La Presse Bisontine 97 - Mars 2009

LE GRAND BESANÇON

La Presse Bisontine n° 97 - Mars 2009

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ENVIRONNEMENT Pollution au P.C.B. dans l’Ognon Pêche interdite dans l’Ognon C’est une pollution au P.C.B. qui a conduit les préfectures du Doubs et Haute-Saône à interdire la pêche par mesure de précaution dans l’Ognon. Les résultats seront connus dans trois mois.

P our le moment, c’est une mesure de précaution en attendant les résultats définitifs des analyses faites sur la chair des poissons. Toujours est-il que les préfectures du Doubs et de Haute-Saône ont décidé, par arrêté du 5 février, d’interdire la pêche en vue de la consommation des pois- sons dans la rivière l’Ognon. Le sujet est pris au sérieux. Cettemesure est valable, à l’amont, entre le barrage de Montferney et le moulin de Montferney sur le bief de déviation. À l’aval, entre le barrage de Montbozon sur la rivière et le moulin de Montbozon sur le bief de déviation.

tillonnage de poissons. Les résultats sont examinés en laboratoire. Ils ne seront dis- ponibles que dans trois mois… En clair, les pêcheurs ne pourront pas sortir les lignes pour l’ouverture. Les P.C.B., plus connus sous le nom de pyra- lène, sont des contaminants environnemen- taux liés à l’activité humaine, fabriqués indus- triellement depuis 1930. Leur commercialisation est interdite depuis 22 ans. On ne les retrouve aujourd’hui que dans les anciens systèmes clos comme les conden- sateurs électriques et les transformateurs. Le plan national P.C.B. vise à l’élimination complète de ces derniers d’ici 2010. Sur le terrain, la réalité est autre. Ces molécules, très stables dans l’environnement, se concentrent d’un maillon à l’autre de la chaîne alimentaire. En milieu aquatique, elles s’accumulent dans les sédi- ments et se fixent dans la matière grasse des poissons qui se contaminent par leur ali- mentation, tout au long de leur croissance. “C’est la consommation répétée et régulière de poisson contaminé qui peut constituer un risque potentiel pour la santé humaine, en particulier pour les femmes enceintes et les jeunes enfants” , explique la préfecture. Le problème des P.C.B. ne serait pourtant propre à cette zone de Montferney et Mont- bozon. En effet, il faut remonter en amont, jusqu’à Servance (Haute-Saône), village situé sur le contrefort vosgien pour s’apercevoir que le ministère de l’Écologie via les services

L’eau de l’Ognon s’est dégradée, ce n’est pas une nouveauté. Mais la présence supposée de P.C.B. renforce cette impression de dégra- dation.

Cette décision fait suite à des résultats d’analyses mettant en évidence une présence de polychlorobiphéniles (P.C.B.) dans les sédiments de la riviè- re, supérieurs aux seuils d’alerte du “plan national P.C.B.” Ognon rimerait-il avec pollution ? S’il n’existe pas de correspondance permettant de faire entre la contamina- tion des sédiments et celle de la chair des poissons et que l’Agence française de sécuri- té sanitaire des aliments (A.F.S.S.A.) ne recommande pas de restriction de consom- mation sur la base d’analyses de sédiments, la présence de P.C.B. a conduit à un échan-

Les P.C.B., plus connus sous le nom de pyralène.

de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (D.R.I.R.E.) avait déjà épinglé une entreprise spécialisée dans le décolletage de pièces matricées en laiton. L’usine, implantée en bordure de la rivière l’Ognon, avait en effet fait l’objet de

prescriptions complémentaires en matière de prévention des pollutions des eaux dès 1998 puis en 2005. Comme quoi le problème n’est pas nouveau. Pis, le voilà devenu récur- rent. Résultat des analyses dans trois mois. E.Ch.

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