La Presse Pontissalienne 308 - Septembre 2025
Le mensuel d'informations sur Pontarlier et le Haut-Doubs
SEPTEMBRE 2025 - N° 308 - 3 €
Mensuel d’information du Haut-Doubs - www.presse-pontissalienne.fr
Un complexe de sport XXL à Pontarlier P. 14 La petite-fille du fondateur Louis Poix s’est prise de passion pour le petit train touristique du Haut-Doubs dont elle préside désormais l’association. Portrait. Loisirs P. 39 Méline Viennet, la nouvelle âme du Coni’fer Les Hôpitaux-Neufs
Public ou privé dans le Haut-Doubs Tous les enjeux de la rentrée
P. 10 À 13 Le P.-S. quasiment rayé du paysage politique Le Parti socialiste n’est plus que l’ombre de lui même dans le Haut-Doubs, ne comptant plus qu’une poignée de militants. Débordé par la gauche radi cale, il tente de rester vivant pour les municipales. L’événement Un bâtiment de 4 500 m 2 va sortir de terre cet automne sur la zone des Gravilliers. Il abritera le plus grand complexe sportif indoor du Haut-Doubs.
Le dossier en P. 20 À 30
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2 Retour sur info
La Presse Pontissalienne - Septembre 2025
Doubs s’équipe d’un rond point à la hollandaise
Transfert de propriété du lac Saint-Point : c’est signé
nécessite la remise à neuf complète de l’ouvrage. Ce chantier sera conduit sous maîtrise d’ouvrage de l’E.P.A.G.E. Haut-Doubs Haute-Loue. À cette fin, un transfert de domanialité du lac va être mis en place au bénéfice de l’E.P.A.G.E. C’était l’objet même de ce rendez-vous estival marqué par la signature du protocole de transfert du lac Saint-Point en présence de Rémi Bastille, le préfet du Doubs, Nicolas Mour lon, le directeur général de l’Agence de l’eau Rhin-Rhône Méditerranée Corse et Philippe Alpy, le président de l’E.P.A.G.E. Haut-Doubs Haute-Loue. “Cette signature garantit le bouclage financier du projet de rénovation du barrage. On peut ainsi espé rer qu’on ne nous mène pas en bateau. Du côté de l’E.P.A.G.E., on a engagé pour le compte de l’État les travaux pour mettre en œuvre toute l’étude du chantier.” Le coût de la reconstruction du barrage est évalué à 3,5 millions d’euros avec une aide de 2,5 millions d’euros de l’État et 1 million d'autofinancement E.P.A.G.E. Le chantier pourrait débuter fin 2027 pour au moins deux ans de travaux. ■
P our marquer l’événement, les parties prenantes - État, Agence de l’eau et E.P.A.G.E. Haut-Doubs Haute Loue - avaient choisi de se retrouver le samedi 19 juillet à bord du bateau qui organise des visites et instants festifs sur le lac Saint-Point. Au-delà des activités
touristiques et ludiques, ce lac constitue une réserve d’eau potable de première importance pour tout un territoire. De gros travaux s’imposent au niveau du barrage d’Oye-et-Pallet pour préserver ce potentiel. Construit dans les années 1920, il présente de nombreuses fuites dont la résorption
La signature s’est déroulée en présence de Nicolas Mourlon, directeur général de l’Agence de l’eau, Rémi Bastille, préfet du Doubs et Philippe Alpy, président de l’E.P.A.G.E.
Les élus de Doubs et Jean-Baptiste Pelletier, conducteur de travaux chez Colas étaient présents le 19 juillet pour l’ouverture du rond-point à la hollandaise.
L a circulation autour de la zone commerciale Hyper U peut vite s’avérer problématique pour les cyclistes et les piétons. Entre 4 000 et 5 000 véhicules empruntent chaque jour la route de Besançon. La seule piste cyclable de la zone passe du côté de l’Entrepôt du bricolage et relie le centre de Doubs au collège Aubrac. “On tenait à la fois à sécuriser les déplacements des piétons et des cyclistes au niveau du rond-point tout en cherchant à compléter le réseau de pistes cyclables sur la commune qui s’inscrit dans un schéma d’amé nagement porté la com’com du Grand Pontarlier”, justifie Georges Cote Colisson, le maire de Doubs. Restait à trouver l’aménagement le plus approprié. Les élus de Doubs ont fait des recherches. Ils ont également consulté l’association “Selle vous plaît” qui œuvre à la promotion du vélo dans le Haut-Doubs. Ces réflexions ont abouti à la réalisation d’un rond-point dit à la hollandaise. “On en dénombre pour l’instant une trentaine en France”, poursuit l’élu. Le concept est assez simple. Il associe autour du rond-point proprement dit un anneau supplémen taire permettant aux cyclistes et piétons
de circuler sans danger. Chacun y gagne en visibilité et, comme l’indique la signalétique, les cyclistes et les pié tons ont toujours la priorité aux entrées et sorties du giratoire central. “On a raccourci le diamètre du terre-plein central pour que les véhicules motorisés disposent de la même largeur de voirie qu’auparavant”, détaille Jean-Baptiste Pelletier, le conducteur de travaux chez Colas, l’entreprise qui a réalisé cet aménagement. L’occasion d’évoquer les difficultés des ouvriers confrontés en permanence au manque de respect de certains automobilistes qui cher chaient sans arrêt à forcer le passage. Éprouvant. La route de Besançon a dû être coupée à la circulation du 15 au 19 juillet, le temps de faire les enro bés. Doubs dispose maintenant d’un réseau cyclable de premier plan. “Le Grand Pontarlier travaille aussi sur le projet de relier Vuillecin à Doubs en valorisant le chemin agricole existant”, ajoute Georges Cote-Colisson. Le montant du rond-point à la hollandaise de Doubs s’élève à 360 000 euros hors taxes avec un taux de subvention de 60 % grâce à des aides F.E.D.E.R. et du Plan Vélo. ■
Haut-Doubs Haute-Loue.
Le Salsa Cubana Club diversifie son offre
L a salsa et le Haut Doubs, ça devient une vraie histoire d’amour! Dans le rôle de Cupidon, Emmanuel Robert, fondateur du Salsa Cubana Club qui a déjà conquis des dizaines de pratiquantes et pratiquants à cette danse latino grâce aux cours qu’il dispense à Pon tarlier. Le Salsa Cubana Club fait sa rentrée et pour répondre à la demande grandissante, Emmanuel Robert a ajouté un créneau de plus à ses cours du jeudi au complexe le 10 55 (rue Hélène-Boucher à Pontarlier). “Les cours de salsa attirent des personnes de tout le Haut-Doubs, jusqu’à
Morteau, Mouthe et Levier, et même quelques Suisses. D’où la nécessité d’ajouter un cré neau supplémentaire” se réjouit le professeur qui conti nue sans cesse à se former aux subtilités des danses lati nos. La salsa n’est pas la seule danse latino qui sera propo sée en cette rentrée à Pon tarlier. Emmanuel Robert va en effet proposer des cours de bachata, une autre danse latino-américaine originaire de République dominicaine. “Les cours seront dispensés par Barbara et Kenneth de la “B Danse Académie”. Ils vien dront deux lundis soir par mois
à la M.J.C. des Capucins. L’ar rivée de la bachata à Pontarlier permettra de diversifier notre offre et de répondre aux attentes des élèves” ajoute l’enseignant qui se réjouit de “développer la culture latino, le bien-être et faire voyager les habitants du Haut-Doubs à Cuba et désormais en Répu blique Dominicaine sans pren dre l’avion!” sourit celui qui base son enseignement sur la musicalité, le rythme, l’in terprétation musicale, les pas fondamentaux des danses cubaines, le style et les figures. ■
Emmanuel Robert a fondé le Salsa Cubana Club il y a 6 ans dans le but de promouvoir la culture cubaine à travers la danse et la musique. Toutes les précisions sur www.salsa-cubana-club.fr
Éditorial Fragilité
de certains partis comme les Insoumis ou le rassemblement national en récla mant à tort et à travers la démission ou la destitution du président de la Répu blique, leurs méthodes et leurs invectives permanentes étant sans conteste en partie responsables du chaos actuel. Cependant, il apparaît de plus en plus évident que seule la prochaine élection présidentielle permettrait de donner au pays l’indis pensable élan dont il a besoin pour sortir de l’ornière. En attendant, au fil des mois et des gouvernements qui se succèdent, avec une assemblée fracturée comme elle ne l’a jamais été, la France continue à s’enfoncer dans la dette. Ce sujet sonnera comme le testament politique d’un Fran çois Bayrou qui n’aura pas su convaincre, sinon une partie de l’opinion, et c’est son mérite, du moins les composantes de l’As semblée, de l’impérieuse urgence de ce sujet crucial. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser
néonicotinoïdes que cette loi voulait réta blir. Et disons-le, de son soutien incompris par les défenseurs d’une agriculture dura ble à cette loi Duplomb qui semble tota lement déconnectée des préoccupations actuelles pour un modèle soutenable d’agri culture. À moins d’une dissolution suite à laquelle M me Genevard serait reconduite pour la troisième fois à son poste de minis tre - c’est toujours possible -, ou de la nomination d’un nouveau Premier minis tre qui lui ferait à nouveau confiance, ses chances de rester en poste jusqu’en 2027 restent minces. Mais la fragilité du fauteuil de ministre sur lequel Annie Genevard et ses collègues du gouvernement ne sont installés que depuis un an n’augure tout de même rien de bon pour notre pays dont les institutions politiques semblent de plus en plus fragiles au fur et à mesure que le second quinquennat d’Emmanuel Macron avance. Nous nous garderons bien de réagir de manière pavlovienne à l’image
Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER est éditée par la société “Publipresse Médias” Rédaction et publicité: 03 81 67 90 80 E-mail: redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645
E ncore une rentrée sous le signe de la fébrilité, avec un gouvernement sur la sellette et un Premier minis tre qui a lui-même fixé la date, le 8 septembre, de sa probable destitution. Si ce scénario se confirmait, tout le gou vernement tomberait et avec lui, notre ministre de l’Agriculture doubienne Annie Genevard qui aura tenu moins d’un an à la barre de son ministère de l’Agriculture où elle avait été nommée le 21 septembre 2024. Le temps d’un unique salon de l’agri culture au printemps dernier, de tenter de calmer la colère agricole qui continue à gronder, et de se mettre aussi une partie de l’opinion à dos suite à l’adoption de la très controversée loi Duplomb, certes vidée d’une partie de sa substance avec le rappel par le Conseil constitutionnel de l’interdiction de réintroduction des
Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni.
Mise en page : Olivier Chevalier Conception pubs : Éloïse Perrot.
Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod.
Crédits photos : La Presse Pontissalienne, Boucard T.P., Élan, La Poste, Salsa Cubana Club., S.H.N.H.D.
Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1298-0609 Dépôt légal : Septembre 2025 Commission paritaire : 0227 D 79291
4 Pontarlier
La Presse Pontissalienne - Septembre 2025
LOISIRS
Salon du champignon les 27 et 28 septembre Société d’Histoire Naturelle du Haut-Doubs : 70 ans d’observation de la nature Souvent considérée, à tort ou
P as besoin de parler couramment le latin pour profiter des activités proposées par la société d’histoire naturelle du Haut-Doubs (S.H.N.H.D.). Elle organise des sorties dont le thème varie en fonction des sai sons autour de la mycologie, botanique, géologie, ornithologie… “Chaque année, on met en place deux programmes. Le à raison, comme une société savante, cette association qui a été fondée en 1955 poursuit sa mission d’intéresser le public à la nature et de le sensibiliser à la protection des milieux naturels. Du sérieux dans une ambiance décontractée.
premier s’étend du printemps à l’automne. Il comprend essentiellement des sorties terrain dans le Jura ou les Alpes voisines autour de la découverte des plantes, des oiseaux, des insectes. À partir de l’au tomne, on se focalise davantage sur des sorties d’observation et de détermination mycologiques” , explique Jean-Claude Robbe, le président de cette noble ins titution. L’automne est une période d’activité intense car elle correspond à la saison des champignons dont la découverte et la vulgarisation est à l’origine de l’as sociation qui s’appelait initialement Haut-Doubs mycologique. À l’automne, une permanence est organisée tous les lundis soir au local de la société situé désormais à la Maison des associations. “On propose des séances détermination
À l’automne, l’association propose chaque lundi soir des séances de détermination des récoltes de champignons.
de champignons ouvertes à tous et gra tuites.” Le grand rendez-vous de l’année pour la S.H.N.H.D. aura lieu du 27 au 28 sep tembre à la salle Toussaint-Louverture avec l’exposition “La nature en automne - champignons et botanique”. Organisé depuis des décennies, ce qui était au départ le salon du champignon s’est élargi aux fleurs et fruits de la région. Des photos et documents sur différents thèmes naturalistes sont également pré sentés au public. En hiver, la vie de l’association s’organise autour de soirées hivernales au local. L’occasion de partager les découvertes faites par les membres du club. “On fait venir des spécialistes qui interviennent sur des sujets spécifiques. On peut aussi proposer des projections, diaporamas, vidéos lors de ces soirées d’étude.” La société d’histoire naturelle du Haut Doubs compte actuellement une trentaine de membres et autant de sympathisants. Pas du tout engagée sur un terrain mili tant, elle se positionne plutôt en senti nelle, lanceur d’alerte si elle constate
des atteintes graves et illégales à l’en vironnement. “À l'avenir, on souhaite étendre nos activités sur des projets bota niques. On a répondu à la demande du Grand Pontarlier de travailler à la réac tualisation du sentier botanique du Gou nefay. On apporte notre contribution sur des inventaires botaniques pilotés par le Conservatoire botanique de Franche Comté. On souhaite s’ouvrir davantage aux autres associations naturalistes en participant ensemble à des actions de
EN BREF
Sarbacane Le Festival Sarbacane revient à Rochejean les 20 et 21 septembre pour une 21ème édition pleine de poésie, de rires et de découvertes. Porté par l’association la Sarbacane, ce rendez-vous festif transforme le village en un véritable nid d’imaginaire où les spectacles, les jeux et les ateliers prennent leur envol dans les garages, les jardins et les ruelles. Théâtre, marionnettes, musiques, créations collectives et surprises en tout genre pour un festival à vivre en famille ou entre amis Rue La Ville de Pontarlier honore la mémoire d’une grande figure de l’histoire comtoise: Léonel de Moustier (1881-1945). Une des rues de la zone commerciale des Gravilliers porte désormais le nom de cet industriel, député du Doubs qui s’est distingué pendant les deux guerres mondiales et notamment en jouant un rôle actif dans la l’association “Sourire et Solidarité” et les “Extra ordinaires Cie”, le 4ème festival du rire aura lieu du vendredi 26 au dimanche 28 septembre au théâtre du Lavoir à Pontarlier. Infos et résas au 06 72 95 83 79. Résistance. Pontar’riez Organisé par
protection de la biodi versité, monter des expo sitions… On projette de mettre en place des “ren dez-vous naturalistes” avec des sorties aux alentours de Pontarlier. Plutôt que de se limiter à identifier les plantes, on voudrait initier les gens à observer le lien entre les espèces et le milieu naturel” conclut le président. n F.C.
“On va travailler à la réactualisation du sentier botanique du Gounefay.”
Le salon du champignon a évolué pour devenir une exposition associant aussi la présentation des fleurs et fruits de la région.
Zoom Un peu d’histoire
E n 1955, Paul Colard, pharmacien à Pontarlier et Émile Laroue, natu raliste à Frasne, fondent l’association “Haut-Doubs mycologique” consacrée à l’étude des champignons. En 1973, les membres de l’association décident d’élargir l’activité à tous les domaines des sciences naturelles : botanique, entomologie, géo
logie, zoologie… L’association devient alors La Société d’histoire naturelle du Haut-Doubs. Son objet: étudier et faire connaître les sciences naturelles, assurer par tous les moyens, en général, la défense et la pro tection de la nature. n
Paul Colard et Émile Laroue les deux fondateurs de ce qui est devenu en
1973 la Société d’histoire
La société d’histoire naturelle du Haut-Doubs organise de nombreuses sorties sur le terrain en Franche-Comté et dans les Alpes.
Société d’histoire naturelle du Haut-Doubs Réunion le lundi soir à 20 heures Au local situé à la maison des associations
naturelle du Haut-Doubs.
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6 Pontarlier et environs
Septembre 2025
LES FOURGS
Économie circulaire
La friperie ambulante et très vintage d’Élise Évrard Passionnée de mode et d’accessoires vintage, cette graphiste valorise son temps libre dans la création d’une friperie ambulante qui fait escale tous les samedis matin au marché de Pontarlier. À voir.
C aravane de poche en guise de cabine d’essayage, guirlande électrique flashy, chaussures, vêtements des années 70-80: son stand ne passe pas inaperçu sur un marché pontissalien plus axé sur les denrées alimentaires. “Ce n’est pas forcément le lieu le plus propice pour vendre ce type de produits mais cela reste une belle vitrine et j’adore cette ambiance de marché. Les gens sont très détendus et on noue très vite des rela tions qui vont bien au-delà du com merce” , apprécie Élise Évrard. Originaire d’Alsace, elle vit dans le Haut-Doubs et plus précisément aux Fourgs depuis une douzaine d’années. Maquilleuse, vendeuse, agent immo bilier, elle a déjà testé plusieurs pro fessions avant de trouver sa voie dans le graphisme, métier qu’elle exerce aujourd’hui à temps partiel en Suisse. “J’ai toujours été attirée par les beaux objets. J’adore la mode et je suis sensible à la préservation de l’environnement.” Tous les ingrédients étaient donc réunis pour s'investir dans la création d’une friperie. Élise Évrard, 36 ans, songeait initia
lement ouvrir à temps partiel une bou tique à Pontarlier. Projet qu’elle va finalement abandonner au regard des loyers commerciaux exorbitants en vigueur dans la capitale pontissalienne. Et pourquoi ne pas opter pour une ver sion ambulante? “J’ai investi dans une petite caravane qui sert à la fois de lieu de stockage et de cabine d’es sayage.” Habituée du marché pontissalien, la jeune commerçante se déplace aussi
À 36 ans, Élise Évrard s’investit à fonds dans son “Trésor”, une friperie ambulante qui apporte une touche vintage partout où elle se déplace.
sur des marchés artisa naux. Baptisée “Trésor”, sa friperie ambulante s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. “Les gens m’apportent les vêtements, chaus sures et accessoires sur le marché. Je suis très attentive à la qualité, à la provenance et à la pro preté des articles.” Ici, tout se conjugue avec les couleurs, les coupes, le style des années seven ties. Élise Évrard a aussi quelques bases de cou
Son stand ne passe pas inaperçu.
ture. “J’invente des modèles, je conçois des patrons qui sont transformés en vêtements par l’association Haut-Doubs Repassage car je n’ai pas forcément les compétences adéquates. Cela permet
Évrard est plutôt satisfaite de l’évolution du projet. Passé l’effet de surprise et le côté sympathique du vintage, le public adhère plutôt bien au concept. n F.C.
par exemple de redonner une seconde jeunesse à des jeans usagers. Ce produit fonctionne bien. C’est de l’up-cycling sommaire mais bien utile.” Après quelques mois d’activité, Élise
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8 L’interview du mois
Septembre 2025
INDUSTRIE
La filière automobile dans le Doubs
“L’industrie automobile est face à des défis qu’elle n’a jamais connus”
Quelles sont les conséquences de ce délitement sur le front de l’emploi ? J.-L.P. : En 2007, la France comptait 114 446 emplois dans la filière automobile. En 2019, plus que 68 994 emplois et en 2024, 56 000… Et au train où vont les choses, on s’oriente vers une réduction de plus de la moitié des emplois dans les 5 ans à venir dans la filière automobile. On assiste déjà à des suppressions d’emplois à bas bruit et à des ten tatives de diversification de nom breuses entreprises pour quitter ce secteur automobile. À quels défis est confrontée la filière en cette rentrée 2025 ? J.-L.P. : Il y en a plusieurs actuel lement. D’abord l’instauration des droits de douane américains qui devraient toucher en premier lieu l’industrie allemande qui exporte environ 600 000 voitures par an aux États-Unis. Et comme on a des équipementiers français qui fournissent l’Allemagne, c’est un malheur qui s’ajoute à un autre malheur. Il y a également la non atteinte des volumes de produc tion et de vente de véhicules élec triques produits en France et dans l’Union européenne, ce qui fait que le parc automobile français ne cesse de vieillir. Troisième défi : on est sorti de la période infla tionniste mais on avait pris 20 % de surcoûts, qui ont accentué le décalage entre l’Europe et le reste
L’existence même de la filière automobile en France est menacée à entendre Jean-Louis Pech, le président de la Fédération des Industries des Équipements pour Véhicules (F.I.E.V.). L’effondrement de la production est de 63 % depuis 2002 et de 38 % depuis 2020. Interview.
Nos voisins allemands font mieux ? J.-L.P. : Sur une base 100, dans les années quatre-vingt-dix, la France se situait à 20 % en, dessous de l’Allemagne. Aujourd’hui, la France est à moins du tiers de la production de l’Allemagne… Pourquoi ce décrochage par rapport à l’Allemagne ? J.-L.P. : L’industrie automobile alle mande est faite d’innombrables E.T.I. (N.D.L.R. : entreprises de taille intermédiaire) alors que la France a longtemps favorisé l’émergence de grands groupes et n’a pas suffisamment fait atten tion à créer des E.T.I. L’Allemagne aussi a toujours eu cette culture
C omment se traduit en chiffres la santé fragile de la filière automobile en France ? Jean-Louis Pech : L’industrie en France ne représente plus que 9,4 % du P.I.B. Nous assistons à une désindustrialisation du pays depuis une quarantaine d’années. Une voiture est réalisée à 85 % par des équipementiers. La fédé ration que je représente totalise 56 000 emplois pour un chiffre d’affaires de 16 milliards d’euros qui fond comme neige au soleil. Rien qu’en Franche-Comté, cette filière représente plus de 500 entreprises et plus de 42 000 sala riés. Mais la part de la production française dans l’industrie auto mobile mondiale ne cesse de recu ler. Dans quelles proportions ? J.-L.P. : En 2005, la France repré sentait 5,5 % de la production automobile mondiale, et 19,6 % de la production européenne. On est tombé aujourd’hui à 1,5 % de la production mondiale et moins de 10 % de la production euro
péenne. C’est un effondrement progressif mais certain de la pro duction française dans l’industrie automobile mondiale. La production mondiale n’est-elle pas aussi orientée à la baisse ? J.-L.P. : Il s’est produit 89,9 millions de véhicules en 2024 contre 94 millions en 2018. Mais les chif fres sont à nouveau repartis à la hausse après la période Covid. Pas pour l’industrie française. En 2002, la France produisait 3,7 mil lions de véhicules. Ces chiffres ont chuté jusqu’en 2009, il y a eu un petit sursaut ensuite jusqu’en 2011, avec 2,295 millions. Puis est arrivé le choc du Covid dont la France ne s’est jamais remise. Depuis, on est à 1,3 million de véhicules produits par an et on reste scotchés à ce chiffre. C’est le premier choc de volume. À cela il faut ajouter ces dernières années la crise des composants, l’inflation, les problèmes énergé tiques et la politique des donneurs d’ordres, ce qui explique qu’on reste à des chiffres très bas.
d’aider son industrie automobile, via les Länder notamment, en s’appuyant aussi sur des syndicats avec lesquels on peut travailler de manière constructive. Contrairement à la France, grâce à ses sociétés familiales, l’Allemagne ne s’est jamais désindustria lisée. Et le plan de relance en Alle magne, c’était 630 milliards d’eu ros ! Chez nous, les caisses sont vides…
“Une réduction de plus de la moitié des emplois dans les 5 ans.”
européenne avec 13 millions d’em plois, et 60 millions d’euros par an d’investissement en recherche et développement. Et cette indus trie doit faire face à des pouvoirs agressifs (les États-Unis) ou non démocratiques (la Chine). L’hydrogène, vous y croyez toujours ? J.-L.P. : Non, tout cela ne tient pas la route. On s’est laissé embarquer par des effets de mode en oubliant le reste. Pour que l’hydrogène marche, il faudrait une énergie quasiment gratuite pour le fabri quer. Quelles mesures soutenez-vous pour sortir de l’ornière actuelle ? J.-L.P. : Nous soutenons quelques mesures très claires comme le “local countain” à 80 %, c’est-à dire que le seuil minimal du fabri qué en France devrait être de 80 % dans un véhicule. Appliquons simplement ce que les Chinois ont fait ! Donnons-nous les moyens de garder une production sur nos territoires ! Je rappelle au passage que le premier constructeur de véhicules en France est désormais Toyota. Évi demment, c’est mieux que plus d’usines du tout… Quid de la compétitivité de l’industrie automobile française ? J.-L.P. : Il faut impérativement la restaurer. La France doit revenir dans la moyenne européenne et on n’y est pas du tout en termes de charges, d’impôts et de temps de travail. Il faut que l’on reste dans une ambition d’être un pays d’industrie et pas qu’un pays de tourisme.
du monde. Il y a enfin l’aspect réglementaire avec la volonté de l’U.E. de passer au tout électrique d’ici 2035 alors même que l’Europe ne maîtrise pas un élément majeur : la fabrication de batteries et les chaînes de valeur autour des matières premières. En résumé, l’industrie automobile est face à des défis qu’elle n’a jamais connus. Quel est le moral de vos adhérents, dont plusieurs dizaines sont basées en Franche-Comté et dans le Doubs ? J.-L.P. : Nous avons lancé une enquête récemment auprès d’eux dont il ressort que 85 % des entre prises qui nous ont répondu sont déjà dans des mécanismes de dés ourcing au profit de concurrents basés en Chine. La Chine, c’est 60 millions de véhicules par an et désormais le premier marché mondial. 45 % de nos répondants pensent même fermer leurs sites en France. Je pense qu’une dizaine de sites d’équipementiers devraient fermer dans les 12 pro chains mois en France. J.-L.P. : Le point positif actuel, c’est qu’au niveau européen, il y a dés ormais une vraie prise de conscience concernant l’électrifi cation. Même les Allemands se rendent compte que ça va être très compliqué d’ici 2035. Un dia logue stratégique s’est donc ins tauré depuis le rapport Draghi. Mais au-delà de cela, aucune déci sion concrète n’est prise alors même que l’industrie automobile est une épine dorsale de l’industrie Y a-t-il tout de même des motifs d’es poir ?
Le commentaire de Damien Tournier “La situation est compliquée à bien des égards”
L e président de l’U.I.M.M. du Doubs, lui-même à la tête d’une entreprise de sous-traitance automobile (l’entreprise Schrader à Pontarlier, fabricant de valves pour pneumatiques), confirme les effets de la situation européenne du secteur auto mobile sur l’activité dans le Doubs. “La situation est compliquée à bien des égards, dit-il. Nos entreprises souffrent d’un manque d’activité et d’un manque de compétitivité.” Selon lui, c’est l’innovation qui est la clé du problème. “Seulement pour innover, il faut de l’argent. Quand on est en manque de trésorerie, comment innover ?” Résultat : plusieurs entreprises de la filière automobile dans le Doubs ont démarré des plans sociaux. “Ces plans concernent jusqu’à 30 % des effectifs dans certaines entreprises” affirme Damien Tournier. Depuis les années quatre-vingt, les effectifs de la filière automobile ont fondu de moitié dans le Doubs. n
Damien Tournier,
président de l’U.I.M.M. du Doubs, est lui-même à la tête d’une société de la filière automobile, la société Schrader à Pontarlier.
L’interview du mois 9
Septembre 2025
France, le parc automobile global n’est pas pensé. Nous luttons donc actuelle ment pour que les pouvoirs publics ne soient pas les fossoyeurs de l’industrie automobile. Sinon, dans les trois ou qua tre ans à venir, ce sera Waterloo pour l’automobile française ! Il n’est pas encore trop tard. Nos jeunes ingénieurs ont encore la possibilité d’inventer la mobilité de demain. Mais pour cela, il faut impé rativement sauvegarder les savoir-faire sur nos territoires. Comment sont reçues vos alertes et préconisations par les pouvoirs publics ? J.-L.P. : Elles sont toujours très bien reçues, mais c’est tout ! De suites, il n’y en a pas et j’ai le sentiment que nos politiques refusent de voir que le pays s’enfonce dans la crise et qu’il faudra bien travailler un peu plus pour s’en sortir. Le temps des cigales en France, c’est fini. À un moment donné, il faudra bien passer en mode fourmi ! n Propos recueillis par J.-F.H. en Bourgogne- Franche-Comté l 366 établissements l 37 286 salariés et 4 722 intérimaires l Représente environ 25 % de l’emploi industriel Zoom La filière automobile
Quelles mesures concrètes pour redresser cette compétitivité ? J.-L.P. : Il faut d’abord un vaste plan d’in vestissement à l’échelle européenne, ins piré de ce qu’ont fait les États-Unis. Il faut également un mécanisme permet tant de garantir la disponibilité et des prix d’énergies décarbonées compétitifs. Et en parallèle, des mesures de simpli fication. 108 nouvelles réglementations vont s’appliquer au secteur automobile d’ici 2030. On ne fait que réglementer et ça ralentit évidemment notre compé titivité. Et au plan national ? J.-L.P. : Ce n’est pas nouveau mais le coût du travail nous plombe. Pour un salaire de 80 nets versé au salarié, soit 100 bruts, cela coûte 140 à l’employeur. Contre
120 en Allemagne par exemple. Et tenter de garder un prix d’électri cité plus stable grâce au nucléaire plutôt que de subventionner des éner gies (éolienne par exem ple) qui enrichissent la Chine. Bien sûr, nous ne sommes pas contre les plans de décarbonation, mais il faut une vraie incitation fiscale, une vraie politique de parc, et ne pas subventionner des véhicules destinés à des enfants de familles qui auraient les moyens de s’en payer un. En
“Les pouvoirs publics, fossoyeurs de l’industrie automobile.”
Jean-Louis Pech est le président de la F.I.E.V., la
fédération qui représente la plupart des équipementiers automobiles français.
10 L’ÉVÉNEMENT Après des années fastes à Besançon notamment (photo), puis après avoir touché le fond au crépuscule des années Hollande, le Parti socialiste tente de reprendre du poil de la bête. Dans un contexte où une certaine forme de radicalité semble prendre le pas, ses partisans croient à la renaissance d’une social-démo cratie à la française. Qu’en est-il dans notre département à quelques mois des échéances municipales, avec une direction départementale et locale renouvelée.
Septembre 2025
Que reste-t-il du Parti socialiste ?
l Doubs
Jean-Sébastien Leuba, secrétaire départemental Le Parti socialiste a son nouveau guide
C’est lui qui préside aux destinées du Parti socialiste au niveau départemental. Jean-Sébastien Leuba espère voir renaître un militantisme engagé en faveur du P.-S. alors que les échéances électorales vont commencer à s’enchaîner, à commencer par les municipales en mars prochain.
encore plutôt dynamique, il reste à recon quérir d’anciens bastions comme le Pays de Montbéliard qui compte moins d’une centaine de militants, et tenter de faire entendre sa voix dans d’autres secteurs comme le Haut-Doubs où le socialisme est quasi inexistant, comptant moins d’une dizaine d’adhérents (voir notre article en page 12). Le P.-S. du Doubs compte surtout sur le renouvellement des générations pour assurer sa pérennité. Le secrétaire dépar temental a passé son dernier week-end d’août aux universités du P.-S. à Blois où il emmenait une délégation du mou vement des jeunes socialistes du Doubs. Il compte aussi relancer les rencontres
le Pays de Montbéliard ou encore Arnaud Marthey dans le Doubs central ou Patrick Ayache sur le Grand Besançon, tous res tés fidèles au P.-S. Son modèle en matière de socialisme, Jean-Sébastien Leuba le voit en la per sonne de Robert Schwint, l’ancien maire de Besançon qui avait enchaîné quatre mandats d’affilée entre 1977 et 2001. Le temps béni de la social-démocratie où “Robert Schwint avait réussi à réunir autour de ses projets des chefs d’entreprise, des militants syndicaux et associatifs, tous représentatifs de la population, et créer des débats passionnants et construc tifs. C’est cela que je souhaite instaurer au niveau du P.-S.” affirme Jean-Sébas tien Leuba qui se donne également d’au tres missions plus politiques : “Préparer les sénatoriales de l’année prochaine avec la ferme intention que le Doubs retrouve un sénateur socialiste. Ainsi que les pro chaines départementales et régionales. Et on ne devra pas être pris de court si de nouvelles élections législatives se pro filent! D’où le travail fin de maillage territorial que j’ai commencé à faire.” Jean-Sébastien Leuba croit dur comme fer à la survivance d’une social-démo cratie dans le Doubs. Il scrute de près tous les sondages d’opinion et ne manque pas de souligner que la gauche (de Fran çois Ruffin à Raphaël Glücksmann) réu nit pour l’instant 20 % des intentions de vote et Jean-Luc Mélenchon à peine 8 %. Pour l’instant… “On sent une dyna mique” est convaincu le premier fédéral du Doubs. n J.-F.H.
J ean-Sébastien Leuba sourit: “Quand les gens évoquent le Parti socialiste, on a l’impression qu’ils sont au chevet d’un malade !” Le P.-S. se porte bien, merci pour lui! À entendre le premier secrétaire de la fédé ration du Doubs, à la tête du parti depuis quelques mois, le fond du gouffre est désormais loin derrière. Oubliées les années post-Hollande où le P.-S. avait bien failli disparaître, presque englouti par le macronisme triomphant. Avec 250 adhérents affichés à l’échelle départementale, le parti à la rose semble donc renaître de ses cendres, et M. Leuba compte bien encore étoffer les effectifs d’ici les prochaines échéances électorales. Bien sûr, on est bien loin des heures glo rieuses du P.-S. quand le parti totalisait dans le Doubs quelque 3 000 adhérents à la fin des années soixante-dix. Époque révolue, l’heure est donc à la remobili sation des troupes. Avant de prendre les rênes du parti au niveau départemental, Jean-Sébastien Leuba a tenu celle de la section bisontine entre 2023 et 2025, où il revendique “150 adhérents à jour de cotisation à l’échelle du Grand Besançon.” Même si certains de ses détracteurs comme ce proche du parti affirme “qu’il a fait adhérer le père,
le fils, la mère et même le Saint-Esprit… ” Et si le nombre de militants se stabilise autour de ce chiffre, “il y a beaucoup plus de sympathisants qui ne prennent pas forcément leur carte. Les dernières élections européennes nous ont donné un nouvel élan. Dans une ville dirigée pen dant 70 ans par les socialistes, il en reste forcément quelque chose” ajoute le premier fédéral qui a été désigné par son parti pour être tête de liste aux prochaines municipales à Besançon où le P.-S. pré sentera une liste aux côtés de Place Publique, le parti de Raphaël Glück smann qui compte une poignée d’adhé rents à Besançon. “Nous n’aurons aucun problème pour trouver 55 noms sur la liste” affirme avec assurance M. Leuba dont le parti s’était opposé au début de l’été à l’idée d’une liste commune avec la maire sortante et ses alliés au nom du refus de travailler aux côtés de L.F.I. Et pour être encore plus clair, M. Leuba réaffirme qu’il “n’y aura qu’un socialiste investi aux municipales à Besançon, et c’est moi”, évacuant d’un revers de main les velléités de Nicolas Bodin, autre can didat à la candidature. Bien sûr, le chantier de reconstruction ne fait que commencer à l’échelle dépar tementale. Si le bassin de Besançon est
sur les territoires. “Nous prévoyons par exemple un temps fort mi-octobre dans le Haut-Doubs” , taclant au passage l’ex secrétaire départemen tale à laquelle il a suc cédé, Myriam El Yassa. “Avec une première fédé rale qui passait son temps à Paris, puis à Tou louse, c’était difficile pour le P.-S. du Doubs de mobiliser. J’ai repris les choses en main” assène le Bisontin qui dit aussi pouvoir s’appuyer pour conquérir de nouveaux militants sur quelques personnalités du Doubs comme Magali Duver nois et Éric Lançon dans
“Un seul socialiste investi, et c’est moi.”
Ancien adjoint au maire bisontin, Jean-Sébastien Leuba est à la tête des socia listes du Doubs.
L’événement 11
Septembre 2025
l Besançon
Le nouveau secrétaire Joachim Taïeb À Besançon, on mise sur le renouvellement des générations
Cette mission, c’est à Joachim Taïeb, 28 ans, qu’elle a été confiée. Le nouveau secrétaire de la section bisontine du P.-S. devrait compter parmi les figures montantes du parti pour les prochaines échéances électorales.
N ouvelles ambitions, donc nouvelles têtes au sein du Parti socia liste. En même temps que Jean-Sébastien Leuba pre nait la tête du parti au niveau départemental, c’est un jeune militant, Joachim Taïeb, qui a été élu au début de l’été secrétaire de la section bisontine du P.-S. qui regroupe désormais toutes les anciennes sections locales du bassin bisontin et épouse le ter ritoire de G.B.M. Cette section reste le plus impor tant bastion du socialisme dans le Doubs avec 150 adhérents annoncés par ce jeune qui a passé son enfance à Saint-Vit, avant de suivre ses années lycée à Vic tor-Hugo à Besançon puis d’en tamer un cursus à Sciences-Po Paris, campus de Reims. Le jeune secrétaire de section travaille aujourd’hui comme assistant parlementaire d’une députée au Parlement européen, Emma Rafowicz. Joachim Taïeb a pris sa carte au P.-S. en 2020 et a rejoint la fédé
Le nouveau secrétaire de la section bisontine du P.-S. Joachim Taïeb au milieu de jeunes militants aux récentes universités d’été du parti à Blois.
ration du Doubs en décem bre 2023. Il est aux côtés de celui qu’il appelle “Jean-Seb” depuis 2024 et a été élu secrétaire de la section bisontine en juin der nier. “Avec 150 cartes, nous sommes la plus grosse section locale de Bourgogne-Franche Comté” affirme le secrétaire qui compte bien encore voir gonfler ces chiffres. “Je me suis donné comme mission de professionna liser la section et mieux la struc
Taïeb mise sur le réveil des jeunes pour venir gonfler les rangs du P.-S. local. “À l’échelle du Doubs, nous avons déjà une cinquantaine de cartes de jeunes socialistes dont une trentaine à Besançon. Nous travaillons acti vement la question des lycéens et des étudiants, j’espère pouvoir compter une cinquantaine nou velles adhésions à l’échelle du Grand Besançon” avance le secré taire. “Mais on souhaite aussi convaincre à nouveau des jeunes travailleurs, des profils ouvriers, c’est plus compliqué” reconnaît le militant qui suit la trajectoire type de l’ancien étudiant en sciences politiques qui se dirige vers une carrière politique. Car en plus d’être secrétaire de section, le Bisontin a pris des responsabilités nationales au sein du P.-S. Il remplissait les fonctions de secrétaire national à la formation des jeunes depuis 2022 avec comme mission d’or ganiser tous les samedis au profit des jeunes militants des sessions de sensibilisation autour de
turer” ajoute M. Taïeb. Pour cela, le recrutement d’un secrétaire adminis tratif est en cours. S’il ne nie pas les tensions internes, les conflits entre l’ex et l’actuel secrétaire départe mental, le départ récent d’anciens militants histo riques ou les ten sions préalables aux municipales à Besançon, Joachim
“Profession- -naliser la section et mieux la structurer.”
grands thèmes de société comme la loi de 1905, le rapport à l’Eu rope, etc. Il poursuit sa petite ascension interne en s’occupant désormais de ce que le P.-S. nomme “l’académie des jeunes socialistes”. “L’idée est de consti tuer des promotions de 25 ou 30 jeunes socialistes dans des cycles de 4 à 6 mois au cours desquels
militant qu’on devrait rapide ment retrouver sur les listes du P.-S., localement comme sur d’au tres échéances nationales. Dans sa section bisontine, il lui reste cependant un autre défi à rele ver: la féminisation d’un parti au sein duquel les femmes se font beaucoup trop rares. n J.-F.H.
ils suivront des cours avec des enseignants en histoire et en éco nomie notamment afin de les armer pour être candidats ensuite sur les territoires en France.” Joachim Taïeb compte bien être un acteur actif pour œuvrer à la reconquête du Parti socialiste aussi bien dans le bassin bisontin qu’à l’échelle nationale. C’est un
l Fédération du Doubs Des mots durs à l’encontre de Jean-Sébastien Leuba Il y a ceux qui
D’anciens poids lourds du militantisme socialiste ont annoncé leur départ du P.-S., à l’image de Patrick Bontemps en désaccord total avec la ligne Leuba. D’autres font le choix de rester. quittent le navire, et ceux qui restent
E nvers le nouveau secrétaire départe mental du Parti socia liste, Patrick Bon temps ne mâche pas ses mots en évoquant “une gestion auto cratique du parti” et l’enquête “pour harcèlement moral” que Myriam El Yassa, l’ancienne numéro 1 du P.-S. dans le Doubs, a demandé à la com mission des conflits du P.-S. d’ouvrir à l’encontre de M. Leuba. M. Bontemps se sou vient aussi que M. Leuba s’était fait retirer par deux fois sa délégation d’adjoint par Jean Louis Fousseret qui l’accusait de déloyauté. Alors plutôt que de perdre son temps dans “des conseils fédé raux qui se sont toujours dérou lés de façon houleuse” , l’ancien adjoint au maire a préféré jeter l’éponge et l’a fait savoir dans une lettre de démission qu’il a adressée le 15 juillet à Jean Sébastien Leuba, avec copie
aux cadres nationaux du parti. “C’est avec détermination, amertume, mais sans regret que je quitte le Parti Socialiste” dit-il. Comme seule réponse de M. Leuba, Patrick Bontemps s’est vu adresser un courrier en recommandé avec accusé de réception le menaçant lui, cette fois, d’être convoqué devant la commission des conflits. Patrick Bontemps quitte le P.-
Patrick Bontemps qui fait trois mandats aux côtés de Jean-Louis Fousseret a démissionné du P.-S. cet été.
toujours en une possibilité d’al liance entre la gauche sociale démocrate et Anne Vignot en vue des prochaines municipales à Besançon. Les autres cadres historiques du P.-S., dans le département à l’image de Claude Jeannerot ou Marie-Guite Dufay, restent fidèles au parti à la rose même s’ils n’ont jamais été des mili tants particulièrement actifs. Certains élus locaux expliquent leur attachement à la maison socialiste par le fait que “quand on est un élu régional comme
moi, on a été désigné par notre parti. La moindre des choses est de lui rester fidèle. Je n’aime pas beaucoup les girouettes” commente par exemple Patrick Ayache, conseiller régional P.- S. et maire de Pirey dans l’ag glomération bisontine. Ce der nier n’apprécie d’ailleurs pas beaucoup que certains veuillent régler leurs comptes par médias interposés avec la direc tion du P.-S. Lui dit “conserver toute ma confiance à Jean Sébastien Leuba.” n J.-F.H.
S. et a pris une adhésion à Place Publique. Un parti qu’il juge plus à même de mener des débats constructifs sur les grands sujets de société. Et per sonnellement, Patrick Bon temps croit
“Avec détermination,
amertume, mais sans regret.”
12 L’événement
Septembre 2025
l Haut-Doubs L’état de santé du P.-S. “Si je pars, il n’y aura plus personne pour représenter le P.-S.” La section du P.-S. du Haut-Doubs ne compte plus que huit adhérents comme le regrette amèrement Gérard Guinot, le secrétaire de la section et membre du conseil fédéral qui souhaite que la gauche s’engage dans les élections municipales de Pontarlier sans étiquette de parti. Entretien.
L e Haut-Doubs n’a jamais été un bastion de gauche et encore moins du P.-S. ! Gérard Guinot : Historiquement, c’est avant tout une terre de la droite catholique. Le seul véri table îlot de gauche se situait à Pontarlier qui a connu deux maires socialistes depuis cin quante ans : Denis Blondeau élu de 1977 à 1983 et Yves Lagier de 1989 à 1995. Son équipe était formée principale ment d’ouvriers et de fonction naires, des catégories qui reflé taient aussi la physionomie d’une ville ouvrière avec de nom breux emplois dans le public : établissements scolaires, hôpital, centre des impôts, commune… On peut aussi rappeler que Christian Bopuday, l’ancien maire de La Rivière-Drugeon, a été élu conseiller général du canton de Pontarlier pendant deux mandats de 2004 à 2015.
l’association Aigles qui regroupe des représentants locaux de tous les partis du Front de gauche. On se réunit tous les deux mois rue Vannolles dans l’ancien local de L’Esperluète. L’objet de cette association : constituer une force de propositions politiques et notamment pour les différentes échéances électorales dans la 5 ème circonscription. Êtes-vous impliqué dans la préparation des élections municipales à Pontar lier ? G.G. : On participe à la constitu tion de la liste “Haut-Doubs col lectif, écologique et solidaire” qui porte le même nom que celle présente au précédent mandat. On organise une réunion publique par mois pour débattre sur différentes thématiques : le plan de circulation, les mobilités, le logement… Entre 15 et 25 personnes assistent aux séances qui ont pour but de faire émerger les actions prioritaires pour bâtir
G.G. : Je suis arrivé à Pontarlier en 1983 pour occuper un poste de cadre à la C.I.T. Alcatel. J’avais alors 37 ans. J’ai adhéré en 1989 à la section locale du P.-S. qui s’étendait à l’échelle de Pontarlier et du Haut-Doubs forestier. Aujourd’hui je suis secrétaire d’une section élargie à tout le Haut-Doubs. Avez-vous exercé des mandats élec tifs ? G.G. : J’étais conseiller municipal
le conseil.
Combien y a-t-il d’adhérents au sein de la section P.-S. du Haut-Doubs ? G.G. : L’effectif ne cesse de dimi nuer. On était 55 en 2008 et plus que 8 en 2025. On peut quand même signaler deux nouvelles adhésions cette année. Deux militantes P.-S. en provenance de Besançon et Charmoille ont rejoint la section P.-S. du Haut Doubs. Plusieurs membres ont des soucis de santé. On a très peu d’actifs. Pour le vote du secrétaire fédéral, sur huit votants, on a enregistré 7 abs tentions et j’étais le seul présent au vote… Pourquoi rester ? G.G. : Si je pars, il n’y aura plus personne pour reprendre le flam beau. Comment participez-vous à la vie poli tique locale ? G.G. : Le 15 avril 2023, on a créé
dans la minorité actuelle mais j’ai dû démissionner pour rester Délé gué Départemen tal de l’Éducation Nationale. Les deux fonctions ne sont pas compati bles. Il fallait faire un choix et comme personne ne vou lait être D.D.E.N., j’ai préféré quitter
“L’effectif ne cesse de diminuer.”
“Tout n’est pas encore décidé sur la constitution de la liste et la façon de la présenter”, annonce Gérard Guinot, le secrétaire de la section P.-S. du Haut-Doubs au sujet de l’élection municipale à Pontarlier.
Moyse et Cédric Laithier, mais rien n’est acté. On tient surtout à présenter une liste de gauche sans affichage des partis. n Propos recueillis par F.C.
une liste et un programme.
La tête de liste est déjà désignée ? G.G. : Pour l’instant, on a deux candidats présumés avec Xavier
Vous adhérez au P.-S. depuis quand ?
l Pontarlier Un seul socialiste Les points communs plus
l National Les heures glorieuses du P.-S.
forts que les différences
A vec quatre adhérents, La France Insoumise est la mieux repré sentée dans ce groupe des encar tés qui compte aussi un socia liste et un écologiste. “Il n’y a pas de communiste, explique Xavier Moyse qui a toujours été sympathisant vert. J’étais sans étiquette la première fois quand je me suis présenté en 2021 aux élections départementales. Avec Karine Grosjean, compte six candidats adhérents à un parti politique. En quoi cela peut-il interférer dans l’équilibre des forces ? Éléments de réponse avec Xavier Moyse, tête de liste potentielle. La future liste d’union de la gauche qui se présentera en mars prochain aux élections municipales de Pontarlier
L e temps est loin où le Parti socialiste du Doubs s’enor gueillissait d’avoir près de 3 000 adhérents. C’était au temps béni de la social-démocratie, l’époque Mitterrand dont les deux candidatures à la présidentielle en 1974 et 1981 avaient fait explo ser les effectifs, jusqu’à 214 000 adhérents en 1981 au plan natio nal. Plusieurs désillusions plus tard (législatives de 1988 et pire, celles de 1993), puis en 1995 la défaite de Lionel Jospin à la présidentielle face à Jacques Chirac font fondre les effectifs. À la fin des années quatre-vingt dix, le Parti socialiste chutait à moins de 120 000 adhérents. Petit rebond ensuite en 2002, le parti remonte à près de 150 000 adhé sions, avant d’atteindre sont record en 2006 quelque mois avant la présidentielle, avec 280 000
adhérents. La désillusion de la défaite entraîne une nouvelle fonte des effectifs et entre 2007 et 2012, le P.-S. perd trois quarts de ses effectifs. Avant la fin du mandat Hollande, en 2016, le parti ne compte plus que 111 000 adhé rents. La chute est ensuite inexo rable, jusqu’à ne plus compter que 41 000 adhérents à jour de cotisation en 2023. Quelques départements en France font de la résistance et comptent encore plus d’un millier d’adhé rents, comme dans les bastions historiques du Nord, la fédération de Paris ou encore la Seine-Mari time. Et à l’inverse, une vingtaine de départements comptent aujourd’hui moins de 100 adhé rents, comme dans le Haut-Rhin, le Cantal ou les Deux-Sèvres. Avec 250 adhérents revendiqués, le Doubs tire à peine son épingle du jeu. n
“Le choix de la tête de liste est encore en négociation”, confie Xavier Moyse, l’écologiste en lice pour cette place avec l’insoumis Cédric Laitier.
on formait déjà un binôme d’Union de la Gauche. C’est en entrant au conseil muni cipal de Pontarlier en 2022 que j’ai décidé d’adhérer à Europe Écologie-Les Verts. Ce parti compte très peu d'adhé rents en France.” S’il est farouchement opposé au nucléaire, Xavier Moyse sait que cette position n’est pas aussi unanime chez les autres partis de gauche. Pas
“On se rejoint sur plein d’autres choses.”
Le siège du P.-S. à Besançon, dont la section compte 150
de quoi, pour autant, en faire une pierre d’achoppement dans le cadre des élections pontissaliennes. “On se rejoint sur plein d’autres choses. Les différences sont minimes par rapport à nos points com muns. Les combats nationaux n’ont pas lieu d’être dans ce scrutin communal.” Il espère que la liste d’union de la gauche
sera soit annoncée officiellement fin octo bre ou début novembre. Un autre candidat, Cédric Laithier, est susceptible aussi de conduire cette liste. “On est toujours en négociation. Cela se fera en génération spontanée, c’est-à-dire à l’issue d’une pro chaine réunion” , explique le candidat vert âgé de 55 ans. n
adhérents selon son secrétaire.
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