La Presse Pontissalienne 293 - Juin 2024

22 Le dossier

La Presse Pontissalienne n°293 - Juin 2024

l Bio-déchets Des composteurs en pied d’immeuble Le compostage collectif pas encore enraciné dans les habitudes pontissaliennes Le compostage de bio-déchets en habitat collectif se développe à Pontarlier où une dizaine de composteurs publics devraient également être installés au cours de l’année. Retours d’expérience.

l Pontarlier Restauration Buffalo Grill poursuit son engagement dans le développement durable Sensibles aux enjeux environnementaux, Francket Gaëlle Salvi, à la tête Buffalo Grill, mettent tout en œuvre pour exploiter au mieux les filières de traitement des déchets existantes. Ils investissent aussi dans l’énergie verte.

est malaxé avec un bras de bras sage et chauffé entre 40 et 70 °C. “Le système permet en 8 heures de décomposer 90 à 95 % des biodéchets”, souligne Bertrand Michaud. 1 kg de biodéchets passé au digesteur produit 100 grammes d’engrais. En plus de ce digesteur, Biocoop utilise un système de bouteilles consignées pour le verre. Les déchets les plus importants res tent le carton et les films plas tiques qui entourent les palettes. Ces derniers sont issus du packaging des fournisseurs des produits. Ils sont, eux, placés dans la poubelle jaune de recy clage. n L.P. La Biocoop de Pontarlier gérée par Pierre-Étienne Aria est l’une des seules entreprises pontissaliennes à posséder un digesteur. L’idée de mettre en place un com posteur en pied d’immeuble n’est pas toujours une évidence. Il a fallu batailler pour que le projet aboutisse à la copropriété des Champs du Rhin qui abrite 92 appartements. “On a proposé cette solution pour réduire nos déchets en 2020. Cela n’a pas été facile à mettre en place mais on y est enfin parvenu” , indique Yohann Lavier, l’un des trois réfé rents de ce nouveau composteur collectif inauguré le 23 mai der nier. Une quinzaine d’occupants étaient venus récupérer les petits seaux distribués par Alexiane, guide composteur à Préval. “On en profite pour leur expliquer brièvement comment ils doivent procéder. Des documents ont aussi été distribués dans les boîtes aux lettres.” n fourni des outils pour remuer le compost en formation.” Quand le compost arrive à maturité, il est utilisé pour amender des petits carrés potagers cultivés à quelques mètres du composteur. “Il y a trois familles qui jardi nent” , poursuit Patricia Defrasne qui espère que la T.E.O.M.I. va attirer davantage d’habitants de Central Park vers le compostage. Elle regrette aussi que les conte neurs de la copropriété soient trop souvent utilisés par des per sonnes de l’extérieur. La copropriété Le Palaccio qui compte 16 appartements dispose également d’un composteur col lectif depuis septembre 2021. “Cela fonctionne assez bien. Il y a eu un bon démarrage. J’essaie d’être assez vigilante sur la nature des déchets car certains ne sont pas adaptés ou ont besoin d’être broyés, cassés pour mieux se dégrader” , justifie Anneline Jean net, référente qui intègre le com post mûr dans les haies au pied de l’immeuble.

À l’échelle de Préval, plus de 60 % de la popula tion composte à la mai son, en habitat collectif où à l’échelle d’un quartier ou d’une commune. C’est plutôt encourageant et le mouvement devrait s’accélérer avec la mise en place de la T.E.O.M.I. dans le Grand Pontarlier. Sans oublier que depuis le 1 er janvier dernier, les collectivités ou E.P.C.I. sont tenues de proposer à leurs habi tants des solutions de tri des

déchets alimentaires. “On a eu pas mal de demandes de com posteurs individuels en début d’année car les gens pensaient que l’obligation s’appliquait aux particuliers. On a même été en rupture de stocks” , rappelle Chloé Monnot, coordinatrice gestion de proximité des biodéchets à Préval Haut-Doubs. Une quarantaine de copropriétés sont accompagnées par Préval pour le compostage collectif. En plus des conseils prodigués par

l’un des guides composteurs de l’équipe biodéchets de Préval, la prestation inclut la fourniture des composteurs et la formation des référents qui s’occuperont desdits composteurs. Située en face de la gendarmerie à Pontarlier, la copropriété de Central Park comprend 110 loge ments. Elle dispose d’un com posteur collectif depuis deux années. Cet équipement avait même servi de support de stage. “Quand ma fille préparait son B.T.S. Support à l’Action Mana gériale, elle avait proposé ce projet au conseil syndical de la copro priété” , explique Patricia Defrasne, l’une des deux réfé rentes de la copropriété à s’oc cuper du composteur collectif. Une vingtaine de familles l’utilise régulièrement. En pied d’immeuble, le dispositif comprend trois bacs, l’un pour les déchets alimentaires, l’autre est rempli de matière sèche ou structurant, et le troisième sert au transfert du compost arrivé au terme de son processus. “On demande aux usagers de déposer une couche de structurant entre chaque couche de déchets ali mentaires. Préval nous a aussi

“A u final, il ne reste plus que les os et les coquillages qui par tent dans la benne d’ordures ménagères” , observe Franck Salvi. Le couple de gérants exploite toujours la panoplie des solutions de valorisation et de recy clage existantes. Les cartons, papiers sont acheminés deux fois par semaine en déchetterie. Le verre est récupéré dans une benne mise à disposition par la Ville de Pontarlier. “On dépose les plas tiques, boîtes, bidons dans des conteneurs récupérés une fois par semaine par Haut-Doubs recyclage. Cela représente 3 bennes de 770

litres chaque semaine.” Buffalo s’est mis aux biodéchets depuis janvier dernier. Les éplu chures, légumes, salades non consommés finissent dans des conteneurs relevés deux fois par

jour par Coved pour alimenter des unités de méthanisation. “Toutes ces filières sont payantes sauf le verre qui part en déchetterie. Cela nous coûte plus cher de trier que l’inverse mais on y tient. Ce n’est pas dans nos habitudes de fonc

“Cela nous coûte plus cher de trier que l’inverse.”

Quentin, Yohann et Didier, les référents du nouveau composteur collectif inauguré tout récemment à la copropriété du Champ du Rhin.

l Biocoop

Achat d’un digesteur Déshydrater les biodéchets pour les transformer en engrais

Dans la droite ligne de ses principes de sobriété et de zéro déchet, la Biocoop de Pontarlier a investi dans un digesteur. L’appareil permet de déshydrater puis transformer en engrais près de 90 % de ses biodéchets.

À plus d’un titre, la Bio coop de Pontarlier se démarque des autres magasins d’alimenta tion bio. Outre l’espace Boulan gerie-snacking, le magasin pon tissalien a investi depuis un an et demi dans un digesteur. “Le recyclage de nos produits fait partie de notre A.D.N., explique Pierre-Étienne Aria, le gérant des Biocoops Pontarlier, Morteau et Montbéliard. On a des sys tèmes avec les dates courtes, les promotions, pour qu’il y ait le moins de pertes possibles.” Si à Morteau et Montbéliard, Biocoop a maillé le territoire avec un réseau d’agriculteurs ou de par ticuliers qui valorisent les pro duits qui ne sont plus consom mables, cette solution a été plus délicate à mettre en place à Pon tarlier. La cité du Haut-Doubs,

en effet, ne compte pas moins de quatre magasins d’alimen tation bio. Et lorsque Biocoop est arrivée, il y a seulement trois ans, le réseau était déjà en place. Pierre-Étienne Aria a donc misé sur plusieurs solutions pour recycler les déchets. L’une consiste en l’unité de snacking dans le magasin qui réutilise et

digesteur pour valoriser les bio déchets. “En moyenne par jour, on met dans le digesteur entre 0 et 10 kg de déchets, ce qui reste peu, car nous avons de base une démarche écologique et de bonnes pratiques en place” , reprend Pierre-Étienne Aria. Si le digesteur reste peu connu en France, Biocoop est l’un des premiers à l’utiliser et fait figure de précurseur dans le secteur. “Un digesteur est un composteur en version accélérée” , synthétise Bertrand Michaud de la société France Digesteur qui commer cialise les appareils. Les déchets sont décomposés et déshydratés. Il en ressort un digestat qui est mis à disposition des particu liers. Le principe est plutôt sim ple : dans l’appareil, les déchets sont broyés puis des enzymes sont incorporées, puis le tout

cuisine les pro duits consomma bles mais plus vendables en l’état. S’il reste des produits, ces derniers sont proposés en panier anti-gaspi à collecter avec l’appli Too good to go. Et derniè rement, Biocoop a investi dans un

Précurseur dans l’utilisation d’un digesteur.

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