La Presse Pontissalienne 301 - Février 2025
Le mensuel d'informations sur Pontarlier et le Haut-Doubs
apans 1 chemin des Maur
de 10h00 à 12h00 et 14h00 à 18h30 di au samedi : Du mar 03 81 51 33 36 Châtillon-le-Duc 25870 à 12h00 et 14h00 à 18h30
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FÉVRIER 2025
Mensuel d’information du Haut-Doubs
www.presse-pontissalienne.fr
N° 301
À quoi servent vos impôts ? LE VRAI COÛT DES SERVICES PUBLICS DANS LE HAUT-DOUBS
Le service périscolaire au Val d’Usiers, un service public en milieu rural.
le dossier en p. 20 à 28
Ils rapportent 8 milliards à l’État Le portrait-robot des travailleurs frontaliers économie p. 31
Après la fermeture des téléskis Un nouvel avenir pour le site de Piquemiette tourisme p. 11
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La Presse Pontissalienne - Février 2025
Plus de 180 formations présentées au forum info du 20 mars à Pontarlier
Le Klab a enfin trouvé chaussure à son pied
ont posé leurs bagages. Toute la tribu, ils sont une trentaine d’adhérents, a suivi le mouvement. D’une surface de 400 m 2 sur deux niveaux, ce tiers-lieu comprendra des espaces de coworking et de réunion pour des besoins professionnels ou associatifs. On y trouvera un Fablab numérique équipé d’une impri mante 3D avec des ateliers pour apprendre, prototyper, réparer. “On va mettre en place un atelier d’initiation bitcoin” , explique Léa Roy, la directrice du Klab. Café associatif, salle concert, espace jeunesse occupent les autres locaux. “L’idée du Klab, c’est aussi d’apporter de la vie dans une zone peu animée, de créer des rencontres, faire des expériences. On a prévu une program mation artistique avec des expos, des concerts, des événements sur les théma tiques du numérique, de l’entrepreneuriat” , complète la directrice en annonçant l’ou verture officielle du tiers-lieu le 3 mars, précédée de l’inauguration programmée le 21 février. n
I l aura fallu quatre ans et pas mal de rebondissements pour que cette asso ciation trouve un espace pour y amé nager ce tiers-lieu transfrontalier, labo ratoire d’idées, de coopération culturelle
et entrepreneuriale. C’est donc tout près du site d’Emmaüs à Pontarlier, dans les anciens locaux de l’entreprise Perrin, que les trois cofondateurs du Klab : Benjamin Locatelli, Gaëlle Millot et Xavier Fournier
La tribu Klab s’est installée rue Eiffel à Pontarlier, près d’Emmaüs, dans un bâtiment de 400 m 2 .
Daniel Boissenin des Augustins, Philippe Rouillier du lycée professionnel Toussaint-Louverture, Philippe Besson du lycée Technologique Jeanne d’Arc, Hervé Hugon du collège Malraux et Christel Serra-le-Tutour du collège Grenier.
Un bilan “chaotique” pour le commerce en 2024
O rganisé par le réseau d’établis sements scolaires du Haut Doubs, le forum de l’orientation et de la formation aura lieu le jeudi 20 mars à l’Espace Pourny. “Avant le Covid, il existait déjà un dispositif simi laire organisé à l’époque avec l’appui du C.I.O.” , explique Daniel Boissenin, le responsable des lycées des Augus tins et de Saint-Bénigne. L’idée de relancer l’événement est née il y a 18 mois d’une rencontre entre les chefs d’établissement du Haut Doubs. Comme quoi le public et le privé peuvent travailler à l’unisson. “Grâce à la bonne santé démogra phique du Haut-Doubs, nos établis sements ne sont pas en concurrence. L’objectif de ce forum est de présenter aux collégiens l’offre de formation exis tant en Franche-Comté” , annonce Philippe Rouillier, le proviseur du lycée professionnel Toussaint-Louverture.
36 établissements francs-comtois, soit une offre de 180 formations, seront présents à l’Espace Pourny. “On veut ouvrir les champs du possible pour les élèves, leur donner une ambition scolaire” , confirme Christel Serra-le Tutour, principale adjointe au collège Grenier. 1 200 collégiens de 4 ème et de 3 ème sont attendus lors de cet événe ment qui s’articulera en deux temps. L’accueil des élèves se fera le matin et l'après-midi de 13h30 à 16h30. “Les familles seront accueillies à partir de 16 h 30 jusqu’à 19 heures. La Ville de Pontarlier met à disposition l’Espace Pourny. Ce forum se tiendra une semaine avant le Salon de l’emploi et de la formation” , précise Philippe Bes son, proviseur adjoint au lycée tech nologique Jeanne d’Arc. C.A.P., Bac pro, Bac technologique ou encore Bac général, chacun pourra trouver sa voie le 20 mars à l’Espace Pourny. n
Q uel que soit le contexte, les relations entre les quatre associations qui forment les Fédération Commerce et Artisanat Grand Pontarlier sont toujours au beau fixe. “On poursuit dans cette logique sachant que l’on a tout intérêt à bien travailler ensemble” , explique Denis Gérôme, le président de l’association. En 2024, entre les départs et les arrivées, la Fédération enregistre 40 nouvelles adhé sions sur un total de 510 membres actuel lement. Les travaux réalisés l’été dernier sur la R.N. 57 ont assez fortement impacté l’activité commerciale du Grand Pontarlier. “La clientèle suisse ne venait plus tout comme les habitants du secteur du Mont d’Or. Le retour à la normale a eu lieu à la fin des perturbations, en août, sans pour autant compenser les pertes précédentes.” Ce qui est perdu est perdu. Éditorial Fiscalité
Le contexte politique a freiné également la consommation en retardant des travaux d’investissements, des achats… Classique phénomène de repli vers l’épargne en période de doute. “On estime que l’activité commerciale a baissé de 4 à 5 % sur l’année complète. C’était déjà le cas en 2023. On a également commencé à res sentir et cela continue le ralentissement de l’économie suisse.” D’un naturel plutôt optimiste, Denis Gérôme espère que 2025 sera l’année de la relance, sous réserve d’une stabilité politique, la seule qui puisse débloquer la situation. “On sait que l’argent est là, c’est rassurant.” Localement, l’année 2025 sur Pontarlier et le Haut-Doubs sera riche en événements très populaires : Tout du Doubs en avril, Tour de France en juillet, Haute-Foire, Super Comice à l’automne. “Les années
de Haute-Foire sont toujours de bonnes années. Toute notre stratégie de commu nication s’adosse d’ailleurs à ces événe ments à fort retentissement.” Le président de la Fédération compte aussi sur une reprise du marché immobilier pour relancer tout un pan de l’économie locale. Ajoutez à cela une belle fréquentation touristique sur le Haut-Doubs comme ce fut le cas en 2024 et tout le monde sera content. n “Les années de Haute-Foire sont toujours de bonnes années”, constate Denis Gérôme, président de la Fédération commerce et artisanat Grand Pontarlier.
collectivité du bon vouloir de l’État central. C’est justement le revers principal de cette réforme récente de la fiscalité locale qui a conduit à la suppression de la taxe d’ha bitation, les collectivités de proximité n’ayant quasiment plus que le produit de la taxe foncière pour concevoir leur budget annuel. On l’a vu ces dernières années : face à l’incertitude, nombre d’entre elles ont choisi d’augmenter de manière inédite ce qui leur reste d’autonomie fiscale. Voulue comme un outil de justice fiscale, la sup pression de la taxe d’habitation aboutit finalement à créer de sérieux déséquilibres. Cette taxe d’habitation était aussi et surtout un moyen de responsabiliser les citoyens et de les rendre plus impliqués dans la gestion locale. Sa suppression a sans conteste distendu le lien entre les citoyens et la chose publique. Même si le sujet est impopulaire, une vraie réforme de la fis calité locale serait une des clés pour assainir les finances des collectivités. ■ Par le directeur de la rédaction Jean-François Hauser
de contribuables ignorent ou dont ils n’ont pas conscience quand l’automne venu ils reçoivent en bougonnant leur avis d’im position. La complexité du système fiscal français et son manque de lisibilité, renforcé encore par la suppression récente de la taxe d’habitation, compensée peu ou prou par une dotation de l’État, rendent la fis calité locale très impopulaire et la plupart du temps absconse au citoyen lambda qui s’intéresse de loin à cette question touchant pourtant, à sa vie quotidienne. La construc tion et l’entretien des infrastructures locales (écoles, crèches, stades, bibliothèques, pistes cyclables, ronds-points…), mais aussi le fonctionnement des services sociaux (C.C.A.S., hébergements d’urgence, maisons de quartier…) : tout cela dépend directe ment des possibilités financières des com munes ou des intercommunalités, liées à la bonne mesure des impôts locaux. Sans ce levier fiscal local, le risque serait grand de voir dépendre le fonctionnement d’une
Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER est éditée par la société “Publipresse Médias” Rédaction et publicité: 03 81 67 90 80 E-mail: redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645
P lus de 15 euros pour faire un plon geon à la piscine Lafayette à Besan çon, sensiblement le même tarif du côté de Malbuisson dans la pis cine Aqua 2 Lacs, plus de 36 euros pour une entrée au musée des beaux-arts de Besançon, 23 euros pour emprunter un livre à la bibliothèque municipale, plus de 15 euros pour un seul repas à la cantine, presque le même prix pour une heure de périscolaire pour son enfant. Ces tarifs, que bien évidemment personne ne paie directement, seraient ceux de ces principaux services publics du quotidien sans l’inci dence des impôts locaux. À ce propos, la Ville de Besançon a réalisé le mois dernier une vidéo aussi brève que percutante sur l’utilité - nous ne disons pas la bonne uti lisation - des impôts locaux dans cette col lectivité locale. Une notion que beaucoup
Rédaction : Frédéric Cartaud, Thomas Comte, Jean-François Hauser, Laurine Personeni.
Mise en page : Olivier Chevalier Conception pubs : Éloïse Perrot.
Équipe commerciale : Maëliss Aumaitre, Anne Familiari, Anthony Gloriod.
Crédits photos : La Presse Pontissalienne, D.R.E.A.L. B.F.C., Marc Scheidegger, Pauline Graf S.D.I.S. 25, Ville de Besançon-Éric Chatelain. Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N.: 1298-0609 Dépôt légal : Février 2025 Commission paritaire : 0227 D 79291
4 Pontarlier
La Presse Pontissalienne - Février 2025
Marguet Motoculture à Montbenoît agréé rétrofit
INNIOVATION
Motorisation électrique
La mobylette de papa retrouve une seconde jeunesse Premier Pontissalien de l’histoire à circuler en
Jean-Charles Marguet s’est diversifié dans l’électrifica tion des mobylettes depuis quelques années.
E ntre l’entretien d’un véhi cule thermique et de son homologue électrique, il a vite fait son choix. “Mon père aurait sans doute rêvé d’avoir une mobylette électrique. Plus besoin de faire le mélange essence, huile, de pédaler pour démarrer, de nettoyer le carbu rateur. Il suffit maintenant de mettre la batterie en service et de presser sur le contact” , appré cie ce collectionneur de tenues militaires qui possède également quelques véhicules anciens à deux ou quatre roues. Dont la mobylette A.V. 49 de son père Michel. Un modèle assez rare sorti en 1967 et commercialisé seulement pendant trois ans. “Il avait acheté ce modèle utili taire chez Pernet en 1970 et il s’en servait pour aller travailler chez Dubied puis Schrader. La voiture servait uniquement pour les sorties du week-end.” Très bien conservée, cette moby lette A.V. 49 a été immatriculée en 2010 pour permettre à la sœur de Christian Guibelin de
participer à des sorties en moby lette. “Comme on l’utilise très peu, il faut refaire l’entretien de base à chaque remise en route. C’est fastidieux. J’ai lu un article sur la conversion des cyclos à l’électrique dans “La vie de la moto”. J’ai contacté la société Noil qui fabrique des moteurs et travaille avec des installateurs locaux, en l’occurrence l’entre prise Marguet à Montbenoît.” Ces kits électriques peuvent bénéficier d’aides dont le mon tant varie en fonction de la situa tion géographique. C’est plus avantageux par exemple en Zone à Faibles Émissions (Z.F.E.). “Le kit m’a coûté 2 000 euros avec 50 % d’aide au moment de l’achat. J’ai commandé moi même le kit chez Noil puis j’ai emmené la mobylette chez Mar guet en décembre.” Vitesse bridée à 45 km/h, la mobylette dispose aujourd’hui d’une autonomie de 60 km. Elle a du couple et des accélérations à faire pâlir de jalousie bien des scooters. Christian Guibelin est
Deudeuche électrique, Christian Guibelin a beaucoup apprécié le confort apporté par cette technologie baptisée rétrofit. Au point d’équiper également l’au guste mobylette de son père d’un moteur électrique.
L a mobylette connaît un retour en grâce inattendu depuis quelques années. “On fait de plus en plus de restaurations”, explique Jean Charles Marguet qui est aujourd’hui concessionnaire des deux roues Peugeot et de la marque espagnole Rieju. L’entreprise de Montbenoît est aussi agréée par la société Noil pour l’installation de ses kits électrification. “Avant de poser ce moteur, il faut que la mobylette soit immatriculée et ait passé le contrôle technique. Le client peut faire ces démarches tout comme on peut s’en charger. Noil possède deux grandes familles de kit, pour les Solex et les moby lettes Peugeot, M.B.K., etc.” Arrivés à l’atelier, les cyclomoteurs sont débarrassés de leurs moteurs thermiques pour une version électrique avec batterie installée sur le porte-bagage arrière. Il faut compter une demi-journée de travail. “On fait entre 5 et 7 rétrofits par an et cela augmente progressivement. ” n
“Si mon père avait eu ça, il aurait été heureux comme un pape”, explique Christian Guibelin assis sur la mobylette paternelle, une mobylette A.V. 49 encore en très bon état.
min des Dames.” Bon mécano, Christian Guibelin a profité du passage à l’électrique pour ins taller des clignotants sur cette mobylette désormais prête à relever le défi climatique. À cha cun sa décarbonation ! n F.C.
plutôt satisfait d’avoir donné une seconde jeunesse à ce bien familial qu’il avait conduit quand il était à l’école militaire à Tulle. “Mon père l’avait mis dans le train. Je l’ai récupéré à la gare et je suis allé voir un copain qui vivait du côté du Che
Travaux Dans le cadre de la EN BREF
TRANSPORT FERROVIAIRE 10 millions d’euros à investir d’ici 2027 L’avenir du Neuchâtel-Frasne sur la sellette
réalisation de son projet de “smart city”, la Ville de Pontarlier poursuit ses travaux d’extension de la fibre optique. Le déploiement de ces infrastructures impactera ce mois-ci le trafic avec une circulation et un stationnement perturbés notamment rue des Remparts et rue Demesmay. D’autres travaux impacteront la ville en ce mois de février comme le renouvellement de l’éclairage public : 18 points lumineux de sur la Z.A.E. Industrielle rue Papin et 28 points lumineux des rues Argilliers, Dr Baud, Semard et Ovalie. Autres travaux : la rénovation des lucarnes du Conservatoire Élie-Dupont avec le remplacement de 15 menuiseries des lucarnes des combles en alu-bois. La rénovation du perron de la Gendarmerie est également au programme rue de Besançon. Air Les habitants de Valdahon et des environs sont invités à assister à une conférence sur la qualité de l’air intérieur et les perturbateurs endocriniens le vendredi 14 février à 20 h à l’Espace Ménétrier. Un événement à l’initiative de l’Amicale pour le Don du Sang de Valdahon et de la C.C.P.H.D. Entrée gratuite, conférence ouverte à tout public. Un repas sera servi aux personnes intéressées à l’issue des débats, (15 euros). Réservation : 03 81 56 26 01.
La branche régionale de la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports (F.N.A.U.T.) s’inquiète de l’état de cette ligne qui nécessite des travaux assez lourds, faute de quoi elle pourrait être fermée, en compromettant ainsi l’avenir du T.G.V. Lausanne-Paris via Frasne.
cord franco-suisse d’exploitation est renégocié à chaque service annuel.” La fermeture de cette ligne pourrait remettre en question l’intérêt du T.G.V. Paris-Lau sanne via Frasne. “On craint que la perte de voyageurs induite décide Lyria, la société franco-suisse qui exploite cette ligne, à détourner ses T.G.V. sur Genève plutôt que de conti nuer à passer par Frasne, comme cela avait été fait pour l’une des quatre circulations T.G.V. de cette ligne transju rane.” De façon globale, la F.N.A.U.T. estime que l’exploitation des lignes transfrontalières est encore largement perfectible. “Le potentiel de report modal de la route sur le ferroviaire est énorme. Il y a seulement deux allers-retours sur le Pontarlier Vallorbe via Frasne, c’est insuf fisant. Même constat sur la ligne des horlogers où 100 mil lions d’euros ont été investis sans améliorer la desserte. Les cinq allers-retours quotidiens entre Morteau-Le Locle et La Chaux-de-Fonds ne permettent pas de désengorger les axes rou tiers. C’est bien sûr une question de moyens financiers mais aussi une question de volonté poli tique.” n F.C.
ment entre Pontar lier et Les Ver rières. Et au-delà de 2027, il reste rait encore pour 30 millions de tra vaux à effectuer” , poursuit Patrick Noblet. Pour l’instant, per sonne ne veut mettre la main à la poche. Le finan cement fait l’objet d’un bras de fer entre l’État et la Région. Chacun reste camper sur ses positions. “La
tissement n’aurait pas lieu d’être si la ligne était bien entretenue” , indique Patrick Noblet, vice président de la F.N.A.U.T. Bour gogne-Franche-Comté. Le réchauffement climatique impose d’engager de nouveaux travaux pour maintenir le réseau en état. Selon les esti mations de S.N.C.F. Réseau, il faudrait investir entre 300 et 500 millions d’euros pour adap ter l’infrastructure régionale. La ligne Frasne-Pontarlier-Les Verrières-Neuchâtel est concer née par ces problèmes d’entre tien. “D’une manière urgente, il faudrait réaliser 10 millions de travaux avant 2027 notam
É lus locaux, syndicats de transport, associations d’usagers, tous tirent la sonnette d’alarme pour maintenir cette ligne au com bien cruciale avec sa corres pondance T.G.V. qui permet ainsi à toute une région fron talière d’avoir une liaison
directe avec Paris. “Depuis le 28 janvier, les F.L.I.R.T., nom des autorails suisses qui circu lent sur cette ligne, sont contraints de rouler à 40 km/h, et non plus 60 km/h, sur une distance de 400 m avant le pas sage à niveau de La Cluse qui franchit la R.N. 57. Ce ralen
Personne ne veut mettre la main à la poche.
Région dit que c’est une ligne internationale empruntée par des trains suisses qui assurent des correspondances avec le T.G.V., donc c’est à l’État de payer. La F.N.A.U.T. enjoint la Région à faire ces travaux d’urgence pour éviter toute fer meture.” Les F.L.I.R.T. effectuent en moyenne trois allers-retours quotidiens entre Neuchâtel et Frasne. Le taux de remplissage, selon la F.N.A.U.T., est au moins de 50 %. “Ce n’est pas un pro blème de fréquentation mais en premier lieu de remise à niveau de l’infrastructure. L’ex ploitation de cette ligne est financée par les deux pays. L’ac
Les trains F.L.I.R.T. circulent trois fois par jour entre Neu châtel et Frasne via Pontarlier.
Pontarlier 5
La Presse Pontissalienne - Février 2025
EN BREF
SANTÉ
Des difficultés conjoncturelles et non structurelles “Le C.H.U. a tout intérêt à ce que Pontarlier se développe”
Chapelle-des-Bois L’écomusée Michaud de Chapelle-des-Bois organise des animations tout au long du mois de février. Visite guidée les mardis 11, 18, 25 février, et 4 mars, et les jeudis 13, 20, 27 février et 6 mars (14 h 30). Atelier beurre les mardis 11, 18, 25 février et 6 mars à 10 heures Atelier pain les mercredis 12, 19, 26 février et 5 mars à 13h30. Enfournement des pains et des brioches les vendredis à 14 heures. Plus d’info sur ecomusee-jura.fr Pontarlier Après plusieurs semaines d’expérimentation réussie sur deux jours (lundis et vendredis), la Ville de Pontarlier et la Communauté de Communes du Grand Pontarlier ont décidé que l’agent virtuel d’accueil Ava serait désormais disponible tous les jours de la semaine, accessible 24 heures sur 24 via les standards Pontarlier (0381388138) et Communauté de Communes du Grand Pontarlier (0381394002). Le service reste également assuré par les agents municipaux et communautaires de 8 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures du lundi au vendredi. téléphoniques des deux collectivités: Mairie de
Thierry Gamond-Rius, le directeur du C.H.U. Minjoz qui pilote depuis plusieurs mois la gestion de l’hôpital de Pontarlier travaille au développement des coopérations entre les deux établissements tout en déplorant un déficit de 7 millions d’euros au bilan d’activité du centre hospitalier intercommunal de Haute Comté (C.H.I.H.C.) en 2024.
talier Territorial. Il dispose d’un plateau technique complet et s’inscrit dans un bassin de population avec un potentiel d’activité important. On observe aussi un attachement des professionnels à cet établissement, ce qui est un signe de stabilité. Autre point positif : l’absence de concurrence sur ce bassin. L’activité médicale est solide. On note une pro gression de 6 % sur l’activité gynéco obstétrique. L’activité extérieure aug mente de 5 %, j’y vois là aussi une preuve de confiance de la médecine de ville dans son établissement. L’activité de la maison médicale de garde est en pleine croissance, soulageant ainsi le service des urgences. Les équipes mobiles sont au cœur du réseau terri torial. Idem pour la gériatrie, on sent que cela frémit et c’est la réponse du C.H.I.H.C. au vieillissement de la popu lation. L.P.P. : Les projets sont toujours d’actualité ? T.G.-R. : Tout à fait et cela s’est traduit par l’attribution des crédits pour la restructuration des urgences. Soit 14 mil lions d’euros investis dans la construc tion d’un bâtiment neuf opérationnel en 2028. On peut aussi mentionner le
projet d’Unité d’Hébergement Renforcé à l’E.H.P.A.D. du Larmont dont le coût s’élève à plus de 2 millions d’euros. L.P.P. : Quels objectifs pour 2025 ? T.G.-R. : On devra travailler à la récupé ration de la certification. Il faudra éviter de creuser le déficit budgétaire, être au clair sur la stratégie de développement que l’on souhaite porter, essayer de convaincre davantage la population du Val de Morteau de venir sur Pontarlier plutôt que d’aller à Besançon. Le tout en restant toujours aussi vigilant et exigeant sur la qualité. L.P.P. : Le recrutement d’un nouveau directeur est-il en cours ? T.G.-R. : Pour l’instant, je gère l’intérim avec différentes missions à mener. On a conforté la maternité et on souhaite développer la même stratégie en chi rurgie orthopédique et digestive. Il faut encore ramener de l’activité de cancé rologie sur Pontarlier avec des postes partagés C.H.U.-C.H.I.H.C. On profite de l’intérim pour tout mettre en œuvre et il y a donc de fortes chances que je reste ici au moins six mois. n Propos recueillis par F.C.
L a Presse Pontissalienne : L’année 2024 est très particulière ? Thierry Gamond-Rius : Personne, et moi le premier, ne pensait que je serais là pour diriger le C.H.I.H.C. suite aux change ments majeurs survenus en 2024. J’ai pleinement conscience de l’impact psy chologique de ces éléments sur l’ensem ble des services. La non-certification de l’établissement au premier semestre est en grande partie non méritée, mais quand même. On enregistre aussi en 2024 des départs en retraite de chirur giens avec un impact notable sur l’ac tivité. L.P.P. : Comment se traduit cette situation sur le budget ? T.G.-R. : Fin 2024, l’hôpital accusait un déficit de 7 millions d’euros contre 2 mil lions en 2023. La situation restera ten due en 2025 avec un rebond possible mais pas avant l’automne. L.P.P. : Vous ne perdez pas espoir ? T.G.-R. : Je ne suis pas le liquidateur judi ciaire. J’ai accepté cette mission car c’est l’occasion de mettre en œuvre des travaux pratiques. Je crois beaucoup aux complémentarités respectueuses, à la coopération collective. L.P.P. : C’est une stratégie pour résister au privé ? T.G.-R. : Le groupe Elsan a racheté toutes les cliniques privées de Franche-Comté et ensemble, nous devons répondre à cette stratégie tout en continuant à garantir des soins de qualité à tous. L.P.P. : Seul le collectif permettra de répondre à la spécialisation des professions de santé ? T.G.-R. : Effectivement, les praticiens
sont de plus en plus spécialisés. Ils sont donc à la recherche d’un volume d’ac tivité qui leur permette d’exercer. Sur ce point-là, avantage aux gros établis sements. On doit aussi s’adapter aux changements de mentalités avec des professionnels plus attentifs à la vie familiale, à l’allégement des tours de garde et qui cherchent de ce fait à inté grer des équipes plus importantes. L.P.P. : L’interdépendance semble de mise entre les hôpitaux publics ? T.G.-R. : Comme le C.H.U. doit se concen trer sur ces activités de recours, il a besoin des plateaux techniques exté rieurs comme celui de Pontarlier. On peut évoquer la réussite de l’Institut Régional Fédératif du Cancer qui mobi lise 220 praticiens partagés sur la Franche-Comté. Les résultats sont là avec une mortalité qui baisse plus vite en Franche-Comté qu’ailleurs tout comme les délais entre l’intervention chirurgicale et la chi miothérapie.
“La situation restera tendue en 2025.”
L.P.P. : Pontarlier a toute sa place dans ce maillage sani taire ? T.G.-R. : Dans cette phase de transition, il faut s’appuyer sur les élé ments positifs et se fixer des objectifs pour gérer les difficultés exté rieures et surtout ne pas rester englué dans nos problèmes. Le C.H.I.H.C. constitue une pierre angulaire au sein du Groupement Hospi
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“Je ne suis pas le liquidateur judiciaire. J’ai accepté cette mission car c’est l’occasion de mettre en œuvre
des travaux pratiques”, explique Thierry Gamond-Rius qui assure l’intérim à la direction du C.H.I.H.C.
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6 L’interview du mois
Février 2025
ÉTAT
Le préfet du Doubs Rémi Bastille
“Dans le Doubs, il n’y a pas de quartiers ou de secteurs à l’abandon” Tout juste un an après son arrivée à la tête de la préfecture du Doubs, Rémi Bastille balaie les principaux dossiers que les services de l’État auront à aborder cette année dans le Doubs. Avec une actualité chaude parmi d’autres, la lutte contre la criminalité liée aux trafics de stupéfiants.
L a violence liée aux trafics de stupéfiants s’amplifie, et gan grène jusqu’au centre-ville de Besançon. Comment réagis sez-vous ? Rémi Bastille : Ce qui s’est passé à Besançon avec des tirs à la kalachnikov est un fait aussi exceptionnel qu’intolérable. Ce sujet des tirs n’est pas complè tement nouveau, hélas, et c’est un sujet national qui justifie que le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux en aient fait leur priorité numéro 1 de l’année. La montée en puissance des réseaux criminels liés au trafic de stupéfiants nécessite ici dans le Doubs comme ailleurs un tra vail en profondeur, c’est ce que nous avons engagé ici depuis plu sieurs années. De gros efforts ont été employés à Planoise notam ment pour reprendre en main la situation et éradiquer de nom breux points de deal. Il en reste quelques-uns, trois ou quatre, mais bien sûr que l’objectif est de les éliminer tous. Tout en sachant que les modes de trafics ont beaucoup évolué et nécessi tent des moyens d’enquête diffé rents. À Planoise par exemple, il faut aussi voir le positif, cette lutte sans relâche contre ce fléau a permis une forme d’apaisement depuis quelques mois. Les forces de l’ordre et la police ne relâchent pas leurs efforts contre un trafic qui est bien réel. L’an dernier dans notre département, le nom bre de mis en cause pour trafic a augmenté de 40 % par rapport à l’année précédente. Les opérations dites “place nette” sont elles vraiment efficaces ? R.B. : Elles sont efficaces quand elles sont adossées à des procé
dures judiciaires. Il ne faut donc pas les faire n’importe quand, mais uniquement quand le travail des enquêteurs les rend perti nentes. Il y en a déjà eu deux à Planoise, une dans le secteur de Montbéliard, une à Battant qui nous a aussi permis de contrôler les commerçants dans un quartier qui a exprimé ses attentes en matière de présence des forces de l’ordre. Nous allons continuer à conduire de telles opérations. Dans le Doubs, il n’y a pas de quartiers ou de secteurs à l’abandon. Où en est la F.A.R. (Force d’action répu blicaine) annoncée à grand renfort de communication il y a plus d’un an ? R.B. : Tout le monde aura remar qué qu’avec les différents chan gements de gouvernement, le por tage politique de cette opération
l’A.R.S., etc. L’annonce phare est évidemment la création d’un nou veau commissariat à Planoise. Les études ont été faites, l’aspect foncier réglé, il faut désormais que ce projet à 10 millions d’euros soit calé dans les prochains bud gets du ministère de l’Intérieur. La sécurité reste la préoccupation prin cipale des habitants. Quels sont les derniers chiffres de la criminalité à l’échelle du Doubs ? R.B. : En volume, on constate que les faits augmentent un peu chaque année. En 2024, on a enre gistré une augmentation de + 5,7 % des faits de délinquance. Si on entre dans le détail, on constate que les atteintes aux biens (cambriolages et vols) sont stables, voire en légère régression, et d’un niveau très en deçà de ce qu’il était il y a encore dix ans. En revanche, on déplore une aug mentation très forte des faits d’atteinte à l’intégrité physique dans la sphère familiale ou la sphère des relations proches. Quelle part est liée à la libération de la parole des victimes, à la tolérance plus faible de la société vis-à-vis de ces violences ou une réelle augmentation des faits ? C’est plus difficile de le savoir. R.B. : Les violences intrafamiliales ont augmenté de + 8,2 % en 2024, avec plus de 4 000 faits constatés à l’échelle du département. Les violences sexuelles, elles, ont bondi de + 37,9 %, avec plus de 800 faits constatés. Cela dit sans doute aussi à quel point la société a été aveugle jusqu’ici par rapport à ces violences dont la lutte est une priorité toujours plus affirmée. En chiffres, que représentent ces vio lences ?
Vous êtes arrivés il y a un an avec une première sortie au rond-point de l’Al liance à Étalans face aux agriculteurs en colère. Les choses se sont-elles apaisées pour l’agriculture locale ? R.B. : Le Doubs a la chance d’avoir une agriculture solide avec des filières porteuses, ce qui explique sans doute le peu de manifesta tions constatées. Les questions de simplification administrative touchent bien sûr les exploitants du Doubs aussi. Mais sur ce volet administratif, tout est en cours de traitement et la loi d’orientation agricole devrait être votée assez rapidement. De notre côté aussi, on continue à soutenir la Région pour le versement du F.E.A.D.E.R. Les prochains défis de notre agri culture, c’est notamment l’adap tation à l’évolution du climat, éga lement l’application de la loi Égalim. Sur ce point, on a lancé un travail de fond sur la fourniture de produits issus de l’agriculture locale dans les cantines des col lectivités locales. Il y a encore des marges de manœuvre. La question de l’épandage des boues dans le cadre de l’évolution du cahier des charges des A.O.P. fromagères sera également à traiter. Qu’en est-il du loup dans le massif jurassien ? R.B. : Le nouvel arrêté intermi nistériel est en cours de valida tion. Il permettra de sécuriser juridiquement les tirs de défense. Cela permettra aussi de conforter ce que nous avons mis en place concernant la protection des éle vages bovins, spécifiques à notre massif.
se conjuguent avec des secteurs comme l’automo bile qui souffrent et une horlogerie, notamment côté suisse, qui traverse une période très compliquée. Cela se ressent immé diatement sur les chiffres du chô mage. L’autre fac teur, c’est que des entreprises arri vent au bout des aides auxquelles elles ont droit depuis 2020 dans l’activité partielle de longue durée. Certaines aussi remboursent leur P.G.E. et présen tent des trésoreries
Fermons le chapitre sécurité avec le volet routier. Certains s’étonnent que le préfet du Doubs n’ait toujours pas ordonné la remise en service des radars qui quoi qu’on en dise participent à la baisse de l’insécurité routière. Qu’en est-il ? R.B. : Je suis dans la situation de tous les préfets de France : l’en tretien et la réparation des radars font l’objet d’un marché public et les détériorations de ces radars, on l’a vu encore récemment avec la colère agricole notamment, sont encore nombreuses. La remise en état des radars ne va sans doute pas aussi vite qu’on le souhaiterait mais une chose est sûre, ils seront remis en état et je n’ai aucune tolérance vis-à vis de ces faits-là. Quant aux chif fres de l’insécurité routière, ils ont été stables en 2024 avec 26 tués sur les routes du Doubs, comme l’année précédente. À ce niveau-là, on atteint une sorte de palier en dessous duquel il devient difficile d’agir. On est évi demment bien loin des 170 morts par an constatés sur nos routes dans les années soixante-dix. La prévention et les radars ont bien sûr montré leur efficacité. Vous avez fait de l’emploi et de l’activité économique une autre grande priorité de cette année 2025. Que peut faire l’État à l’échelle du Doubs pour lutter contre une conjoncture économique qui s’annonce compliquée ? R.B. : Le rôle de l’État en matière économique est d’accompagner le mieux possible les entreprises. On constate dans le Doubs que plusieurs facteurs conjoncturels
“Les violences sexuelles ont bondi de + 37,9 %.”
a été quelque peu chamboulé. Mais sur le fond, au ser vice du territoire, l’essentiel des actions contenues dans ce pro gramme F.A.R. sont conduites. Le travail de diagnos tic sur les enjeux de Planoise a été conduit et il a per mis de cibler les forces et les fai blesses de ce quar tier, de lancer des actions dans le cadre de la cité éducative (qui sera bientôt éten due à tous les quartiers priori taires de la ville), sur le plan de la santé avec
“Nous allons continuer à conduire des opérations place nette.”
fragiles, avec déjà des licencie ments dans certains secteurs. Raison pour laquelle nous avons mis en place une cellule de suivi de l’activité économique notam ment dans le Nord Franche Comté, et nous continuons à sou tenir les gros investissements productifs avec des dossiers d’im portance comme Sycrilor à Char quemont par exemple. Le dispo sitif France 2030 de soutien aux projets se poursuivra, en dépit du petit stand-by lié à l’attente de vote du budget en France. Sur le plan économique, la majorité des programmes de soutien seront renouvelés. Mais il va en effet falloir de l’engagement de tous les acteurs de l’économie.
L’interview du mois 7
chissement de Pontarlier à hauteur de 10 millions d’euros. Toutes les procédures sont lancées sur ce dossier et les travaux se concrétiseront dans les années à venir. Ils devraient permettre de gagner 15 minutes de temps de parcours. Il y a d’autres projets comme certains cré neaux de dépassements du côté de la Vrine. Ceux-ci devraient être calés dans le contrat de plan suivant, c’est-à-dire après 2027, et l’enjeu est que les études soient conduites avant. Que dites-vous aux collectivités qui craignent des coupes sombres dans les dotations de l’État ? R.B. : Rien n’est encore arrêté pour les collectivités locales tant que le budget de l’État n’est pas voté, et nous savons que nous aurons besoin collectivement de faire des efforts. Mais faire des efforts, ce n’est pas tout arrêter. La grande majorité des actions de l’État seront confirmées et l’essentiel des dotations continueront à être délivrées. En 2024, trois communes nouvelles issues du regroupement de plusieurs communes sont nées. Y en aura-t-il en 2025 ? R.B. : Il n’y en aura pas cette année, sim plement parce qu’en 2026 il y aura les élections municipales et l’échéance est trop proche. Pour les communes, et les collectivités locales au sens plus large, 2025 sera également l’année où on affi nera la territorialisation de la planifi cation écologique. C’est également un des enjeux importants de l’année. n Propos recueillis par J.-F.H.
Au volet infrastructures routières, le trafic des poids lourds sur la R.N. 83 sera-t-il régulé ? R.B. : Sur ce dossier, nous avons travaillé en toute transparence avec les associa tions impliquées et les élus. Une étude a été lancée, financée par l’État, pour objectiver la réalité du trafic et pour voir, sur le flux total, à quelle hauteur se situe le trafic des poids lourds qui shuntent l’autoroute. Désormais, nous réfléchissons aux meilleures solutions possibles et si on trouve les voies et les moyens pour faire baisser ce trafic sup plémentaire, on le fera. Les solutions seront proposées au cours de ce premier semestre. Et sur l’autre route nationale, la R.N. 57 dont le tronçon de Devecey vient d’être inauguré, la section Beure-Micropolis sera-t-elle enfin réa lisée ? Cette section est intégrée à l’actuel contrat de plan État-Région, les procé dures sont lancées et il n’y a aucune raison de penser que ça ne se fera pas. Je crois savoir que toutes les collectivités locales concernées se sont prononcées en faveur de ce chantier. Il ne faut pas perdre de vue que, même si par ailleurs des investissements significatifs sont mis sur le rail, sur le covoiturage aussi, les déplacements en Bourgogne Franche-Comté se font, à 95 % d’entre eux, en voiture. Et dans la partie haute de la R.N. 57 du côté du Haut-Doubs ? R.B. : Le même contrat de plan prévoit bien le financement des travaux de fran
Rémi Bastille, né à Pontarlier, a grandi dans le secteur de Mignovillard, à la frontière du Jura et du Haut-Doubs. Âgé de 41 ans, il est préfet du Doubs depuis un an.
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2025 15fév
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8 L’ÉVÉNEMENT
Février 2025
R.N. 57, le poumon économique franco-suisse
6 km de route nationale mise à 2 X 2 voies viennent d’être inaugurés à l’entrée nord de Besançon, changeant la vie quotidienne de milliers d’usagers. Mais pour que cet axe stratégique qui relie la Franche-Comté à la Suisse soit totalement désengorgé, il reste encore à traiter deux gros points noirs : la traversée de la partie urbaine de Besançon, et le franchissement de la capitale
du Haut-Doubs. Le point sur un chantier sans fin.
l Routes
Section Miserey-Devecey L’entrée nord de Besançon enfin désengorgée Après la mise en service complète de la 2 X 2 voies
entre Devecey et l’autoroute, inaugurée fin janvier, c’est tout un secteur qui respire. Le chantier depuis sa phase de concep tion aura duré plus de trente ans.
E n retard d’une dizaine de minutes sur l’horaire convenu pour cette inauguration, la pré sidente de Région Marie-Guite Dufay taquine : “Sur un chantier de plus de trente ans, on peut bien prendre quelques minutes de retard!” Si badin soit le ton employé, cette petite remarque illustre bien qu’en matière d’infrastruc tures routières, c’est souvent en décennies que l’on doit raisonner. Ce 22 janvier, enfin, “avec soulagement et bonheur, pour reprendre l’expression de plusieurs riverains de ce secteur nord de Besançon” poursuit M me Dufay, les autorités ont enfin pu couper le ruban de cette section de 6 km mise à 2 X 2 voies, réalisée en deux phases. La pre mière (section sud), réalisée entre 2016 et 2020 entre l’A 36 et l’échangeur de la gare T.G.V. La seconde (section nord), qui a été mise en service fin novembre dernier, entre l’échangeur de la gare et celui de Devecey, dont les travaux ont été menés de 2019 à 2024. Au total, et si on y ajoute aussi les travaux préalables de construction de l’échangeur d’accès à la gare T.G.V. réalisé dès 2011, ces trois phases auront coûté au total 94,8 millions d’euros. Soit près de 16 millions d’euros du kilomètre. Ce chantier n’aura pas été un long fleuve tranquille. Comme le rappelait Hélène
Feuvrier, cheffe du projet R.N. 57 à la D.R.E.A.L. Bourgogne-Franche-Comté, “la première déclaration d’utilité publique remonte à 1992.” Mais il a fallu 22 ans pour voir les premiers coups de pelle avec en 2016 le début de la phase de tra vaux de la section sud. Entre-temps, deux recours judiciaires retarderont le chantier, aboutissant en 2004 à l’annu lation par le tribunal administratif de la D.U.P. Marcel Felt, le maire de Mise rey-Salines se souvient très bien de ce recours de l’association du hameau de Cayenne auquel sa commune s’était d’ail leurs associée. “Miserey s’était associée à ce recours car dans la première version du chantier, il était question d’un stop ou d’un feu rouge pour accéder à Miserey. Un scénario invraisemblable. La copie a été revue pour aboutir à un accès à Miserey beaucoup mieux adapté et sécu risé” se félicite aujourd’hui M. Felt. Les péripéties n’étaient pas terminées pour ce chantier avec une seconde D.U.P. obtenue en 2009 mais que l’association de Cayenne a à nouveau attaqué en jus tice, pour une nouvelle annulation par le tribunal en 2012. Annulation remise en cause par la Cour administrative d’appel de Nancy l’année suivante. Le chantier pouvait enfin démarrer après l’arrêté de dérogation “espèces protégées” prononcé en 2013, puis la fin des acqui
Élus locaux et représentants des services de l’État ont coupé le ruban le 22 janvier dernier.
secteur, “beaucoup moins de circulation d’évitement dans nos communes depuis que la 2 X 2 voies est en service. Cela permet une circulation beaucoup plus apaisée dans les quartiers résidentiels.” Au final, tout le monde s’est réjoui de la finalisation de ce dossier. Sauf peut-être la grande absente de cette cérémonie d’inauguration : la présidente de G.B.M. Anne Vignot. n J.-F.H.
tion nord en novembre, “c’est un gain de temps de 15 minutes aux heures de pointe du matin et du soir pour les usagers, soit 30 minutes par jour” ajoute Hélène Feu vrier. Au-delà du temps de parcours sen siblement amélioré, c’est aussi pour les transports en commun une plus grande ponctualité, 4 km de voies cyclables en site propre aménagés en parallèle entre Devecey et Miserey-Salines et, comme l’ont souligné les maires des villages du
sitions foncières et le déboisement effec tué en 2014. Sur la facture globale de près de 95 mil lions d’euros, l’État en a payé 70 millions, 24 millions ont été assurés par la Région, et 1 million restant par Grand Besançon Métropole qui avait délié sa bourse sur la phase 1. L’entrée nord de l’agglomération bisontine voit passer près de 30 000 véhicules par jour. Depuis la mise en service de la sec
L’événement 9
Février 2025
L’aménagement d’une 2 X 2 voies, c’est souvent l’occasion d’améliorer d’autres aspects d’un bassin de vie. Ressources en eau, cadre de vie, mobilités douces… C’est cela aussi la R.N. 57. l Aménagements 4 km de voie verte Une route, mais pas que…
Hélène Feuvrier, cheffe de projets R.N. 57 pour l’agglomération de Besançon.
Ci-dessous, vue du chantier avant le démarrage de la phase 2 en 2012, pendant les travaux en 2023, et après la mise en service fin 2024 (photos D.R.E.A.L.).
9 5 millions d’euros pour gagner une demi-heure de trajet par jour. Les anti-bagnole pourront trouver la facture salée. Mais plus que deux rubans de bitume et quelques ouvrages d’art, l’amé nagement de cette entrée nord de Besançon s’accompagne de bien d’autres équipements. Ce chantier, c’est désormais le cas de tous les grands aménage ments routier, a été celui de l’éco nomie circulaire. “La totalité des 300000 m 3 de déblais extraits du chantier a été réutilisée sur place. Une partie des matériaux a été recyclée pour fabriquer les enrobés. Les matériaux de moin dre qualité ont servi à fabriquer les merlons acoustiques” illustre Hélène Feuvrier, la cheffe de pro jet R.N. 57 à la D.R.E.A.L. Bour gogne-Franche-Comté. La terre végétale, elle, a été replacée pour former les nouveaux talus sur lesquels la végétation a repris ses droits. Côté faune sauvage, trois mares pour les amphibiens ont été amé nagées. Plusieurs mois après les travaux, les concepteurs du chan tier ont constaté que ces mares “sont largement peuplées d’espèces emblématiques comme les gre
nouilles rousses, les grenouilles agiles, les tritons alpestres, les tritons palmés, les crapauds com muns et autres salamandres tachetées.” Sur les bas-côtés de la 2 X 2 voies, plusieurs bassins ont été créés pour traiter ces eaux usées par décantation et filtration. “Ils peu vent aussi permettre de stocker une pollution accidentelle.” Plu sieurs passages à faune ont éga lement été aménagés sous la R.N. 57 pour renforcer “la diversité génétique des populations.” En matière de compensation éco logique, la D.R.E.A.L. s’est aussi engagée à financer l’entretien et le suivi écologique de près de 20
Une voie verte en site propre de 4 km reliant Devecey à Miserey-Salines a été aménagée par l’État en parallèle du chantier route (photo D.R.E.A.L.).
L e tracé actuel de la R.N. 57 reprend sans doute celui d’une bien plus ancienne voie de communication, “sans doute une voie romaine qui passait dans ce secteur” notent les spécialistes de la D.R.E.A.L. Avant le démarrage du chantier de mise à 2 X 2 voies, des fouilles archéologiques avaient été menées à hauteur du hameau de Cayenne, rue Léon-Baud. Les archéologues de la D.R.A.C. avaient pu ainsi mettre à jour une structure datée de la fin de l’âge du Fer (- 800 à - 100 avant J.-C.), une fosse dont le fond a livré des planches en bois brûlées. mais l’occupation principale de ce site, circonscrite entre plusieurs murs, se rapporte à l’Antiquité. “Les structures maçonnées correspondent aux vestiges d’un sanctuaire gallo-romain constitué d’un fanum (espace sacré du sanctuaire)” note la D.R.E.A.L. Ce fanum carré (13 x 13 m) a été découvert fin 2018 sous 20 cm de terre végé tale. Sur ce même site, les archéologues ont également trouvé des fragments de céramiques antiques, d’importants charbons de bois et des ossements de tailles réduites brûlés. “Ces éléments permettent de supposer la présence d’une fosse-bûcher. Ce type de structure se rapporte à la pratique de la crémation des défunts.” Plusieurs monnaies et une fibule datées du Haut-Empire avaient éga lement été trouvées sur le site. n Un sanctuaire gallo-romain au bord de la R.N. 57
Près de 300 000m 3 de déblais ont été extraits du chantier. À certains endroits, la R.N. 57 est 10 mètres plus bas que le terrain naturel (photo D.R.E.A.L.).
hectares de zones boisées et de prai rie pour une durée de 25 ans. Enfin, ce chantier a permis d’aména ger, financée par l’État et la Région dans le budget glo bal, 4 km de voie douce en site pro pre pour les cyclistes et les pro meneurs du sec teur. n J.-F.H.
Trois mares pour les amphibiens ont été aménagées.
10 L’événement
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l Besançon et Haut-Doubs 1 ers travaux à Pontarlier R.N. 57, et la suite ? L’ouverture du chantier au nord de Besançon ne signe pas la fin des travaux sur la R.N. 57. Les deux gros morceaux restants concernant la traversée de Besançon et le secteur de Pontarlier. Besançon, la section Beure-Micropolis
3 ,7 km seulement, et un budget encore plus lourd que la partie nord fraîchement inaugurée. Les 3,7 km de mise à 2 X 2 voies entre les tours de l’Amitié à Besançon et Beure, via Micro polis, coûteront 130 millions d’euros. Derrière ce chiffre exor bitant qui fait bondir certaines associations écologistes, l’amé nagement routier n’est qu’une partie de ce chantier. “Ce qui explique le coût supérieur de ce chantier, ce n’est pas tant l’aspect routier que tous les aménage ments qui y sont associés note Hélène Feuvrier, la cheffe de projet R.N. 57 à la D.R.E.A.L. Autour de cette future route, il y aura de nombreuses pistes cyclables, plusieurs ouvrages qui franchiront la 2 X 2 voies,
entre le diffuseur de Planoise et Beure. La première période de travaux ne concernera donc pas la mise à 2 X 2 voies de la section Beure Micropolis mais essentiellement le traitement de l’accès à Micro polis. Cette première partie de chantier, après la réalisation des dernières études en cours, devrait démarrer en 2026. Les acquisitions foncières ainsi que les études techniques détaillées et les autorisations administra tives sont en cours et se pour suivront pendant toute l’année 2025. “Les travaux sur la R.N. 57 commenceront dès lors que les nouveaux accès au parc des expositions seront dans leur configuration définitive” note la D.R.E.A.L. n J.-F.H.
notamment pour les transports en commun et les modes doux en provenance de Planoise, une passerelle d’accès à Micropolis, ainsi que toute la requalification de l’entrée de Micropolis. Ce bud get comprend également d’énormes projets paysagers.”
Le chantier de la R.N. 57 entre les boulevards bison tins et Beure se divisera en deux tranches. Une pre mière phase de tra vaux entre le dif fuseur de l’Amitié et celui de Planoise inscrite au volet mobilité 2023-2027 du contrat de plan État-Région, puis une seconde phase
Cette première
partie evrait
démarrer en 2026.
Dans la prochaine opération, c’est le secteur de Micropolis qui sera traité en premier.
Pontarlier et le Haut-Doubs, le Département bientôt à la manœuvre
A vant le démarrage du dernier chantier bisontin de la R.N. 57 autour de Besançon, c’est la partie pontissalienne qui fera l’objet de la prochaine actualité avec les travaux de franchissement de Pontarlier qui, avance le préfet du Doubs, “permettront là aussi aux usa gers de gagner 15 minutes aux heures de pointe.” Parce que ce chantier a une forte imprégnation locale, c’est le Département du Doubs qui a pris la maîtrise d’ouvrage de cette portion haut-doubienne des travaux. “Dans le cadre de la négociation du Contrat de plan État-Région 2023-2027 (volet mobilités), l’État, la Région et le Département ont acté un transfert de maîtrise d’ouvrage au Conseil départemental afin de sécuriser le plan de finance ment de l’opération et donc sa prise en considération au titre de ce C.P.E.R. De plus, la nature même de l’opération et la néces saire coordination des travaux sur le Haut-Doubs pour optimi ser la gestion du trafic durant la phase travaux, ont conduit à ce prochain transfert de maîtrise d’ouvrage” justifie Florence Rogeboz, vice-présidente du Département en charge des infrastructures routières. La participation financière forfai taire du Département est de 2,3 millions d’euros pour cette opération d’aménagement de la R.N. 57 au sud de Pontarlier. Ce projet d’aménagement de la R.N. 57 au sud de Pontarlier,
gre également le développement des modes actifs avec la création sur le linéaire du projet de voies dédiées à la circulation des cycles et des piétons. Depuis la fin de l’année 2024, des travaux préparatoires consistant à la démolition des cinq bâtiments déjà acquis dans le cadre du projet ont d’ores et déjà commencé aux Rosiers et se poursuivront au cours de ce début d’année 2025. “Ces tra vaux se feront sans gêne à la cir culation” promet la D.R.E.A.L. Les travaux proprement dits sur la R.N. 57 pourront débuter après que les études techniques préalables et nécessaires à la passation des marchés de tra vaux seront terminées, après que les réseaux souterrains auront été déplacés et adaptés par les concessionnaires et une fois que les opérations foncières auront été menées à leur terme. n
déclaré d’utilité publique en juil let 2022, avait fait l’objet d’un accord décisif en 2024 entre l’État, la Région Bourgogne Franche-Comté, le Département du Doubs et la Communauté de Communes du Grand Pontarlier pour le financement de cette opération qui mobilise plus de 21 millions d’euros. “Le principe de l’opération est d’augmenter la capacité de la R.N. 57 par des aménagements sur l’infrastruc ture existante et donc de répondre à la congestion récurrente consta tée sur la R.N. 57 à l’entrée sud de Pontarlier. Ainsi, une deuxième voie de circulation sera créée entre le lieu-dit Les Rosiers, sur la commune de La Cluse-et Mijoux et le collège Malraux” résument les services de l’État. Les carrefours de la R.N. 57 seront également améliorés depuis l’échangeur R.D. 437 R.N. 57 jusqu’au giratoire de la Gare à Pontarlier. Le projet intè
Le trafic sur les routes nationales dans le Doubs et le Jura
C’est sur la R.N. 57, et en particulier aux abords de Besançon, que le trafic est le plus dense sur l’ensemble des routes nationales traversant le Doubs et la Jura.
Les opérations de démolition ont démarré au lieu-dit les Rosiers à l’entrée de Pontarlier.
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