La Presse Pontissalienne 313 - Février 2026

34 Économie

Février 2026

BESANÇON 89 bénévoles Emmaüs voit la solidarité en plus grand L’association Emmaüs a pris possession de ses nouveaux locaux chemin des Vallières. Plus de place, pour plus de tri et plus de vente. La commu nauté fait travailler une trentaine de compagnons.

Ces demandeurs d’asile comptent parmi la trentaine de compagnons d’Emmaüs à Besançon.

I ls s’appellent Doumbia, Syl vain, Danielle, Sekou ou encore Sidy. De Côte-d’Ivoire ou du Mali, ils sont arrivés il y a deux ans, trois ans pour les plus anciens. Ils vivent aujourd’hui, pour combien de temps encore, dans un des trente logements que l’association Emmaüs de Besançon gère sur son site de la Bergerie, chemin des Vallières à Besançon. “J’ar rivais de Côte-d’Ivoire où je n’avais pas d’avenir. J’ai passé une semaine dans la rue à Besançon avant d’être accueilli par la communauté Emmaüs, j’y suis depuis près de trois ans, j’attends ma régularisation” com mente Doumbia qui s’occupe du tri des matériaux et de l’orga nisation du magasin de vente. Avec ses frères et sœurs afri cains, il constitue désormais le principal contingent des com

pagnons d’Emmaüs à Besançon. “Nous avons 14 nationalités dif férentes dans nos compagnons. Leur profil a beaucoup évolué ces dernières années et même si nous gardons toujours des com pagnons assez âgés, la moyenne d’âge s’est beaucoup rajeunie avec l’accueil de migrants”

ressourcerie-recyclerie sur des parcelles que l’association avait pu acquérir en 2019. Les nou veaux bâtiments offrent désor mais une surface de vente glo bale de près de 3 000 m². Les nouveaux ateliers construits sur le site s’étalent sur plus de 2 000 m², avec un espace de tri désor mais en lien direct avec l’espace de vente. Le coût global de l’opé ration comprenant l’achat des terrains, les études et la construction des nouveaux bâti ments a atteint 4,088 millions d’euros, autofinancés pour plus de la moitié par l’association, le reste (1,859 million) provenant des collectivités locales parte naires. Depuis sa création avec la nais

sance d’un premier comité d’amis en 1975, la communauté Emmaüs de Besançon a accueilli plus de 1 500 compagnons, pour une durée de quelques jours à plusieurs années. “La durée moyenne de présence est d’envi ron trois ans” précise la bénévole. Nourris, logés et blanchis, les compagnons d’Emmaüs ne sont pas salariés de l’association, ils reçoivent ce que la communauté appelle “un pécule.” Ici, c’est une enveloppe d’environ 400 euros que reçoit chaque compagnon tous les mois. De quoi commen cer à entrevoir une vie meilleure, et leur insertion définitive dans la société, c’est bien la finalité de l’association… n J.-F.H.

Emmaüs Besançon a accueilli

indique Marie Rose Henriot, une des 89 bénévoles qui travaillent ici, avec la tren taine de compa gnons et une équipe de qua tre salariés. Le site vient d’inaugurer les travaux d’ex tension et de création d’une

plus de 1 500 compagnons.

Le site de vente Emmaüs est ouvert au public le mercredi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h et le samedi de 9h à 16h

Ahmed Zehaf, le président d’Emmaüs Besançon.

EN BREF

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Université Marie et Louis Pasteur

Budget 2026 déficitaire : l’Université tire la sonnette d’alarme Si la cérémonie des vœux, au Kursaal le 27 janvier, a été l’occasion de louer le bon positionnement de l’Université Marie et Louis Pasteur, tant à l’échelle régionale qu’internationale, les restrictions budgétaires ont apporté une ombre au tableau.

Mercosur Le Département du Doubs déclare refuser des produits qui ne respectent pas les standards européens et réaffirme son soutien à l’agriculture locale dans les cantines des collèges. La présidente Christine Bouquin appelle l’État et l’Union européenne à renoncer à la ratification de l’accord U.E.-Mercosur. Dans les restaurants scolaires des collèges publics, le Département n’achètera donc pas de produits alimentaires qui ne respectent pas strictement les standards sanitaires environnementaux et sociaux (français et européens). Ce choix concerne un volume significatif et structurant pour le territoire : 1,9 million de repas servis chaque année scolaire dans les collèges publics du Doubs, 5,3 millions d’euros consacrés chaque année à l’achat de denrées alimentaires, et au moins un repas par semaine intégrant trois composantes issues de productions locales.

Hugues Daussy a présenté ses premiers vœux en tant que président de l’Université Marie et Louis Pasteur, le 27 janvier au Kursaal.

C e n’est pas de gaieté de cœur que l’a annoncé le président Hugues Daussy, pour sa première cérémo nie de vœux. “Pour la première fois, le budget initial 2026 est déficitaire, dû à 4 millions d’euros non compensés” , a-t-il ainsi sou ligné devant plusieurs centaines de personnes réunies au Kursaal. Il pointe notamment le sous financement structurel des éta blissements et des non-compen sations de charges qui sont imposées. Pour autant, cette année, “notre capacité d’action est préservée comme nos emplois et nos capa cités d’opérations immobilières.” 2026 verra entre autres l’achè

vement du bâtiment de l’Arsenal N, la livraison du Data center ou encore l’avant-projet validé de la plateforme Numéricum Santé (enseignements innovants en numérique et simulation).

neaux des Danaïdes.” Il avance ainsi ces chiffres : 1 euro de subvention publique à l’uni versité équivaut à 2,70 euros d’activités économiques, sans compter les dizaines de milliers d’emplois induits au niveau national. “L’université est une locomotive des écosystèmes ter ritoriaux. Une prise de conscience urgente et immédiate est néces saire. Encore une fois, nous tirons la sonnette d’alarme.” Malgré tout, l’université Marie et Louis Pasteur a intégré la 800 ème place mondiale (sur 21 000 universités référencées) au clas sement Times Higher Education. La première place étant occupée par Oxford.

“Avec d’autres uni versités, on doit faire entendre notre voix. On va devoir puiser dans notre fonds de roulement (qui sert aux investissements) pour des dépenses de fonctionnement, reprend Hugues Daussy. Investir dans l’université, ce n’est pas jeter l’ar gent dans les ton

“Même si nous sommes différents, nous sommes alliés.”

Le président Daussy a aussi fixé comme objectif 2026 la validation de l’établissement expérimental, mis en place à la suite du divorce avec l’Université de Bourgogne. Un divorce certes, mais où les liens semblent se renouer. “Nous travaillons à rétablir une relation de confiance avec l’Université Bourgogne Europe, et à un travail

en commun entre les deux éta blissements. Même si nous sommes différents, nous sommes alliés” , a souligné Hugues Daussy. Dans la salle, la présence de Vincent Thomas, président de l’Université Bourgogne Europe, n’est pas passée inaper çue et a été appréciée. n L.P.

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