La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025
14 Économie
Octobre 2025
INDUSTRIE
Mobilisation du 13 octobre
Les patrons de la métallurgie font entendre leur voix Ils veulent aussi contrecarrer le discours ambiant consistant à vouloir stigmatiser les entrepre neurs. Ces représentants des P.M.E. industrielles locales ne cachent plus leur exaspération.
de redistribution tel qu’il existe en France, mais avant de redis tribuer, il faut pou voir créer de la richesse et ce sont bien les entreprises qui créent de la richesse, pas l’État. On veut faire passer le message qu’entre prendre en France, ce n’est pas un gros mot, et ça a encore du sens !” Tous ces responsa bles de P.M.E. s’of
présentée par France Stratégie pour vérifier. On demande juste un peu d’honnêteté intellectuelle” ajoute le représentant national. Les industriels locaux se sentent sous tension et ont tenu à le faire savoir. “Dans la plupart de nos entreprises, la visibilité moyenne est d’à peine deux semaines en ce moment pour nos car nets de commandes. Difficile d’être serein” ajoute M. Quivogne. Le Pon tissalien Damien Tournier, président de l’U.I.M.M. du Doubs et par ailleurs patron de Schrader Pacific à Pontarlier est confronté tous les jours à ces pro blématiques dans un secteur automo bile européen bien à la peine. Dans un secteur situé à quelques kilomètres de la frontière suisse où là-bas, quand un salarié en Suisse perçoit 2,2 à 2,3 fois le salaire d’un salarié français pour le même poste, le coût pour l’em ployeur suisse est à peine de 15 % supérieur, à cause du différentiel de taxes entre le système français et le système helvétique. “Nous voulons continuer à travailler, à avancer, à innover, il faut juste qu’on nous en laisse la possibilité” plaide l’industriel pontissalien. Unanimement, tous ces chefs d’entre prise se joindront au mouvement du 13 octobre en espérant, disent-ils, que la voix des entrepreneurs sera mieux entendue. n J.-F.H.
L eur parole est assez rare pour être écoutée. Sera-t-elle enten due ? C’est une autre question. À quelques jours de la journée de revendication du 13 octobre portée par une bonne partie du patronat, les
représentants de la filière métallurgie de la région - soit 60 % des emplois de l’industrie - montent au créneau, appuyés par la présence du délégué national de l’U.I.M.M. Hubert Mongon, venu il y a quelques jours à Besançon
tenter de porter la bonne parole des entrepreneurs. “Des secteurs de l’in dustrie s’en sortent bien, c’est le cas de l’aéronautique, de l’énergie, de la défense. D’autres souffrent beaucoup en ce moment, comme l’automobile et le machinisme agricole. Des nuages s’accumulent actuellement dans une ambiance générale qui n’est pas tou jours favorable aux entrepreneurs et une incertitude politique qui pèse sur le moral. Nous sommes là pour dire notre exaspération car dans ce contexte incertain, s’il y a un îlot de stabilité, c’est bien l’entreprise. Laissons aux entrepreneurs la liberté d’entreprendre et de travailler !” est venu plaider le patron de l’U.I.M.M. aux côtés de ses collègues des quatre départements francs-comtois. Trois thématiques préoccupent les chefs d’entreprise actuellement : le système productif français beaucoup trop entravé selon ces dirigeants, le poids de la protection sociale dans l’endettement, et la question du fonc tionnement du marché du travail avec un taux de chômage chez les jeunes qui atteint 18 %. Jean-Luc Quivogne, le président de l’U.I.M.M. Franche Comté embraye : “Nous sommes évi demment pour pérenniser le système
“Entreprendre, ce n’est pas un gros mot, et ça a encore du sens !”
fusquent de l’amalgame qui existe actuellement entre la grande majorité des entreprises qui peinent à dégager de la marge et les barons du C.A.C. 40 qui ne jouent pas dans la même cour. “Je rencontre tous les jours des patrons qui ne se payent pas certains mois parce que leur entreprise ne dégage pas suffisamment de trésorerie” ajoute Hubert Mongon dont les débats tronqués sur les aides aux entreprises ou la taxe Zucman font également bondir. “On avance des chiffres farfelus de 211 milliards d’euros d’aides publique, cette somme est l’empilement de dizaines de mesures d’aides qui n’ont rien à avoir avec le soutien aux entreprises. Il suffit de prendre connais sance de la dernière étude détaillée
Hubert Mongon, délégué général de l’U.I.M.M. nationale. entouré du président du Doubs Damien Tournier (à gauche) et de Jean-Luc Quivogne, le président régional du syndicat.
EN BREF
VALDAHON
Le prix de la propreté
Combien coûtent réellement la nouvelle déchetterie et le pôle de réemploi ? Face au défi des nouvelles filières de tri, la communauté de communes des Portes du Haut-Doubs et Préval portent le projet d’un pôle de réemploi et d’économie circulaire. L’investissement s’élève à plus de 10 millions d’euros dont 1,5 million d’euros pour la déchetterie de Valdahon.
Vache de salon L’association Doubs Terre d’élevage a annoncé l’annulation de l’édition 2025 de l’exposition Vache de salon qui devait se Besançon-Micropolis, en raison du contexte sanitaire trop incertain à cause de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (D.N.C.) qui touche la filière bovine. C.L.A. Le Centre de linguistique appliquée (C.L.A.) de l’Université Marie et Louis Pasteur a un nouveau directeur, Lucas Levien. Diplômé de Sciences Po Paris, Lucas Levien a exercé différentes responsabilités dans le réseau culturel français à l'étranger, notamment à La Haye, Abuja, ou encore Shanghai. Le C.L.A. a été créé en 1958. Il est l’un des tout premiers centres à avoir développé un enseignement pratique des langues étrangères qui s’appuie sur les recherches en linguistique appliquée à l’enseignement, des outils et des méthodes modernes : laboratoires, méthodes communicatives, auto apprentissage. tenir du 21 au 23 novembre à
I l tient à mettre les points sur les i. Quand Pierre-François Bernard voit passer sur les réseaux sociaux que la déchetterie de Valdahon va coû ter 6 millions d’euros, ça le fait bondir. D’autant plus que le financement venait d’être acté à l’unanimité par les élus de la C.C.P.H.D. Le maire des Pre miers sapins et élu en charge des déchets et des ressources à la com’com replace les chiffres : le projet de pôle de réemploi et d’économie circulaire nécessite un investissement de plus de 10 millions d’euros. Parmi cette somme, le coût de la déchetterie est estimé à 1,5 million d’euros. L’investissement total est pris en charge par Préval à 55 %, et 45 % pour la com’com. “Préval, c’est 155000 habitants, la com’com 27 000, souligne Pierre François Bernard. C’est le projet
Pierre-François Bernard (également élu en charge des déchets à la com’com), Jessica et Nathalie Brachet, des citoyens engagés dans le projet de recyclerie qui fait partie du futur pôle de réemploi.
du mandat, il a fallu convaincre les élus. Le projet a été voté à l’unanimité.” Face à l’essor des nouvelles filières de tri, de nouvelles déchetteries “plus agiles, plus mobiles” sont nécessaires. À titre d’exemple, quatre nouvelles R.E.P. (responsabilité élargie du producteur) ont été déployées l’année dernière: produits et matériaux de construction de bâtiment, articles de bricolage et jardinage, articles de sport et loisirs, et jeux et jouets. La com’com a ainsi lancé le chan tier de construction de deux nou velles déchetteries (Valdahon et Orchamps-Vennes) et de réor ganisation de deux autres (Bou clans et Pierrefontaine-les Varans). Un système de lecture de plaques d’immatriculation permettra d’uniformiser et faci liter l’accès à ces déchetteries.
Les trois autres déchetteries à Avoudrey, Étalans et Vercel vont fermer. “Il y a un grand enjeu sur la formation du personnel. On souhaite aussi recueillir l’avis du public pour que l’accueil et le service soient aussi profession nels et exigeants que l’investis sement que l’on met. S’il faut des ouvertures plus tard, de l’aide pour décharger, etc. Il va donc y avoir une montée en compétences de nos personnels” , relève le maire des Premiers sapins. Si le nombre de déchetteries sur le territoire diminue de 7 à 4, il n’y aura pas de baisse du nombre d’agents, voire un renforcement. Mais le pôle de réemploi et d’éco nomie circulaire va, bien sûr, plus loin que la déchetterie. Il comprend la construction de la maison du réemploi sur trois étages, le nouveau bâtiment des services techniques, d’un atelier
de démantèlement et d’une pla teforme de broyage des végétaux. Le permis de construire a été déposé, et l’enquête publique I.C.P.E. Environnement va être lancée. “Les lots seront attribués aux entreprises en début d’année pour un début des travaux fin 2026” , estime l’élu. Si l’horizon peut paraître encore lointain, ce projet remonte déjà à plu sieurs années. Nathalie Brachet, ancienne élue à Gonsans, en avait déjà entendu parler. Aujourd’hui, elle s’investit en tant que citoyenne dans l’asso ciation Ré’cap. Cette dernière réunit une quinzaine de citoyens et fonctionne de manière collé giale pour construire la gouver
nance de la future recyclerie matériauthèque. “Quand on voit tout ce qui est incinéré, il faut vraiment réduire ces déchets et développer une qualité du tri des déchets” , observe Nathalie Bra chet. La recyclerie-matériauthèque prendra place dans la maison du réemploi, à côté d’un café restaurant, d’un atelier de répa ration, d’un atelier de lavage de contenant, d’une objetothèque, des salles de formation, des espaces de sensibilisation, etc. Le pôle de réemploi et d’économie circulaire s’étendra sur une sur face de 5,3 hectares sur l’ancien terrain de moto-cross. n L.P.
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