La Presse Pontissalienne 311 - Décembre 2026
Le dossier 25
La Presse Pontissalienne - Décembre 2025
es plen ca eaux d'idées Le plein de
l Interview Le maire de Baume-les-Dames “Bien sûr qu’il faut continuer à aider les entreprises !” Arnaud Marthey, par ailleurs maire de Baume-les-Dames, vient d’être nommé à la tête de l’Agence économique régionale (A.E.R.). Il en explique le rôle et les objectifs.
Noël ! pour
surtout quand on est dans des secteurs d’activités compliqués comme l’hydro gène par exemple, ou longs comme les biothérapies. Mais il est évident qu’il faut que nos entreprises et nos filières soient aidées. Prenons le secteur auto mobile : il a été aidé à coups de milliards en Chine depuis plus de dix ans et c’est comme ça que l’industrie automobile chinoise a pris une telle avance. On ne peut pas sérieusement dire qu’il fau drait les arrêter ici! Ma conviction personnelle est qu’on doit bien sûr continuer à aider le développement de nos entreprises. L.P.P. : Vous êtes souvent au contact des entre preneurs de cette région en tant que président de l’A.E.R. Quel est leur moral actuellement ? A.M. : Il est bien sûr variable selon les secteurs d’activité et la taille des entre prises. Ce qui est extrêmement péna lisant pour elles en ce moment, c’est le contexte politique national qu’elles subissent toutes. L’incertitude, c’est le pire des maux pour l’économie. Ça freine les décisions, les investissements, les projets de croissance externe. Il faut impérativement qu’au niveau national on retrouve de la confiance et de la visi bilité. Malgré tout, si on regarde les chiffres du deuxième trimestre 2025, ils ne sont pas si mauvais que cela. Mais cet équilibre est fragile, il faut rapidement retrouver la confiance. Nos entreprises commencent à être concur rencées par des pays qui se portent bien, comme l’Italie par exemple.
a un projet d’implantation. L’A.E.R. a également une vision globale et d’ana lyse des zones d’activités sur l’ensemble du territoire régional. On en compte au total 700, sur 800 hectares, mais 4 seulement proposent des parcelles de plus de 10 hectares. L’autre grande mission de l’A.E.R., c’est le financement de projets au bénéfice des entreprises, pour l’innovation, la robotisation, la cybersécurité, etc. L.P.P.: Les aides aux entreprises sont en ce moment assez critiquées. Faut-il les mainte nir ? A.M. : Le contexte national est en effet chahuté et cette question des aides directes aux entreprises fait débat,
La Presse Pontissalienne : À quoi sert l’Agence économique régionale ? Arnaud Marthey: Son rôle principal est de favoriser le développement écono mique régional dans toutes ses dimen sions, en relation avec l’ensemble des communautés de communes ou d’ag glomérations de la région, les intercos ayant la compétence économique. Le deuxième volet des interventions de l’A.E.R., c’est directement auprès des entreprises de la région qui ont un besoin d’accompagnement, de la matu ration de leur projet, à l’acquisition d’un foncier en passant par l’accueil d’une entreprise extérieure à la région. Nous sommes aussi le relais de Business France quand une entreprise étrangère
maroquinerie, coutellerie, plaques auto/moto, imprimerie clés, Cordonnerie, tampons, gravures, zippo,
idées cadeaux...
Galer CUI ART DU www.art-du-c 3 - 03 81 46 64 9 TARL DOUBS ie marchande extérieure Hy -PONT
IR cuir.fr IER yper U
L.P.P. : Avec tout de même des symboles forts comme l’automobile qui sont en grande souf france… A.M. : Dans ce contexte, soit on se désole, soit on agit. Nous avons décidé de conti nuer d’agir. Après un premier plan d’aide de 24 millions d’euros au bénéfice de la filière et pour aider les entreprises qui étaient axées à 100 % dans l’auto mobile à réussir leur diversification dans d’autres branches, la Région remet dans les trois ans à venir 30 millions d’euros pour ces dispositifs d’accompa gnement et de diversification. Nous sommes sur un territoire où les entre prises ont de formidables compétences techniques et technologiques, il faut donc qu’on soit au rendez-vous en les accompagnant au mieux! n Propos recueillis par J.-F.H.
L.P.P. : Au niveau national, que pèse notre région Bourgogne-Franche-Comté ? A.M. : Le P.I.B. de notre région a pro gressé de + 4 % entre 2023 et 2024, il a dépassé les 91 milliards d’euros. On a donc encore de la croissance dans notre région. La B.F.C. est par ailleurs la 3 ème région de France à avoir la meil leure balance commerciale, elle est excédentaire de + 2 milliards d’euros. Notre région ne compte que 2,8 millions d’habitants, mais elle a encore une industrie forte. D’où l’importance de continuer à accompagner nos entre prises pour qu’elle reste une région de production. En termes d’emploi, nous restons la première région industrielle de France, on est donc loin d’être une petite région.
Arnaud Marthey (à droite), nouveau président de l’A.E.R., aux côtés du
président de la Région Jérôme Durain (photo Région B.F.C.).
l A.E.R. Volet Innovation et recherche Les leviers de l’innovation Mot souvent galvaudé, l’innovation est sur toutes les lèvres dès qu’il s’agit
de pérenniser une entreprise. Comment innover ? Sur quoi ? Quelle innovation ? Quels leviers ? L’entreprise artisanale Jiriba installée dans le Val d’Usiers partage son expérience.
Les dirigeants de l’entreprise Jiriba ont été suivis par les services de l’A.E.R.
B ien souvent, l’innova tion est mal comprise ou vue uniquement sous le prisme de l’in novation technologique. Del phine Vanhoutte, cheffe de pôle Innovation et recherche au sein de l’Agence économique régio nale s’attelle à démonter ces idées reçues auprès des entre prises. “Certaines entreprises peuvent être frileuses, car elles s’imaginent beaucoup d’inves tissement, du temps. Il y a aussi un côté flou : pour certains, ils n’innovent pas alors que si. Ils font des choses que personne d’autre ne fait. Certaines entre prises sont dans l’attentisme, ou ce n’est pas leur priorité. Innover, c’est se différencier des concur
rents et avoir un coup d’avance.” L’innovation peut être techno logique, mais aussi organisa tionnelle, commerciale, sociale, de produit, service ou d’usages, etc. Le pôle de Delphine Vanhoutte
tion permet de financer des pres tations externes, d’aider les entre prises à lever les premiers verrous pour voir si un projet est viable. Il peut y avoir des actions d’idéa tion, comme un prototypage, des études technologiques. Notre rôle est de vérifier l’éligibilité du pro jet avant de soumettre le dossier aux financeurs que sont la Région et la B.P.I. (Banque publique d’investissement).” Le pôle propose aussi le Lab Inno vation. Des experts se réunissent pendant une session de 2 heures pour trouver des solutions à une problématique de l’entreprise. Installée au Val-d’Usiers, l’en treprise Jiriba est spécialisée dans la torréfaction de noix de cajou, issues du Mali. L’entre
prise familiale et artisanale a bénéficié de deux aides à l’in novation : la Presta’inno et le Lab innovation. “Afin de valo riser les brisures de noix de cajou non intégrées dans le procédé actuel, nous avons souhaité déve lopper une gamme innovante de produits végétaux à base de noix de cajou, tels que des desserts et produits vegan, témoigne ainsi Koreissi Touré, dirigeant de la société. Pour cela, nous avons bénéficié du dispositif d’accom pagnement à l’innovation
Presta’Inno, qui a permis d’initier une collaboration avec un acteur local spécialisé dans la recherche et le développement agro-ali mentaire, l’E.N.I.L.E.A. Mami rolle. Grâce à ce partenariat, nous avons pu affiner les pro cessus de formulation de nos veghourts et valider des solutions techniques. L’expérience de la Presta’Inno a été particulière ment positive grâce à la simpli cité administrative du dispositif. Nous avons pu bénéficier d’un remboursement rapide de 70 %
de la prestation après l’envoi des rapports et factures, ce qui nous a permis de se concentrer sur la partie innovation. Le Lab Inno vation, un autre dispositif régio nal, a également été essentiel pour valider des solutions de packaging adaptées aux produits frais et ultra-frais, avec une forte exigence en termes de durabilité et de normes environnementales.” Sur un an, le pôle Innovation et recherche a accompagné 120 entreprises. n L.P.
intervient dans la recherche de finances, de prestataires, dans l’accompa gnement tech nique, dans le conseil. “On aide à instruire le dossier pour la subvention Presta’Inno, poursuit-elle. Cette subven
L’innovation n’est pas seulement technologique.
Made with FlippingBook flipbook maker