La Presse Bisontine 67 - Juin 2006

7 L’ÉVÉNEMENT

B ESANÇON

Pôle espoir de cyclisme Les vététistes s’entraînent… mais pas à Métabief

Trop loin, mal adapté, les cyclistes du pôle espoir de Besançon boudent le centre d’accueil de Métabief qui a pourtant été construit pour eux.

L e Pôle Espoir Cyclisme desMontboucons accueille actuellement 12 sportifs dont 5 vététistes, 1 cyclo- crossman et 6 routiers. Tous évoluent au plus haut niveau dans leur discipline respective comme Céline Gros, numéro unmondial en descente ouNico- las Boisson qui est en équipe de France junior sur route. D’origine franc-comtoise pour la plupart, ils intègrent cette structure pour un an enmoyen- ne. Elle leur offre les meilleures conditions pour qu’ils puissent s’entraîner tout en suivant en parallèle des études. C’est une des règles de base du pôle espoir. Pour prétendre y entrer, il faut à la fois avoir de bons résultats scolaires et de bons résultats sportifs. C’est un peu le même principe qu’une formation sport- études classique, le haut niveau en plus. Car ces jeunes cham- pions triés sur le volet, incar-

Gageons qu’ils pourraient au moins se rendre dans ce qui fût La Mecque du V.T.T. au début des années quatre-vingt-dix, pour leur période de stage. Mais là encore, ça ne colle pas. Les représentants s’accordent à dire qu’il manque à ce bâtiment l’hé- bergement. “C’est juste un local à vélos. On ne peut pas y dor-

nent l’élite de demain. Leur quotidien est studieux. Lematin ils étudient et l’après-midi tout le monde est en selle. Dans cette organisation, les vététistes sont censés aller s’en- traîner par période àMétabief, où la Région a construit un centre spécialement pour eux inauguré en 2004. Pour l’ins-

tant, il n’en est rien. “En V.T.T., on s’en- traîne sur Besan- çon, car nous sommes basés là. On emprunte le cir- cuit des forts, où

mir, ni faire la cui- sine” résume un représentant du comité régional du cyclisme. 630 000 euros investis dans un

“En V.T.T., on s’entraîne sur Besançon.”

Les jeunes cyclistes qui ont intégré le pôle espoir des Montboucons.

ner. Mais toujours pas à Méta- bief ! Rien d’étonnant puisque le pôle V.T.T., propriété de la mairie deMétabief, sert en par- tie de crèche pendant la sai- son. Finalement, dans cette affai- re, on se demande s’il y a vrai- ment eu concertation entre les financeurs de la structure implantée dans le Haut-Doubs et les instances du cyclisme pour définir les besoins.

traîneur. L’hiver, les jeunes élites ne peu- vent pas non plus accéder à la structure. Normal direz-vous puisqu’à cette époque de l’an- née, la neige compromet la pra- tique du vélo. Les entraîne- ments ne s’arrêtent pas pour autant. Le ski de fond est une discipline complémentaire au cyclisme. D’ailleurs en février 2005, les athlètes sont allés à Jougne pour s’entraî-

juillet 2005, nous avons fait un stage à Ornans dans le cadre de la préparation aux cham- pionnats de France” explique Matthieu Nadal. Les cyclistes se sont tournés vers la cité de Courbet car ils y ont trouvé des conditions d’hébergement à tarif plus avantageux qu’àMéta- bief qui reste cependant une “bonne base pour la descente. Il n’y a pas d’équivalent en Franche-Comté” estime l’en-

local à vélos pour cinq vété- tistes du pôle espoir et le staff d’encadrement qui en plus le délaissent, voilà un sacré gâchis ! “Le pôle fait un stage à Vallon Pont-d’Arc (Ardèche) en février. De toute manière à cette saison, on ne peut pas faire de V.T.T. à Métabief. Par contre, en

alors nous allons en forêt de Chailluz” indique Mathieu Nadal, l’entraîneur-coordina- teur du Pôle Espoir de Besan- çon. Pourquoi aller chercher un terrain d’entraînement à 90 km de là, alors que les col- lines qui entourent Besançon suffisent au travail quotidien des sportifs ?

C OMMENTAIRE

Le centre va-t-il enfin servir ? M ÉTABIEF Le maire réagit La municipalité de Métabief est prête à changer la destination de ce pôle V.T.T. si les instances du cyclisme continuent à ne pas l’utiliser.

À propos du pôle V.T.T.

Gilles Da Costa : “Il y a un partage des responsabilités”

L a Presse Bisontine : Le comité régional du cyclisme était propriétaire du centre à l’origine. Pourquoi l’avoir cédé à la mai- rie de Métabief ? Gilles Da Costa : Nous ne pouvions pas assu- rer les conditions de fonctionnement d’un site comme celui-ci. Ce n’est pas notre compétence. C’est la raison pour laquel- le nous nous sommes orientés vers un partenaire local capable d’en assurer la gestion. La mairie de Métabief a accep- té à condition que, pour des raisons d’équi- libre financier, elle puisse utiliser cette structure en dehors du temps d’occupa- tion par les vététistes, en particulier l’hi- ver. L.P.B. : Des représentants du cyclisme régional indiquent que depuis deux ans la mairie s’est totalement accaparée la structure. De son côté, la municipalité affirme que vous n’êtes jamais venus ! G.D.C. : Je crois qu’il y a un partage des responsabilités. Il est vrai que nous n’avons jamais été spécialement demandeurs ces deux dernières années. Nous ne nous sen- tions pas non plus chez nous car la conven- tion qui nous lie à la municipalité n’est pas aboutie. C’est en train de changer. Nous allons mieux valoriser ce lieu et ce, Le président du comité régio- nal de cyclisme affirme s’être rapproché de la mairie de Métabief pour finaliser une convention sur l’utilisation du pôle V.T.T.

G érard Dèque, le mai- re de Métabief, n’est pas du genre à appré- cier que l’on dilapide l’argent public. Alors il l’a dit tout net au comité régional de cyclisme : “Si ça continue comme ça, si rien ne bouge, nous allons changer la des- tination de ces locaux et les réadapter pour d’autres acti- vités. Des garages, ça sert tou- jours pour une commune.” Les cyclistes sont prévenus. S’ils n’utilisent pas l’outil qui

régional réagissent à ces pro- pos. Il n’est jamais trop tard pour le faire. Gilles Da Cos- ta, président du comité régio- nal, vient de se rapprocher de Gérard Dèque. Il est en passe de lui transmettre un projet de convention d’utili- sation du pôle V.T.T. qui devrait entrer en vigueur dès la saison 2007. La commune attend égale- ment un retour de la Fédé- ration Française de Cyclis- me, organisme auquel elle a

aussi proposé une convention d’uti- lisation approuvée en conseil munici- pal. Mais c’est tou- jours le silence radio du côté de la F.F.C. qui a pour- tant poussé pour la valorisation d’un pôle V.T.T. à

a été créé pour eux par le Conseil régional, la mai- rie de Métabief saura en faire bon usage d’autant qu’elle est pro- priétaire de ce bâtiment. Elle en assure l’en- tretien depuis

“Des garages, ça sert

Gilles Da Costa : “Nous allons mieux valoriser ce lieu et ce dès cet été.”

toujours pour une commune.”

Besançon, seule discipline encore dépour- vue de ce genre de structure. L.P.B. : Beaucoup de critiques fusent à propos de la fonctionnalité de ce centre de Métabief. Quel est votre avis ? G.D.C. : Un élément était connu depuis le début, c’est qu’il n’y a pas d’hébergement. Par contre, il dispose de tous les autres équipements. Il est vrai que lorsque l’on fait venir des clubs de l’autre bout de la région, il faut trouver les moyens de les héberger. Nous allons régler cela en pre- nant en charge l’hébergement des cyclistes en stage à Métabief, qui dormiront dans établissements du secteur.

dès cet été.

L.P.B. : Cela signifie que vous vous rapprochez de la mairie pour finaliser une convention pour utiliser le centre ? G.D.C. : La convention est cours de finali- sation pour déterminer avec précision quelles seront les plages d’accès au centre qui nous seront réservées, sachant que l’été nous sommes prioritaires. Je sou- haite aussi que ce centre soit ouvert pas seulement au pôle espoir des Montbou- cons, mais également aux clubs de Franche-Comté et à l’équipe de France. D’autant que nous sommes en réflexion pour créer un pôle France jeune V.T.T. à

Métabief. Mais le “jouet” dési- ré n’attire personne. Il est prévu aussi que ce pôle accueille des équipes étran- gères, “qui le loueraient, alors que c’est gratuit pour la fédé- ration et le comité régional .” La gratuité ne motive pas davantage les sportifs à venir à Métabief.

deux ans et commence à le mettre à disposition des asso- ciations locales. “Il faut le faire vivre ce centre” lâche l’élu. Plus le temps passe et plus le pôle V.T.T. conçu pour recevoir les sportifs à la jour- née - et c’est bien là problè- me - n’a de V.T.T. que le nom. Les instances du cyclisme

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