La Presse Pontissalienne 311 - Décembre 2026

Le portrait 39

La Presse Pontissalienne - Décembre 2025

PONTARLIER

Animatrice à la M.J.C. des Capucins

Eli Mora, ou comment s’intégrer avec sourire et détermination Arrivée comme fille au pair dans le Haut-Doubs en 2022 pour se construire un avenir serein, cette jeune Vénézuélienne suit actuellement une formation dans l’animation à la M.J.C. des Capucins. Sociable, épanouie et ravie de pouvoir se donner une seconde chance en France, elle milite aussi pour la défense de la démocratie au Venezuela.

“T out le monde m’appelle Eli” , sourit celle qui se prénomme en fait Elia gnis et qui vit aujourd’hui dans un petit appartement pontissalien décoré avec soin. Sans oublier le sapin de Noël. “Dans mon pays, on commence les déco rations de Noël depuis septembre. C’est un événement très important.” Originaire de l'île Margarita, perle des Caraïbes, Eli a grandi à Barquisiméto, grande métropole d’1 million d’habi tants située à 270 km au sud-ouest de Caracas. Une jeunesse plutôt agréable au sein d’une famille de trois enfants. “Mes parents sont avocats” précise-t elle. Bac scientifique en poche, elle suit pendant cinq ans le cursus pour devenir journaliste tout en travaillant béné volement sur différents médias : radio, T.V., presse papier. “J’ai terminé dans la publicité pour accumuler diverses expériences.” Constatant très vite les difficultés d’exercer son métier dans un pays frappé par la répression et la crise humanitaire, elle s’interroge. “Je ne voulais pas subir cette situation mais pour aller dans quel pays ? J'ai appris le français à l’école. Je me suis inscrite sur un programme de fille au pair et j’ai finalement trouvé une famille d’ac cueil à Fourcatier.”

Arrivée dans le Haut-Doubs en novem bre 2022, Eli prend le temps de s’adap ter à la vie locale dans un environne ment bienveillant. “J’ai gardé de très bons contacts avec cette famille cha leureuse et patiente. Avant la fin de mon contrat qui se terminait au bout de deux ans, j’ai étudié plusieurs pistes car je voulais continuer à travailler avec les enfants. Mon père d’accueil m’a encouragé à passer le B.A.F.A.” Banco, elle se retrouve au Centre Ber lioz, antenne de la M.J.C. des Capucins, pour effectuer ses stages d’animatrice. Comme tout se passe bien, elle enchaîne

semaine par mois au C.E.M.E.A. à Besançon. À la M.J.C., j’interviens au centre de loisirs, je m’occupe de l’aide aux devoirs et j’organise des activités comme la préparation du marché de Noël. Le C.A.P. était plus basé sur la théorie alors que le B.P.J.E.P.S. est plus axé sur l’animation. Il y a beaucoup de choses à apprendre. Je passe une très bonne année sur le plan profes sionnel.” Très à son aise à la M.J.C. des Capucins, Eli donne aussi de sa personne en enca drant bénévolement des ateliers d’es pagnol. “Pour Noël, on ira manger dans un restaurant local et nous serons servis par une amie espagnole.” Elle souhai terait continuer son apprentissage en D.P.J.E.P.S., ce qui lui permettrait par exemple de mettre en place des projets d’animations à l’échelle d’un territoire. “J’aimerais travailler sur des actions interculturelles avec un public de migrants. J’envisage aussi de me former à la direction de structures d’éducation populaire comme les M.J.C. ou les mai sons de quartier.” L’envie est là mais il lui restera à trou ver le cadre financier lui permettant de réaliser ses projets. Eli Mora n’a pas coupé les liens avec le Venezuela. Elle garde le contact avec sa famille grâce à Internet. “Je suis toujours Véné zuélienne de cœur” dit-elle. Son atta

en préparant toujours dans la même struc ture un C.A.P. petite enfance par alter nance. “Pour une migrante adulte, cette formule est une très bonne solution pour apprendre un métier” , explique celle qui a décroché son diplôme en juin dernier. Sur sa lancée, elle enchaîne en B.P.J.E.P.S. “Anima tion socio-éducative et culturelle. “Cette for mation s’étale sur 18 mois. Je vais une

“Je suis toujours Vénézuélienne de cœur.”

Sociable, bien entourée d’amis français et latino-américains, Eli se prépare à passer de joyeuses fêtes de fin d’année.

chement au pays, elle l’exprime en par ticipant à Besançon à des manifesta tions pour défendre la démocratie au Venezuela. “Certains pensent que cela ne sert à rien moi j’estime utile et néces saire de faire savoir ce qui se passe là

bas. Tant que la situation n’évoluera pas, je continuerai à vivre en France. Je reconnais que j’ai beaucoup de chance de bénéficier de toutes ses formations et de cette liberté d’expression.” n F.C.

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