La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025
6 L’interview du mois
Octobre 2025
AGENCE RÉGIONALE DE SANTÉ
La nouvelle directrice générale
“La décision d’une direction commune entre le C.H.U. de Besançon et l’hôpital de Pontarlier sera prise dans les prochaines semaines” Depuis le 31 juillet, Mathilde Marmier, originaire de Frasne, est la nouvelle directrice générale de la puissante Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté. La médecin en santé publique balaie les principaux dossiers qui font l’actualité de la structure.
Après un parcours déjà brillant, Mathilde Marmier a pris la tête de l’A.R.S. Bourgogne- Franche-Comté.
M.M : Plusieurs mesures sont en place dont une récente : les méde cins solidaires. Cette mesure consiste à identifier des zones rouges prioritaires. On en a 14 dans la région. Au sein de ces zones rouges, des médecins généralistes qui n’exercent pas dans ces zones peuvent venir deux jours par mois avec une rémunération supplé mentaire. Les lieux permettant d’accueillir ces consultations sont en train d’être stabilisés. On est en train de déployer tous nos efforts pour identifier le plus pos sible de médecins volontaires pour aller dans ces zones. La mobilisa tion continue, on passe d’ailleurs un appel aux médecins qui seraient intéressés. Une deuxième mesure se mettra en œuvre plus tard, en novem bre 2026, c’est celle des Docteurs juniors, les étudiants en quatrième année de médecine pour les internes de médecine générale. Soit une année supplémentaire d’internat qui a été instaurée et qui vise à ce que ces internes soient en relative autonomie et puissent représenter une offre de soins sup plémentaire. On est en train de mobiliser des maîtres de stage pour les accueillir et en être res ponsables. Ces internes sont rat tachés à un médecin mais peuvent consulter en autonomie. Au-delà d’une certaine activité et s’ils vont dans une zone prioritaire, ils auront une valorisation financière. Comment qualifier ce chiffre de 14 zones rouges ? Où sont-elles ? M.M : C’est difficile à dire car c’est aussi rapporté à la population, c’est aussi défini au niveau natio
nal. Il n’y en pas dans le Doubs mais il y en a sur des zones plus tendues, notamment la Nièvre, l’Yonne, la Haute-Saône, la Saône et-Loire. Pour terminer sur le sujet des déserts médicaux, nous avons aussi des mesures qui préexistaient au Pacte de lutte contre les déserts médicaux et qui continuent. Notamment les aides à l’installa tion pour les médecins qui sont financés dans le cadre de leur convention avec l’Assurance mala die. On va réviser d’ici la fin de l’année le zonage avec les zones d’intervention prioritaire. On fait un travail très fin au sein de la région pour identifier chaque zone et des aides sont conditionnées à ces zones-là. D’autres mesures existent aussi plus spécifiques à la Bourgogne Franche-Comté. Comme le plan d’attractivité pour les profession nels de santé en lien avec le Conseil régional et la Préfecture.
M athilde Marmier, vous assurez la direction de l’Agence régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté depuis le 31 juillet. Il s’agit de votre premier poste dans une A.R.S. Quelles sont les différences avec les autres structures dans lesquelles vous avez travaillé, notamment les col lectivités locales ? Mathilde Marmier : L’A.R.S. est une structure de l’État à l’échelle d’un territoire. Ce ne sont pas les mêmes compétences, pas les mêmes territoires. Mais il y a des
points communs comme s’adapter concrètement au territoire. On doit faire avec l’offre de soin locale, la démographie, les besoins de santé… Quelle est la problématique la plus pré gnante dans la Région B.F.C. en termes de santé ? M.M : Il y a une forte attention poli tique sur le sujet de l’accès aux soins. Cela s'est illustré par le déplacement du Premier ministre Sébastien Lecornu dans la région sur ce sujet (le 13 septembre à
Mâcon, N.D.L.R.). C’est un sujet fortement porté par nos ministres sur le Pacte de lutte contre les déserts médicaux (annoncé au printemps dernier, N.D.L.R.) et la mise en œuvre concrète des mesures annoncées sur ce sujet. Ce n’est évidemment pas du tout le seul sujet mais c’est un sujet qui fait l’objet de fortes attentes de la population. Quelles sont ces mesures concrètes et comment vont-elles se décliner sur le territoire ?
cialités comme la dermatologie sont concernées dans la région. Cela permet de favoriser les échanges médecins-médecins. Par exemple, vous consultez un géné raliste et il peut avoir facilement accès à l’avis d’un spécialiste, ce qui permet d’optimiser le recours à un spécialiste. Cela existe éga lement entre les établissements de santé. Notre région est-elle attractive pour les professionnels de santé ? M.M : D’une part, on a un enjeu démographique de la population de la région. Les professionnels de santé, notamment médicaux, sont vieillissants. C’est un vrai sujet de préoccupation dans la plupart des départements. Le Doubs est dans une situation un petit peu différente. C’est le seul
En quoi consiste ce plan ? M.M : Il y a la mise en place de la pre mière année d’études de santé dans plusieurs départements, y compris dans des antennes délocali sées (voir plus loin). On finance aussi dans la région des dispositifs pour favoriser l’accès à des soins de spécia listes via la télé expertise. 20 spé
“En zone prioritaire, une valorisation financière pour les médecins.”
Le parcours de Mathilde Marmier O riginaire du Doubs, Mathilde Marmier a grandi à Frasne et a suivi sa scolarité au lycée pon tissalien qui porte le même nom qu’elle. Pendant puis cheffe de service de prévention et des actions sanitaires. Après un tour à la C.N.A.M. (caisse nationale de l’assurance maladie), Mathilde Marmier rejoint la Ville de Paris en 2020 où elle a été successivement médecin cheffe du service de la Protection Maternelle et Infantile (P.M.I.) puis sous-directrice santé des enfants, parentalité, santé sexuelle, jusqu’en jan vier 2024, au sein de la direction de la santé publique. Elle avait 800 agents sous sa direction.
ses études de médecine à Besançon, elle s’oriente vers la spécialisation en santé publique. Politiques de santé, organisation des soins, prévention, conseillère auprès des ministères et des collectivités locales, laboratoire de recherche… Les domaines d’intervention d’un médecin en santé publique sont variés. Mathilde Marmier a été pendant trois ans (2012 2015), conseillère aux questions de société, de droits des usagers, de la santé mentale et des populations vulnérables au sein du cabinet de la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine. Elle part ensuite travailler pendant quatre ans (jusqu’en 2019) auprès d’une collectivité locale, le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis en tant que res ponsable de la stratégie des maladies infectieuses
De janvier à septembre 2024, elle rejoint le cabinet du Premier ministre Gabriel Attal, comme conseillère en santé publique et handicap, avant de rejoindre l’agence de biomédecine. Elle y assurait les fonctions de directrice de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaine. Depuis le 31 juillet dernier, elle a pris la direction de l’A.R.S. Bourgogne-Franche-Comté, son premier poste dans une A.R.S. n
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