en 1995, soit quelques mois avant le premier dépôt de bilan.
Garantie c
cteur 24 mo constru is* -Véhicules de -6 60 mois et - 100 000 0 km - 110 points d de contrôle
RS4 Avant V6 2.9 T 60 790km, 08/19 [g[chal$ ka_]k Yn& 69 980 €
TSFI, 450ch Tiptronic 8 9, sellerie cuir, virtual [`YmûYflk$ :Yf_ Gdm^k]f
Q8 60 TFSI e 462 Tiptronic 8 Quattro Compétition 20 750 km, 12/23, sellerie cuir, virtual cockpit, sièges sport S, clim stationnaire 85 990 €
Q3 45 TFSI e 245 ch S Tronic 6 S line 93 656 km, 07/21, sellerie tissu/cuir, matrix LED, virtual cockpit, Audi phone box 32 990 €
A3 Sportback 40 TSFIe 204 S Tronic 6 design 83 287 km, 05/21, sellerie tissu/cuir, caméra de recul, clim auto, virtual cockpit 23 980 €
Q3 35 TFSI 150ch S Tronic 7 S line 14 782 km, 06/24, sellerie tissu cuir, clim auto bi-zone, toit ouvrant, virtual cockpit 43 970 €
A3 Sportback 35 TFSI mild hybrid 150 S Tronic 7 Avus 35 500 km, 03/24, sellerie cuir, clim auto bi-zone, Audi phone box, virtucal cockpit, matrix LED 31 970 €
ompris la capote en toile), sièges, moquettes, tissus de sellerie, garnitures intérieures $ d POR re parte mmédiatement disponibles chez vot RTES OUVERTES LE 10/11 ET 12 OCTOB
mZjaÕYflk ]l Öma\]k \an]jk remplacés à l’occasion de toute intervention. Audi.fr, rubrique Occasions enaire
’occasion im Plus de 200 véhicules d * Exclus : pneumatiques, jantes, enjoliveurs, élément de carrosserie (y co
(1) sous conditions
BRE
T T ESPACE 3000 PONTARLIER 25 Rue de la Liberation -Tél. 03 81 39 17
www
w.espace3000.fr
7 13
CONSTRUCTEUR DE MAISONS INDIVIDUELLES
APRÈS
APRÈS A
AVANT
AVAN
NT
RÉNOVATION ET EXTENSION
VA
LDA H ON t e s s ur re n dez - v o u s J UI LL ET 2025 S ON mme immo b ilier
V isi L I V R A IS Pr o g ram
APPARTEMENTS NEUFS
contact @ maisons-optimal.com 0 3 8 1 5 6 2 3 08
www.m 2 AV. DU
VA U G É N ÉR AL B UR N E Z 25800 LDA H ON
maisons-optimal.com
6 L’interview du mois
Octobre 2025
AGENCE RÉGIONALE DE SANTÉ
La nouvelle directrice générale
“La décision d’une direction commune entre le C.H.U. de Besançon et l’hôpital de Pontarlier sera prise dans les prochaines semaines” Depuis le 31 juillet, Mathilde Marmier, originaire de Frasne, est la nouvelle directrice générale de la puissante Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté. La médecin en santé publique balaie les principaux dossiers qui font l’actualité de la structure.
Après un parcours déjà brillant, Mathilde Marmier a pris la tête de l’A.R.S. Bourgogne- Franche-Comté.
M.M : Plusieurs mesures sont en place dont une récente : les méde cins solidaires. Cette mesure consiste à identifier des zones rouges prioritaires. On en a 14 dans la région. Au sein de ces zones rouges, des médecins généralistes qui n’exercent pas dans ces zones peuvent venir deux jours par mois avec une rémunération supplé mentaire. Les lieux permettant d’accueillir ces consultations sont en train d’être stabilisés. On est en train de déployer tous nos efforts pour identifier le plus pos sible de médecins volontaires pour aller dans ces zones. La mobilisa tion continue, on passe d’ailleurs un appel aux médecins qui seraient intéressés. Une deuxième mesure se mettra en œuvre plus tard, en novem bre 2026, c’est celle des Docteurs juniors, les étudiants en quatrième année de médecine pour les internes de médecine générale. Soit une année supplémentaire d’internat qui a été instaurée et qui vise à ce que ces internes soient en relative autonomie et puissent représenter une offre de soins sup plémentaire. On est en train de mobiliser des maîtres de stage pour les accueillir et en être res ponsables. Ces internes sont rat tachés à un médecin mais peuvent consulter en autonomie. Au-delà d’une certaine activité et s’ils vont dans une zone prioritaire, ils auront une valorisation financière. Comment qualifier ce chiffre de 14 zones rouges ? Où sont-elles ? M.M : C’est difficile à dire car c’est aussi rapporté à la population, c’est aussi défini au niveau natio
nal. Il n’y en pas dans le Doubs mais il y en a sur des zones plus tendues, notamment la Nièvre, l’Yonne, la Haute-Saône, la Saône et-Loire. Pour terminer sur le sujet des déserts médicaux, nous avons aussi des mesures qui préexistaient au Pacte de lutte contre les déserts médicaux et qui continuent. Notamment les aides à l’installa tion pour les médecins qui sont financés dans le cadre de leur convention avec l’Assurance mala die. On va réviser d’ici la fin de l’année le zonage avec les zones d’intervention prioritaire. On fait un travail très fin au sein de la région pour identifier chaque zone et des aides sont conditionnées à ces zones-là. D’autres mesures existent aussi plus spécifiques à la Bourgogne Franche-Comté. Comme le plan d’attractivité pour les profession nels de santé en lien avec le Conseil régional et la Préfecture.
M athilde Marmier, vous assurez la direction de l’Agence régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté depuis le 31 juillet. Il s’agit de votre premier poste dans une A.R.S. Quelles sont les différences avec les autres structures dans lesquelles vous avez travaillé, notamment les col lectivités locales ? Mathilde Marmier : L’A.R.S. est une structure de l’État à l’échelle d’un territoire. Ce ne sont pas les mêmes compétences, pas les mêmes territoires. Mais il y a des
points communs comme s’adapter concrètement au territoire. On doit faire avec l’offre de soin locale, la démographie, les besoins de santé… Quelle est la problématique la plus pré gnante dans la Région B.F.C. en termes de santé ? M.M : Il y a une forte attention poli tique sur le sujet de l’accès aux soins. Cela s'est illustré par le déplacement du Premier ministre Sébastien Lecornu dans la région sur ce sujet (le 13 septembre à
Mâcon, N.D.L.R.). C’est un sujet fortement porté par nos ministres sur le Pacte de lutte contre les déserts médicaux (annoncé au printemps dernier, N.D.L.R.) et la mise en œuvre concrète des mesures annoncées sur ce sujet. Ce n’est évidemment pas du tout le seul sujet mais c’est un sujet qui fait l’objet de fortes attentes de la population. Quelles sont ces mesures concrètes et comment vont-elles se décliner sur le territoire ?
cialités comme la dermatologie sont concernées dans la région. Cela permet de favoriser les échanges médecins-médecins. Par exemple, vous consultez un géné raliste et il peut avoir facilement accès à l’avis d’un spécialiste, ce qui permet d’optimiser le recours à un spécialiste. Cela existe éga lement entre les établissements de santé. Notre région est-elle attractive pour les professionnels de santé ? M.M : D’une part, on a un enjeu démographique de la population de la région. Les professionnels de santé, notamment médicaux, sont vieillissants. C’est un vrai sujet de préoccupation dans la plupart des départements. Le Doubs est dans une situation un petit peu différente. C’est le seul
En quoi consiste ce plan ? M.M : Il y a la mise en place de la pre mière année d’études de santé dans plusieurs départements, y compris dans des antennes délocali sées (voir plus loin). On finance aussi dans la région des dispositifs pour favoriser l’accès à des soins de spécia listes via la télé expertise. 20 spé
“En zone prioritaire, une valorisation financière pour les médecins.”
Le parcours de Mathilde Marmier O riginaire du Doubs, Mathilde Marmier a grandi à Frasne et a suivi sa scolarité au lycée pon tissalien qui porte le même nom qu’elle. Pendant puis cheffe de service de prévention et des actions sanitaires. Après un tour à la C.N.A.M. (caisse nationale de l’assurance maladie), Mathilde Marmier rejoint la Ville de Paris en 2020 où elle a été successivement médecin cheffe du service de la Protection Maternelle et Infantile (P.M.I.) puis sous-directrice santé des enfants, parentalité, santé sexuelle, jusqu’en jan vier 2024, au sein de la direction de la santé publique. Elle avait 800 agents sous sa direction.
ses études de médecine à Besançon, elle s’oriente vers la spécialisation en santé publique. Politiques de santé, organisation des soins, prévention, conseillère auprès des ministères et des collectivités locales, laboratoire de recherche… Les domaines d’intervention d’un médecin en santé publique sont variés. Mathilde Marmier a été pendant trois ans (2012 2015), conseillère aux questions de société, de droits des usagers, de la santé mentale et des populations vulnérables au sein du cabinet de la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine. Elle part ensuite travailler pendant quatre ans (jusqu’en 2019) auprès d’une collectivité locale, le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis en tant que res ponsable de la stratégie des maladies infectieuses
De janvier à septembre 2024, elle rejoint le cabinet du Premier ministre Gabriel Attal, comme conseillère en santé publique et handicap, avant de rejoindre l’agence de biomédecine. Elle y assurait les fonctions de directrice de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaine. Depuis le 31 juillet dernier, elle a pris la direction de l’A.R.S. Bourgogne-Franche-Comté, son premier poste dans une A.R.S. n
L’interview du mois 7
Octobre 2025
département de la région qui conti nue à gagner de la population. Et il a la spécificité de la bande fron talière qui rend difficile le recru tement des paramédicaux avec la concurrence de la Suisse. On a un plan d’action avec le Conseil régio nal qui consiste à communiquer sur les métiers et susciter des voca tions, avec la mise en place de bourses d’études pour favoriser l’inscription dans les études de santé. Nous avons aussi les pre mières années d’études de santé délocalisées. Nous venons d’inau gurer le système à Chalon-sur Saône qui accueillera ses premiers étudiants l’année prochaine. M.M : Vous habitez à Chalon-sur Saône, vous n’avez pas d’université dans votre ville, vous avez accès à une première année d’études dans votre ville avec des cours à distance. Des étudiants qui habi tent à proximité de Chalon-sur Saône, plutôt que de devoir démé nager, peuvent suivre leur cours directement dans des locaux à Chalon-sur-Saône avec un système de tutorat des étudiants et des médecins. Pour l’instant, ce dispositif ne vaut que pour la première année ? M.M : Oui, l’idée est de faciliter l’en trée dans le système avec une pre Concrètement, comment cette délocali sation s’applique ?
mière année qui est difficile, mobi lisatrice de temps. Cela permet aussi une transition entre le lycée et la suite des études. Il s’agit aussi de démocratiser l’accès à certaines filières. Autre initiative locale qui favorise les étudiants : la maison des internes et des soignants à Morteau pour l’hébergement des étudiants. Il y a aussi toutes les dynamiques territoriales pour que les professionnels et étudiants aient envie de travailler à un endroit, que ce soit les C.P.T.S. (communautés professionnelles territoriales de santé), les maisons de santé. Il y a une grosse dyna mique dans le Doubs.
genre de par son organisation.
du C.H.U. qui vont se déplacer à Pontarlier pour pouvoir assurer une prise en charge de proximité, y compris des spécialistes. On est sur nos deux pieds, avec le fait de maintenir une offre en proxi mité et favoriser par ailleurs les coopérations pour avoir une gra dation des soins et maintenir cer taines spécialités en proximité. À l’hôpital de Pontarlier, le poste de directeur est vacant depuis plus d’un an. Thierry Gamond-Rius, directeur général du C.H.U. de Besançon en assure l’intérim. Ce dernier est favorable à une direction commune entre les deux établissements, qui garderait pour autant chacun leur autonomie. La décision est entre les mains de l’A.R.S. Y êtes-vous favorable ? M.M : On prend cette décision avec les acteurs locaux, il faut que ce soit accepté sur place, on prend les avis des présidents du conseil de surveillance qui sont les maires de Pontarlier et Besançon. La pro position de M. Gamond-Rius est aussi de trouver une solution qui puisse être acceptable par la com munauté médico-soignante. On regarde tout ça pour prendre une décision. Quand cette décision sera prise ? M.M : Elle sera prise dans les pro chaines semaines. n Propos recueillis par L.P.
Alors que la coopération s’accentue entre le C.H.U. et les établissements tels que Pontarlier, doit-on craindre la disparition des petits hôpitaux de proximité, comme celui de Morteau, Mouthe, Ornans… M.M : Il y a deux sujets différents. D’abord, les hôpitaux de Morteau, Ornans et Mouthe sont labellisés hôpital de proximité. C’est un sta tut de structure très sécurisant pour les établissements de petite taille. C’est un label qui a deux objectifs : d’une part, garantir un certain niveau d’offres, avec à la fois des consultations avancées, quelques lits d’hospitalisation, une mission de prévention. Et d’autre part, ce label s’accompagne d’un modèle de financement spécifique qui vise à sécuriser sur le plan financier ces établissements par ticuliers. 31 hôpitaux en B.F.C. sont labellisés hôpital de proximité. La tendance du système de santé est dans la gradation des soins, c’est-à-dire favoriser la coopération entre les établissements. On part de l’hôpital de proximité qui fait du soin de recours, au plus près des personnes. Dès que ça devient compliqué, il y aura le C.H.U. à l’autre extrémité. C’est un système plutôt vertueux. Cette dynamique entre les terri toires permet également d’avoir un appui parfois de professionnels
“La maison des internes et des soignants à Morteau.”
S’il y avait une spécificité de la région à souligner, quelle serait-elle pour vous ? M.M : La région et le Doubs en particu lier témoignent d’une dynamique dans la coopération. Quand on voit le nombre de maisons de santé pluridisci plinaires. La télé expertise est plutôt innovante. L’I.R.F.C. (institut régional fédératif du cancer) est unique en son
Publi-information ÉcoDouBio transforme le parking couvert du Leclerc en centrale photovoltaïque
Entièrement conçue avec des panneaux rigides, l’installation photovol taïque de l’hypermarché d’Houtaud couvre 17 % des besoins électriques de l’enseigne en autocon sommation.
L'entreprise spécialisée dans le solaire a posé 2 300 m 2 de panneaux photovoltaïques résistants et à haut rendement sur le toit du parking couvert de l’hypermarché d’Houtaud qui autoproduit désormais 17% de sa consommation énergétique.
L a baisse des tarifs de rachat sur les installations photovoltaïques a largement favorisé le principe de l’autoconsommation de l’éner gie produite. Particuliers, professionnels collectivités : tout le monde s’y met. “C’est une réelle opportunité pour le Leclerc d’Houtaud de valoriser le toit
industriels sur des hangars, gymnases, des immeubles collectifs voire même des stations d’épuration. Sans oublier de répondre aux besoins du monde agri
recouvrant le parking couvert à desti nation de la clientèle” confirme David Hatton, le gérant de l’hypermarché d’Houtaud qui a sollicité EcoDoubio pour mener à bien ce projet mettant en oeuvre des panneaux particulièrement bien adaptés aux exigences climatiques du Haut-Doubs. “On a installé des pan
couvre une partie des besoins énergé tiques. Cela représente 17% de la consommation du Leclerc. Il n’y a pas de revente du surplus” , poursuit Samuel Jacquet. Le chantier a duré six semaines pour poser plus de 1150 panneaux pesant chacun 22 kg. Tous les appuis techniques du projet sont gérés par le bureau d’étude d’EcoDoubio qui regroupe ingénieurs et techniciens spé cialisés. “Ils travaillent en étroite col laboration avec le pôle maintenance de l’entreprise qui veille en permanence au bon état des installations.” . n
neaux bi-verre et bi-faciaux, c’est à dire recouverts d’une double couche de verre et capables de capter l’énergie solaire sur les deux faces. Ces panneaux ren
cole dont les exploitations ont souvent de vastes sur faces de toiture. Avec 2300m 2 de panneaux, l’installation d’Houtaud dispose d’une puissance de 500 kWc, soit
forcés sont plus résistants aux aléas climatiques et notam ment à la grêle. Ils ont aussi un rendement plus important que les panneaux classiques” , explique Samuel Jacquet, le
17% de sa consommation énergétique.
une production annuelle de 475 500 kWh. Cette source d’énergie durable permet d’économiser 195 t d’équivalent CO2. “Tout ce qui est produit sur place
président d’EcoDoubio. L’entreprise qui fut parmi les premières dans le Haut-Doubs à se lancer dans le solaire et les pompes à chaleur est toujours en activité 20 ans plus tard. Pratique ment une exception dans ce secteur d’activité. Cette longévité démontre s’il en faut son professionnalisme. C’est aussi la reconnaissance d’un savoir faire et la marque de confiance des clients dans cette entreprise implantée aujourd’hui au Bélieu et à Houtaud. “En 20 ans, on a réalisé plus de 1 000 installations de 20 m 2 jusqu’à 5 000 m 2 . On est capable d’installer tout type de panneaux.” EcoDoubio travaille avec des particuliers, des collectivités, des
Ici, des panneaux posés par EcoDouBio sur les ombrières du parking du centre Leclerc de Houtaud.
8 L’ÉVÉNEMENT
Octobre 2025
IMMOBILIER : les indicateurs de la rentrée
Après deux ans de crise liée notamment à des taux d’intérêt bancaires orientés à la hausse, à l’inflation et à des coûts de construction toujours plus hauts, le secteur immobilier semble donner quelques signes de reprise. Même si dans notre département, le marché ne s’est jamais écroulé, pas plus que les prix, le ralentissement a tout de même été assez brutal. En cet automne 2025, les professionnels de l’immobilier, agences et offices notariaux en tête, laissent entrevoir l’apparition d’une éclaircie. Analyse et commentaires.
l Tendance 269 000 euros une maison à Besançon Le marché repart lentement, les prix n’ont pas baissé Après deux ans de crise, le marché des transactions immobilières semble à nouveau frémir. Malgré ce ralentissement à la durée inédite, les prix n’ont pas baissé. Le point avec les témoins directs de la tendance, les notaires.
crise sanitaire mais en cette rentrée 2025, les chiffres sont meilleurs qu’en 2023 et en 2024. “La crise de laquelle j’espère que nous sortons est une des plus longues que nous ayons connue. Des crises de l’immo bilier, on en traverse à peu près tous les quinze ans. Il y a eu celle de 1993, puis celle de 2008, et donc celle qui a démarré en 2023 et dont on n’est pas encore sorti pour l’instant” ajoute la professionnelle du droit. Si les notaires du Doubs restent prudents, c’est aussi à cause des incertitudes éco nomiques à l’échelle internationale (quel impact vont avoir par exemple les droits de douane américains sur l’économie fran çaise ?) et au plan national (à quelle hau teur vont être taxés les revenus locatifs ou la transmission du patrimoine dans un contexte de chasse aux économies ?). Bref, “l’instabilité politique nationale et internationale n’aide pas à retrouver de la sérénité” poursuit M tre Muller-Pugin. Après deux ans de crise, les prix de l’im mobilier ne sont se sont pourtant pas effondrés, loin de là. Ils ont même continué à augmenter dans certaines zones du département comme sur la zone urbaine de Pontarlier où le prix de vente des appartements neuf a encore bondi de 12,8 % en un an, entre juillet 2024 et juin 2025. Même chose à Besançon où, tous quartiers confondus, le prix du neuf a augmenté de 15,2 % “À l’échelle du département, le neuf a pris 12,3 % d’aug mentation. Parce qu’il n’y avait quasiment plus d’offres, que des queues de programme, et la demande est restée soutenue.” Les prix des appartements anciens ont
également poursuivi leur hausse : + 4,4 % du prix médian dans le Doubs, avec quelques variations cependant selon les secteurs. Celui de la périphérie bisontine est toujours très porteur avec des prix qui ont augmenté de + 3,4 % en un an, à l’opposé du secteur de Montbéliard dont les prix ont baissé. Quid des maisons anciennes ? “Leur prix médian a également augmenté cette der nière année, même si c’est plus limité : + 2,7 % à l’échelle du département. Des augmentations encore importantes sont à noter sur le secteur d’Ornans (+ 17,8 %), et le secteur Mont d’Or-lacs affiche encore une hausse des prix de 10 %. En revanche, la zone urbaine de Pontarlier accuse une baisse de - 7,6 %” détaille la vice-présidente de la chambre régionale. Si dans certains secteurs comme la péri phérie de Besançon, le prix médian des
Q u’on habite dans le secteur de Besançon, de Saint-Vit, de Pontarlier, du Mont d’Or, du Grand Besançon ou de Val dahon, les prix et les volumes de vente seront très différents mais tous ces sec
et 1 ère vice-présidente de la Chambre Interdépartementale des Notaires de Franche-Comté. Les notaires locaux ne s’attendent pas pour autant à revenir à l’euphorie que la filière avait connue à la sortie de la
teurs ont un point commun : les notaires qui y travaillent estiment globalement que “l’été a été bien meilleur que celui de l’an dernier et on sent que le marché est un peu plus dynamique” observe M tre Annick Muller-Pugin, notaire à Pontarlier
L’évolution des prix dans l’ancien
maisons anciennes se tasse un peu, c’est avant tout parce que les sur faces des maisons ven dues ont baissé, avec des acheteurs qui ont un peu délaissé pour l’instant les grandes maisons aux prix supérieurs. Les notaires du Doubs ont également remarqué le retour progressif des primo-accédants sur le marché, une catégorie qui peut souvent bénéfi cier de prêts à taux zéro, d’aides à la rénovation énergétique, et pour les
Une crise de l’immobilier tous les quinze ans.
Mai 2022 Mai 2021 M
Mai 2023 M
Mai 2024 M
Mai 2025 M
Indice
112,4
122,4
+3,4% -0,1% 122,2 135,6
119,0
126,7
Doubs
volution +4,0% É
+8,9%
-2,7% +6,5%
Indice
122,0
131,1
-3,8% 130,5
131,7
rovince P Province
volution +6,2% É
+7,5%
+0,9%
Mai 2022 Mai 2021 M
Mai 2023 M
Mai 2024 M
Mai 2025 M
Indice
111,9
120,0
+2,0% -0,5% 119,3 133,8
-4,3% 128,1 -3,0% 115,8
119,7
Doubs
volution +4,8% É
+7,2%
+3,4%
Indice
120,0
131,2
128,6
rovince P Province
volution +6,5% É
+9,3%
+0,4%
L'indice de
calcul oy corr base 100 rrespond à la moyenne des ices im triels 2015. Les évolu ions sont lc lées sur 1 an. voluti riel trimest indi
L’événement 9
Octobre 2025
l Besançon Des prix en baisse Les agences immobilières retrouvent l’espoir
Même si l’heure n’est pas encore à l’euphorie, les deux années de crise immobilière subies par la profession semblent derrière. Le point avec le réseau Plaza Immobilier.
est plus sur 4 à 5 mois en ce moment” ajoute M. Goursolle. La complexification des procédures liées au D.P.E. ne fait que contribuer à allonger ces délais. Mais pour les professionnels bisontins, l’essentiel est là : “On a retrouvé nos vendeurs et nos acquéreurs. Les vendeurs ont accepté le fait que le marché a un peu baissé, on retrouve un certain équi libre. Mais on se serait bien passé de l’instabilité politique actuelle qui reste une vraie interrogation pour les acqué reurs potentiels” tempère Adeline Das prés. Une clientèle a pour l’instant quasiment disparu, c’est celle des investisseurs qui n’ont plus de dispositifs fiscaux avantageux pour les inciter à acheter. “Il faut impérativement que l’État annonce des choses à court terme si on veut que la reprise soit réellement là” note ce responsable d’agence. Une autre clientèle pointe à nouveau le bout de son nez, celle des primo-accé dants, mais à la différence d’avant la crise, ils doivent impérativement arriver avec un minimum d’apport s’ils veulent
S i ce n’est pas encore l’enthou siasme retrouvé, “c’est en tout cas la fin de la morosité. Le tunnel est long, mais on voir enfin la lumière” tempère Patrick Goursolle, responsable des agences Plaza Immobilier Besançon, Pontarlier, Morteau et Champagnole. Après deux ans de difficultés liées notamment à la hausse des prix dans le neuf, combinées à une hausse des taux d’intérêt, désormais repartis à la baisse, les acquéreurs potentiels sem blent avoir un peu changé de méthode. “On constate qu’ils sont de plus en plus dans la discussion des prix, la négocia tion devient systématique, ce n’était pas le cas avant 2023.” Les agents constatent aussi une tendance à la pondération de la part des clients. “Ils sont bien conscients de leurs capacités financières et ne cherchent pas à visiter ou à discuter d’une maison à 400 000 euros si leur capacité est de 300 000. On revient à un certain équilibre” constate Patrick Goursolle. La baisse progressive des taux depuis plusieurs mois a redonné un coup de fouet au marché. Mais ce qui a vraiment relancé la machine, c’est quand les can
didats à l’acquisition se sont rendu compte que les prix ne baisseraient pas plus, ils se sont donc remis à discuter. Depuis deux ans, les prix avaient pour tant connu un tassement, Le réseau Plaza estime la baisse des prix à “- 10
à 15 % dans le secteur de Besançon par rap port à 2023” note Ade line Dasprés, respon sable de l’agence bisontine du réseau Plaza. Les délais pour écouler un bien ont également changé. Alors qu’il était fréquent de signer des ventes en deux mois ou deux mois et demi avant la baisse de 2023-2024, c’est moins vrai aujourd’hui. “On
“Le tunnel est long, mais on voit enfin la lumière.”
À l’agence Plaza de Besançon, on retrouve le sourire, les affaires semblent repartir.
voir leur dossier aboutir. Et comme la génération Z préfère souvent les loisirs aux investissements de long terme, “on commence à retrouver une partie d’entre
eux, c’est-à-dire les fourmis. Les cigales, elles, on ne les voit pas revenir…” sourit la responsable. n J.-F.H.
l Analyse Agence Adéquate Immobilier Un marché immobilier très contrasté dans le Haut-Doubs Alors que les ventes de maisons individuelles sont en berne, les petits biens trouvent facilement des acquéreurs moins exigeants en termes de confort que la clientèle frontalière dans l’attente d’avoir plus de visibilité professionnelle avant d’investir dans des biens plus confortables. Entretien avec Hugues Delpech de l’agence Adéquate Immobilier à Pontarlier.
“Comme le marché de la maison neuve est atone, les promoteurs se retournent sur des projets collectifs”, observe Hugues Delpech de l’agence Adéquate Immobilier.
P as besoin d’être un expert dans l’immobilier pour constater que le temps des lotissements qui se remplissaient en deux temps trois mouvements n’est plus trop d’actualité. Tout comme l’euphorie de l’après-Covid. “Les gens étaient prêts à tout pour trouver des maisons et des logements plus confortables. Pendant cette période, les ventes avaient bondi de 20 %” , se souvient Hugues Delpech qui exerce depuis un peu moins de vingt ans dans l’immobilier local. Au point de créer en 2017 Adéquate Immobilier. Cette agence regroupe aujourd’hui sept personnes opérant chacune sur son ter ritoire: Pontarlier, Métabief, Levier, vallée de la Loue, Morteau et Nozeroy. “Ces agents commerciaux connaissent bien leur secteur car ils y vivent.” La conjoncture nationale et interna tionale a bien changé. Guerre en Ukraine et ses conséquences sur les prix des matériaux, évolution des
normes en termes de performance éner gétique, tous ces paramètres ont fait progresser le coût de la construction de près de 20 %. Dans le même temps, les taux d’emprunt sont repartis à la hausse. Un bien neuf qui valait entre 220 000 et 250 000 euros en vaut dés ormais 300 000 euros. Le montant des remboursements mensuels a suivi la
nement incitent plutôt les acheteurs potentiels à la prudence et au report d’achat sauf pour des raisons impé rieuses type divorce, séparation… “Inversement, le marché concernant les biens plus accessibles se porte plutôt bien. Il intéresse les investisseurs et une clientèle de non frontaliers, des primo accédants. Le prix de ces biens varie entre 100000 et 120000 euros.” Les menaces d’augmentation des taux à l’exportation imposés par les États Unis sur les produits manufacturés suisses ne donnent guère confiance aux travailleurs frontaliers. Ils ont encore les moyens mais savent bien que la situation peut changer du tout au tout en cas de licenciement. Les profession nels de l’immobilier s’inquiètent aussi du développement d’un marché immo bilier virtuel sur les réseaux sociaux. Pour autant, il reste encore des marges
de manœuvre. “Aujourd’hui encore, 40 % des ventes se font de particuliers à particuliers. C’est un marché sur lequel on peut se positionner. On doit évoluer notamment au niveau de la communi cation. Il faudra être beaucoup plus offensif et se montrer de plus en plus intrusif pour aller chercher le client sur son canapé.” Par curiosité, Hugues Del pech a testé quatre I.A. différentes sur l’estimation d’un bien qu’il avait vendu. “Une des quatre n’a pas voulu participer. Celles qui ont répondu ont sous-estimé ou surestimé de près de 50 % la valeur du bien. C’est assez rassurant. En revanche, pour l’analyse du marché immobilier, les I.A. ont fait preuve d’une précision assez stupéfiante. Un seul paramètre leur a échappé, le côté sen timental, coup de cœur qu’un être humain peut avoir pour un bien immo bilier qui lui plaît.” n F.C.
quels les banques semblent à peine moins exigeantes que ces deux dernières années au sujet de l’apport personnel. Depuis le 1 er mai dernier, dans le Doubs où le Conseil départemental a décidé de relever la taxe sur les droits de mutation de 4,5 à 5 %, ces primo-accédants ont été épargnés de cette augmentation. “Ce qui n’est pas anodin pour un primo-accédant, avec des taxes qui peuvent représenter jusqu’à quelques milliers d’euros.” n J.-F.H. Annick Muller-Pugin, notaire à Pontarlier, est vice-présidente de la Chambre Interdépartementale des Notaires de Franche-Comté.
tendance haussière sans que les revenus et les capacités de rembourse ments aient changé. Le potentiel d’acheteurs de biens plutôt réservés à une clientèle aisée, type frontalier, s’est rétréci. “On constate que les ter rains sont très difficiles à vendre. On en a vendu trois récemment sur le secteur du lac.” En France, les multiples changements de gouver
Un marché immobilier virtuel sur les réseaux sociaux.
Made with FlippingBook - professional solution for displaying marketing and sales documents online