Le Doubs Agricole 33 - Novembre 2018

ACTUALITÉ S É C H E R E S S E

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“La situation est plus préoccupante qu’en 2003” Président des comices du Doubs, Philippe Schaller analyse les conséquences de la sécheresse sur les exploitations agricoles.

Philippe Schaller : “La sécheresse n’a pas de conséquence sur la qualité des comtés.”

L 89&51'79"$20/5489!9 184987694%0#+3/69-8 4397,/ 828778971294%3/60)06,93$20/5489-3.7 489 316*&51'79 Philippe Schaller : Le principal problème, ce sont les récoltes. Celles de juin se sont bien pas- sées, mais celle de juillet et août, voire celles de septembre ont été catastrophiques. Les stocks de foin sont bas car nous avons dû les entamer pour parer au manque d’herbe dans les pâtures. Les cours de l’aliment fluctuent et il est très dif- ficile de trouver du fourrage. Le problème de l’eau est capital. En temps nor- mal, nous avons des sources pour abreuver les bêtes dans les champs. Or, la plupart des sources sont à sec. Nous prenons donc l’eau du réseau, mais cela ne peut pas durer indéfiniment. (&"9!9(3970613605.9876*84489+4179-0 0/0489 18 93..,89-897,/ 8287789 P.S. : Oui, la situation est plus préoccupante qu’au moment de la sécheresse de 2003. On le voit dans les réserves d’eau. Par exemple, sur mon exploitation, j’ai des citernes dans les pâtures. En général, il n’y a pas de problème, on passe l’année bon an mal an, à l’exception de 2003 où nous avons eu une alerte. Mais cette fois-ci, c’est bien pire. Car nous n’avons plus d’eau depuis

un mois ! Dans certains coins, la verdure a dis- paru. (&"9!9&879)50 978975.69,48),879+5129+25* 6876829/5.62894%173$89-894%831971294879/5#0/87 +512943)8294879' 687 9(8793$20/146812795.6 +51263.695'782),9-879#8712879-89287620/* 605. 9 1%8.9876*049319 17689 P.S. : Nous avons fait passer un message d’éco- nomie dans les comices afin de limiter l’utilisa- tion de l’eau pour le lavage des bêtes. Ce mes- sage a été bien suivi. J’ai briefé moi-même l’ensemble des présidents des comices du Doubs sur ce point. Pour laver les bêtes, c’est de l’eau non potable qui a été utilisée. Le problème est que la vache boit beaucoup d’eau chaque jour, beaucoup plus qu’il n’en faut pour la laver. En période de chaud, elle consomme quotidienne- ment 100 litres d’eau. Les besoins sont très impor- tants. Je rappelle que le lait, c’est 90 % d’eau. (&"9!9(397,/ 82877893*6*84489-879/5.7,* 18./8797129439 13406,9869439 13.606,9-879/5#* 6,79 P.S. : La sécheresse n’a pas de conséquence sur la qualité des fromages, car lorsque les vaches produisent moins, le rendement est souvent supé-

rieur. Je n’ai pas de crainte par rapport à cela. En revanche, il y aura une baisse du nombre de comtés, consécutive à la diminution du litrage. Le pire ce sera cet hiver si vraiment on manque de fourrage. (&"9!9(89 5/65'289-82.0829 9 526831 94527 -19 5.$2 79-894%"775/03605.9 3605.3489-87 4179-89439 5.63$.89)51793)8 968.19 9+2,* 78.682931 9,4179-879/ 8)31 9/5#65079869-87 )3/ 879#5.6',4032-87 9 1849,630694%5' 8/60 -89/866895+,23605.9 P.S. : L’objectif était de faire découvrir et pro- mouvoir notre savoir-faire et nos spécificités. Nous sommes ici dans le berceau de la race montbé- liarde, du cheval comtois et du comté ! Notre but était surtout rendre hommage à Annie Genevard, députée, vice-présidente de l’Assemblée Natio- nale qui nous a toujours suivis. Je ne parle pas seulement des neuf comices de sa zone où elle est toujours présente. Tous les dossiers que nous avons eus à porter, elle les a portés haut. Pour moi, le dossier le plus important est d’avoir pu intégrer, grâce à elle, les femmes d’exploitants dans les G.A.E.C., ce qui n’était pas autorisé avant. 25+57928/18044079+329

Des crottins au pays du comté Dans la ferme Vuillemin au Cerneux Billard, Cédric s’occupe du troupeau de montbéliardes et Céline son épouse soigne 45 chèvres dont le lait est transformé en fromages fermiers. Diversification. V I L L E R S - L E - L A C

distribue sur 25 points de vente situés à 50 km à la ronde. Occa- sionnellement, on fait aussi les mar- chés et on s’interdit de travailler avec la grande distribution.” Une question d’éthique. Avec les chèvres comme avec les vaches, Cédric et Céline fonc- tionnent dans le respect des bêtes et du terroir. “On fait une trêve de fabrication de novembre à janvier pour respecter le cycle de repro- duction naturel des chèvres qui mettent bas en hiver.” La chèvre- rie a trouvé sa clientèle mais on est encore loin du retour sur inves- tissement. “On a misé sur l’image avec une belle installation neuve, fonctionnelle et confortable, ce qui représente un gros effort financier. C’est un projet de longue haleine et une façon de s’épanouir dans une valeur qui nous tient à cœur : le travail.”

le de traite et le laboratoire de trans- formation au rez-de-chaussée” , explique la chevrière. Elle a choisi de fonctionner en monotraite, le matin en transformant le lait dans la foulée. Ce qui lui permet d’ou- vrir au public le soir pour des visites. “On fait toutes sortes de crottins : frais, demi-sel, sec, aromatisé, des bûches, des apéri-chèvres, des pyramides cendrées, des camem- berts” , détaille Céline Vuillemin qui avait suivi une formation à l’E.N.I.L. de Poligny axée sur les fromages fermiers. Elle a ensuite mis au point ses propres recettes. La chèvrerie du Cerneux Billard abrite un magasin de vente direc- te. Les produits fermiers sont aus- si commercialisés dans les frui- tières à comté, les crémeries. “On

P ourquoi se compliquer l’exis- tence alors qu’il lui aurait été beaucoup plus facile d’ac- compagner son mari dans sa production A.O.P. ? D’autant plus qu’étant jeune agricultrice, elle apportait alors 30 000 litres de lait à comté supplémentaires sur l’ex- ploitation qui bénéficie aujourd’hui d’une référence à 290 000 litres. Sauf que Céline Vuillemin comme elle le spécifie n’a pas l’âme des vaches. Aide-soignante de profession, elle était prête à revenir sur la ferme

reprise en 2011 par son époux mais, à tout le moins, pour déve- lopper une activité où elle trouve matière à s’épanouir. D’où l’idée d’ouvrir un atelier de fabrication de fromages de chèvre avec com- mercialisation en vente directe. Bienvenue au G.A.E.C. des vaches et des biquettes. Le couple Vuillemin acquiert un troupeau de 45 chèvres alpines et investit dans l’aménagement d’une chèvrerie. “On a agrandi le bâti- ment d’élevage principal. Les loges des chèvres sont à l’étage et la sal-

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