La Presse Pontissalienne 309 - Octobre 2025

L’événement 9

Octobre 2025

l Besançon Des prix en baisse Les agences immobilières retrouvent l’espoir

Même si l’heure n’est pas encore à l’euphorie, les deux années de crise immobilière subies par la profession semblent derrière. Le point avec le réseau Plaza Immobilier.

est plus sur 4 à 5 mois en ce moment” ajoute M. Goursolle. La complexification des procédures liées au D.P.E. ne fait que contribuer à allonger ces délais. Mais pour les professionnels bisontins, l’essentiel est là : “On a retrouvé nos vendeurs et nos acquéreurs. Les vendeurs ont accepté le fait que le marché a un peu baissé, on retrouve un certain équi libre. Mais on se serait bien passé de l’instabilité politique actuelle qui reste une vraie interrogation pour les acqué reurs potentiels” tempère Adeline Das prés. Une clientèle a pour l’instant quasiment disparu, c’est celle des investisseurs qui n’ont plus de dispositifs fiscaux avantageux pour les inciter à acheter. “Il faut impérativement que l’État annonce des choses à court terme si on veut que la reprise soit réellement là” note ce responsable d’agence. Une autre clientèle pointe à nouveau le bout de son nez, celle des primo-accé dants, mais à la différence d’avant la crise, ils doivent impérativement arriver avec un minimum d’apport s’ils veulent

S i ce n’est pas encore l’enthou siasme retrouvé, “c’est en tout cas la fin de la morosité. Le tunnel est long, mais on voir enfin la lumière” tempère Patrick Goursolle, responsable des agences Plaza Immobilier Besançon, Pontarlier, Morteau et Champagnole. Après deux ans de difficultés liées notamment à la hausse des prix dans le neuf, combinées à une hausse des taux d’intérêt, désormais repartis à la baisse, les acquéreurs potentiels sem blent avoir un peu changé de méthode. “On constate qu’ils sont de plus en plus dans la discussion des prix, la négocia tion devient systématique, ce n’était pas le cas avant 2023.” Les agents constatent aussi une tendance à la pondération de la part des clients. “Ils sont bien conscients de leurs capacités financières et ne cherchent pas à visiter ou à discuter d’une maison à 400 000 euros si leur capacité est de 300 000. On revient à un certain équilibre” constate Patrick Goursolle. La baisse progressive des taux depuis plusieurs mois a redonné un coup de fouet au marché. Mais ce qui a vraiment relancé la machine, c’est quand les can

didats à l’acquisition se sont rendu compte que les prix ne baisseraient pas plus, ils se sont donc remis à discuter. Depuis deux ans, les prix avaient pour tant connu un tassement, Le réseau Plaza estime la baisse des prix à “- 10

à 15 % dans le secteur de Besançon par rap port à 2023” note Ade line Dasprés, respon sable de l’agence bisontine du réseau Plaza. Les délais pour écouler un bien ont également changé. Alors qu’il était fréquent de signer des ventes en deux mois ou deux mois et demi avant la baisse de 2023-2024, c’est moins vrai aujourd’hui. “On

“Le tunnel est long, mais on voit enfin la lumière.”

À l’agence Plaza de Besançon, on retrouve le sourire, les affaires semblent repartir.

voir leur dossier aboutir. Et comme la génération Z préfère souvent les loisirs aux investissements de long terme, “on commence à retrouver une partie d’entre

eux, c’est-à-dire les fourmis. Les cigales, elles, on ne les voit pas revenir…” sourit la responsable. n J.-F.H.

l Analyse Agence Adéquate Immobilier Un marché immobilier très contrasté dans le Haut-Doubs Alors que les ventes de maisons individuelles sont en berne, les petits biens trouvent facilement des acquéreurs moins exigeants en termes de confort que la clientèle frontalière dans l’attente d’avoir plus de visibilité professionnelle avant d’investir dans des biens plus confortables. Entretien avec Hugues Delpech de l’agence Adéquate Immobilier à Pontarlier.

“Comme le marché de la maison neuve est atone, les promoteurs se retournent sur des projets collectifs”, observe Hugues Delpech de l’agence Adéquate Immobilier.

P as besoin d’être un expert dans l’immobilier pour constater que le temps des lotissements qui se remplissaient en deux temps trois mouvements n’est plus trop d’actualité. Tout comme l’euphorie de l’après-Covid. “Les gens étaient prêts à tout pour trouver des maisons et des logements plus confortables. Pendant cette période, les ventes avaient bondi de 20 %” , se souvient Hugues Delpech qui exerce depuis un peu moins de vingt ans dans l’immobilier local. Au point de créer en 2017 Adéquate Immobilier. Cette agence regroupe aujourd’hui sept personnes opérant chacune sur son ter ritoire: Pontarlier, Métabief, Levier, vallée de la Loue, Morteau et Nozeroy. “Ces agents commerciaux connaissent bien leur secteur car ils y vivent.” La conjoncture nationale et interna tionale a bien changé. Guerre en Ukraine et ses conséquences sur les prix des matériaux, évolution des

normes en termes de performance éner gétique, tous ces paramètres ont fait progresser le coût de la construction de près de 20 %. Dans le même temps, les taux d’emprunt sont repartis à la hausse. Un bien neuf qui valait entre 220 000 et 250 000 euros en vaut dés ormais 300 000 euros. Le montant des remboursements mensuels a suivi la

nement incitent plutôt les acheteurs potentiels à la prudence et au report d’achat sauf pour des raisons impé rieuses type divorce, séparation… “Inversement, le marché concernant les biens plus accessibles se porte plutôt bien. Il intéresse les investisseurs et une clientèle de non frontaliers, des primo accédants. Le prix de ces biens varie entre 100000 et 120000 euros.” Les menaces d’augmentation des taux à l’exportation imposés par les États Unis sur les produits manufacturés suisses ne donnent guère confiance aux travailleurs frontaliers. Ils ont encore les moyens mais savent bien que la situation peut changer du tout au tout en cas de licenciement. Les profession nels de l’immobilier s’inquiètent aussi du développement d’un marché immo bilier virtuel sur les réseaux sociaux. Pour autant, il reste encore des marges

de manœuvre. “Aujourd’hui encore, 40 % des ventes se font de particuliers à particuliers. C’est un marché sur lequel on peut se positionner. On doit évoluer notamment au niveau de la communi cation. Il faudra être beaucoup plus offensif et se montrer de plus en plus intrusif pour aller chercher le client sur son canapé.” Par curiosité, Hugues Del pech a testé quatre I.A. différentes sur l’estimation d’un bien qu’il avait vendu. “Une des quatre n’a pas voulu participer. Celles qui ont répondu ont sous-estimé ou surestimé de près de 50 % la valeur du bien. C’est assez rassurant. En revanche, pour l’analyse du marché immobilier, les I.A. ont fait preuve d’une précision assez stupéfiante. Un seul paramètre leur a échappé, le côté sen timental, coup de cœur qu’un être humain peut avoir pour un bien immo bilier qui lui plaît.” n F.C.

quels les banques semblent à peine moins exigeantes que ces deux dernières années au sujet de l’apport personnel. Depuis le 1 er mai dernier, dans le Doubs où le Conseil départemental a décidé de relever la taxe sur les droits de mutation de 4,5 à 5 %, ces primo-accédants ont été épargnés de cette augmentation. “Ce qui n’est pas anodin pour un primo-accédant, avec des taxes qui peuvent représenter jusqu’à quelques milliers d’euros.” n J.-F.H. Annick Muller-Pugin, notaire à Pontarlier, est vice-présidente de la Chambre Interdépartementale des Notaires de Franche-Comté.

tendance haussière sans que les revenus et les capacités de rembourse ments aient changé. Le potentiel d’acheteurs de biens plutôt réservés à une clientèle aisée, type frontalier, s’est rétréci. “On constate que les ter rains sont très difficiles à vendre. On en a vendu trois récemment sur le secteur du lac.” En France, les multiples changements de gouver

Un marché immobilier virtuel sur les réseaux sociaux.

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