La Presse Pontissalienne 305 - Juin 2025

Le mensuel d'informations sur Pontarlier et le Haut-Doubs

JUIN2025 - N° 305 - 3 €

Mensuel d’information du Haut-Doubs - www.presse-pontissalienne.fr

Après 26 ans, qui pour succéder à Patrick Genre ? La bataille de Pontarlier est lancée

La forêt du Haut-Doubs panse ses plaies P. 8 À 10 L’évenement P. 37 Un nouveau club affaires orienté handicaps L’association Apach’Évasion lance Apach’Tribu, pour un soutien financier à ses actions solidaires. Métabief

Au moins 6 listes devraient s’affronter aux prochaines

municipales à Pontarlier.

Après plusieurs années de souffrance, touchée par les sécheresse et les scolytes, la forêt tente de résister.

(Photo Laurent Saillard).

P. 39

Opération solidarité pour Justine Aymonin Souffrant de la maladie de Lyme et d’un Covid long, l’agricultrice a enfin trouvé un traitement efficace, mais qui n’est pas couvert par l’assurance maladie. Elle se dit victime d’une errance médicale. Chapelle-des-Bois

Le dossier en P. 24 à 32

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2 Retour sur info

La Presse Pontissalienne - Juin 2025

Le sentier didactique Bourbaki prolongé en France

Patrick Genre, nouveau compagnon dans l’ordre national du Mérite

L a salle du conseil municipal était pleine comme un œuf pour assister à la promotion de Patrick Genre au grade de chevalier de l’ordre national du Mérite. L’heureux promu était dans son jardin, lui qui est au conseil municipal de Pontarlier sans discontinuer depuis 30 ans dont 26 ans comme premier édile. Pas de passe-droit pour autant. “J’ai demandé à la mairie l’autorisation de pou voir faire cette réception dans cette salle !” , indique en souriant cet élu dont on ne pourra guère remettre en question la pro bité. Une des valeurs prise en compte pour être digne d’intégrer l’Ordre national du Mérite au même titre que l’exemplarité, le courage, la générosité, ou encore l’en gagement citoyen. Pour rien au monde, Annie Genevard la ministre de l’Agriculture n’aurait manqué l’occasion de remettre cet insigne à son ami qu’elle qualifie de “boy-scout dans un corps de rugbyman.” L’ancienne ensei gnante de français se souvient d’ailleurs de ce grand adolescent qui au lycée Xavier Marmier manifestait déjà son goût du bien

A u même titre que l’absinthe, la retraite de l’armée de l’Est, appe lée plus couramment l’armée de Bourbaki, en Suisse au matin du 1 er février 1871, reste un indémodable sujet de coopération historique qui a marqué les mémoires des deux côtés de la frontière. Cet événement a donné naissance à la construction du monu ment commémorant la “bataille de La Cluse”, dernier combat de la guerre de 1870. Une fresque murale au pied du château de Joux rappelle également l’épisode Bourbakis. En Suisse, le passage des 70000 hommes au poste-frontière des Ver rières Suisses a servi de support en 2015 à la création d’un sentier didac tique de 5 km entre la gare et le poste frontière. Une façon de rendre hom mage à l’hospitalité suisse ainsi qu’à la Croix Rouge pour sa première inter vention sur le terrain. Français et Suisses ont longtemps œuvré chacun de leur côté. Les autorités locales fran çaises se retrouvent chaque année pour un hommage aux victimes de la Bataille de La Cluse. Tout change en 2024 quand les associations des Amis du musée de Pontarlier et Bourbaki Les Verrières Suisses décident de coopérer pour la célébration du 1 er février. “On a eu l’idée de se réunir sur la journée complète en organisant des commémorations de chaque côté de la frontière. On a également partagé un repas en commun. Cela a très bien

commun en postulant pour être représen tant des élèves. Début d’un engagement qui se poursuivra d’abord dans le sport au sein du C.A.P. rugby où il officiera comme joueur, entraîneur et dirigeant avant d’entrer au conseil municipal en 1995 aux côtés d’André Cuinet en étant adjoint aux sports et à la communication. Quatre ans plus tard, il prend la succession du maire démissionnaire et sera réélu les quatre mandats suivants. Dire que Patrick Genre a été touché par cette promotion est un doux euphémisme. Ému jusqu’aux larmes, il n’a pas manqué de remercier toux ceux qui l’ont accompagné au fil de son parcours. “Je suis très heureux, très fier, très honoré de cette décoration… Cette médaille, je vous la dois. Ce qui fait la durée d’un engagement c’est d’avoir des valeurs chevillées au corps et de les défendre.” Confirmant ensuite que son engagement municipal arrivait bientôt à son terme, l’ancien cadre de La Poste n’oublie pas de remercier Maryse son épouse. “Les sacrifices en tant qu’élus nous les avons choisis mais nous les impo

fonctionné” , rappelle Fabrice Hérard, chargé de mission aux Amis du musée de Pontarlier. Le 10 ème anniversaire du sentier didac tique Bourbaki s’inscrit dans cette logique. “On était déjà ensemble pour la cérémonie du 1 er février mais sans trop en faire en se projetant sur l’évé nement anniversaire du sentier qui sera organisé le samedi 14 et le dimanche 15 juin.” La commune des Verrières-de-Joux manifestait sa volonté d’être partie prenante de ce parcours mémoriel qui s’arrête pile à la frontière. Le début des festivités sera justement marqué par l’inaugu ration de deux nouveaux panneaux, l’un relatant les faits historiques sur les Bourbakis et l’autre sur la fameuse poignée de mains entre les généraux Clinchant et Herzog, rencontre qui n’a jamais eu lieu. “Les textes ont été rédi gés par Gérard Tissot-Robbe. Ces panneaux ne sont que la première étape d’un prolongement de sentier qui pourrait aller au moins jusqu’au château de Joux, voire à Pontarlier où l’on trouve aussi des traces de la guerre de 1870, notamment avec des tombes de soldats tués au combat de La Cluse.” Animations, conférences, dédi caces, visites guidées, projections figurent au menu de ces deux journées qui se dérouleront entre les Verrières de-Joux, Les Verrières Suisses et le château de Joux (renseignements sur www.admp.com). ■

sons aussi à nos proches.” Avant de conclure sur l’évolution de la fonction d’élu local, “le plus beau des mandats” plus que jamais exposé aux critiques et invec tives. ■ Très ému, le maire de Pontarlier a reçu son insigne de la ministre Annie Genevard, en présence de nombreuses personnalités locales et de ses proches.

Un collectif “mobilités” se crée autour du lac

“C onscients des enjeux majeurs liés à l’amé lioration des mobili tés dans notre région du Haut Doubs et convaincus que des solutions adaptées existent pour contribuer à une meilleure qua lité de vie, nous, citoyens, élus, associations, proposons la créa tion d’un collectif dédié à la réflexion et à l’action sur les mobilités durables.” Ce plai doyer signé de plusieurs rive rains du lac Saint-Point (Isabelle Faynot, Robert Hugot, Alain Tailleur…) a abouti le 15 mai dernier suite à une réunion

publique en mairie de Mont perreux au projet de création d’un collectif, voire d’une asso ciation dédiée aux questions de mobilités autour du lac. Une seconde réunion le 5 juin devait confirmer ces intentions et ce nouveau collectif aura notam ment comme priorités de convaincre les autorités de reve nir sur un point qui cristallise quelques tensions : la vitesse des automobilistes. Ce point avait déjà été soulevé il y a quelques mois par ces protagonistes qui s’étaient vus renvoyer une fin de non-recevoir

par le Conseil départemental en charge des routes. La créa tion de ce collectif permettra de formaliser les actions. Et ce, dès la journée sans voiture du 15 juin où des riverains plaide ront pour ce passage à 70 km/h. “Je suis persuadé que cette mesure va finir par être prise, elle est dans l’air du temps et on constate de plus en plus de conflits entre automobilistes autour du lac. Personnellement, en tant que cycliste, je n’em prunte plus le tour du lac” observe Robert Hugot pour qui maintenir les routes départe

mentales autour du lac à 90 km/h est un non-sens, d’au tant plus que “sur plus de la moitié du linéaire, on est soit sur des traversés de villages, soit sur des virages, soit dans des zones de réduction de vitesse.” Ce nouveau collectif compte solliciter une rencontre avec le préfet du Doubs pour le sensibiliser à la question, dans un contexte où l’acciden tologie est en hausse dans notre département. Ce même préfet qui préside la commission départementale de sécurité routière. ■

Français et Suisses se retrouvent désormais chaque année pour commémorer la bataille de La Cluse et la retraite des troupes en Suisse.

C omme l’a justement souligné la présidente de Région Marie Guite Dufay lors de la dernière assemblée plénière du Conseil régional, “un fromage de qualité mérite des débats de qualité.” La polémique qui a agité pendant plusieurs jours la sphère des réseaux sociaux et des médias au sujet du comté, lancée sur la base d’un article pour moins orienté voire men songer du Figaro Magazine mérite en effet beaucoup mieux que ces caricatures lues ou entendues ici et là, et amplifiées par des réseaux sociaux qui décidément ont perdu - s’ils l’ont eu un jour ?… - tout sens de la nuance, du débat et de l’ar gumentation. Comme il est inacceptable d’entendre les défenseurs du comté et la profession agricole affirmer que le comté n’a aucun impact sur son envi Éditorial Caricatures

Ce débat tronqué n’est évidemment pas le premier ni le dernier à être relayé par les réseaux sociaux par lesquels en une phrase sentencieuse on estime devoir résumer sa pensée, bien courte, et où la désinformation et la culture du buzz , où le nombre de clics et les performances d’un site deviennent plus crédibles qu’un discours scientifique argumenté et éclairé par les faits, les chiffres et l’expérience. La filière comté est et devra rester un modèle du genre, porté par un esprit de coopération séculaire, et rémunérateur pour ses agriculteurs. Cela n’empêche pas pour autant d’évoquer sans tabou les enjeux environnementaux que pose cette filière prospère. Ses acteurs n’ont d’ailleurs pas attendu ce mauvais procès pour réviser le cahier des charges du comté, limiter fortement l’apport de fer tilisants, et décider de désintensifier la production pour réduire l’impact sur les sols et la biodiversité. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser

ronnement et accuser ceux qui soulèvent de vraies questions d’être des “Khmers verts” ou de vouloir pratiquer “l’écologie punitive” pour reprendre les expressions faciles de ceux qui sont à court d’argu ments, il est tout aussi inadmissible d’af firmer, qui plus est sur des radios publiques à forte audience, qu’il serait dangereux voire criminel de continuer à manger du comté alors que la filière tout entière défend un modèle exigeant. Et tout comme sont caricaturales et mini malistes les affiches “Touche pas au comté” qui ont aussitôt fleuri sur les réseaux sociaux à la manière d’un “Je suis Charlie” décliné désormais à toutes les sauces, parfois indigestes. Oui, le comté mérite mieux que cela comme débat. Non, un militant écologiste et anti-spéciste qui a son avis propre et ne représente pas l’ensemble des défenseurs de l’environnement, pas plus qu’il est à assimiler à tous les militants écologistes.

Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER est éditée par la société “Publipresse Médias” Rédaction et publicité: 03 81 67 90 80 E-mail: redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645

Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni.

Mise en page : Olivier Chevalier Conception pubs : Éloïse Perrot.

Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod.

Crédits photos : La Presse Pontissalienne, O.N.F. Pontarlier, Archives famille Boichard, D.R.A.A.F.- B.F.C., Groupe B.J.M.V., L. Medrinal, O.T. du Grand Besançon, L. Saillard, Ville de Besançon. Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1298-0609 Dépôt légal : Juin 2025 Commission paritaire : 0227 D 79291

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4 Pontarlier et le Haut-Doubs

La Presse Pontissalienne - Juin 2025

Pour répondre aux attentes des habitants, de nouveaux points d’apport volontaire pour le recyclage des déchets ont été installés aux Pareuses.

URBANISME

Politique de la Ville

Des projets pour améliorer le cadre et la qualité de vie aux Pareuses Reconnues au même titre que les Longs Traits comme un quartier prioritaire, les Pareuses sont désormais intégrées dans le contrat de Ville “Quartier 2030” ayant pour ambition d’améliorer le quotidien des habitants en mettant en place des dispositifs innovants et en renforçant ceux existants.

L e 13 mai dernier, tous les acteurs de la Poli tique de la Ville (élus, bailleurs, travailleurs sociaux) ont participé à

graffeur” , résume Nicolas Roche, le directeur de la maison de quartier des Pareuses. Face à la problématique d’indi vidualiser l’incitation dans des ensembles collectifs, Habitat 25 envisage de procéder à la dis tribution de badges aux loca taires. L’amélioration du cadre de vie dans le quartier des Pareuses a très vite progressé suite à la démolition de la dalle en 2024. Un point d’importance qui a permis à la population de se réapproprier le quartier. “Cet événement a marqué le début d’un ambitieux programme de réhabilitation énergétique por tant sur 56 logements répartis sur deux bâtiments.” Les tra vaux ont commencé fin 2023 et se termineront en juin. Le chan tier global représente un inves tissement de 5 millions d’euros à la charge d’Habitat 25. n F.C. à l’enrichissement de la vie cul turelle locale, en participant par exemple au festival littéraire des Petites fugues. “On a éga lement mis l’accent sur les ani mations au sein de la librairie en proposant des rencontres lit téraires autour des romans, sur des thèmes de société avec l’envie de susciter des débats. Ces échanges se font sur place après la fermeture du commerce.” n F.C. la librairie le Temps d’un livre, avec de gauche à droite, Michaël Mention, Elsa Tröbs, Élisabeth Jacquart et Magali Pagnier. Julien Perrot, le fondateur de la revue la Salamandre était présent à la librairie le 5 juin. “Le lende main, nous avons organisé une très belle rencontre avec Alain Puysségur, auteur du “Manoir des Castlecatz”, un roman de lit térature fantastique avec des chats comme héros” rappelle Magali Pagnier. La série anniver saire se termine le 13 juin à 18 h 30 en accueillant Jean Noël Falcou, l’auteur du “Journal d'un paysan”, un livre vivant drôle. n Le quatuor aujourd’hui aux commandes de Trois rencontres pour fêter les cinq ans de la librairie

Réseau d’échange et de savoirs qui n’existe plus. “Ce local de 170 m 2 qui est situé dans un immeuble d’Habitat 25 doit avoir une vocation sociale. D’une capacité d’accueil de 16 places, cette maison d’assistantes mater nelles va permettre de répondre à la diminution du nombre de nounous. Cela permettra aussi de former des nounous du quar tier. C’est une façon de faciliter le retour à l’emploi et d’apporter de la vie dans le quartier. On va négocier avec le bailleur pour proposer un prix de loyer abor dable” , explique Bénédicte Hérard, adjointe en charge des affaires sociales à Pontarlier. En cours de validation et de mise en conformité, ce projet devrait voir le jour d’ici un an. Autre point qui ressort des réu nions de concertation citoyenne organisées dans les quartiers prioritaires: la question de la

gestion des déchets. “Les volumes à recycler sont en aug mentation depuis la mise en place de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères Incita tive. On a travaillé à un meilleur positionnement des Points d’Ap port Volontaire pour qu’ils soient à équidistance des entrées de bâtiments” , explique Éric Boz zoli, le directeur de l’agence d’Habitat 25 à Pontarlier. Ce bailleur social possède 307 loge ments sur le quartier. La suite, c’est un projet mené avec la Maison de quartier des Pareuses pour décorer les bennes et le transformateur attenants. “Les trois centres sociaux de Pontarlier ont par ticipé au projet via le collectif Parloncap. Les éléments de déco ration seront posés d’ici l’été. La fresque sur le mur du transfor mateur sera aussi réalisée par des jeunes avec l’aide d’un artiste

Comté compte 62 quartiers prio ritaires. On en a déjà visité une quinzaine. Ces déplacements permettent de voir comment les choses fonctionnent sur place et d’échanger avec les structures locales pour améliorer nos dis positifs. Il s’agit parfois de faire du cousu main. Chaque quartier a ses problématiques, ce qui implique d’être en agilité sur la Politique de la Ville qui est financée par l’État. On ne fait pas à la place de l’État. Il est nécessaire que les élus mais aussi le monde associatif soient présents dans ce dispositif. On compte beaucoup sur l’associatif pour faire ce levier et avoir un monde apaisé.” Premier projet présenté lors de la déambulation pontissalienne : la création d’une Maison d’As sistantes Maternelles à amé nager dans le local occupé jusqu’à présent par l’association Beaux-Arts, Élisabeth s’occupe de la littérature jeunesse-manga et des jeux de société, Elsa des sciences humaines et Michaël est plus axé sur la littérature, la B.D. et l’édition régionale” , détaille Magali Pagnier qui a une formation dans la commu nication visuelle. La polyvalence est aussi de mise dans cette librairie où chacun peut suppléer l’autre. “On reste très attaché à la S.C.O.P. qui nous a plutôt bien réussis. On apprécie beaucoup le côté équité de ce statut où tout est également partagé” observe Élisabeth Jac quart. Les fondements d’une S.C.O.P. reposent en effet sur un partage équitable des richesses, sous forme de parti cipation, ou de réserves pour assurer la pérennité de l’entre prise. Opter pour ce statut témoigne aussi d’une volonté de s’engager dans un projet col lectif et démocratique basé sur le principe “un associé = une voix”. Par choix, conviction et souci de ne pas se disperser, les asso ciés sont restés fidèles au concept d’une librairie à part entière qui s’est juste diversifiée dans la B.D. et plus récemment dans les jeux de société. “On fait très peu de papeterie. On

la visite du quartier des Pareuses en présence de Loïc Niepceron, le conseiller régional en charge de la Politique de la Ville. “La Bourgogne-Franche

La contribution de la Région aux quartiers prioritaires En 2025, la Région Bourgogne-Franche-Comté consacrera 3,9 millions d’euros aux quartiers “Politique de la ville” et à ses habitants: l 2,8 millions dans le cadre du nouveau dispositif “Quartiers en transition”, visant à accompagner les projets favorisant l’attractivité et l’adaptation au changement climatique des quartiers et voté en mars dernier. l 1,1 million au titre du F.A.P. (Fonds d’aide aux projets), visant à accompagner les projets améliorant le cadre de vie et les trajectoires des habitants des quartiers prioritaires. Le quartier des Pareuses l Taux d’emploi des femmes: 47 % aux Pareuses contre 66 % à l’échelle de la C.C.G.P. l 25 % de la population n’a pas le bac

l Taux de pauvreté: 35 % l Taux de chômage: 31,2 %

EN BREF

CULTURE

Le modèle coopératif La librairie “Le temps d’un livre” au cœur de l’actualité littéraire

Marche gourmande L’Association des Parents d’Élèves de l’école de Rochejean et des Longevilles-Mont d’Or organise une marche gourmande le dimanche 22 juin à partir de 10 h 30, au départ des Granges Raguin à Rochejean. Cette journée conviviale propose un parcours de 5 ou 7 km, ponctué de 4 étapes repas, exclusivement sur des chemins de terre. Une enquête ludique sera également proposée aux enfants avec une petite récompense à l’arrivée. Tarif sur réservation jusqu’au 18 juin : adulte : 13 euros, enfant (jusqu’à 10 ans) : 9 euros. Plus d’infos auprès de Sandrine Vuillaume sur vuillaume.sandrine@gm ail.com Lynx Quatre lynx sauvés à l’hiver 2024 ont été relâchés dans le massif du Jura début mai, à proximité des lieux où ils avaient été recueillis l’hiver dernier. Pris en charge et réhabilités par le centre de soin à la faune sauvage Athenas (Jura), ces derniers ont été jugés aptes à leur réinsertion dans le milieu naturel et ont été relâchés sur les cantons de Saint-Vit, Valdahon, Moirans-en-Montagne et sur le plateau d’Hauteville.

D ans le Doubs, le modèle coopératif est encore lar gement répandu chez les agriculteurs de la filière comté qui sont proprié taires et gestionnaires des frui tières. Une vraie réussite sur le plan de la répartition des richesses issues de la commer cialisation des fromages A.O.P. Ce statut peut également se retrouver dans les autres sec teurs d’activité : industrie, ser vices, commerces. Hors agricul ture, on dénombrait 18 S.C.O.P. dans le département en 2022, dont deux dans le commerce et parmi elles, la librairie Le temps d’un livre à Pontarlier. Lancée en juillet 2020, ce com merce pontissalien regroupe aujourd’hui quatre salariés associés: Magali Pagnier, Éli sabeth Jacquart, Elsa Tröbs et Michaël Mention. “Chacun a sa spécialité. Je gère plutôt le rayon Le mois de juin est placé sous le signe des rencontres litté raires dans cette librairie du centre-ville reprise il y a cinq ans par quatre associés organi sés en société coopéra tive participative.

sûr que les gens lisent moins qu’avant en constatant aussi que le boom annoncé de la lec ture numérique n’a pas vrai ment eu lieu. Comme dans la plupart des commerces du Haut Doubs, ils bénéficient aussi de la manne frontalière et de la clientèle suisse. “Les prix des livres sont beaucoup plus élevés chez nos voisins.” Ce jeune commerce s’efforce aussi, à sa manière, de participer

mise beaucoup sur le conseil et l’accueil qui sont la valeur ajou tée des librairies indépendantes. Bien sûr, on se doit de proposer les prix littéraires incontourna bles tout comme on s’est récem ment doté d’un site Internet.” Librairie généraliste, “Le temps d’un livre” ne se cache pas d’avoir une petite fibre écolo gique qui correspond souvent aux valeurs d’une S.C.O.P. Les quatre associés déplorent bien

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Juin 2025

TOURISME

Le président de B.F.C. Tourisme Patrick Ayache

“Nous avons une vraie carte à jouer pour cet été” Bourgogne-Franche-Comté Tourisme vient de tenir son assemblée générale annuelle. Les commentaires à chaud de son président Patrick Ayache, vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

C omment se porte le tourisme dans notre région ? Patrick Ayache : Tous hébergements confondus, on a connu encore l’an dernier une légère augmentation de la fréquentation touristique de notre région et notamment, grâce à des personnes de la région qui visitent la région. Le marché des visiteurs français a été en léger recul mais celui des clien tèles lointaines, notamment des Chinois, est bien reparti à la hausse. La catégorie d’héberge ments qui a le plus progressé est celle des particuliers à particuliers avec une hausse de + 11 % l’an dernier, tandis que les hôtels, campings et hébergements col lectifs avaient accusé une légère baisse. Un indicateur est très révélateur de cette tendance : le nombre de logements proposés sur les plateformes type Airbnb a augmenté de + 10 % par rapport à l’année précédente, et de + 30 % par rapport à 2022 ! On remarque d’ailleurs que depuis le début de l’année et pour cet été, le nombre de réservations sur ces plate formes continue à augmenter: + 14 % pour juin, + 16 % pour juillet et + 29 % pour août. Justement, comment s’annonce cette saison touristique 2025 ?

les Eurocks, ou la Paille dans le Haut-Doubs. Quelle est votre stratégie pour promouvoir la destination Bourgogne-Franche Comté ? P.A. : Nous misons sur nos trois marques porteuses que sont la Bourgogne, les Montagnes du Jura et les Vosges du Sud. C’est sur ces trois marques que l’on porte l’essentiel de nos efforts.

P.A. : Les premiers mois de l’année ont montré une légère baisse de la fréquentation de notre région : le nombre de nuitées est en légère baisse de - 3 % par rapport à 2024 et c’est notamment la clientèle française qui est en recul. Mais on enregistre une progression des clientèles étrangères de + 1,5 %, avec des signaux très encoura geants comme la forte progression de la clientèle allemande (+ 28,5 %), la hausse continue de la clientèle suisse (+ 9,7 %) et le retour de la clientèle britannique qui avait déserté après la crise sanitaire et le Brexit. Dans notre communication, on se concentre notamment sur cette clientèle britannique. Pour eux, partir en voyage reste très important, quitte à se priver sur d’autres postes de dépenses. Nous sommes plutôt optimistes pour la suite de la saison car plus des deux tiers des Français ont déclaré une intention de départ pour cet été et la France reste une destination privilégiée pour 85 % d’entre eux. Nous avons donc une vraie carte à jouer. Nous aurons des événements qui devraient amener beaucoup de monde, notamment cette étape du Tour de France le 26 juillet à Pontarlier, et des festivals comme

désormais tout sur le numérique. L’an dernier, nous avons enregis tré 5 millions de visites sur notre système digital. C’est 40 % de plus par rapport à l’année précé dente. Je ne crois plus à ce qu’on faisait beaucoup avant, à savoir des grandes campagnes d’affi chage à Paris, dans le métro ou dans les gares. 1,2 million de visi teurs étrangers ont visité notre site, c’est en hausse de 80 %. Notre choix d’un système digitalisé a fait ses preuves, il permet en plus de mieux cibler la clientèle poten tielle selon les régions ou les pays. Nous essayons aussi de suivre les tendances du digital, raison pour laquelle nous nous intéres sons actuellement aux réseaux comme TikTok ou Youtube. En revanche, nous avons stoppé les collaborations avec certains influenceurs, cette forme-là a perdu beaucoup de sa crédibilité. Quelles autres actions mettez-vous en place pour mieux faire connaître notre région qui souffre encore d’un déficit de notoriété par rapport aux grandes régions touristiques françaises ? P.A. : Une des nouveautés de 2024 a été d’accueillir au sein même de B.F.C. Tourisme un Bureau d’Accueil des Tournages. Ce rap prochement stratégique marque

Dans nos actions de communication, nous misons sur l’accessibilité de nos territoires, à deux heures de Paris et à deux heures de Lyon, ainsi que sur la diversité des expé riences que les visi teurs peuvent vivre dans notre région : le patrimoine, la gastronomie, la pleine nature, l’iti nérance, la randon née, le tourisme flu vial. Quelle est votre stra tégie de communica tion ? P.A. : Nous misons

“Les logements proposés sur les plateformes en forte hausse.”

des figurants pour leurs films. On ne mesure pas ce phénomène qui existe pourtant de plus en plus: les touristes se déplacent souvent pour découvrir et visiter des paysages quand ils les ont vus dans un film. En 2024, notre région a ainsi pu accueillir 19 sor ties nationales dont deux films

une nouvelle étape dans la valo risation de notre territoire en positionnant la Bourgogne Franche-Comté et ses trois des tinations comme une vraie terre de cinéma. La fonction de ce Bureau est d’aider un réalisateur, un régisseur, un producteur à trouver des paysages, des lieux,

Zoom Besançon mise sur l’originalité

“N ous avons souhaité donner à voir Besançon de façon diffé rente” résume Véronique Mari zier-Bouhelier, la directrice de l’office de

tourisme de Besançon arrivée l’été dernier et qui a missionné l’ensemble des guides conférenciers de la ville - ils sont une dou zaine - pour qu’ils imaginent de nouveaux

parcours de visite. Parmi les nouveautés validées et inscrites dans le nouveau programme des visites guidées bisontines, il y a par exemple ce concept des “visites surprises”. “Le visiteur s’inscrit mais il ne sait pas ce qu’il va visiter. Les premières visites de ce type ont démarré. Les visiteurs avaient rendez vous devant la statue de Jouffroy-d’Abbans sur le pont Battant. Le guide les a emmenés visiter le quartier Battant et ils ont terminé la visite par la découverte des Ateliers des Pianos Gaëtan Leroux avec une petite prestation musicale du patron, agrémenté d’un petit buffet régional préparé par le G.P.P.R. Ce concept semble plaire beau coup” note la directrice. D’autres visites originales sont au pro gramme comme cette découverte de Besançon depuis le Doubs en naviguant et en ramant sur un dragon-boat en col laboration avec le S.N.B. Cette autre visite baptisée “Besançon en toute fraîcheur” permet de découvrir la ville à travers ces îlots de fraîcheur et ses espaces verts, avec des horaires adaptés aux jours d’été,

Découvrir Besançon en bus décapotable, c’est la proposition de la société bisontine B.G. Voyages (photo Groupe B.J.M.V.).

en fin d’après-midi pour éviter les grosses chaleurs. Des visites en randonnée ou à vélo, des visites qui se terminent par une petite séance dégustation au Marché Beaux Arts, une visite “Frissons à Besançon” avec à la clé quelques récits fascinants et légendes locales complètent ce programme

estival. Les grands classiques, mais revisité eux aussi, ne sont pas oubliés. Le bus décapotable lancé par la société bisontine B.G. Voyages fait partie de ces autres innovations récentes qui permettent aux touristes, “mais aussi aux locaux” insiste Véronique Marizier-Bouhelier, de découvrir ou de redécouvrir Besançon. n

Découvrir Besançon au fil du Doubs, une des nouveautés proposées par l’office de tourisme (photo O.T. du Grand Besançon).

L’interview du mois 7

Juin 2025

Une saison hivernale mitigée dans les Montagnes du Jura A près des vacances de Noël très enneigées et ensoleillées, et donc très fréquentées, les touristes ont peu à peu déserté le massif jurassien jusqu’au 20 février, avant de décrocher sensiblement au cours des deux dernières semaines des vacances d’hiver. Pour l’ensemble de la saison hiver nale, les nuitées sont donc en rempli de 6,6 % par rapport à l’hiver pré cédent. Cette tendance à la baisse des nui tées sur les derniers jours des vacances a pesé sur le niveau de satisfaction déclaré par les profes sionnels. qui a sensiblement chuté lui aussi. Sur le périmètre à neige, seuls 42 % d’entre eux expriment une opinion positive sur leur activité hivernale. 58 % des répondants ont même considéré qu’il s’agit de leur plus mauvaise des quatre saisons écoulées. Métabief et Les Rousses s’en sont pourtant plutôt bien sorties : à elles deux, les stations de ski ont enre gistré cet hiver 308000 journées skieurs, contre 157 000 seulement lors de la saison 2023-2024. n

emblématiques qui ont rencon tré un énorme succès et ont été récompensés aux César : Vingt Dieux et Le Roman de Jim. Au total, 55 projets ont été tournés et accompagnés dans notre région l’an dernier, pour un total de 479 jours de tournage. Il y a une vraie dimension économique autour de ce thème car il est établi qu’1 euro investi locale ment pour un tournage apporte 3,40 euros de retombées écono miques sur le territoire. Sur les 55 tournages de 2024, 7 ont été réalisés dans le Doubs. Les Francs-Comtois et les Bourguignons connaissent-ils bien leur propre région ? P.A. : Pas tant que cela. C’est la raison pour laquelle nous restons fidèles au slogan que nous avions lancé après la crise sanitaire et qui disait “Sortez chez vous!”. Il faut bien reconnaître que, même dix ans après la fusion des Régions, l’identité de cette région Bourgogne-Franche Comté est encore loin d’être faite, y compris sur le plan du tou risme. C’est tout l’intérêt des marques que l’on promeut, en invitant les Bourguignons à visi ter les Montagnes du Jura par exemple et les Francs-Comtois le vignoble bourguignon. De quels moyens financiers dispose B.F.C. Tourisme, le comité régional du tourisme de Bourgogne-Franche

Comté ? P.A. : La structure dispose d’un budget de 6,5 millions d’euros, elle emploie 45 salariés. Certains citoyens se posent la question de l’éventuelle redondance entre des structures comme B.F.C. Tourisme et Doubs Tourisme, dont l’objectif est également de promouvoir le tourisme à l’échelle du département. En quoi sont-elles complémentaires ? P.A. : Avec Doubs Tourisme, nous avons construit notre schéma touristique ensemble à tel point que Doubs Tourisme n’a pas construit son propre schéma car il a décidé de s’appuyer sur notre schéma régional. Il n’y a donc pas de redondance. Les cam pagnes de B.F.C. Tourisme sont à vocation régionale, nationale et internationale tandis que Doubs Tourisme oriente ses cam pagnes vers la proximité et les labels qu’il met en avant, à des tination par exemple des pêcheurs, des cyclistes ou des motards. Il y a une vraie com plémentarité entre les struc tures. Les départements ont éga lement fait le choix d’accompagner les habitants, avec plus de responsabilités sur les itinéraires, l’offre de randon née par exemple, alors qu’un C.R.T. se charge de la promotion touristique en France et à l’étranger. n Propos recueillis par J.-F.H.

Vice-président de la Région Bourgogne Franche-Comté, Patrick Ayache est le président de B.F.C. Tourisme.

Zoom Les chiffres du tourisme dans la région l 826 700 lits touristiques dont 27,2 % de lits marchands. l 120 309 résidences secondaires. l 33,4 millions de nuitées françaises extra-régionales en 2024. l 12,4 millions de nuitées intra-régionales. l 31,5 millions de nuitées étrangères. l Les trois principales provenances étrangères : Allemagne, Pays-Bas, Suisse.

8 L’ÉVÉNEMENT

Juin 2025

LA FORÊT DU DOUBS : entre souffrance et résilience

Particulièrement malmenés depuis quelques années, les massifs forestiers locaux, que ce soit les feuillus dans le Grand Besançon ou les résineux dans le Haut-Doubs, donnent de sérieux signes de faiblesse, de dépé rissement, quand ce n’est pas de mort. Face à ces phénomènes climatiques et sanitaires qui touchent nos forêts, quelles réponses peuvent être apportées ?

l Nature Forêts de plaine et forêts d’altitude Les forêts du Doubs pansent leurs plaies Depuis 2018, un cumul d’événements climatiques et sanitaires décime les forêts du Doubs, particulièrement en altitude.

Dans certains secteurs du massif forestier dans le Haut-Doubs, plus de 50 % des arbres sont scolytés et morts (photo D.R.A.A.F.- B.F.C.).

Le phénomène est aussi palpable en plaine. Une note d’espoir semble cependant émerger.

L es sécheresses et canicules à répétition depuis 2018, associées à l’arrivée de bio-agresseurs exo tiques (pyrale du buis, chalarose du frêne, etc.): le cocktail a été fatal pour de nombreux massifs forestiers locaux. “Tout n’est pas lié au réchauffe ment climatique tempère Mathieu Mira bel, responsable du département de la santé des forêts à la D.R.A.A.F. Bour gogne-Franche-Comté. Les bio-agresseurs sont liés à la mondialisation et aux échanges. Le dernier exemple en date est l’arrivée à l’automne dernier dans notre région de la punaise réticulée du chêne, originaire des États-Unis, qu’on a détectée à proximité des aires d’autoroutes. Typi quement, c’est un insecte qui est arrivé avec des voyageurs.” Si les forêts franc-comtoises sont si fra giles depuis quelques années, c’est sans doute aussi “parce qu’elles ne sont pas habituées jusqu’ici, contrairement aux forêts du Sud, à subir de tels stress hydriques. Avec moins d’eau depuis plu sieurs années, les arbres font plus de

racines, moins de croissance et moins de feuilles” détaille l’ingénieur de la D.R.A.A.F. Ce qui ne présume pas for cément de la suite car “les forêts ont aussi une force de résilience et d’adap tation.” Le plus connu de ces insectes - et le plus ravageur depuis plusieurs années - reste le scolyte pour les forêts de résineux, qui cause non seulement des dépérisse ments mais plus grave, des mortalités de massifs entiers. Il suffit d’aller se pro

“Une autre stratégie consiste à ne pas changer d’essence par exemple dans une forêt de hêtres, mais à faire venir du hêtre du sud de la France qui aura peut être un patrimoine génétique plus adapté aux fortes chaleurs.” On appelle cela de la “migration assistée”. Dans les forêts d’altitude, on aura désormais tendance à mélanger un peu plus les essences. La gestion forestière étant celle du temps long, les spécialistes de la question restent très modestes par rapport à l’adaptation des massifs à ces récentes évolutions climatiques et sanitaires. Les efforts qu’ils déploient aujourd’hui pour diver sifier les essences seront visibles dans plusieurs décennies. La sylviculture n’est pas une science de l’immédiat. n J.-F.H.

poir : la présence du clairon des fourmis qui est lui-même un prédateur des sco lytes. Une étude à son sujet a été com manditée par la D.R.A.A.F. L’épidémie en baisse concernant le sapin pectiné, lui aussi touché, mais par une espèce de scolyte moins agressive, est aussi une note d’espoir. “On revient à une endémie pour le sapin, c’est la bonne nouvelle de l’année” note M. Mirabel. Face à la récurrence des phénomènes climatiques et sanitaires, comment réa gissent les spécialistes de la forêt ? Par tout une série d’expérimentations qu’on appelle des “îlots d’avenir”. Ces îlots d’expérimentation réalisés par l’O.N.F. sont implantés en forêt sur de toutes petites parcelles de 0,5 à 2 hectares, avec d’autres essences que celles déjà plantées.

ou récoltées. Les attaques de ces scolytes dits typographes sont d’autant plus importantes en cas de fortes chaleurs. “Ce sont des parasites de faiblesse pour suit Mathieu Mirabel. Ils prolifèrent dès lors qu’un arbre est fragilisé.” Depuis 2022-2023, l’épidémie de scolytes s’est propagée au-delà de 1000 m d’al titude. Les dégâts en forêts n’ont jamais été aussi importants qu’en 2024, provo qués par les attaques en 2023. Les spé cialistes entrevoient un petit espoir pour cette année grâce à un automne 2024 particulièrement arrosé qui permettra sans doute aux arbres de nos massifs de retrouver de la vigueur. “S’il n’y a pas de sécheresse ou de canicule cette année, on peut espérer un déclin des phases épidémiques.” Autres lueurs d’es

mener du côté de Cha pelle-des-Bois ou de Mouthe pour se rendre compte, grandeur nature, des dégâts subis par les forêts de résineux avec dans cer taines parcelles plus de 50 % des épicéas scolytés. Depuis 2018, 20 % de la surface forestière du massif jurassien franc-comtois ont ainsi été scolytées

Tout une série d’expérimenta tions qu’on appelle des “îlots d’avenir”.

L’événement 9

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l O.N.F.

Un espoir d’accalmie de la crise sanitaire

“Il faut réinventer des méthodes de gestion forestière” Tous les massifs forestiers du département du Doubs sont impactés par le réchauffement climatique, ce qui remet en cause les méthodes de gestion, les techniques d’exploitation et les orientations sur le renouvellement forestier. Explications avec Jean-Luc Felder, responsable du service forêt à l’agence O.N.F. du Doubs.

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C omment mesurer l’impact du réchauffement climatique sur la forêt du Doubs ? Jean-Luc Felder : La forêt subit de plein fouet l’impact du réchauffement clima tique. Depuis 2018, on estime que 20 % de la surface résineuse a disparu suite aux problèmes sanitaires. Les consé quences sont très visibles dans le pay sage. Avant cette crise qui n’a plus rien d’une crise, on essayait d’avoir une ges tion planifiée s’appuyant sur des coupes sylvicoles. Cette approche n’est plus possible, c’est le sanitaire qui guide aujourd’hui l’organisation des coupes. Que peut-on dire de la situation sanitaire ? J.-L.F. : Il est utile de rappeler qu’une année forestière s’étale de septembre à juin. On a engagé les premières réflexions pour le programme de coupe 2026. Les discussions vont débuter avec les communes en rappelant le rôle de conseiller technique de l’O.N.F. qui est là pour faire des propositions. La situa tion sanitaire tend à s’améliorer par rapport à 2024. On a eu une année 2024 bien arrosée donc avec peu de stress pour les végétaux et les arbres. Les pré cipitations du printemps 2025 ont permis un bon démarrage de la végétation. Les récoltes sanitaires en épicéa sont encore au même niveau qu’en 2024. Les attaques qui touchaient initialement les peuplements d’épicéa sur les premiers plateaux affectent maintenant des mas sifs plus élevés, au-delà de 1 000 m d’al titude. C’est surtout au niveau du sapin que la situation s’améliore avec beaucoup moins de dépérissement qu’en 2024. En résineux, on était à 80 % de récoltes subies et grâce à la résistance du sapin, on est maintenant autour de 65 %. Pour déterminer les orientations de la pro chaine année forestière, on prend éga lement en compte la conjoncture éco nomique.

des attaques sanitaires. C’est très hypo thétique et les communes qui auront gardé du bois vert le valoriseront beau coup mieux en raison de sa rareté. Le réchauffement climatique bouleverse aussi la gestion forestière ? J.-L.F. : 60 à 70 % des plans de gestion forestière établis sur 20 ans sont devenus caducs. Il faut réinventer des méthodes en définissant des plans de gestion réno vés plus flexibles reposant sur la vul nérabilité. Cette notion prend en compte le sol, l’âge des peuplements et les essences. Le croisement de ces trois para mètres permet d’obtenir un indice de vulnérabilité qui va déterminer la gestion et les aménagements. J.-L.F. : L’office privilégie la régénération naturelle en favorisant la diversité et si cela ne fonctionne pas, il est possible de faire des plantations d’essences plus résistantes à la sécheresse. Il peut s'agir d’essences locales comme le chêne qu’on trouve aussi naturellement sur le Haut Doubs. J.-L.F. : Oui bien sûr. On a constaté de gros dépérissements de hêtre entre 2019 et 2021 sur le faisceau de Besançon et Baume-les-Dames. Au point qu’au jourd’hui, l’enjeu pour certaines com munes c’est de maintenir un état boisé, une ambiance forestière. Cette année, le hêtre va mieux. Les chênes qu’on pen sait épargnés souffrent également par endroits. Pratiquement toutes les essences feuillues comme le frêne, le charme ont été touchées ou le sont encore. Que préconise l’O.N.F. en matière de renouvel lement forestier ? Les forêts feuillues en zone basse subissent elles l’impact du réchauffement ?

Comment se porte le marché du bois ? J.-L.F. : C’est assez encourageant. Les scieries ont de l’activité. Il y a une forte demande de bois. Des grosses scieries à l’extérieur de la Franche-Comté recher chent aussi de l’épicéa jurassien. Le marché du bois-énergie s’envole. Ce qui suscite des inquiétudes sur la ressource. Grâce à l’évolution des paramètres sani taires et économiques, on devrait pouvoir desserrer l’étau de 30 % de récolte de bois vert résineux négocié avec les com munes forestières en 2024. Il est impor tant de dire qu’on se garde toujours une marge sur ce taux qui peut varier en fonction de la demande sur certains pro duits. Sur l’année 2024, on était finale ment plus proche de 50 %. J.-L.F. : Les communes forestières et l’O.N.F. ont décidé en 2020 la mise en place de ce dispositif consistant à réduire l’exploitation des bois verts pour favoriser la vente des bois secs. C’est un choix politique, stratégique et de solidarité de filière. On s’est basé sur les références des coupes avant crise. Chaque année, on évalue l’état sanitaire de la forêt et la conjoncture économique pour fixer ce pourcentage qui était de 30 % l’an dernier. Ce qui signifie que les communes pou vaient couper 30 % de la référence de coupe de bois vert résineux en place avant 2018. Toutes les communes ne jouent pas forcément cette carte de la solidarité ? J.-L.F. : En effet, car cela relève d’une démarche volontaire où rien n’est imposé. Au départ, les communes du haut étaient peu impactées et aujourd’hui la situation s’est inversée. La crise s’est banalisée. Certaines communes préfèrent couper du bois vert avant qu’il ne soit victime Depuis quand fonctionne ce mécanisme de régu lation ?

Depuis 2018, 20 % de la surface résineuse du Doubs a disparu suite aux

problèmes sanitaires (photo

Agence O.N.F. de Pontarlier).

pour favoriser un renouvellement en essences plus adaptées. C’est une tout autre approche ! J.-L.F. : On est face à un changement de paradigme complet. On s’engage vers une nouvelle sylviculture en mosaïque, très diversifiée. Le dépérissement soulève aussi d’autres problématiques. La fragilité des arbres remet en question l’accès au milieu forestier, la sécurisation des usa gers, des bords de route, des lignes élec triques… Les conditions d’exploitation sont également en pleine évolution avec le souci, par exemple, de limiter le tas sement du sol pour protéger leur réserve en eau. Sur une parcelle, on concentre la sortie des bois sur un ou deux chemins de vidange. On évite de sortir des bois quand les sols sont gorgés d’eau. n Propos recueillis par F.C.

impactées que les communes du haut à domi nante résineuse ? J.-L.F. : En forêt feuillue, on est sur un rendement de 100 euros par hectare contre 400 euros par hectare en forêt résineuse avant la crise. La dépendance est forcément moins importante dans ces communes qui ont appris à fonction ner sans la forêt alors que les recettes forestières dans les communes résineuses suffisaient parfois à financer les inves tissements. J.-L.F. : On proposera aux communes de reprendre la sylviculture sur les zones les moins vulnérables. Sur les parcelles les plus sensibles au réchauffement cli matique, on décapitalisera les peuple ments concernés de façon progressive Comment va s’organiser l’aménagement fores tier ?

Pourquoi les communes du bas semblent moins

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“Il faut réinventer des méthodes en définissant des plans de gestion rénovés, plus flexibles reposant sur la vulnérabilité”, explique Jean-Luc Felder, responsable du service forêt à l’O.N.F. du Doubs.

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10 L’événement

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l Besançon Un an après la tempête La forêt de Chailluz fait sa mue La Ville de Besançon, une des plus boisées de France, est propriétaire de 2 200 hectares de forêt, dont 1 700 rien que pour la forêt de Chailluz qui doit allier sa vocation forestière celle de lieu de promenade préféré des Bisontins.

Après la tempête de

juillet dernier, il a fallu plus de six mois pour dégager et exploiter les près de 7 000m 3 de bois tombés. Et ce travail n’est pas terminé (photo Ville de Besançon).

L es services de la Ville ont encore en mémoire ce 20 juillet dernier où des rafales de vent à plus de 100 km/h avaient balayé la forêt de Chailluz et décimé quelque 6900 m 3 de bois, tombés à terre en quelques minutes. Fermée entièrement jusqu’au 31 juillet, puis rouverte par tiellement ensuite et totalement depuis le 10 février dernier après des mois de travaux de dégagement et d’exploitation des bois tombés, la forêt des Bisontins continue à panser ses plaies. Entre 1 500 et 2 000 arbres avaient subi les foudres du vent. Cette tempête n’est hélas pas la seule assaillante pour la forêt de Chailluz qui subit, comme tous les massifs fores tiers de la région, les agressions du cli mat et des parasites comme la chalarose du frêne présente depuis 2019. “Et la série de sécheresses subies en 2020, 2021 et 2022 a provoqué de gros dépé rissements sur le hêtre. Le scolyte de l’épicéa touche aussi les parties de la forêt plantée en résineux. Tous ces évé nements combinés font que la forêt de Chailluz souffre beaucoup” résume Samuel Lelièvre, directeur de la bio

diversité et des espaces verts à la Ville de Besançon. Le défi de la Ville, associée à l’O.N.F. à qui elle a délégué la gestion de sa forêt communale, est donc de “chercher à trouver les meilleures solu tions possible pour que dans un siècle nos choix d’aujourd’hui s’avèrent les bons.” Plusieurs actions ont été engagées pour tenter de maintenir en état la forêt de Chailluz. D’abord la création de ce que les spécialistes appellent des “îlots de sénescence” où on laisse la nature faire

plus en plus pointilleuse, la forêt de Chailluz “restera toujours accessible aux Bisontins” promet la Ville. Les ser vices travaillent actuellement sur un nouveau plan d’accès de Chailluz pour le public. “On va revoir les parkings, les panneaux d’information et les modes de circulation pour continuer à assurer une fréquentation de cette forêt dans les meilleures conditions. Et avec l’O.N.F., on commence à travailler pour mettre en place des dispositifs d’infor mation beaucoup plus réactifs à des tination des usagers en cas d’événements imprévus” annonce le service des espaces verts qui affirme que la forêt de Chailluz restera bel et bien celle des Bisontins. n J.-F.H.

de bois. Avec les quantités industrielles de bois que Besançon a dû exploiter après la tempête de juillet dernier, et un marché du bois actuellement très porteur, les ventes ont permis à la Ville de Besançon d’encaisser 450 000 euros bruts de recettes. Cette manne est très variable d’une année sur l’autre. En 2023-2024, les conditions climatiques défavorables n’avaient permis de faire que 371000 euros de recettes alors que la Ville en espérait 500000. “La plupart des recettes du budget forêt sont réinvesties dans les replantations” observe le responsable. L’autre vocation de cette forêt commu nale située à la lisière de la forêt est donc le loisir. Bien que soumise aux aléas climatiques et à une gestion de

enrésinés. 200 hectares de Chailluz étaient jusqu’ici plantés en résineux. Très sujettes au dépérissement à cause des attaques de scolytes, ces parcelles sont peu à peu remplacées par d’autres essences. Dont certaines qu’on trouve habituellement à la latitude de la région lyonnaise. “On passe ainsi du chêne pédonculé, courant ici, au chêne sessile. On passera progressivement également au chêne pubescent. L’idée est également de mixer les essences. La diversité géné tique est sans doute la bonne conduite pour résister à une pathologie” ajoute M. Lelièvre. Derrière cette gestion qui devient de plus en plus méticuleuse, il s’agit aussi pour Besançon d’assurer l’autre voca tion de cette forêt de Chailluz : la vente

son œuvre, sans plus d’in tervention humaine, afin de renforcer les trames de vieux bois, de gros bois et de bois mort et ainsi créer de nouveaux puits de car bone. “Ces îlots s’étalent désormais sur 188 hec tares, soit 18 % de la sur face de Chailluz” indique Catherine Lehoux, cheffe du service forêt et boise ment urbain à la Ville. La deuxième action enga gée à Chailluz est la trans formation des secteurs

On plante désormais des essences de la latitude de Lyon.

l Collectivités 107 communes ont subi des pertes de recettes Les communes forestières très attentives au maintien des aides de l’État

L’aisance qui caractérisait les communes forestières a sérieusement pâli au fil des crises sanitaires, remettant en cause le modèle de gestion financière de ces collectivités. Difficile de se projeter sereinement dans l’avenir.

Zoom Des travaux d’exploitation loin de faire l’unanimité A vec l’urgence de cou per assez rapidement de gros volumes de bois scolytés, les conditions d’exploitation et leur impact paysager ont beaucoup évo lué. “On a bien conscience que cela perturbe les usagers de la forêt. Les gens se plai gnent des coupes rases, de l’état des chemins… Il y a tout un travail de communi cation à engager sur cette problématique de l’accepta bilité de l’exploitation fores tière. Il faut aussi penser aux entreprises de travaux fores tiers qui souffrent aussi” , tem porise Dominique Maillot. n

“L e contexte de crise sanitaire se bana lise depuis 2018. Dans ces circons tances, on a une incertitude très forte sur l’avenir, ce qui rend dif ficile les prises de décision” , indique Dominique Maillot, vice président délégué de l’association des communes forestières du Doubs. Le temps des concessions et des paradoxes. En 2021-2022 pour sauver l’O.N.F. de la banqueroute, l’État annonce ses intentions de deman der des contributions supplé mentaires aux communes fores tières. Le montant de cette participation s’élevait à 7,5 mil lions d’euros en 2023 puis à 10 millions d’euros pour 2024 2025. “On s’est opposé à cette requête. Il nous a alors été proposé de contractualiser les mises en marché de bois publics à hauteur de 35 %. On a respecté cet enga gement.” Face à l’ampleur des volumes de

Les communes forestières n’ont pas manqué d’alerter les pouvoirs publics qui leur ont accordé une dotation de soutien d’1 million d’euros en 2022 avant d’être por tée à 2 millions en 2024 puis reconduite au même niveau en 2025. Dans le Doubs, 21 com munes ont bénéficié de ce dispo sitif pour un montant global de 150 000 euros. “La Direction Régionale des Finances Publiques a mis en place en 2021 ou 2022 un observatoire de la dépendance des communes aux recettes fores tières.” Comment évolue cette dépen dance dans le Doubs ? “Je ne le sais pas. La centaine de com munes dépendantes ne sont pas toutes en difficulté mais leur capa cité d’autofinancement est indu bitablement affectée. On aimerait que cette dotation de 2 millions d’euros soit maintenue.” La seconde revendication concerne les aides de l’État au renouvellement forestier accordé

bois scolytés, décision a été prise de réduire l’état d’assiette des communes de 30 % à 50 %. “On a diminué la mise en marché des bois verts pour permettre l’écou lement des bois scolytés. Cette stratégie avait un double objectif : éviter l’effondrement du marché et rester en adéquation avec les capacités de sciage des scieries locales. Malgré tout, face à l’am pleur de la crise, une partie des volumes a dû être exportée ailleurs en France voire à l’étranger.” Les efforts demandés ne sont pas anodins, sachant qu’une com mune sur cinq dans le Doubs dépend des recettes forestières. “On parle de dépendance quand le revenu forestier représente plus de 22 % des recettes réelles de fonctionnement. Le maintien d’un certain équilibre impose parfois aux communes d’appliquer des solutions pas très populaires” , précise Dominique Maillot en faisant référence aux augmen tations d’impôts.

“On doit maintenant privilégier un avenir incertain avec beaucoup d’humilité par rapport aux choix de renouvelle ment forestier qui seront faits”, estime Dominique Maillot, vice-président délégué de l’association des communes forestières du Doubs.

pliquée à mettre en œuvre. On demande aux communes de jouer cette carte de la solidarité depuis bientôt 6 ans. Je pense qu’on n’a pas trop à se plaindre de l’enga gement des communes. Globale ment, ça fonctionne. Aujourd’hui mieux vaut être une commune qui aide car cela signifie qu’elle a encore du potentiel forestier. Quand on gérait la forêt avec ces crises sanitaires, on était dans un domaine de certitude. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quelles que soient les décisions prises, il est impossible de savoir si la forêt sera toujours aussi resplendis sante dans 40 à 50 ans.” n F.C.

dans le cadre de France 2030, dispositif remplacé par France Nature Verte. “Ce soutien repré sentait un montant de 150 mil lions par an. Là aussi, nous demandons que cette dotation reste identique jusqu’en 2030. Tout le monde est bien conscient que ces aides sont insuffisantes pour couvrir les pertes de recettes.” Estimant que toutes les com munes ne jouaient pas l’effort de solidarité au même niveau, l’État a suggéré de mutualiser les recettes avec des clefs de répar tition. De quoi rendre sceptique Dominique Maillot. “Sur le papier, c’est une idée novatrice sauf qu’elle me semble très com

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