Journal C'est à dire 211 - Juin 2015

P L A T E A U D E M A Î C H E

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Goumois Les touristes pêcheurs “fuient nos rivières” Un pêcheur regrette la “publicité mensongère” faite au niveau national sur le “trop bon état” du Dessoubre ou du Doubs franco-suisse dépeint dans les brochures touristiques. Coup dur pour l’économie locale. C’est 40 % de cartes de pêche en moins à Goumois.

En bref…

Christian Triboulet : “J’ai un garde de pêche à payer, des baux également. Si je diminue encore le prix des baux aux locataires, on risque de se saborder car les propriétaires préféreront passer en privé. J’ai déjà demandé une baisse des baux…Nous sommes pris dans un cercle financier !” Au début de l’été, la mortalité n’était pas enrayée. “Nous savons d’où vient la pollution : à 50 % de l’activité agricole, à 50 % des stations d’épuration” témoigne Bruno Haettel, membre du col- lectif S.O.S. Dessoubre. Il a visi- té avec des experts la majorité des stations d’épuration du bas- sin-versant du Dessoubre pour établir un tableau qualitatif. Les points noirs sont ciblés, photos et analyses à l’appui. Les mau- vais élèves des stations d’épuration sont “Maîche, Lon- gechaux, Les Fontenelles, Loray, Plaimbois-du-Miroir, Domprel, Frambouhans, Guyans-Vennes, Laviron, Le Luhier, Les Bréseux, Les Écorces” détaille le collectif. Pour Philippe Koeberlé, méde- cin anesthésiste au C.H.U. de Besançon, pêcheur passionné et membre de ce même collectif, le mauvais fonctionnement des sta- tions d’épuration ne sont pas sans conséquences sur la santé. Aux autorités (et politiques) de prendre part à ce combat. Un combat qu’il faudra gagner pour espérer - à nouveau - appâter les touristes-pêcheurs. E.Ch.

Véloroute Nouveau topo-guide “EuroVé- lo 6 : la vallée du Doubs”. Doubs Tourisme, en partenariat avec Jura Tourisme et Belfort Tou- risme, réédite le guide “Euro- Vélo 6 : la vallée du Doubs” afin de promouvoir lʼitinéraire et ren- forcer son attractivité touristique. Selon “Départements et régions cyclables”, une augmentation de 12 % de la fréquentation des véloroutes est constatée en 2014 par rapport à 2013. LʼEuroVélo 6, qui traverse la majestueuse vallée du Doubs, voit également sa fréquentation progresser. Ain- si, plus de 15 000 passages supplémentaires ont été rele- vés dans la vallée du Doubs sur lʼannée 2014, soit 600 000 pas- sages enregistrés en 2014 sur lʼitinéraire reliant Saint-Vit àAllen- joie. 58 % sont piétons et 42 % cyclistes, soit une hausse de 5 points pour les cyclistes par rapport à lʼannée précédente. www.doubs.travel Chômage Le chômage diminue encore (de 0,2 point) dans le canton de Neuchâtel en mai pour sʼétablir à 5,3 %. Au 31 mai 2015, le nombre de deman- deurs dʼemploi résidant dans le canton a atteint 6 476 per- sonnes, soit une diminution de 175 personnes par rapport au mois précédent.

C’ estunfait.DansleDes- soubre ou le Doubs franco-suisseàGoumois, lespêcheursposés com- me deshéronsdanslelitdela riviè- re, attendant patiemment qu’une truitegobeunemouche,secomptent surlesdoigtsd’unemain.Ilya enco- re quelquesannées,desfilesde véhi- s’accaparer le meilleur spot parfois augranddamdeslocaux.C’est désor- mais dupassé.Leshôtels,chambres d’hôtesougîtesconstatentune chu- te defréquentation. “Oui, il y a eu une baisse. Mais il faut arrêter de monter en épingle cette pol- lution. Des pêcheurs prennent encore des truites” lâche Jean- François Taillard, propriétaire de l’hôtel du même nom (3 étoiles) labellisé relais Saint- Pierre (spécial pêcheur). Deux visions s’opposent : ceux pour qui tout va bien (ou mieux). Et les autres : “Les pêcheurs tou- ristes ont fui le département. J’ai toujours tenu un discours de véri- té à ces touristes en donnant cules immatriculés de la Franceentièrestationnaient le long des berges. Il fal- lait jouer des coudes pour

les informations sur l’état de la rivière en direct sur notre blog. Depuis 2011, nous avons per- du 40 % de pêcheurs… en majo- rité ces touristes qui profitent le plus à l’économie locale” com- mente Christian Triboulet, pré- sident de l’association de pêche du Doubs franco-suisse pris entre à des pêcheurs désabusés. “Il faut arrêter de faire de la publi- cité mensongère au niveau natio- nal sur “nos” belles rivières…Car dans le milieu de la pêche, tout va très vite. Je suis mal à l’aise face à cette communication trop optimiste” poursuit celui qui a obtenu des victoires comme le maintien des débits d’eau en aval de Biaufond avec les sociétés pro- ductrices d’électricité. “Ce fut 25 ans de bataille et 120 constats de mortalité” se souvient-il. Dernièrement, le président des pêcheurs de Goumois a reçu une lettre d’un pêcheur-touriste venu en mai. Sa vision ne manque pas d’intérêt. Extrait : “J’ai passé deux feux. S’il se bat - avec d’autres - pour enrayer les effets de la pollution, il doit répondre

Des pêcheurs à la mouche font “le coup du soir”.

quelques jours à Goumois. Je veux vous dire quelle a été ma déception face à la triste réalité de la pêche dans le Doubs. Tous les pêcheurs rencontrés, des “étran- gers”, étaient très déçus” écrit Michel Berrard qui témoigne son amertume face à une rivière “qui n’est plus qu’un cours d’eau sans vie, avec des fonds proches de l’asphyxie, des truites ou ombres quasi absentes ou malades. Quel triste spectacle” ajoute-t-il. Si ce touriste est conscient que l’association de pêche n’est pas responsable de la situation, il “déplore l’absence d’une com- munication concernant la situa- tion actuelle. Sur le site, les phrases racoleuses du style “des- tination rêvée”, “pureté des eaux” ou “abondance de truites et ombres”, sont assimilables à de la publicité mensongère. C’est se moquer des pêcheurs que de les

faire se déplacer, quelques fois de très loin pour se retrouver devant un tel désastre” dit-il. Selon les scientifiques, on retrou- ve 80 kg de truites à l’hectare dans le Dessoubre alors que 400 kg étaient comptabilisés il y a peu. Les clubs de pêcheurs à la mouche préfèrent du coup se rendre en rivière d’Ain, plus pois- sonneuse, ou migrer en Bosnie, Croatie, destinations à la mode dans le milieu. À cette amertume s’ajoute le prix de la carte (143 euros à l’année, 15,70 euros la journée) : “Le tarif des cartes n’est plus en adéqua- tion avec la situation actuelle” dit ce pêcheur mécontent. Un problème dont a conscience

Et le prix de la carte ?

Suivre l’actualité du Doubs “franco-suisse” : http://goumoispechesloisirs.fr/

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