La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025

12 L’événement

Octobre 2025

l Conseils

Une visite à Mouthe

Comment réhabiliter son patrimoine ? À la demande des collectivités, le C.A.U.E. et l’A.D.I.L. du Doubs organisent régulièrement des ateliers sur diffé rentes thématiques. Les deux structures étaient à Mouthe le 12 septembre dernier pour présenter aux particuliers l

Q ue se soit pour leur propre habitation ou dans la pers pective d’y aménager des logements, les propriétaires de fermes sont souvent à la recherche de conseils, voire d’accompa gnement technique. C’est l’objectif même de cet atelier qui a réuni une poignée de participants soucieux de moderniser leur habitat sans fausse note et tout en res pectant les spécificités de ces bâtisses anciennes. L’occasion pour Stéphane Por cheret, urbaniste conseiller au C.A.U.E. du Doubs de rappeler l’importance de pren dre en compte le cadre réglementaire dans lequel se situe le bâtiment. “Il y a différents dispositifs comme les Périmètres Délimités des Abords souvent liés à la présence de monuments historiques où les modifications de l’aspect extérieur des immeubles doivent recevoir l’autorisation de l’A.B.F. On trouve aussi des Sites Patrimoniaux Remarquables qui, en zone rurale, prennent la forme de Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (P.V.A.P.). Ces documents identifient les immeubles, espaces publics, sites, cours d’eau à protéger, mettre en valeur ou à requalifier.” Il convient aussi de se référer au cadre réglementaire lié au code de l’urbanisme qui sont spécifiés dans les règlements de P.L.U., P.L.U.I., ou à défaut dans la carte communale et le Règlement National d’Ur banisme. S’appliquent aussi les servitudes de droits privés : droits de passage, distance

par rapport aux limites séparatives… Autre chapitre : l’identification du bâtiment. “Il existe des ressources Internet incontour nables comme le cadastre napoléonien ou le cadastre actuel qui renseignent sur la date des bâtiments, leurs limites. On s’in téresse ensuite aux qualités architecturales de la construction : implantation, agence ment, modes de mise en œuvre des maté riaux… Toute intervention doit tenir compte des caractéristiques et du style existant” , insiste Vincent Paillot, architecte conseiller au C.A.U.E. 25. L’identification prend aussi en compte les matériaux de construction utilisés comme le bois, les enduits, les bardages… “Pour la rénovation, on conseille d’utiliser les matériaux bio-sourcés comme la paille, le chanvre, les enduits à base de sables locaux, des tuiles à base d’argiles, des structures et menuiserie en bois.” La rénovation du

e cadre réglementaire, les matériaux, les moyens de chauffage et les solutions énergétiques les plus appropriés pour la réhabilitation du patrimoine ancien.

patrimoine est surtout une affaire de respect et de bon sens, en évitant tout recours à des maté riaux d’imitation et à des techniques industrielles peu compatibles avec les qualités patrimoniales de la construction ancienne. La rénovation énergétique d’une ancienne ferme reste l’un des principaux sujets de préoccupation des propriétaires. “Il faut

La ventilation reste le parent pauvre de la rénovation.

suivre une chronologie précise en respectant trois principes : isoler, ventiler et adapter le système de chauffage. L’isolation va per mettre de réduire les déperditions. Avec les aménagements, on va bouleverser l’équilibre du logement, d’où l’importance d’avoir un bon système de ventilation pour éviter les problèmes d’humidité, la concentration en radon ou en monoxyde de carbone. À partir de là, on peut adapter le système de chauf fage” , récapitule Paco Guardado, conseiller en rénovation énergétique à l’A.D.I.L.

Très souvent utilisé pour délimiter les parcelles agricoles, le muret en pierres sèches assemblé sans aucun liant donne forcément du caractère à une construction ancienne.

l Vaudrivillers

Pergola tournante

Des solutions techniques innovantes L’entreprise Tonic Energy à Vaudrivillers conçoit des produits (traceur, pergola orien table, abri de jardin…) équipés de panneaux photovoltaïques en autoconsommation avec diverses options de valorisation énergétique. Un savoir-faire 100 % Doubs.

“On accompagne un projet de sa conception à l’installation”, précise Jean-Frédéric Grau à l’abri de la pergola tournante, dernière de ses inventions

L’ engouement autour du photovoltaïque en autoconsommation attire forcément des opportunistes beaux parleurs avant tout soucieux de placer leur produit sans autre préoccu pation. Pas d’étude préalable des besoins, pose aléatoire, et souvent un S.A.V. inopérant. De quoi lais ser le client livré à lui-même et qui doit souvent se tourner vers des entreprises locales pour essayer de valoriser un tant soit peu leur investissement. Les exemples ne manquent pas dans l’éolien domestique comme dans le solaire. “Avant de proposer et de dimensionner une installation photovoltaïque, il faut prendre en compte différents paramètres pour aboutir à une solution cor respondant aux besoins du client” , explique Jean-Frédéric Grau, le patron de l’entreprise Tonic Energy basée à Vaudrivillers. Avant de se mettre à son compte, cet électricien de formation a tra

vaillé pendant une vingtaine d’années en bureau d’études pour concevoir des prototypes de machines utilisées dans l’indus trie. “J’ai toujours été passionné par l’électricité et la technique. C’est un gros avantage d’être élec tricien pour poser ce type d’ins tallation.” L’utilisation des panneaux pho tovoltaïques en autoconsomma tion n’est pas nouvelle. Cette technologie existait déjà dans les années quatre-vingt mais elle n’était pas rentable au vu du prix du kWh de l’époque. “On en trou vait surtout sur des sites isolés qui n’étaient pas alimentés par le réseau électrique” , précise Jean Frédéric Grau. La force de son entreprise réside dans la maîtrise complète du projet, de la concep tion à la maintenance de l’ins tallation, en passant par la fabri cation des produits et à leur installation. L’entreprise emploie deux salariés Julien et Yoann. “On travaille

avec plusieurs marques de pan neaux. Ils sont tous bi-verre, c’est à-dire avec des cellules photovol taïques encapsulées entre deux feuilles de verre, et bi-faciaux pou vant ainsi capter l’énergie solaire sur les deux faces.” Jean-Frédéric Grau et ses colla borateurs réalisent des installa

photovol taïques.

diverses raisons (mauvaise orien tation, charpente inadaptée), il a transféré la technologie sur des d’autres supports. Premier exemple avec l’AbriTo nic : un abri de jardin esthétique, écologique et intelligent. Construit en bois avec des maté riaux recyclables, cet abri est équipé de panneaux photovol taïques et d’un système de récu pération d’eau utilisable pour l’arrosage, le lavage… “Il peut aussi servir de borne de recharge pour des outils de jardin ou de bricolage à batterie. Cet abri est équipé d’un système de sèche linge intégré.” L’abri de jardin peut aussi servir d’abri tout court. L’électricien de Vaudrivillers a aussi mis au point le Traceur

Lux-Ions, premier traceur pho tovoltaïque français conçu en Franche-Comté. “Ce produit est disponible en différentes puis sances de 1 kW à 3 kW avec des panneaux garantis 30 ans et bien adaptés aux rigueurs clima tiques.” La dernière pépite sortie en 2023 de l’atelier de Tonic Energy prend la forme d’une per gola tournante. “Cette solution répond aux attentes de personnes qui n’ont pas assez de surfaces pour rentabiliser une installation en toiture. La pergola tournante reprend le principe du traceur qui suit le soleil. Quelle que soit la solution, on part toujours du besoin en prenant aussi en compte les éventuelles évolutions de la maison. À partir de là, on déter

mine la puissance de la centrale en mettant la domotique en place pour optimiser l’autoconsomma tion. Deux options sont possibles pour valoriser le surplus de pro duction : la revente à un opérateur ou on passe en mode batterie vir tuelle ou physique, le tout assorti d’un système back-up permettant d’alimenter l’alimentation en cas de coupure ou de panne de cou rant.” Quelques pergolas tournantes fonctionnent déjà dans le Haut Doubs, la rotation augmente de 40 à 50 % la production par rapport à un panneau fixe. “On intervient principalement dans le Doubs avec quelques réalisations dans le Jura et en Haute-Saône.” n F.C.

tions photovol taïques en toiture comme on en voit un peu partout. “On essaie de gérer l’au toconsommation en utilisant des ondu leurs permettant de produire l’eau chaude domestique, de chauffer la mai son ou d’alimenter une borne de recharge pour la voi ture électrique.” Conscient que l’ins tallation en toiture n’est pas toujours possible pour

“On part toujours du besoin des clients.”

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