La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025

32 Sciences

Octobre 2025

BESANÇON

À la Bouloie Biome, le nouveau poumon vert bisontin L’ouverture d’un nouveau jardin botanique

Enseignant- chercheur au laboratoire chrono- environnement, Arnaud Mouly est le directeur du jardin botanique de Besançon.

après la fermeture de celui de la place Leclerc en 2017 était très attendue. Le Biome a ouvert ses portes, avec trois espaces complémentaires : le jardin, les serres et la Fabrika.

D ans les serres, on passe d’un environne ment chaud et humide où s’épanouissent des centaines de végétaux à la luxuriance tout exotique, originaires des cinq continents (avec notamment une nouvelle collection de plantes originaires d’Océanie), tandis qu’à l’étage inférieur on traverse la serre dans une atmosphère beaucoup plus sèche où vivent les cactus et autres plantes grasses. Dehors, c’est un agréable par cours ponctué de massif qui attend les visiteurs sur plus de 3 hectares. Bienvenue au Biome, le nouveau jardin botanique de Besançon, installé à l’entrée du site de la Bouloie, route de Gray. Au total, près de 3 500 espèces végétales sont à découvrir ici. 60 % des plantes installées ici

proviennent de l’ancien jardin botanique de la place Leclerc dont les plants avaient été conservés à l’Orangerie muni cipale de Besançon. Les 40 % restantes sont nouvelles. Un biome désigne habituelle ment un ensemble d’écosystèmes caractéristique d’une aire géo graphique : forêt équatoriale,

Plus de 4,25 millions d’euros rien que pour les serres.

désert, etc. Depuis son ouverture au public à la ren trée, le Biome est également le nom que ses concep teurs ont donné au nouveau jardin botanique de Besançon, aux serres attenantes et à la Fabrika, l’espace dédié à la

Le Biome a ouvert ses portes à l’entrée du site de la Bouloie.

culture et aux sciences sur le campus de la Bouloie. L’ensem ble de ces trois équipements voi sins forment donc le Biome. À voir la fréquentation des lieux aux beaux jours, les Bisontins semblent se l’être rapidement appropriés. L’Université et ses partenaires ont mis les moyens de leurs ambitions dans ce projet largement approuvé par Anne Vignot, plus de 4,25 millions d’euros rien que pour les serres. Le projet est né il y a près de vingt ans, quand l’actuelle maire de Besançon était responsable du laboratoire chrono-environ nement à l’Université de Franche-Comté (aujourd’hui Marie et Louis Pasteur). C’est cette même Anne Vignot qui en 2014 a relancé le projet qui pati nait, au moment où elle devenait l’adjointe à l’environnement du maire Jean-Louis Fousseret. “Ce projet dépendait de financements

croisés assez complexes, notam ment des contrats de plan État Région, ce qui explique le délai assez long pour sa réalisation. Il y a eu aussi quelques défail lances d’entreprises qui ont ajouté des retards” note Arnaud Mouly, le directeur du jardin botanique de Besançon qui voit dans ce nouveau Biome “un lien direct entre l’Université, la recherche, et la société.” Ce lien se traduit notamment à travers les expositions qui seront pré sentées à la Fabrika, par exem ple celle en cours consacrée aux sciences cognitives et à la mémoire. Ce nouveau lieu du savoir servira également de ter rain de jeu à la science partici pative que l’Université proposera aux élèves des établissements scolaires du Grand Besançon à travers des animations régu lières. C’est aussi là que les enseignants

en écologie, pharmacie, biologie trouveront les supports péda gogiques pour leurs étudiants, là encore que seront cultivées les plantes à destination des chercheurs pour leurs travaux. “Ce lieu a enfin une vocation de conservation biologique. Nous travaillons régulièrement à des plans d’action à l’échelle natio nale, pour tester par exemple les modalités de culture de plantes en danger d’extinction” ajoute Arnaud Mouly. L’emplacement du Biome n’a pas été choisi par hasard. De par sa proximité immédiate de la fac de sciences, mais aussi parce qu’il se situe non loin du quartier populaire de Montrapon et du C.R.O.U.S., il est censé aussi toucher des publics pour lesquels l’accès à la culture scien tifique a été jugé prioritaire par les élus locaux. n J.-F.H.

Dans les serres, un bon millier d’espèces s’épanouissent.

Une équipe de 6 jardiniers, un technicien botaniste et un médiateur travaillent au jardin botanique.

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