La Presse Pontissalienne 313 - Février 2026

Économie 35

Février 2026

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CONSTRUCTION Focus sur le passif Le passif entre en action Dans le Doubs, la construction en passif gagne de plus en plus d’adeptes, des particuliers en majorité mais aussi des collectivités. Et notamment dans le Haut-Doubs qui compte trois bâtiments publics passifs, à Levier et Malbuisson. Le dernier exemple concerne l’école de Pouilley-Français près de Besançon.

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L e mot est revenu plusieurs fois, ce mercredi 28 janvier lors des rencontres Fédépassif à Pouil ley-Français. “Le passif n’est pas utopique” , a souligné Stéphane Marion, de M.A. Conception à Houtaud et pré sident de l’antenne régionale de la fédération française de la construction passive (F.F.C.P.). “Le rôle que nous jouons à l’échelle régionale est d’ac compagner le territoire, de donner des clés concrètes et des exemples pour de futurs projets.” Car de l’aveu de Pascal Bresso, président national de la F.F.C.P., les particuliers, comme professionnels du bâtiment ou collectivités, restent réticents à l’idée du passif. “Nous avons un rôle important à jouer dans la sen sibilisation pour que le passif devienne une option naturelle, reprend Stéphane Marion. Le passif fonctionne ici malgré des contraintes climatiques, techniques, budgétaires. Nous adaptons le passif

aux réalités locales. Un bâtiment passif fonctionne même quand il fait -20 °C.” Dans la région Bourgogne-Franche Comté, une trentaine de bâtiments sont certifiés ou labellisés passifs. S’il s’agit principalement de maisons d’ha bitation, 4 bâtiments publics, tous dans le Doubs, sont reconnus passifs : le

périscolaire et la crèche de Levier, les écoles de Malbuisson et Pouilley Français. C’est d’ailleurs en visitant l’école de Malbuisson que le maire de Pouilley-Français, Yves Maurice, a décou vert l’intérêt du passif. Alors que sa commune se retrouve sans S.I.V.O.S. (syndicat inter communal à vocation scolaire) à la suite du départ de Villers-Buzon

La construction passive n’est pas une utopie.

Étienne Machurey, ingénieur travaux chez M.G.A., a suivi le projet de l’école de Pouilley-Français du début à la fin.

cette raison qu’il ne faut pas plus de 4 000 watts pour chauffer les 350 m 2 de bâtiment. En comparaison, une ampoule consomme 30 watts, un radia teur 1 000 watts. Si le passif répond à une sobriété éner gétique, le bâtiment n’est pas forcément écologique, selon les matériaux utilisés. À Pouilley-Français, les murs sont en béton banché, l’isolation extérieure en polystyrène sur 30 centimètres. Au delà du gain énergétique, l’entretien reste lui aussi peu onéreux. La révision et le changement de filtres annuels des centrales d’air coûtent 255 euros par machine. Après dix mois de travaux, l’école maternelle est opérationnelle depuis la rentrée 2025. Elle accueille 65 élèves ainsi que le périscolaire et la cantine. Le coût est d’1,2 million d’euros (H.T.) avec les aménagements extérieurs. Soit 2 900 euros le m 2 . Le passif est-il plus cher que la construc tion traditionnelle ? “C’est en fonction du projet, répond Étienne Machurey. Comme on est obligé de se mettre en conformité avec la R.E. 2020 dans toute construction, cela peut sensiblement avoir le même coût. Dans le passif, tout est calibré avant, il n’y a pas de travaux non prévus. C’est pour cela qu’on passe 3 à 4 fois plus de temps pour les études par rapport à un projet non passif.” “Plus le bâtiment est grand, plus le prix baisse, argue Stéphane Marion. Les charges de ces bâtiments sont peu élevées mais on doit accompagner les occupants dans les bonnes pratiques.” Comme dans les maisons tradition nelles, le bon sens prime. Si l’on ouvre les fenêtres, le froid rentre en hiver qu’il faudra rééquilibrer par la suite. En été, il faut apporter de l’ombre par des volets ou des brise-soleil orientables ou encore de la végétation, comme cela a été pensé à l’école de Pouilley-Fran çais. n L.P.

et Mazerolles, la municipalité décide d’investir dans la construction d’une école maternelle, qui manquait. La visite de l’école de Malbuisson décide le maire pour une construction passive. Il confie la conception à Machurey groupe Architectes (M.G.A.), basé à Besançon, également à l’origine du bâtiment de Malbuisson. “En tant que maire, c’est l’avenir” , souligne Yves Maurice. Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à doter sa commune de panneaux photovoltaïques, y compris sur l’église. La nouvelle école en est aussi pourvue, en autoconsommation, le surplus étant redirigé vers la mairie. Qu’est-ce qu’un bâtiment passif ? “C’est une construction nécessitant peu d’éner gie et sans chauffage conventionnel, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de chauffage. Le passif n’est pas une tech nologie mais une méthode de concep tion” , répond Pascal Bresso, de la

F.F.C.P. Tout bâtiment ne peut pas être certifié passif, il faut respecter des critères rigoureux. “Il faut bien distinguer le B.P.O.S. qui signifie être positif en éner gie, et le bâtiment passif où on ne consomme rien” , prévient Étienne Machurey, ingénieur travaux qui a suivi le projet de Pouilley-Français. Quatre critères sont indispensables : le besoin de chauffage ne doit pas excé der 15 kWh/an/m 2 , soit “quatre fois moins que la réglementation R.E. 2020 déjà poussée”, l’étanchéité à l’air doit aussi être quatre fois meilleur que la R.E. 2020, le besoin en énergie primaire ne doit pas dépasser 120 kW/an, il ne faut pas de surchauffe estivale, la tem pérature ne doit pas dépasser 25 °C pendant plus de dix jours dans l’année. Comment arriver à ce peu de consom mation ? Grâce à la conception où tout est méti culeusement mesuré, entre le gain d’énergie et les pertes. “La situation géographique influe sur la possibilité de rendre passif un bâtiment. L’apport interne, soit le taux de présence des gens et le soleil apportent l’énergie au bâtiment, poursuit Étienne Machurey. Plus on a de soleil, moins on a besoin de compléter par le système de venti lation à double flux.” Car pour que fonctionne un bâtiment passif, la ven tilation de l’air doit être contrôlée. Quatre centrales de traitement d’air équipées d’une petite pompe à chaleur ont été installées, permettant un renou vellement de l’air constant et d’agir de quelques degrés sur la température ambiante, rafraîchir ou réchauffer la pièce pour le confort d’hiver ou d’été. “La ventilation à double flux transmet les calories. L’air qui rentre dans la pièce arrive à 17 °C avec la transmission de calories de l’air qui sort. S’il n’y a pas de complément de chauffage, il fait naturellement 17 °C dans la pièce” , explique l’ingénieur travaux. C’est pour

Stéphane Marion, de M.A. Conception à Houtaud, est président de l’antenne régionale de la Fédération française de la construction passive.

L’école de Pouilley- Français, un modèle de construction passive.

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