La Presse Pontissalienne 191 - Septembre 2015

MOUTHE - RÉGIONS DES LACS

La Presse Pontissalienne n° 191 - Septembre 2015

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MONTPERREUX

Un regard historique

Haut-Doubs : le champ de bataille préféré du général Maurice Faivre Originaire de Morteau, ce spécialiste de l’histoire militaire passe tous ses étés dans sa résidence secondaire située à Chaon au-dessus du lac Saint-Point. Rencontre.

À l’heure où les rangs des conscrits de la classe 1946 sont déjà bien éclaircis, Maurice Faivre qui fêtera ses 90 ans en 2016, fait encore preuve d’une remar- quable vivacité intellectuelle sans rien perdre de son inté- grité physique.Tout juste concè- de-t-il qu’il verrait d’un bon œil qu’un candidat se manifeste pour lui succéder à la tête de la commission française d’histoire militaire qu’il préside depuis 2014 et dont il était vice-prési- dent depuis 1999. Son sillon prend racine à Mor- teau où son père Fernand Faivre a beaucoup œuvré pour la créa- tion de la société de la Saint- Michel. “La gymnastique, c’était toute sa vie. Il a même présidé l’Union Comtoise” , se souvient celui qui est resté très attaché au pays natal. Au point de rédi- ger en 2003 une publication sur l’histoire du Prieuré et du Val de Morteau. “On mesure toute l’importance du pouvoir reli- gieux dans cette contrée. Créé en

1105, le prieuré clunisien du Morteau avait établi en 1188 une charte des communes qui fixait les droits et devoirs des habitants de cette terre d’église.” De ce passé mouvementé, Mau- rice Faivre retient aussi les tur- bulences autour des limites fron- talières du val qui évoluent au gré des alliances et des conflits. Il rapporte l’exemple peu connu du territoire s’étendant des Bre- nets au Mont Pouillerel d’abord colonisé par des Mortuaciens en 1310 puis annexé en 1451

Auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire militaire, le général Maurice Faivre est toujours resté attaché à son Haut-Doubs natal.

“J’ai quitté l’armée en 1981 pour reprendre des études en histoi- re.” Son cursus universitaire s’achèvera quelques années plus tard par une thèse de doctorat consacrée aux nations armées deMachiavel à nos jours. Depuis, le général Faivre qui vit à Paris a écrit une dizaine d’ouvrages sans compter d’autres publica- tions et de nombreuses inter- ventions radio et télé. Pour autant, il n’a jamais oublié son Haut-Doubs où il revient chaque été dans une maison familiale à Chaon avec vue imprenable sur le lac Saint- Point. Dans les années soixan- te, il s’est investi au service de

l’association touristique de Chaon-Montperreux-Chaudron. “On organisait notamment la Fête du lac” , rappelle celui qui fut le dernier président de l’association dissoute en 1998. Preuve de son engagement pour cette fête qui reste dans toutes les mémoires, le général Faivre était venu avec son régiment effectuer un saut en parachute dans le lac pour agrémenter le programme des festivités en 1975. “Il ne fallait surtout pas oublier de se délester du para- chute en arrivant dans l’eau…” , en sourit encore le général qua- rante ans plus tard. F.C. Saint-Antoine Le V.C. Pontarlier organise dimanche 27 septembre le Prix de la route du Comté Petite. Cette épreuve qui se déroulait en début d’année a été déplacée en fin de saison. Les cyclistes relieront Saint- Antoine, Les Longevilles- Mont-d’Or, Rochejean, Labergement-Sainte-Marie puis arrivée au fort Saint- Antoine. Arrivée vers 16 h 20. Distillation Les opérations de distillation sont désormais ouvertes toute l’année dans le Doubs alors que par le passé la campagne courait traditionnellement du 1er octobre de l’année N au 30 avril de l’année N + 1. Toute l’année, les bouilleurs de cru pourront distiller entre 6 heures et 19 heures Aucune distillation n’est autorisée le dimanche et les jours fériés. Suisse Pour faire face à la hausse du nombre d’arrivées de requérants d’asile qui se poursuit en Suisse et dans le canton de Neuchâtel, une nouvelle structure d’hébergement provisoire en abri de protection civile est ouverte depuis mercredi 2 septembre à La Chaux-de- Fonds pour accueillir une cinquantaine de requérants d’asile. “Il s’agit d’une solution d'urgence qui ne devrait durer que quelques mois” précisent les autorités.

tard avec l’épisode des prêtres réfractaires, le destin du Val de Morteau est étroitement lié aux faits religieux. De ses recherches effectuées au musée de l’armée à Versailles, il a retrouvé de superbes et inédites reproduc- tions du Val réalisées au XIX è- me siècle par des peintres au ser- vice de l’armée. Avant de satisfaire sa curiosi- té historique, Maurice Faivre a effectué un brillant parcours militaire. Après le conflit algé- rien, il commande le 13 ème régi- ment de parachutistes de Dieu- ze puis termine sa carrière dans la 1 ère Armée à la tête du 2 ème bureau Baden et Strasbourg.

par le comte de Valangin, vassal de Neuchâtel. Annexion refusée par le Parlement de Dole mais fina- lement acceptée par le roi de Fran- ce en 1765. Que ce soit avec le réformateur Guillaume Farel chassé à coups de pierres et de fourche ou plus

Il vit aujourd’hui à Paris.

En 1975, il effectue avec ses hommes un saut en parachute au lac Saint-Point.

EN BREF

La mairie régularise la situation La municipalité de Montperreux fait son mea culpa, et regrette d’avoir autorisé les camions de T.P. à déposer des déchets inertes dans les communaux. Elle régularise la situation suite à l’intervention des services de l’État. MONTPERREUX Dépôt sauvage de déchets inertes

D u parking de la cabane de chasse située sur les hauteurs de Montper- reux, on découvre entre les gentianes et les chardons, une grosse langue de remblai qui avance sur un terrain com- munal en creux. Récemment encore, des tonnes de déchets inertes ont été déversées à cet endroit, ce qui n’a pas échappé à la Commission de Protection des Eaux. Fin juillet, l’association bison- tine qui recense et dénonce les atteintes à l’environnement, a informé la D.R.E.A.L. (direc- tion régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de l’existence de ce dépôt en soulignant son caractère illé- gal. “Ce n’est pas un secteur pro- tégé, mais nous sommes en zone de montagne. Une autorisation du préfet est nécessaire pour mettre du remblai dans un endroit comme celui-ci. Ce ne sont pas des ordures, mais des

déchets inertes. Qu’ils soient pol- luants ou non, on ne fait pas n’importe quoi. C’est un délit. Nous n’avons pas porté plain- te, mais nous n’excluons pas de le faire en fonction de la maniè- re dont évolueront les choses” annonce la Commission de Pro- tection des Eaux. Elle a alerté le service compétent de l’État qui s’est déplacé àMontperreux pour prendre la mesure du pro- blème et demander la régula- risation de la situation. Car en l’occurrence, il ne s’agit pas d’un

Le remblai est visible depuis la cabane de chasse de Montper- reux.

dépôt sauvage fait au nez et à la bar- be des autorités locales. Dans cette affaire, c’est la municipali- té de Montperreux qui a donné tacite- ment son accord pour que les camions de travaux publics déposent leurs déblais à cet endroit. Selon nos

informations, une partie de ces déchets inertes proviendrait de l’aménagement de la zone d’activité de La Cluse-et-Mijoux. Daniel Capelli, le maire de Montperreux, ne se défausse pas et assume une décision qui a été prise par la précédente municipalité. “Ce dépôt n’était pas tout à fait légal. Nous avons fait une erreur. Nous aurions dû prendre plus de précautions” indique l’élu qui a reçu récem- ment les gens de la Direction

régionale de l’environnement. Depuis ce rendez-vous, Daniel Capelli précise avoir engagé les démarches nécessaires auprès de l’administration pour régu- lariser la situation. Les déblais ne seront pas enlevés,mais cou- verts d’un manteau de terre végétale, ils disparaîtront sous la végétation. “De cette façon, on va récupérer de la terre agri- cole” dit-il. Échaudé par cette affaire, il pro- met d’être attentif à l’avenir à

ce genre de sujet. Sans attendre, Daniel Capelli a pris une déci- sion ferme : “J’ai retenu la leçon. C’est terminé, il n’y aura plus de dépôts sauvages de cet ordre sur la commune.” Ces déblais issus de l’activité du B.T.P. ne devraient pas ser- vir à boucher des dolines com- me cela se produit encore. Leur place est dans les carrières et dans des lieux prévus par la loi. T.C.

“J’ai retenu la leçon.”

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