La Presse Bisontine 272 - Janvier 2025

Mensuel d'informations de Besançon et du Grand Besançon

NOUVEAU de 10h00 di au samedi : Du mar

apans 1 chemin des Maur 03 81 51 33 36 Châtillon-le-Duc 25870 à 12h00 et 14h00 à 18h30

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JANVIER 2025

Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon

www.presse-bisontine.fr

N° 272

Automobilistes bisontins, la municipalité vous souhaite une bonne année 2025 !

Fin de journée ordinaire à Besançon...

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Besançon

Économie

15 ans plus tard Le bide de la zone d’activité des Auxons

Inquiétude des salariés La société Flowbird ex-Parkéon passe sous pavillon suédois

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SAC Il C cage tous nos efforts de tri ! orts de tri !

le bac jaune ! FERMÉS, sacs amais dans e bac jaune !

j Les sacs ja

2 Retour sur info

La Presse Bisontine - Janvier 2025

Hospitalisation à domicile :

La Cour d’appel relaxe la ville sur des stationnements illégaux

la Mutualité déboutée

L e référé suspension demandé par la Mutualité Française Comtoise suite à la décision des autorités sanitaires de lui retirer ses agréments pour gérer le service d’Hospitalisation à domicile (H.A.D.) pour le Doubs et deux autres départements francs comtois (voir notre édition précédente) a été rejeté par les juges en fin d’année. Pour la Mutualité, c’est une perte de 24 millions d’euros de chiffre d’affaires (plus d’un quart du chiffre global) pour un service qui emploie près de 180 personnes. L’intégralité du per sonnel concerné (la Mutualité garde juste son antenne H.A.D. de Vesoul) sera reprise par l’association Santexcel à qui l’A.R.S. a souhaité confier le service de H.A.D. Cette décision, brutale pour les instances de la Mutualité, devait initialement s’appliquer dès le 1 er janvier, mais les juges du tribunal ont juste laissé un sursis de deux mois pour l’appliquer, pour laisser le temps à la Mutualité de passer le relais un peu plus sereinement à Santexcel. L’instance mutualiste n’en restera pas là. “L’action judiciaire n’est pas

En perdant cette activité, la Mutualité perd également l’utilité de ses antennes locales de l’H.A.D. qu’elle compte bien valoriser.

E n 2020, les associations bison tines Trottoirs libres ! et Asso ciation Vélo Besançon avaient saisi le tribunal administratif pour dénoncer des arrêts illégaux sur les trottoirs et bandes cyclables mais tolérés selon elles par les autorités. Ces stationnements “en violation du Code de la route et de la loi Handicap de 2005, compromettent la sécurité des usagers les plus vulnérables”, comme les piétons, cyclistes, per sonnes handicapées, enfants, per sonnes âgées, etc. En décembre dernier, la Cour admi nistrative d’appel a estimé que les efforts de la Ville en la matière étaient suffisants, elle ne condamne donc pas la collectivité. Un jugement que regrettent les deux associations car “le problème persiste. Ce jugement

ne doit pas occulter les enjeux : un trottoir ou une bande cyclable obs truée, c’est une mise en danger pour les usagers.” Elles appellent à des solutions comme la création d’amé nagements adaptés, des contrôles renforcés ou encore la sensibilisation des usagers. En première instance, en 2022, le tri bunal administratif de Besançon avait rejeté les demandes des deux asso ciations, qui portaient sur la mise en œuvre des pouvoirs de police du maire en vue de faire respecter les règles de stationnement et d’arrêt, la prise de mesures, réglementaires ou exécutoires, pour mettre fin à ces pratiques et la condamnation de la commune de Besançon à verser, à chaque rue, la somme d’1 euro en réparation du préjudice. ■

terminée, il y a toujours un recours sur le fond du dossier qui sera examiné plus tard par la justice. Nous comptons bien valoriser tous les actifs que nous trans férons dans cette opération” note Michel

contournement ouest de Besançon. En l’espèce, les travaux de mise à deux voies de la R.N. 57 entre Beure et le quartier de l’Amitié à Besançon. Le tribunal a décidé de surseoir à statuer pendant 8 mois. Ce laps de temps doit servir à la Préfecture et aux services de l’État pour clarifier et communiquer au public la situation financière et les condi tions de financement du chantier estimé à 139 millions d’euros. Car ce montant a augmenté depuis la première estimation de 130 millions d’euros, datant d’avant la guerre en Ukraine et le rebond du prix des matériaux. Le tribunal a donc estimé que le public a manqué d’informations précises et détaillées sur le financement pendant l’enquête publique. Il demande donc à l’État de régulariser ce fait dans les huit mois. C’est seulement une fois ce délai passé que le tribunal administratif jugera de la légalité du projet et donc de sa réalisation ou non… ■ Couhert, le directeur général de la Mutualité Française Comtoise qui ne compte pas lâcher cette activité sans obtenir une indemnisation du préjudice subi par cette perte d’activité. ■

Contournement ouest : 8 mois pour clarifier la situation financière

L e tribunal administratif a rendu son délibéré en tout début d’année, concernant la demande d’un collectif

d’associations demandant l’annulation de l’arrêté préfectoral jugeant d’utilité publique les travaux d’achèvement du

Le financement des travaux pour achever le contournement ouest estimé à 139 millions d’euros doit être clarifié dans les huit mois.

Le stationnement récurrent de véhicules sur les trottoirs et bandes cyclables est dénoncé par les associations Trottoirs libres ! et Association Vélo Besançon.

B esançon, sa Citadelle, sa boucle du Doubs, ses collines verdoyantes et surtout… ses embouteillages. Voilà que la maire de Besançon fait de la calamité de milliers d’usagers de la route au quotidien le pain bénit de sa communication dans une vidéo hallu cinante postée sur son propre compte Facebook en fin d’année. Et non, ce n’était pas une provocation de plus à l’adresse des méchants automobilistes - quoique - , puisque cet abracadabrantesque exercice de style - combien a-t-il coûté au contri buable ? - était accompagné d’un texte tout aussi lunaire vantant la ville et son attractivité, les milliers de voitures blo quées sur les principaux axes, soigneu sement filmées par des drones, étant donc considérées comme “une bonne nouvelle pour notre ville” dixit Anne Vignot. La Éditorial Décrédibilisant

pour sa ville et pour elle-même et ses alliés verts, eux qui souvent ne connaissent de Besançon que les rues du centre-ville qu’ils arpentent à vélo, autocentrés sur leur vie bisontine et occultant de fait celle de milliers de citoyens de G.B.M. habitant la périphérie. Cet exercice de communi cation ubuesque n’est pas à la hauteur de la première magistrate d’une agglo mération de plus de 200 000 habitants, dont plus de la moitié dépend encore des véhicules - d’ailleurs peut-être tous élec triques d’ici dix ans. Ce qu’on serait en droit d’attendre d’une présidente d’ag glomération écologiste, c’est justement qu’elle apporte des solutions innovantes, visionnaires, ambitieuses pour les dépla cements de ses administrés comme pour la production d’énergies alternatives. Pour l’instant, sur ces deux seuls marqueurs, on est très loin du compte. En attendant, automobilistes, souriez, vous arrivez à Besançon… ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser

maire y développe ensuite tout un argu mentaire pour redire son opposition farouche au doublement des voies entre Beure et Micropolis estimant, avec le plus grand sérieux, que “les travaux impacteront le trafic pendant au moins 10 ans en créant un étranglement au niveau de Micropolis, et les bouchons seront nécessairement en hausse.” De qui se moque M me Vignot alors que sans les tergiversations infinies et les débats tout aussi stériles qu’elle a elle même alimentés avec ses amis écologistes, cette voie de contournement serait ter minée depuis longtemps, et les bouchons avec ? Cette vidéo bien sûr a été partagée des centaines de fois jusqu’aux rédactions parisiennes qui n’ont pas manqué cette occasion de moquer une nouvelle fois Besançon qui devrait plutôt se distinguer sur la scène nationale pour ses prouesses avant-gardistes en matière d’écologie ver tueuse et constructrice que par ce genre de dérapages totalement décrédibilisants

Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni. A collaboré à ce numéro : Sarah George. Directeur artistique : Olivier Chevalier. Conception pubs : Éloïse Perrot. est éditée par la société “Publipresse Médias” S.I.R.E.N. : 424 896 645 Rédaction et publicité: 0381679080 E-mail: redaction@publipresse.fr Crédits photos : La Presse Bisontine, Association Pictura, Lucas David, Emma.Com, Patrick Giraudoux, Véronique Giraudoux. équipe commerciale : Virginie Girardot, Anthony Gloriod.

Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1623-7641 Dépôt légal : Janvier 2025 Commission paritaire : 0225 D 80130

4 Besançon et le Grand Besançon

La Presse Bisontine - Janvier 2025

R.N. 57

Polémique avec son vice-président

Travaux Beure-Micropolis : décidément, Anne Vignot n’en veut pas… Nouveau psychodrame lors du dernier conseil communautaire. Yves Guyen, le Monsieur Routes de G.B.M. apprend à son insu qu’Anne Vignot s’est positionnée à nouveau contre la terminaison des travaux.

Débandade La Débandade, chœur d’hommes de Franois donne un concert au profit de la Banque Alimentaire le 2 février à 16 heures, en l’église Saint-Louis de Montrapon. Au programme, un après midi festif, à partir d’un répertoire de musiques françaises et étrangères, profanes et sacrées, quelquefois humoristiques, toujours variées. Achat des places en ligne, par le dispositif Helloasso, (hello asso la débandade dans le moteur de recherche). Concert L’association bisontine Arts en Synergie organise un grand concert de la grande pianiste Aglaya Zinchenko au Grand Kursaal le 15 février à 20 heures. Après avoir interprété des œuvres de Chopin en 2020, Tchaïkovski en 2022, Brahms en 2023, Schubert en 2024, ce concert sera consacré à la musique française lors d’un récital piano solo et quatre mains. Elle donnera une première partie à 4 mains consacrée à la musique française avec la pianiste suisse Christiane Baume Sanglard. Vente en ligne sur Hello Asso Arts en Synergie ou le jour du concert à partir de 19h15. C’est en découvrant un courrier qu’Anne Vignot a transmis aux services de l’État à la clôture de la énième enquête publique diligentée par la D.R.E.A.L. au sujet du chantier de mise à 2 X 2 voies de la portion Beure Micropolis que le maire d’École Valentin a réagi. “Cette enquête publique s’est déroulée du 21 octobre au 21 novembre, 210 contributions ont été déposées. EN BREF C’ est avec une colère, certes contenue, mais visiblement sincère, que le maire d’École Valentin, vice-président de Grand Besançon Métropole en charge des infrastructures rou tières Yves Guyen a pris la parole lors de la dernière assem blée du conseil communautaire de G.B.M. pour dénoncer ce qu’il considère être une manœuvre de sa propre présidente Anne Vignot.

J’ai découvert que G.B.M. en avait déposé une juste après la clôture de cette enquête publique, adressée au préfet, signée d’Anne Vignot, où elle remet à nouveau en cause ces travaux. Alors que G.B.M. s’est déjà prononcé plu sieurs fois en faveur de ces tra vaux, par un vote démocratique, je me pose la question de la per tinence d’une telle contribution !” s’emporte Yves Guyen qui n’a pas du tout apprécié la méthode employée par M me Vignot. “Un tel courrier aurait dû être co signé par le vice-président chargé des infrastructures (en l’occurrence lui-même N.D.L.R.). Je demande juste le respect de la décision de G.B.M. qui s’est clairement prononcé dès 2021 en faveur de ce chantier.” Dans le courrier adressé au préfet, Anne Vignot souligne à nouveau son opposition au pro jet : “Les travaux de la R.N. 57

sont présentés comme la seule solution pour fluidifier la cir culation. Or les travaux impac teront le trafic pendant au moins 10 ans en créant un étranglement au niveau de Micropolis, et les bouchons seront nécessairement en hausse. Il est donc essentiel de l’intégrer et de penser à des solu tions de repli avant de lancer tête baissée dans des travaux d’une telle ampleur” avance la présidente de G.B.M. tout en soulignant que la collectivité qu’elle préside, à travers les travaux qu’elle engage (création de parking-relais, de pistes cyclables…) “participe à plus de fluidité” assure Anne Vignot. Découvrant l’incompréhension d’Yves Guyen, les élus d’oppo sition Ludovic Fagaut et Lau rent Croizier en tête n’ont pas manqué de souligner leur “stu péfaction totale” pour le premier,

Le vice président de G.B.M. chargé des routes s’est senti trahi par sa présidente Anne Vignot sur le dossier R.N. 57 (photo archive L.P.B.).

il lancé à l’adresse de M me Vignot. Cette dernière jus tifie sa position en estimant que si les travaux sont engagés, “il en est terminé de Micropolis et de manifestations comme

tandis que le second y voit une nouvelle preuve que “décidé ment, notre instance ne fonc tionne vraiment pas. Arrêtez de prendre les élus communau taires pour des dindons !” a-t

Micronora tellement Besançon sera embolisée pendant toute la durée des travaux…” La ville ne l’est-elle déjà dans le secteur de Micropolis ? n J.-F.H.

MAMIROLLE

Nouvelle commune La nouvelle adresse du Gratteris Depuis le 1er janvier, les communes de Mamirolle et du Gratteris

des remarques d’administrés lui reprochant de ne pas être au courant. L’élu, usé, en ressent de l’amertume. “On se démène pour des gens qui s’en foutent, on est le plus transparent possible pour tout, ça ne va jamais.” À 50 ans et après 18 ans en tant qu’élu communal, il pensait repartir en 2026 pour un mandat d’adjoint pour continuer à faire le lien entre Mamirolle et Le Gratteris. Il revoit aujourd’hui ses plans, désabusé aussi par les missions de maire. “Mon pre mier mandat en 2008 était inté ressant. Aujourd’hui, on est sous la direction de G.B.M., on se contente de lever la main pour des choses déjà votées. Et puis, il y a besoin de renouvellement” , estime Cédric Lindecker. Autre source de découragement: un panneau d’entrée Le Gratteris

nouvelle commune le 6 janvier dernier jusqu’aux prochaines échéances en 2026. Cédric Lindecker, ancien maire du Gratteris, est quant à lui devenu premier adjoint. “Mon rôle est d’assurer la bonne trans mission de savoirs entre les deux communes. Par exemple, pour les permis de construire, le per sonnel de Mamirolle ne connaît pas forcément ce qui concerne le Gratteris.” La nouvelle commune compte 29 conseillers. Pour concrétiser cette fusion, une voie douce reliant les deux villages distants d’1,5 kilomètre devrait bientôt voir le jour. Ces changements se sont opérés en douceur car préparés de longue date. Cédric Lindecker n’avait jamais fait mystère de la fusion, et ce dès le début de son troisième mandat en 2020. “En 2019, j’avais déjà annoncé que je ne me représentais pas. Personne ne s’est porté candidat et je ne voulais pas que la com mune soit sous tutelle de la Pré fecture. Je suis reparti pour un troisième mandat en annonçant le travail de fusion avec Mami rolle.” Après de nombreuses réunions publiques, des communications et un an de travail, l’ancien maire ne relève aucune objection. Las, depuis l’officialisation de la fusion, Cédric Lindecker reçoit

ont officiellement fusionné. Si elles partagent déjà beaucoup de services en commun, une future voie douce devrait incarner cette connexion.

L e Gratteris, 25620 Mami rolle. C’est désormais la nouvelle adresse que devront inscrire les habi tants de la nouvelle commune Mamirolle-Le Gratteris. Depuis le 1 er janvier, cette dernière com

l’église, le cimetière, le monument aux morts, la bibliothèque-média thèque, les associations com munes, les locations des salles aux habitants du Gratteris au prix des Mamirollais” , détaille Daniel Huot, élu maire de la

posée de 180 habitants devient un hameau de la commune de 1800 habitants. Une fusion “dans la continuité et assez natu relle avec ce que nous partageons depuis de nombreuses années, l’école, le péri et l’extrascolaire,

a été volé dans la nuit du 7 au 8 jan vier. Le second a été démonté et conservé à l’abri par la municipa lité pour éviter un autre larcin. De nouveaux pan neaux “Le Grat teris, commune de Mamirolle”, sont en cours de fabri cation. n L.P.

Un vol du panneau

Le Gratteris dans la nuit.

Le Gratteris se verra bientôt doté de nouveaux panneaux d’entrée de village, marquant la fusion avec Mamirolle (photomontage Mairie Le Gratteris).

Gims pour l’anniversaire de La Première le 8 février ! Le rappeur, interprète de “Sapés comme jamais” et “La même” fera escale à la discothèque La Première à Pontarlier

Publi-information

pour un showcase exceptionnel le 8 février ! Venez fêter avec lui les 8 ans du club pontissalien !

L a discothèque La Pre mière à Pontarlier fête ses 8 ans le 17 janvier ! Un anniversaire que Marc Vernier, son fonda teur, va fêter jusqu’au 8 février avec une programmation excep tionnelle, plus audacieuse encore que tous les événements musicaux qui rythment l’année dans ce club de référence de la bande fronta lière. Le public va adorer ! Le temps fort est le showcase de

der”, “Bella”, “Sois pas timide” est un vrai showman en public. Ce soir-là, il y a aura une ambiance de folie dans la discothèque qui a complètement changé de décor il y a quelques mois. Marc Vernier s’est lancé dans les grands travaux pour continuer à surprendre ses clients et les inviter à vivre une nouvelle expérience de la fête. Une fois de plus, il crée l’événement dans le monde de la nuit dans le Haut-Doubs avec de nouvelles

ambiances et un nouveau show de lumières. Pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu, cette période anniversaire est le bon moment

En huit ans, la discothèque est devenue un lieu incontournable de la vie nocturne dans le Haut Doubs. Par son investissement, sa volonté à peaufiner sa program mation afin de créer des événe ments chaque samedi, il a prouvé qu’un lieu comme celui était indis pensable sur la zone frontalière. Le public vient de loin, de France et de Suisse pour s’amuser dans ce club où le show musical se com bine au show lumineux. Le spec tacle est permanent ! n

D.J. qui prépare un set musical adapté à cette génération. Le tout est enrobé d’une offre commerciale qui va convaincre les plus de 28 ans à venir s’amuser à La Pre mière. “Pour les plus de 28 ans, l’entrée est gratuite jusqu’à 2 heures du matin !” Tous les samedis soir, des animations sont spécialement proposées dans cet espace, dont le blind test, et le karaoké. La Pre mière est le dernier endroit où on peut se faire plaisir et s’amuser en chantant à partir de 23 h 30.

concept très qualitatif qui nous démarque de nos concurrents” explique le fondateur de La Pre mière. Il a profité de cette période de transformation pour modifier éga lement l’espace réservé aux clients de 28 ans et plus. L’espace a été totalement repensé pour séduire cette clientèle et répondre à ses attentes. L’endroit est désormais plus cocooning, avec un décor végé tal et une nouvelle disposition des tables. Cette salle a son propre

La Première, un lieu indispensable de la vie nocturne.

pour le découvrir et s’éclater. “L’en vironnement est totalement neuf ! L’entrée a été agrandie, les bars ont été modifiés, la piste de danse a été équipée d’un nouveau show lumineux, de nouveaux écrans. Nous sommes vraiment sur un

Gims ! L’auteur-compositeur chan teur dont la tournée “Le dernier tour” cartonne en ce moment fait une escale à Pontarlier pour souf fler avec vous les bougies de La Première. L’interprète de “Sapés comme jamais”, “La même”, “Spi

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6 Rue Claude Chappe - PONTARLIER OUVERTURE le Vendredi & Samedi à partir de 23h00 Contact : +33 7 56 88 28 88 E-mail : contact@lapremiere.com

6 L’interview du mois

Janvier 2025

BIODIVERSITÉ

Patrick Giraudoux

“Il faut le dire : on doit manger moins de viande !” Patrick Giraudoux est professeur d’écologie à l’Université de Franche-Comté. Le scientifique a participé aux côtés de 164 autres auteurs à la rédaction du rapport de l’I.P.B.E.S. (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) Nexus, couramment appelé le G.I.E.C. de la biodiversité.

L’ I.P.B.E.S. existe depuis 2012, 11 réu nions plénières ont déjà eu lieu avec les représentants des 147 États mem bres. Le dernier rapport d’évaluation sur les liens entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation et la santé - connu sous le nom de rapport Nexus (nœud en anglais) et auquel vous avez participé, a été présenté en décembre dernier en Namibie. Quel changement apporte t-il par rapport aux précédents rapports ? Patrick Giraudoux : Le rapport est intitulé ainsi : “Affronter ensemble cinq crises mondiales interconnectées en matière de biodiversité, d’eau, d’alimentation, de santé et de changement climatique”. Il s’agit du rapport le plus complexe à cause de toutes les relations entre les éléments. Toute une série de rapports précédents était basée sur un seul axe, comme la chute de la biodiversité. On a vu que l’ap proche en silo est un relatif échec, on traitait séparément l’agriculture, l’ali mentation, l’eau, la biodiversité, la santé. Il faut décompartimenter et mettre en relation les différents aspects du Nexus. Initialement, j’ai été retenu pour parti ciper à cause de mes activités pluridis ciplinaires de recherches. Puis, j’ai pris plutôt un rôle de leader sur les aspects biodiversité et santé. J’ai participé plus particulièrement à la rédaction du cha pitre 1 de cadrage. Le rapport fait 1 700 pages, se base sur 6 500 publications scientifiques et a réuni 165 scien tifiques. Quel est son objectif ? P.G. : C’est un rapport sur l’état des connaissances scientifiques sur les liens entre biodiversité, eau, alimentation santé, dans le cadre du changement cli matique. Il est accessible à toutes et tous, ensuite, c’est aux gouvernements de choi sir les actions à mener. Le rapport est

de beaucoup d’espèces végétales et ani males. Il faut le dire : on doit manger moins de viande mais la monoculture de céréales en agriculture conventionnelle utilise beaucoup de pesticides, des engrais azotés de synthèse, le labour intensif décarbone les sols, et les conséquences en sont un rejet de gaz carbonique, de protoxyde d’azote (deux gaz à effet de serre) et la pollution de l’eau. Aborder le problème du réchauffement climatique sans tenir compte de la biodiversité et de la santé ne fonctionne pas, il faut tout considérer en même temps. Depuis quand appliquez-vous cette approche Nexus dans vos recherches ? P.G. : Je l’ai toujours pratiquée. Ma thèse au début des années 1990 portait sur la transmission d’une maladie parasitaire, l’échinococcose alvéolaire, dans le Doubs. Pourquoi cette transmission ? Parce que la population de rongeurs était abondante. Elle l’était en conséquence d’un certain nombre de changements de pratiques pendant les Trente Glorieuses. J’ai donc travaillé avec le monde agricole pour comprendre ces changements, avec les médecins pour comprendre les facteurs de risque chez les humains, les vétéri naires pour comprendre le portage du parasite chez le renard. Tout de suite, on a pensé système et pas seulement un élément. L’approche Nexus est-elle entrée dans les mœurs de la société, ou du moins dans les esprits ? P.G. : Dans les années 1990, c’était une approche totalement exotique. Dans le monde scientifique, elle s’impose main tenant. Mais peu de gens savent le faire bien. On s’aventure en bordure de sa dis cipline, on n’a pas toujours l’envie, ni les moyens. Côté politique, on est encore dans le monde d’avant. On le voit dans le monde de l’agriculture, tout le monde est rétif à aller vers l’agroécologie. Beaucoup de politiques et d’organismes agricoles défendent un modèle qui a eu ses vertus dans l’après-guerre mais qui est maintenant dépassé. Dans certaines régions, bien qu’ils travaillent 15 heures par jour, 7 jours sur 7, beaucoup d’agri culteurs n’arrivent pas à dégager un revenu décent. Plutôt que de trouver des solutions Nexus, on les précipite pourtant sur des solutions d’agriculture conven tionnelle intensive, qui les ont conduits dans cette situation. Dans le domaine de la santé, nous avons l’exemple du Covars (Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires) créé après le choc Covid-19. Quand il a été mis en place, la lettre de mission était de travailler dans le cadre d’Une seule santé (One Health). C’est un Nexus : trouver des solutions pour optimiser la santé humaine, animale, des plantes et des écosystèmes conjoin tement. L’année dernière, les plans Santé environnement régionaux ont été renou-

nomes, des vétérinaires, des écologues. Le problème est le surplus de la végétation, si on l’enlève localement, aux points d’eau, il n’y a plus d’escargots. Tant que ce projet-là était subventionné, ça marchait bien. Mais si l’argent se tarit, plus personne n’enlève la végétation. L’agronome a démontré que la végétation est compostable, donc peut devenir un engrais, le vétérinaire, qu’il pouvait servir d’ensilage, donc un aliment pour le bétail. L’agriculteur avait donc de l’intérêt à enlever cette végétation. Ce compost est en plus 64 fois moins cher que celui des engrais minéraux. Avec cette solution, la qualité des eaux ne change pas car la végétation est enlevée uniquement sur les points d’alimentation en eau. Du point de vue de la santé, une baisse de la mala die a été observée, l’agriculture et l’élevage ont été améliorés, la qualité de l’eau et la biodiversité n’ont pas changé. C’est cela qu’on appelle une approche Nexus, gagnante sur plusieurs éléments, d’ha bitude considérés séparément. De la même manière, un des problèmes du réchauffement climatique est l’émis sion de gaz à effet de serre, dont le gaz carbonique et le méthane. L’idée est de les diminuer soit en stockant du carbone, soit en émettant moins de G.E.S. Pour stocker du carbone, planter une mono culture de peuplier ou d’eucalyptus à la place d’écosystèmes plus complexes a des conséquences négatives sur la bio diversité. Autre exemple : une des consignes est de manger moins de viande rouge car les bovins émettent du méthane. Si on le fait n’importe comment, les consé quences sur la biodiversité peuvent être énormes. Si plutôt que d’avoir des prairies permanentes, les paysages deviennent des monocultures, on verra la disparition

un état des lieux de ce qui est prouvé. Et il met en avant 75 options qui peuvent être mises en œuvre par les gouverne ments et/ou les citoyens. C’est un rapport sur les solutions, on n’en reste pas au constat. Pouvez-vous illustrer concrètement un exemple de solution ? P.G. : Au Sénégal, par exemple, dans les pays arides, le problème réside dans l’ali mentation. Pour produire plus, on a construit un barrage pour créer un plan d’eau afin de résoudre les problèmes d’ir rigation. La production agricole, notam ment maraîchère, a augmenté. En même temps, cela a créé des zones d’eau qui permettaient aux gens d’aller chercher de l’eau. Mais la production agricole s’est faite avec beaucoup d’engrais chimiques, qui sont nécessaires sur des sols pauvres. Les excès d’engrais sont lessivés dans le lac. La végétation aquatique s’est déve loppée, des espèces d’escargots d’eau douce sont devenues abondantes. Or, ces escargots abritent deux espèces de para

Bio express : l 1977 : Il commence sa carrière comme professeur de sciences de la vie et de la terre. Il exercera dans l’Éducation nationale pendant 15 ans. l 1987 : Il reprend des études, inscrit à l’Université de Bourgogne et, au sein du laboratoire de la faune sauvage de l’I.N.R.A.E. Il commence un doctorat qu’il obtient en 1991. l 1992 : Il occupe le poste de maître de conférences à l’université de Bourgogne l 1998 : Il devient professeur d’université à l’université de Franche-Comté à Besan çon et y occupe différentes tâches de direc tion de laboratoire et d’enseignements. l 2008 : Il est l’un des fondateurs du labo ratoire chrono-environnement. l 2012 : Il est nommé membre de l’Institut Universitaire de France l 2012-2024 : Il est nommé professeur distingué de l’Université des finances et de l’économie du Yunnan, Chine, et direc teur étranger de son laboratoire de gestion de la faune sauvage et santé des écosys tèmes l 2018 : Délégation C.N.R.S. l 2022 : Il devient un des membres du Covars, Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires l 2022- 2024 : Il est un des auteurs prin cipaux du rapport de l’I.P.B.E.S. nommé Nexus (nœud en anglais). l 2022 : Il est élu membre correspondant de l’Académie vétérinaire de France, titulaire en 2024 l 2024 : Il est nommé professeur distingué de l’École normale supérieure de Leshan, Chine, et directeur étranger de son Labo ratoire de Gestion de la faune sauvage et santé des écosystèmes. n

sites, les larves de ces para sites nagent dans l’eau. Et lorsque les personnes ont les pieds dans l’eau, les larves traversent la peau et elles contractent la maladie, appelée bilhar ziose. Dans une approche classique, on va soigner les gens avec un antipa rasitaire mais c’est sans fin. On va réintervenir avec des produits chimiques que sont les antiparasi taires. L’approche Nexus place autour de la table des médecins, des agro

“L’approche en silo est un échec, il faut penser système.”

L’écologue a notamment travaillé en Chine. Son approche

pluridisciplinaire est reconnue et exportée (photo Patrick Giraudoux).

L’interview du mois 7

Janvier 2025

nococcose alvéolaire. Notre approche plu ridisciplinaire a été reconnue et exportée dans un autre système. De plus, on a formé des gens qui ont ouvert un master d’écologie des maladies infectieuses à Kinshasa (République démocratique du Congo, N.D.L.R.) qui met en œuvre ce type d’approche. Avec l’approche One health (une seule santé), qui est un Nexus, il y a déjà des réalisations ponctuelles pour montrer qu’on peut le faire. Peut-on imaginer un Careli pour le loup, dont la présence cristallise de nombreuses tensions ? P.G. : On peut, oui ! Vous êtes également l’un des fondateurs du labo ratoire Chrono-environnement, qui occupe une place unique dans le paysage de la recherche française et internationale. La pluridisciplinarité en est son A.D.N. Là aussi, vous avez appliqué une approche Nexus ? P.G. : Avant, il y avait plein de petits labo ratoires qui étaient voués à disparaître car dispersés. Ces labos étaient, de fait, menacés, et les postes auraient été redis tribués vers d’autres disciplines, alors que les besoins en recherche en écologie et environnement étaient croissants. En 2008, on a fusionné tous ces laboratoires. Mon gros boulot a été de restructurer les enseignements et les labos de recherche. Mais on ne fait pas ça tout seul. Ce fut un travail d’équipe piloté avec mes collègues Pierre-Marie Badot, Didier Marquer, Jean-François Viel, Hervé Richard, et suivi par le per sonnel de toutes les unités de recherche impliquées. n Propos recueillis par L.P.

bougent. Dernièrement, en 2018, le programme Careli (Campagnol, renard, lièvre) a été lancé, il s’étale sur dix ans (le cycle démo graphique du campagnol terrestre). Le conflit était ouvert entre ceux qui vou laient protéger le renard et ceux qui vou laient lui donner le statut d’espèce sus ceptible d’occasionner des dégâts (donc destructible hors saison de chasse), E.S.O.D. Ce programme réunit toutes les parties prenantes : agriculteurs, chas seurs, naturalistes, chercheurs et admi nistrations. Chacun a sa vérité. On se met autour de la table et on arrive à de la nuance, à accepter un point de vue. Il ne faut pas attendre que les politiques changent de logiciel, on le constate hélas, mais les citoyens peuvent le faire loca lement. Ce programme permettra à terme de guider les décisions préfectorales quant au statut du renard sur des bases objectives et partagées. Pour que ce système fonctionne, on a besoin d’une référence impartiale, les scientifiques garantissent l’impartialité par rapport à toutes les parties prenantes. Comme l’écrit Gaston Bachelard, les scientifiques sont des “travailleurs de la preuve”, on est formé à faire le tri entre ce qui est prouvé et ce qui ne l’est pas. La connaissance scientifique peut évoluer mais c’est toujours sur une base rationnelle. Avec le programme Careli, on a créé un modèle d’approche socio écologique qui pourrait être repris pour d’autres espèces, ou dans d’autres espaces. Ce qu’on a appris à faire dans le massif jurassien, on l’a exporté en Chine qui est confrontée aussi au problème de l’échi

velés. Dedans, tous ont un volet Une seule santé. En Bourgogne Franche Comté, deux personnes à l’Agence régio nale de santé assurent la transversalité. Donc les choses bougent. Mais les struc tures administratives restent en silo : ministère de l’Agriculture, de l’Environ nement, les A.R.S., la D.R.E.A.L., etc. Votre métier est écologue, quelle différence avec les écologistes ? P.G. : Un écologue est un scientifique qui étudie les écosystèmes dans leur globalité de façon systémique, en mettant l’accent sur les relations entre les êtres vivants qui les composent et leur milieu. L’éco logiste est un militant de l’écologisme, un courant politique. On est écologue, pas nécessairement écologiste, ce sont deux domaines différents. Les scienti fiques ont changé de nom pour se démar quer de l’écologisme, et éviter la confusion entre science et militantisme politique. Parlez-nous de vos recherches qui portent sur la relation entre écologie et santé ainsi qu’aux conflits entre l’humanité et la faune sauvage, recherches qui vous ont notamment mené du massif jurassien à la Chine… P.G. : Dans les années 1990, on a donc mis au point une méthode pour contrôler les pullulations des campagnols et pour éviter la transmission de l’échinococcose alvéolaire. On n’entend plus parler de ce problème qui est maintenant maîtrisé par les éleveurs qui le souhaitent. On a vu mettre en œuvre au début des années 2000 les résultats obtenus dix ans plus tôt. Il faut au moins une dizaine d’années et hélas ici une crise pour que les choses

(Photo Véronique Giraudoux).

Patrick Giraudoux, naturaliste dans l’âme, scientifique dans la peau.

8 L’ÉVÉNEMENT

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Sans budget pour la France, c’est à vue que naviguent les collectivités locales pour préparer l’année 2025. Dans le Grand Besançon comme dans le Haut-Doubs, les maires des deux principales villes que sont Besançon et Pontarlier tentent tout de même de tracer un chemin. De quoi sera-t-il pavé ? Éléments de réponses. Les vœux - dans le brouillard - des collectivités locales

l Collectivités Le président de l’association des maires du Doubs “Engager un budget en 2025, c’est un peu faire de la divination !”

En l’absence de loi de finances 2025, les collectivités territoriales et locales naviguent à vue pour construire leurs budgets. Faute de lisibilité, des projets pourraient être reportés voire annulés. Mettant aussi en difficultés des secteurs d’activité comme le B.T.P. qui dépend largement de la commande publique. Les communes devront encore faire des efforts sans que cela nuise à la qualité des services rendus à la population. Les marges de manœuvre se réduisent comme l’explique Patrick Genre le président de l’association des maires du Doubs. Entretien.

d’une commune à l’autre. Ici, on a la chance d’avoir des bons voire des très bons ratios budgétaires. On bénéficie d’une bonne dynamique des bases éco nomiques ou immobilières qui nous per met de ne pas remettre en cause des projets structurants comme le centre aquatique, la valorisation du château de Joux, la rénovation de l’hôtel d’en treprises La belle vie. On va devoir encore faire des économies sur le fonctionnement pour financer les investissements sans perdre la qualité des services proposés au public. Sur la Ville de Pontarlier, on devra sans doute réduire la voilure au niveau des investissements. Beaucoup d’élus regrettent la suppression de la taxe d'habitation. C’est aussi votre cas ? P.G. : Ce que je regrette, c’est la disparition du lien fiscal entre les habitants et la collectivité. Conséquence : on a perdu la capacité à expliquer les choses. Je serais donc favorable au rétablissement de ce lien, ce qui ne signifie pas d’augmenter la pression fiscale mais de la répartir différemment. Les collectivités n’apprécient pas le côté donneur de leçons d’un gouvernement qui ose dénoncer les dépenses des collectivités. P.G. : Tout à fait. Rappelons que le déficit d’une collectivité, cela n’existe pas car elle est contrainte d’avoir un budget équilibré, ce que ne parvient plus à faire

E n quoi le contexte politique particu lièrement instable pénalise les collec tivités ? Patrick Genre : On vit une situation tota lement inédite. Les communes sont en pleine construction budgétaire sans avoir les données de cadrage, le niveau des dotations nécessaires. Il faut savoir que près de 60 % des recettes des collectivités viennent de l’État. On ne connaît toujours pas les efforts qui seront demandés aux collectivités aussi bien au niveau du fonctionnement que des investissements. Faute de loi de Finance, c’est très com pliqué de construire un budget. Toutes les collectivités sont concernées : Région, Département, communes. Ce manque de visibilité arrive au pire moment du mandat P.G. : Qu’on s’en plaigne ou pas, on sait que les projets les plus importants se construisent en deux ou trois ans et se concrétisent plutôt en fin de mandat, en l’occurrence sur 2024 et 2025. Cela repré

ment aux entreprises du B.T.P. dont les carnets de commandes risquent de bais ser de façon significative. Le second effet néfaste concerne les efforts demandés aux collectivités. On est déjà engagé dans cette démarche d’optimisation et de rationalisation depuis plusieurs années au point de se demander aujourd’hui où aller chercher des éco nomies sans que cela impacte les services à la population. Doit-on limiter les horaires d’accueil dans les crèches, à la médiathèque, au niveau du périscolaire, fermer la cantine? La question qui se pose est: comment annuler les effets des mesures de restriction budgétaire envisagées par l’État. Engager un budget en 2025, c’est un peu faire de la divina tion. On va encore avoir des budgets extrêmement prudents. Qu’en est-il des projets de la Ville de Pontarlier ou de la com’com du Grand Pontarlier que vous présidez. Sont-ils impactés par la situation ? P.G. : Les situations sont très variables

sente des gros investissements à engager. Le manque de repères pourrait conduire des collectivités à reporter, à suspendre voire carrément à supprimer des actions, des aménagements… On investit plus facilement avec des subventions mais surtout avec une bonne capacité d’au

tofinancement qui cor respond à l’excédent dégagé sur le fonction nement. Faute d’autofi nancement, il faut recou rir à l’emprunt avec les répercussions induites. La situation risque de nuire au développement de certaines collectivités qui pourraient perdre ainsi en attractivité. Les difficultés des collectivités se répercutent-elles aussi sur le tissu économique ? P.G. : Tout à fait, et je pense tout particulière

“On vit une situation inédite qui arrive au pire moment du mandat”, observe Patrick Genre, le président de l’association des maires du Doubs.

“Je regrette la disparition du lien fiscal entre les habitants et la collectivité.”

l’État depuis des décennies. On peut être endetté à condition de rembourser. L’As sociation des maires de France n’est pas opposée au fait d’apporter sa contribution à l’effort national. Sous réserve que cela se fasse de façon concertée et partagée. Si l’on doit faire des efforts, il faut abso lument, c’est même une exigence, que

L’événement 9

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l Grand Besançon Les vœux d’Anne Vignot Les vœux d’unité de la présidente de G.B.M.

Au chapitre des gênes occasionnées sur la circulation, Anne Vignot estime qu’une grande partie des travaux “sont dus à l’ex tension du réseau de chaleur urbain. Ces désagréments sont absolument nécessaires pour construire l’un des plus grands réseaux de chaleur de France” se défend elle. Pour ce qui est du développement de la ville, elle évoque pour le futur proche “les nouveaux quartiers de Brûlard, de Saint-Jacques et des Vaîtes” , tout en sou lignant “la nécessaire sobriété foncière qui nous amène à repenser l’organisation de nos territoires.” Anne Vignot évoque aussi pour 2025 le grand chantier de lutte contre les nar cotrafics, “un sujet qui absorbe toute mon

L’ ’ouverture du nouveau jardin botanique route de Gray sera sans doute une des principales réalisations de taille qu’Anne Vignot inaugurera cette année, un an tout juste avant la fin de son mandat. Mais dans son traditionnel discours de vœux cette année, la présidente de G.B.M. n’a pas manqué d’évoquer la question des mobilités qui, elle le sait, crispe autant les Bisontins qu’elle ne suscite les com mentaires critiques de ses oppositions. “On travaille sur de nouvelles solutions, assure-t-elle. La ligne des Horlogers a été rénovée, on a aménagé des gares multi modales à Saône et à Saint-Vit, on mul tiplie les parking-relais et on a déjà réalisé 51 km de pistes cyclables, dont seulement 4,2 km ont impacté la place de la voiture, sur les 450 km de voies communales” se défend la maire qui ajoute pour être com plète l’arrivée prochaine de 5 nouvelles rames de tramway. Anne Vignot a égrené quelques pistes de travail pour la fin du mandat. De leur côté, les oppositions affûtent leurs arguments en vue de 2026.

Lors de ses vœux, Anne Vignot a aussi annoncé qu’elle quittait le réseau social X.

attention.” Dans ce monde qui bouge, elle a aussi annoncé sa décision de quit ter le réseau social X. “Trop de fake news et d’invectives remplacent les idées dans le débat public” estime la présidente de G.B.M. Elle annonce enfin, malgré le contexte incertain, “le maintien pour 2025 du même niveau d’aide aux associations de la culture, du sport, de l’humanitaire et du social.” n J.-F.H.

Les narcotrafics, “un sujet qui absorbe

toute mon attention.”

l Ludovic Fagaut, Besançon Maintenant “Cette majorité est épuisée et elle épuise les Bisontins”

ternance en 2026 ! Vous vous y préparez ? L.C. : L’objectif doit être en effet l’al ternance, c’est juste une question d’at tractivité et de rayonnement de cette agglomération. C’est pourquoi, oui, je prône le rassemblement de toutes les bonnes volontés pour y parvenir. Je suis candidat à la candidature, parmi d’autres, mais je ne fais pas de cette question un préalable. Ce rassemble ment peut aller de Ludovic Fagaut à Éric Delabrousse en passant par Lau rent Croizier et jusqu’à Nicolas Bodin, ce dernier étant beaucoup plus proche de nos idées que de celles de M me Vignot. Je reste évidemment député à plein temps mais d’ici sep tembre, je travaillerai intensément à ce rassemblement. n Propos recueillis par J.-F.H. Vous vous y préparez à nouveau ? L.F. : Le temps n’est pas encore venu, mais on s’aperçoit bien que cette majo rité est épuisée et qu’elle épuise les Bisontins. Il faut impérativement que les Bisontins retrouvent cette fierté de leur ville. Pour cela, on aura sans doute un projet ambitieux. n Propos recueillis par J.-F.H. municipalité n’est pas de fluidifier le trafic. J e ne suis pas en train de dire qu’on est pour le tout-voiture évidem ment, mais il y a là un vrai sujet. La question des bus thermiques à soufflet qui continuent à circuler au centre est aussi un des vrais sujets. Les deux autres sujets sont liés à l’attractivité de cette ville, c’est le développement économique où là, on ne fait rien pour faciliter l’implantation des entreprises, et l’aspect sécuritaire. Sur tous ces points, on porte une vraie alterna tive.

Q uels vœux formulez-vous pour Besançon et le Grand Besançon en 2025 ? Ludovic Fagaut : Je présente d’abord mes vœux de santé notamment à toutes les Bisontines et tous les Bison tins, ainsi qu’aux agents des trois col lectivités Ville, G.B.M. et Besançon qu’Anne Vignot m’a interdit de pré senter par mail. Alors que je l’avais fait sans problème les trois précé dentes années… Un bel exercice de censure. Je pense que les gens ne sont plus dupes, il y a un vrai problème de personne avec Mme Vignot maire de Besançon et présidente de G.B.M..

de logements, les infrastructures de mobilités ne sont pas du tout dimen sionnées à la hauteur des flux, on est toujours bloqué dans l’idéologie pour terminer la route Beure-Micropolis et rien n’est fait non plus pour pro mouvoir le ferroviaire de plateau de Saône-Mamirolle à Saint-Vit. Les habitants de la périphérie ont eux aussi droit à l’aménagement de ce ter ritoire. Ici, on applique la politique de toujours plus de contraintes sans offrir aucune alternative à la voiture. Et les pistes cyclables, c’est juste du coup par coup, sans aucune réflexion globale. Donc je dis : vivement l’al cette année ? L.F. : La facilitation des déplacements est un des grands sujets pour les Bisontins sachant que 80 % des 90 000 emplois du territoire se situent à Besançon. Immanquablement, les gens affluent sur cette ville et Mme Vignot n’a rien réussi de mieux à faire que de massacrer 5 des 6 péné trantes de la ville : côté Est en fermant le chemin des Montarmots, côté Nord est avec la rue de Vesoul, côté Nord avec les travaux route de Gray, côté Ouest avec les travaux rue de Dole et côté Sud avec la côte de Morre et le pont de la République fermé. On a bien la preuve que la politique de cette

Les trois dossiers prioritaires à vos yeux pour

l Laurent Croizier, Ensemble Bisontins “Vivement l’alternance en 2026 !”

Q uels vœux formulez-vous pour Besançon et le Grand Besançon ? Laurent Croizier : Qu’enfin la Ville de Besançon et le Grand Besançon se mettent au service des habitants. Avec moins d’idéologie, plus de bon sens, de pragmatisme, d’écoute et de concer tation. Le bilan de cette majorité ne trouve aucu nement grâce à vos yeux ? L.C. : Un seul exemple : depuis le début du mandat en 2020, pas un seul mètre carré de zone d’activité n’a été créé. Cette majorité n’est pas non plus à la hauteur en matière de production

l’État arrête de surimposer des règles, des transferts de compétences, de “sur-normer” dans tous les domaines. Quel est votre point de vue sur les communes nouvelles ? P.G. : C’est une démarche plausible mais il ne faut pas qu’elle se réduise

au prisme d’une rationalisation éco nomique et budgétaire, sinon c’est voué à l’échec. La réussite d’une com mune nouvelle est avant tout basée sur un projet, une vision territoriale partagée, concertée. Elle ne doit en aucun cas être imposée. n Propos recueillis par F.C.

10 L’événement l Projets 2025 Centre nautique, tour de France, Super Comice, R.N. 57…

Janvier 2025

25 à 27 millions d’euros investis sur le territoire du Grand Pontarlier Les incertitudes budgétaires liées à l’absence de loi de Finance n’obèrent pas les capacités d’investissement de la com’com du Grand Pontarlier, de la Ville et du C.C.A.S. de Pontarlier comme Patrick Genre l’a expliqué en présentant la feuille de route 2025 lors de la traditionnelle cérémonie des vœux. “On a la chance d’être dans un secteur toujours porté par le dynamisme des bases d’imposition économiques et foncières, ce qui génère un accroissement de la richesse.” Autre indicateur positif : la capacité de désendettement de la Ville et de la com’com qui n’excède pas quatre ans alors que dans les autres collectivités de même strate la moyenne se situe plutôt entre 10 et 12 ans. “Cela nous donne une qualité de signature toujours appréciée par les banques.”

l L’hôtel d’entreprise La Belle Vie

C.C.G.P.

l Le centre nautique : lancement du grand chantier du mandat

Ce bâtiment intercommunal dédié au développement économique fera l’objet d’un ambitieux programme de rénovation réhabilitation pour gagner notamment en sobriété énergétique. Coût de l’opération 9 millions d’euros.

Enfin ! diront certains. L’année 2025 sera marquée par le lancement des travaux du centre aquatique, avant la fin du premier semestre dixit Patrick Genre. Un projet à 30 millions d’euros qui s’achèvera d’ici deux ans. (photo C.C.G.P.)

(photo Archos architecture)

l Château de Joux : poursuite du projet Renaissance Après des années et des millions d’euros investis dans la restauration-rénovation de cette forteresse, la com’com va s’engager dans l’étape de valorisation touristique. “Le château de Joux accueille 56 000 visiteurs actuelle ment et l’objectif est d’arriver à 90 000 visiteurs quand tout sera en place.”

l Et…

Poursuite des schémas directeurs assainissement, eau potable, modes de déplacement doux, commercialisation de la 3 ème tranche de la zone des Gravilliers avec déjà 75 % des parcelles vendues ou réservées, développement touristique du Gounefay, mise aux normes de la déchetterie, micro-crèche à Houtaud.

Rebaptisée “Agora des Remparts”, cette opération entre en phase

Ville de Pontarlier

La rénovation du bâtiment le plus emblématique de Pontarlier se poursuit en 2025.

2025 : une année riche en événements L e menu des animations et festivités s’annonce copieux pour 2025. Pon tarlier sera ville étape du Tour de France le 26 juillet pro chain. On fêtera les 50 ans du festival des Nuits de Joux, les 10 ans de la Pontabeach. À noter : la Fête interculturelle, les Grandes Estivales, la Haute Foire, et le Super Comice qui se tiendra le 25 octobre. n

active avec la démolition des

bâtiments qui lais seront place à la construction de la nouvelle média thèque, de 20 à 30 logements…

Schéma directeur des systèmes d’information, schéma directeur immobilier et énergétique. Maison Chevalier : conclusion du cahier des charges avant lancement d’une consultation, projet pump-track au parc des Ouillons, prolongement du chemin du train, aménagement d’une aire de jeux au Grand Cours.

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