Journal C'est à dire 272 - Mai 2021

D O S S I E R

Il invite le bureau d’études paysager sur sa terrasse, le jour comme la nuit Bretonvillers

Si l’étude était jugée incomplète ou non objective, les services de l’État peuvent demander des compléments pour que tous les sujets touchant le paysage et le patrimoine soient correctement trai- tés. n E.Ch. Les expertises paysagères et acous- tiques ont démarré en mars et se pour- suivent. “Les premières conclusions des études devraient être connues à l’été, permettant d’élaborer plusieurs scénarios d’implantation (si les conclusions sont positives). En parallèle, le mât de mesure a étémis en service début mars. Il viendra affiner nos premières estimations du potentiel éolien” poursuit le promoteur. Le nombre d’éoliennes sera décidé à ce moment. La constitution d’un dossier de demande d’autorisation et le dépôt auprès des services de l’État se feront au cours du premier semestre 2022. n Le calendrier Le projet éolien se fera-t-il ? Seul le préfet du Doubs a le pouvoir de décider. Il tranchera après les études, les travaux de la D.R.E.A.L. (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et l’enquête publique. À ce stade du projet du Crêt des Ours, l’étude environnementale, démarrée fin 2019, se poursuit “afin d’obtenir une vision représentative des espèces ani- males et végétales présentes” déclare Yannis Fouqueré, responsable du projet au sein de la société Abowind.

S on bonheur ? Se lever tôt pour admirer depuis sa terrasse le lever de soleil et les milans royaux survoler la vallée du Dessoubre.Depuis le hameau du Saucet à Bretonvillers, Mathieu Silvert béné-

ficie d’une vue à couper le souffle qui lui fait oublier des contraintes comme celles de devoir parcourir plusieurs kilomètres pour se rendre à son travail ou faire ses courses. Comme beaucoup, il s’inquiète de l’ar- rivée des éoliennes devant sa fenêtre, qui, selon lui, auront un fort impact visuel sur ce versant du Dessoubre, sans compter la dépréciation foncière. “Les éoliennes seront visibles deValoreille jusqu’à Bretonvillers. Personne ne l’a vraiment encore mesuré” indique-t-il. Au-delà de l’aspect esthétique, cet habi- tant alerte sur un point peu évoqué jusque-là : “La vallée du Dessoubre est une des rares à nepas supporter de pol- lution visuelle la nuit qui profite à la faune. J’ai écrit à la société Éco-stratégie en charge de l’étude paysagère pour l’interpeller car les habitants des com- munes non concernées ne sont pas tenus au courant. J’espère que cette étude sera réalisée en toute indépendance, en pre- nant en compte l’ensemble du terri- toire.” Le bureau d’études lui a répondu en avril que son rôle est “d’identifier les enjeux du territoire et d’analyser les effets du projet sur ces secteurs. L’analyse recouvre le projet et s’étend jusqu’à une vingtaine de kilomètres autour du site.”

Mathieu habite Bretonvillers, une commune non concernée mais qui sera directement impactée. Il alerte sur un sujet jusque-là peu évoqué : la pollution lumineuse nocturne que les éoliennes engendreront dans ce secteur jusque-là préservé.

Mathieu depuis sa terrasse à Bretonvillers.

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