La Presse Bisontine 272 - Janvier 2025
Besançon 17
La Presse Bisontine - Janvier 2025
CHAPRAIS
Cimetière
Un accident d’élagage endommage une tombe, la famille scandalisée Quatre mois après la dégradation accidentelle de leur caveau familial par les services de la Ville de Besançon, Jean-Pierre Duc et plusieurs de ses proches restent en attente de sa remise en état. Une véritable honte à leurs yeux.
en est à l’origine.” “Ce tombeau ne peut pas passer l’hiver dans cet état, avec cette trouée donnant sur les cercueils, sous la pluie et la neige” , rejoignait son frère, Roland. Sept des membres de leur famille repo sent ici, dont leur grand-mère Jeanne, et leur tante Colette Duc, qui a été - ironie de l’histoire - conseillère muni cipale dans les années soixante-dix. Depuis, la situation a heureusement un peu évolué, puisque l’expertise menée sur place le 20 décembre dernier, a permis la reconnaissance du sinistre. Ce qui devrait enclencher le paiement
S ur un panneau qu’il avait lui même apposé en décembre devant la sépulture, et que la Ville lui a demandé depuis, de retirer, Jean-Pierre Duc expliquait combien il était révolté. “Depuis plus de 100 jours, aucune excuse, aucune réparation, aucun respect des défunts et des familles. C’est un manque de civisme avéré. Madame le Maire, honte à vous et à vos services” , pouvait-on lire. Quelques semaines après et bien que l’assurance de la collectivité ait enfin donné un signal positif avec la recon naissance du sinistre, le caveau familial de ce retraité, situé non loin de l’entrée du cimetière des Chaprais, portait tou jours les stigmates du chantier d’éla gage réalisé par la Ville en septembre dernier. En partie éventré par une branche, après qu’une sangle a lâché, il a dû
être recouvert temporairement d’une bâche pour éviter de le laisser à la merci des intempéries. Ce malheureux accident place, depuis lors, cette famille dans l’attente interminable de travaux. À la fois choquée et désabusée par la tournure que prennent les événements. “Il n’est pas normal que rien ne soit encore réparé” , nous expliquait Jean Pierre Duc fin décembre. “On nous a demandé de faire des devis, alors même que nous ne sommes pas responsables des dégâts et on nous explique main tenant que c’est à nous de faire les tra vaux, que l’assurance nous indemni sera !” Indigné, il ne comprend pas que la Ville ne se charge pas elle-même de la pro cédure et va jusqu’à apparenter le sinis tre à de la profanation “au vu des délais et de l’inaction.” “On dénonce sans cesse les incivilités commises à Planoise, Battant…, mais, ici, c’est la Ville qui
Roland et Jean-Pierre Duc, devant le caveau familial, endommagé cet automne suite à des travaux d’élagage.
passivité. “La Ville a évidemment reconnu ses responsabilités et présenté ses excuses” , précise Élise Aebischer, adjointe en charge des relations aux usagers. “Nous avons fait tout ce que l’on pouvait pour que la démarche suive son cours le plus rapidement possible (notification à l’assurance, relance, mise à disposition de certificat…). On comprend cependant le désarroi de la famille et qu’elle juge le délai trop long.” Décidé à ne pas en rester là, Jean Pierre Duc, lui, aimerait au moins obte nir un rendez-vous avec la maire. n S.G.
tion, il dénonce le manque de considé ration. “Les services de la Ville ne se sont pas mis en relation avec nous dès le jour de l’accident. C’est mon frère, qui n’habite pas très loin, qui l’a décou vert” , explique-t-il. Il a fallu, en outre, solliciter la sécurisation du site (pose de barrière pour protéger la sépulture des curieux et d’une bâche). Ce à quoi la municipalité répond qu’elle n’avait pas autorité pour le faire : une sépulture étant une propriété privée, elle ne pouvait intervenir sans une demande préalable des ayants droit. Et de se défendre de tout irrespect ou
à la famille dans les pro chaines semaines pour qu’elle puisse faire les travaux nécessaires, comme précisé dans un courrier début janvier. Le montant des répara tions est estimé entre 4 500 et 6 500 euros selon les devis. Mais cela ne satisfait pas Jean-Pierre Duc, qui en fait une affaire de prin cipe. Au-delà de la len teur des délais d’instruc
Entre 4 500 et 6 500 euros de réparation.
EN BREF
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR Nouvel établissement (Re)naissance de l’université Marie et Louis Pasteur Après une fin d’année marquée par une forte inquiétude sur le budget 2025 des universités publiques, ce mois de janvier signe la naissance de l’Univer sité Marie et Louis Pasteur, anciennement Université de Franche-Comté.
Plaintes Au nom de la municipalité de
mesures, elle, comme les autres présidents d’université, exige une compensation de l’État. “En permanence, il y a un désenga gement de l’État. Nous sommes en train d’assécher nos réserves. Depuis 2022, nous sommes obli gés de prélever sur notre fonds de roulement destiné à l’inves tissement et à la recherche pour compenser ce que l’État ne nous donne pas.” Pour l’heure, aucune annonce n’a été faite. Le budget 2025 a été voté en déficit. “En 2024, on ne faisait pas partie des univer sités en déficit” , souligne Macha Woronoff. Face à cette situation, les leviers à actionner, si rien ne bouge, sont “terribles” : baisser le nombre de places sur Par coursup, fermer les sites délo calisés, “ce qui est contraire à tout ce que j’ai développé” , relève Macha Woronoff, arrêter les rénovations des bâtiments qui pourtant en ont bien besoin ou encore baisser le niveau des ser vices, comme diminuer les ampli
gnants-chercheurs ont du per sonnel pour les aider, alors c’est une belle image. Et il y a cette idée de parité qui me plaisait, sourit Macha Woronoff, prési dente de l’Université. Pasteur, c’est la Franche-Comté. Le couple était très ouvert sur les autres disciplines, pas que la science.” Un établissement pluriel, c’est bien là l’idée de cette nouvelle université qui regroupe l’Uni versité de Franche-Comté de la Comue B.F.C., deux établisse ments composantes, l’U.T.B.M. de Belfort-Montbéliard et Sup MicroTech, ainsi que six associés (Arts et Métiers de Cluny, le C.H.U. de Besançon, l’établisse ment français du sang de B.F.C., l’I.S.B.A., l’E.S.T.A. et le C.R.O.U.S. B.F.C.). “L’E.P.E. per met d’associer des universités à des écoles d’ingénieur, ce qui n’était pas le cas avant” , poursuit Macha Woronoff. L’Université Marie et Louis Pasteur a trois ans pour approfondir son tra vail. Sa naissance n’a pas été de tout repos, bousculée notamment par des difficultés budgétaires aux quelles sont confrontées toutes les universités françaises. Début décembre, Macha Woronoff aler tait sur les charges supplémen taires de l’établissement non compensées par l’État. Depuis 2022, l’Université a dû prendre à sa charge près de 9 millions d’euros supplémentaires, notam ment dus aux mesures sala riales. Si la présidente ne remet absolument pas en cause ses
Besançon, la maire Anne Vignot a déposé plusieurs plaintes ces derniers mois. Lesquelles? Le 11 septembre 2024, 11 octobre 2024, et 5 novembre 2024: pour des appels malveillants en crèches. Le 5 octobre 2024: pour la dégradation de panneaux routiers entre l’avenue Île France et rue du Luxembourg à Besançon. Le 11 octobre 2024: pour intrusion et vol à l’école Jean Zay à Besançon. Le 17 octobre 2024: pour les dégradations constatées sur les bâtiments du groupe scolaire situé 2, rue Durer à Besançon. Le 23 octobre 2024: pour un salut à caractère nazi devant un drapeau nazi du musée de la Résistance et de la Déportation. Le 29 octobre 2024: dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds Chambre régionale des comptes, contre l’ancien maire Jean-Louis Fousseret et son ex attachée Alexandra Cordier. Le 29 octobre 2024: pour intrusion et vols dans les bureaux du département Éducation à Besançon. Le 18 novembre 2024: pour dégradations et vol d’eau rue de Trey à Besançon. publics suite aux observations de la
C e n’est pas le premier bébé de l’année mais cette naissance marque un tournant. En janvier, l’Université de Franche-Comté est devenue l’Université Marie et Louis Pasteur. Une manière de consommer le divorce avec
mental), baptisée Université Marie et Louis Pasteur. “Marie était l'assistante de Louis Pas teur, elle a joué un rôle important dans ses recherches. Il y a eu Louis Pasteur mais sans Marie, il n’aurait peut-être pas révolu tionné la science. Les ensei
l’Université de Bourgogne. Cette dernière a quitté la communauté d’universités et d’établissements (Comue) après dix ans de mariage. Depuis ce mois de jan vier, l’ex-Université de Franche Comté se transforme en E.P.E. (établissement public expéri
tudes horaires des bibliothèques univer sitaires voire les fer mer, pourtant si indis pensables aux étudiants. Des mesures qui crève raient le cœur de la présidente Woronoff qui termine son man dat en avril. Et laisse son fauteuil à d’au tres. Des élections auront lieu en avril. n L.P.
Macha Woronoff termine son mandat de présidente d’Université en avril et ne se représentera pas.
Un budget 2025 en déficit.
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