La Presse Pontissalienne 186 - Avril 2015

DOSSIER

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La Presse Pontissalienne n° 186 - Avril 2015

Réaction Le président de la S.A.F.E.R. “On consomme encore trop de foncier aujourd’hui” Éric Liégeon a la double casquette d’élu local soucieux de répondre aux demandes de terrain de ses administrés et de président régional de la S.A.F.E.R., la gardienne des terres agricoles. Un dilemme compliqué.

L a Presse Pontissalienne :Vous êtes maire de Courvières et en même temps président de la S.A.F.E.R. Selon vous,le grignotage des terres agricoles par l’urbanisation est-il un sujet d’inquiétude ? Éric Liégeon : Dans ma commune, d’un côté des gens me disent que ce serait bien de déve- lopper le village, et de l’autre les pay- sans me disent qu’il ne faut pas leur prendre du foncier ! C’est pour cela qu’on est toujours à la recherche de zones qui ne perturberaient pas trop les espaces agricoles. Le dossier du fon- cier est toujours sensible notamment ici dans le Haut-Doubs. Il faut com- prendre les communes et les commu- nautés de communes qui ont besoin de surfaces pour pouvoir se développer. La population du Haut-Doubs est en augmentation, et c’est particulièrement le cas dans notre secteur frontalier. Il faut bien que les personnes puissent se loger. Après, il y a le revers de la médaille côté agricole, des hectares de terres disparaissent tous les ans pour être urbanisés. Il faut donc être très vigilant. On doit loger les gens, certes, mais on doit aussi les nourrir.

L.P.P. : Les choses empirent-elles ? E.L. : Depuis quelques mois les élus locaux et nationaux ont pris conscien- ce qu’on allait contre un mur et il y a eu des réactions positives. Différentes lois récentes ont été votées, comme la loi A.L.U.R. qui a notamment eu pour conséquence de renforcer les pouvoirs des commissions départementales de

L.P.P. : Quelles sont les améliorations à appor- ter ? E.L. : L’étalement urbain n’est jamais une bonne chose. Il faut commencer dans nos villes et nos villages à rem- plir les dents creuses qui sont encore nombreuses, avant d’aller chercher du terrain ailleurs. En disant cela, je pen- se aussi à nos zones commerciales. Cela me choque souvent de voir les immenses surfaces prises pour aménager les par- kings autour des grandes surfaces. L.P.P. : La nouvelle zone d’activités de Bulle, sur le territoire de la communauté de com- munes Frasne-Drugeon, n’est-elle pas un exemple de gaspillage de terres ? E.L. : Selon les élus qui ont lancé ce pro- jet, l’idée était justement de concen- trer une zone à un seul endroit de la communauté de communes plutôt que de vouloir faire des choses dans chaque village. Et si cette zone est si vaste, c’est parce que c’était plus simple de creuser à un endroit pour remblayer sur place plutôt que d’amener des déblais de l’extérieur. Ces arguments me sem- blent recevables. Propos recueillis par J.-F.H.

consommation des espaces agricoles. Cet- te commission est chargée d’examiner tous les documents d’urbanisme des com- munes et des inter- communalités puis de donner son avis. Si cet- te commission s’aperçoit qu’un certi- ficat d’urbanisme est trop gourmand, on donne un avis défavo- rable. Depuis la mise en place de cette com- mission il y a trois ans, les élus locaux évo- luent dans leurs demandes. C’est une bonne chose.

Agriculteur à Courvières, Éric Liégeon est le président de la S.A.F.E.R. Bourgogne Franche-Comté (photo archive L.P.P.). gés. Cʼest 9 % de plus que lʼannée pré- cédente. 1 389 transactions de vente ont été réalisées (2 % de plus quʼen 2013), pour un montant de 60,9 millions dʼeuros (en hausse de 14 %). Pour le Doubs, la S.A.F.E.R. de Franche-Com- té souligne que “les concurrences obser- vées sur les opérations S.A.F.E.R. peu- vent illustrer la pression foncière sʼexerçant sur le foncier agricole : en moyenne près de 4 candidats par lot attribué.” Les chiffres de la S.A.F.E.R. L es Sociétés dʼaménagement fon- cier et dʼétablissement rural (S.A.F.E.R.) permettent à tout por- teur de projet - soit agricole, artisanal, de service, résidentiel ou environne- mental - de sʼinstaller en milieu rural. Les projets doivent être en cohérence avec les politiques locales et répondre à lʼintérêt général. En 2014, sur le département du Doubs, 3 222 hectares de terres ont été échan-

“Cela me choque les immenses parkings autour des grandes surfaces.”

PORTES OUVERTES Samedi 11 avril de 9h à 12h et de 14h à 18h Dimanche 12 avril de 14h à 18h

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