Journal C'est à dire 324 - Février 2026

32

PLATEAU DE MAÎCHE

siers à l’échelle de la commune : le vote en 2025 d’un Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.), la rénovation de la mairie en 2024 et Zoom Grand’Combe-des-Bois et l’insécurité routière Plusieurs habitants ont fait part au maire de la vitesse excessive des véhicules traversant Grand’Combe-des-Bois. La rue centrale étroite de la commune ne dispose pas de trottoirs, renforçant à juste titre ce sentiment d’insécurité des piétons. “Il est vrai que tôt le matin et dans la tranche horaire des 17 heures-17 h 30, certains conducteurs abusent en roulant trop vite dans ce secteur”, déplore Denis Leroux. Pourtant une zone limitée à 30 km/h, renforcée par une chicane, incite à la prudence entre l’église et la mairie sur environ 200 mètres. “Je suis parfaitement conscient du problème et nous avons déjà travaillé sur plusieurs scénarios”, ajoute-t-il. La pose de ralentisseurs a été abandonnée en raison des problèmes liés au déneigement. La réflexion porterait aujourd’hui sur un système de feu intelligent comportemental, plus connu sous la dénomination de feu “récompense”. Ce type de dispositif fleurit dans le Haut-Doubs et semble être la seule réponse à l’incivilité de certains automobilistes. “Un chiffrage a déjà été réalisé et je laisse le soin à la prochaine équipe municipale de décider de l’op portunité d’un tel équipement”, conclut Denis Leroux. n Denis Leroux ne briguera pas un nouveau mandat de maire Grand’Combe-des-Bois Après 18 années d’investissement citoyen dans sa commune, l’élu passe la main, évoque son bilan et dévoile ses prochaines priorités et missions. À nouveau candidat à la présidence du P.N.R. Denis Leroux, maire sortant de Grand’Combe-des-Bois. (F4 et F5) en duplex. “Cet inves tissement de taille pour notre petite commune (850 000 euros) a été très bien subventionné. Il était important de pouvoir offrir à des familles à revenus modestes la possibilité de se loger à prix décent sur notre territoire” , pour suit Denis Leroux. L’espace communal est constitué de forêts à 47 %. Cette ressource est essentiellement concentrée dans la côte qui descend jusqu’au Doubs. “Nous avons procédé à l’aménagement de cette zone en créant des pistes forestières permettant l’extraction du bois qui procure à la commune des revenus complémen

D enis Leroux, d’abord conseiller puis premier adjoint de la commune depuis 2008, a pris la succession de Bernard Maillot en 2014. “18 ans, c’est bien, d’au tant plus que je laisse une équipe de 7 conseillers sur onze qui repartent, dont mon premier adjoint Patrice Mougin, natif du village et entrepreneur du bâti ment” , déclare-t-il. La mandature qui s’achève a permis de traiter trois gros dos l’aménagement du patrimoine forestier. “Nous avons toujours souhaité pour Grand’Combe-des Bois un urbanisme de qualité. Nous avons procédé à un relevé des endroits patrimoniaux du village qui nous a permis de clas ser le centre du bourg et de pro poser un P.L.U. respectueux de notre héritage bâti” , précise l’élu. L’autre grand projet a été la réno vation des locaux de la mairie avec la création sur le haut du bâtiment de deux appartements

taires” , poursuit-il. La restau ration de l’église est terminée et tous les bâtiments publics sont en état. “Il restera un petit pécule à la prochaine équipe pour envisager de nouveaux travaux” , se félicite-t-il. Quant à son avenir, il est déjà tracé. Parallèlement à son activité d’avocat, Denis Leroux a bien l’intention de continuer à s’im pliquer dans la vie du territoire. Il reste jusqu’en 2028 vice-pré sident du Département en

charge de l’autonomie des per sonnes âgées et handicapées et du développement des usages numériques. À ce dernier titre, il assume la présidence du syn dicat mixte Doubs Très Haut Débit. Il sera à nouveau candidat à la présidence du Parc Naturel Régional du Pays Horloger aus sitôt après les élections muni cipales. C’est un collège de 118 personnes comprenant les maires et les présidents des com munautés de communes nou

vellement élus ainsi que des représentants du Département et de la Région qui élira son nou veau président. “Le P.N.R. n’est pas une strate administrative en plus, nous y développons beau coup d’ingénierie au bénéfice des territoires et c’est un véritable enjeu pour les plus petites com munes” , plaide Denis Leroux, satisfait de passer les rênes de Grand’Combe-des-Bois à une équipe d’élus investis. n Ph.D.

Les aménagements visant à réduire la vitesse dans le centre du village sont encore ressen tis comme insuffisants par certains

Il y a 130 ans, l’électricité arrivait sur le plateau de Maîche Histoire Cette nouvelle source d’énergie fut aussitôt adoptée par l’industrie horlogère locale bien avant que son usage domestique ne se généralise.

L es historiens considè rent l’année 1881 comme l’entrée dans l’ère industrielle de la production d’électricité. Les Français se pressent cette année-là à une exposition à Paris dévoilant les avancées dans ce domaine: l’ampoule d’Edison, le téléphone de Graham Bell, la dynamo de Gramme, le tramway électrique et même une première étude de réseau de distribution. En 1884, Louis Dumont, indus triel suisse, conçoit la première

centrale hydroélectrique de France à Bellegarde dans l’Ain, permettant à la ville de devenir la pionnière nationale de l’éclai rage public.

Le cours de la rivière fut obstrué mais les eaux réussirent à se frayer un goulet qui laissa son nom à l’endroit (la Goule). Comme à Bellegarde, ce sont

Dans le Doubs, contrai rement aux idées reçues, l’électrification n’est pas partie des villes, mais de la frontière suisse. Le site naturel de la Goule

des industriels suisses qui comprirent le poten tiel de ce barrage natu rel. Un arrêté préfectoral du 26 novembre 1891 auto

Le potentiel du site de la Goule.

présentait déjà un barrage natu rel provoqué par un éboulement de falaise lors d’un séisme vio lent en Haute Alsace en 1356.

risa nos voisins à dériver les eaux françaises du Doubs pour la mise en œuvre d’une usine de production. La Société des Forces Électriques de la Goule fut fondée le 2 décembre 1893 à l’initiative du cabinet d’ingé nieurs Rothacher & Cie. Après à peine plus d’un an de travaux, dix communes du Val lon de Saint-Imier et des Franches-Montagnes disposè rent de l’électricité en décem bre 1894. En 1893, le préfet publia un nouveau décret obli geant la société suisse à sauve garder les intérêts des com munes françaises voisines. Une nouvelle installation vit donc le jour en 1894 pour répondre à la demande de l’État français mais aussi pour s’assurer du potentiel

Le barrage de la Goule au début du XX ème siècle (photo Société des Forces Électriques de la Goule).

de distribution en France voi sine, avant que la concurrence ne s’installe. Le 6 octobre de cette même année, une délégation française emmenée par Alcime Binétruy, maire de Charquemont et indus triel horloger, est reçue à la Goule. “S’il est ainsi impliqué dans une rapide arrivée de l’élec tricité sur le plateau, c’est parce qu’il a compris les avantages qu’elle pourrait apporter à cette industrie horlogère qui nourrit en grande partie les familles du coin. En particulier, des lampes

Damprichard, Charmauvillers et Le Russey furent raccordés fin 1895-début 1896. “Incontes tablement, cela va permettre à leurs industries horlogères de retrouver la prospérité, du moins chez les industriels qui ont accepté la nouveauté et pour ce territoire, alors souvent fustigé pour son conservatisme, d’être pour un temps à la pointe du progrès technologique” , conclut Gilbert Baudoin. n

performantes favoriseraient le travail spécialement minutieux des horlogers. Ce serait aussi une bien meilleure source d’éner gie pour les machines que lui et ses collègues fabricants utilisent dans leurs ateliers” , écrit Gilbert Baudoin dans une publication détaillée. Suivirent les travaux complexes de l’installation de la ligne élec trique, de l’usine à Charmau villers. Maîche, Charquemont,

Étude complète de Gilbert Baudoin Au Clos du Doubs - N° 198 nov-déc. 2025

Le barrage de la Goule dans les années 1920-1930.

Made with FlippingBook - Share PDF online