La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025

30 Le dossier

Octobre 2025

l Merey-sous-Montrond Vénerie Chasse au lièvre avec le Rallye Loue-Lison Le département du Doubs compte trois équipages

de chasse à courre dont celui du Rallye Loue-Lison qui est spécifiquement dédié ou créancé à la chasse au lièvre. Une pratique sans fusil où le gibier sort plus souvent vainqueur qu’on ne pourrait le supposer. Reportage.

T emps sec sans rosée mati nale: les conditions clima tiques de ce premier dimanche de l’automne ne s’avèrent semble-t-il guère propices à détecter facilement “une voie” ou trace laissée par le gibier du jour. “La saison de la chasse à courre s’étend du

15 septembre au 31 mars. On pratique deux à trois fois par semaine et sachant que sur 70 sorties on prélève en moyenne 4 à 5 lièvres” , précise Hervé Cart qui gère cet équipage avec ses fils. La meute compte 70 chiens de race anglo français de petite vénerie. Elle est com posée à l’image d’une équipe de foot en associant différentes compétences com plémentaires. “On parle de différentes lignées avec des chiens qui n’ont pas tous les mêmes aptitudes.” Une vingtaine de chiens sont utilisés pour la sortie du jour. Tradition oblige, tout commence en musique, Robin Cart, son oncle Jérôme et Maxime, un autre passionné de chasse

Après 4 heures de chasse, Robin Cart décide de mettre un terme à l’exercice pour préserver la santé des chiens qui ont parcouru une trentaine de km dans la matinée. Bastien en t-shirt fluo complète l’équipe qui participe à cette chasse à courre. Avant de lâcher les chiens, chacun est équipé d’un collier G.P.S.

à courre entonnent à la trompe de chasse la fan fare ou morceau intitulé “Point du jour”. Tous les chiens sont ensuite équipés de colliers G.P.S. “C’est une utilisation intelligente à mon sens de la technologie. Elle nous permet de récu pérer plus facilement les chiens, de les repérer quand ils arrivent près d’une route

Une montée d’adrénaline chez les chiens et les hommes.

à forte circulation et de pouvoir sécuriser cette traversée de route. En revanche, qu’on utilise des colliers G.P.S. pour suivre le gibier en 4 X 4, c’est-à-dire recouper une chasse, je trouve ça insupportable” , estime Hervé Cart. Après la chasse classique, il a basculé en 1998 dans la chasse à courre. Une pra tique qui a sa propre réglementation,

l Mamirolle Suspension de la chasse Sept mois plus tard, le retour au calme est-il dans le viseur ? En février dernier, le préfet du Doubs Rémi Bastille suspendait la chasse à Mamirolle pour une durée d’un an, à la suite de graves dérives et de conflits internes au sein de l’A.C.C.A. Sept mois plus tard, où en est-on ? La situation est-elle en passe de s’améliorer ?

D e l’aveu de la Direction départementale des ter ritoires (D.D.T.), la sus pension de la chasse à Mamirolle est exceptionnelle. Comprendre peu répandue, et non pour son caractère remarquable. “Le Préfet a déjà suspendu la chasse sur d’autres secteurs pour des raisons différentes, pour des problèmes administratifs. En géné ral, la régularisation se fait très vite” , remet Aurélia Barteau, cheffe de service Eau, risque, nature et forêt à la D.D.T., qui suit le dossier Mamirolle. Or, les conflits intervenus sur la commune, eux, sont allés bien plus loin que des tracasseries administratives. Voiture incendiée, comportement agressif, dépouille de sanglier déposée devant la porte d’un chasseur… Autant de dérives qui ont contribué à véhi culer une image déplorable de la chasse, pourtant déjà catalysatrice de tensions entre pro et anti chasse. Pour assurer la sécurité

des chasseurs et non-chasseurs, le Préfet a donc suspendu en février la chasse pour une durée d’un an. Des permis ont été retirés par la même occasion, et des armes confisquées. “La situation à Mami rolle relève plus des soucis de droit commun que de chasse, se dédouane le président de la fédé ration de chasse du Doubs, Jean Maurice Boillon. S’ajoute la pro blématique d’un non-chasseur qui pratique sans avoir le permis. Aujourd’hui, la chasse est fermée. Un comité de gestion est en cours de formation pour faire prévaloir une chasse plus calme, plus res pectueuse.” Reste que la chasse, plus que d’au tres loisirs, excite les dissensions et les conflits, qui traversent par fois des générations de chasseurs. “Il y avait une atteinte au bon fonctionnement de l’A.C.C.A.”, ajoute Aurélia Barteau. Sept mois plus tard, le comité de gestion désigné par le Préfet et

composé d’administrateurs de la fédération de chasse (Benoît Pas cal, Hervé Cart et Gilles Renaud) ne compte pas ses heures pour rétablir un climat serein et une gouvernance fonctionnelle. Le rôle de ce comité comporte plusieurs missions : conduire les affaires courantes de l’association, orga niser le rétablissement du fonc tionnement normal de l’associa tion, établir la liste des membres de l’A.C.C.A., faire procéder par une assemblée générale à l’élection d’un nouveau

La chasse à Mamirolle est suspendue en raison de graves dysfonctionnements au sein de l’A.C.C.A. (photo d’illustration F.D.C. 25).

à l’A.C.C.A. notamment les conflits avec des tiers non-adhérents, tient à préciser Benoît Pascal, président du comité de gestion. Le comité de gestion n’a pas à vocation à intervenir sur des faits divulgués dans la presse ou ayant fait l’objet de procédures judiciaires.” Aurélia Barteau, de la D.D.T., en convient : la tâche du comité de gestion n’est pas simple. Les ser vices de l’État et le comité de ges tion échangent très régulièrement pour débloquer la situation. “Il est dans l’intérêt des chasseurs d’y mettre de la bonne volonté. Si le comité de gestion ne parvient pas à rétablir un climat serein au sein de l’A.C.C.A., la suspension de la chasse sera maintenue, au-delà

de la durée initiale d’un an.” Alors, les chasseurs de Mamirolle font-ils preuve de bonne volonté pour améliorer la situation ? “J’écoute, j’entends, je comprends, j’avance, je patiente, je recule, et je dois composer avec le mensonge, l’injustice et la malveillance, observe Benoît Pascal. Depuis sept mois, on a beaucoup échangé avec les chasseurs et avancé de nom breuses propositions. Je veux espé rer une réelle prise de conscience. La balle est dans le camp des chas seurs.” Dans l’ensemble, “ça avance” , une assemblée générale devrait être programmée prochai nement. À voir donc si les adhé rents de l’A.C.C.A. réussissent à se mettre d’accord. “Il y a une cer

titude : il n’y a pas de différence entre les chasseurs, aucune chasse n’efface l’autre, aucun chasseur n’écrase l’autre. Pour toute mal veillance, il y aura sanction” , pré vient le président du comité de gestion. Pour l’heure, bien que la chasse soit fermée, aucun signalement de dégâts de gibier n’a été relevé par la D.D.T. Le cas échéant, une opération avec les louvetiers pour rait être diligentée afin de réguler le gibier. Plus que les guéguerres internes, il est à espérer que le retour au calme soit dans le viseur des chas seurs. Il en va de la sécurité de tous. n L.P.

conseil d’adminis tration et l’adop tion de nouveaux documents de gou vernance, dont un nouveau règle ment intérieur. “En revanche, il n’appartient pas au comité de ges tion de connaître ou traiter les pro blèmes extérieurs

Sans climat serein, la suspension de la chasse sera maintenue.

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