La Presse Bisontine 283 - Décembre 2025
20 Besançon
La Presse Bisontine - Décembre 2025
MUNICIPALES 2026 Elle a lancé sa campagne La porte d’Anne Vignot est “grande ouverte”
U ne démonstration de force, pas encore. Une preuve d’unité, non plus. Anne Vignot compte sur tout sur les semaines et mois
Sans l’intégralité de son actuelle majorité élargie, Anne Vignot a voulu montrer en lançant sa campagne qu’elle n’était pas seule dans sa volonté de maintenir Besançon à gauche.
à venir pour agréger autour de sa can didature toutes les forces de gauche qui voient rouge en imaginant que “leur” ville pourrait basculer à droite. Et si les Insoumis n’en font pour l’ins tant qu’à leur tête et les socialistes jouent leur propre partition, la maire sortante veut montrer qu’elle n’est pas pour autant isolée. Sa liste baptisée “Besançon vivante, juste et humaine” agrège pour l’instant des personnalités issues des mouve ments satellites de la gauche bisontine. Parmi eux, le P.C.F. avec Hasni Alem (élu sortant), À gauche citoyens repré senté par Pascale Billerey (élue sor tante), Marc Paulin de Doubs Debout, déclinaison locale du mouvement initié par l’ex-Insoumis François Ruffin,
de gauche à Besançon, “face à une droi tisation décomplexée et la montée du R.N. Il y a donc urgence à se rassembler. La division génère forcément des dés illusions” observe Anne Vignot malgré les dissensions de son actuelle majorité. “Je souhaite une société multi-culturelle et pas des rapports de force et de domi nation” ajoute-t-elle en direction de la droite. Une droite qui, selon Patrick Bontemps, ne serait “pas loin de faire alliance avec le R.N.” Même refrain chez Hasni Alem qui estime que “la droite revancharde tient à Besançon un discours de guerre civile.” D’autres voix plus mesurées se sont exprimées. À l’image de Gabriel Viennet qui avait soutenu la liste L.F.I. en 2020 mais qui estime que “la décision de L.F.I. cette année est une erreur. Le bilan d’Anne Vignot n’est pas totalement satisfaisant mais il l’est quand même sur un certain nombre de dossiers” , un avis partagé par Marc Paulin. Ou encore Pascale Billerey, factuelle, qui a insisté sur les actions de l’actuelle majorité en faveur d’une ville plus juste. Regonflée par cette entrée en campagne, Anne Vignot se dit persuadée, à trois mois et demi du scrutin, que “certains qui ne sont pas là aujourd’hui seront demain avec nous. Ma porte est grande ouverte, il est toujours temps d’aller dans le bon sens” invite-t-elle. n J.-F.H.
Gabriel Viennet du mou vement L’Après lancé par Clémentine Autain, ex-Insoumise également, Jérémy Jeanvoine du mouvement Généra tion.s, Laurent Cagne de l’Engagement (mouve ment fondé par Arnaud Montebourg) et Patrick Bontemps, ex-socialiste qui fut en son temps trois fois adjoint de Jean Louis Fousseret. Ce petit monde fait donc cause commune autour de la défense des valeurs
“La droite pourrait faire alliance avec le R.N.”
Huit soutiens accompagnaient la maire sortante pour lancer sa campagne le 12 novembre à la Maison du Peuple à Battant.
P.-S. ET L.F.I. Et les autres formations 50 nuances de gauche La France Insoumise et le Parti socialiste et ses alliés poursuivent leur route malgré la pression de personnalités comme Marie-Guite Dufay ou Dominique Voynet qui appellent désespérément à l’union.
Séverine Véziès, tête de liste de L.F.I., confirmait ses intentions, entourée de quelques co-listiers futurs.
“N ous conjurons les forces de la majo rité municipale sortante de s’unir, de constituer une équipe solide autour de la maire sortante.” C’est ainsi que dans une lettre ouverte publiée il y a quelques jours, l’ancienne présidente de Région Marie-Guite Dufay et l’ancienne ministre et actuelle
députée Dominique Voynet s’adressent à celles et ceux qui ont choisi de ne pas soutenir Anne Vignot au premier tour des prochaines municipales. Un prêche pour l’instant dans le désert, puisque Séverine Véziès pour L.F.I. et Jean-Sébastien Leuba pour le P.-S., Place Publique, Cap 21 et le P.R.G. ont bel et bien lancé leur cam
pagne. Pour les membres de la liste “Faire mieux pour Besançon” menée par Séverine Véziès et Martin Meilhon, la gauche d’Anne Vignot ne va pas assez loin. “On propose un programme de rupture avec des politiques innovantes. Nous ne voulons pas être juste des gestionnaires de la précarité” disent-ils en rap
pelant les chiffres de la pauvreté à Besançon, avec “23 % des foyers sous le seuil de pauvreté.” Parmi les propositions : rendre la can tine scolaire gratuite, locale et bio, créer une brigade municipale du droit au logement, élargir la gratuité des transports à tous et tout le temps, “tordre le bras à la spéculation immobilière” , créer des haltes soins-addiction, créer une régie publique de ges tion du réseau de chaleur muni cipale… “Nous voulons instaurer un véritable rapport de force avec Anne Vignot pour l’inciter à aller vers de vraies innovations. Les petites mesurettes qu’elle a prises ne sont pas à la hauteur des enjeux” note Séverine Véziès qui se projette tout de même déjà dans une alliance de second
tour. “Nous proposerons alors une fusion sur la base des résul tats du premier tour, mais tout cela devra être discuté bien avant” dit la leader insoumise. Ambiance un peu plus austère du côté du P.-S. et de ses alliés (Cap 21, Place Publique et dés ormais P.R.G.) qui met en garde contre “les annonces grandilo quentes de certains qui oublient le sujet principal : la bonne uti lisation des deniers publics” note Raphaël Krucien (P.-S.), un des bras droits de Jean-Sébastien Leuba dans cette campagne. Ce dernier égrène lui aussi quelques propositions de la liste qu’il conduit : créer un centre de lutte contre les addictions, augmenter de 30 % les effectifs de la police municipale, petits-déjeuners et
goûters gratuits proposés aux élèves des écoles notamment. La tête de liste justifie facilement le fait d’être parti dans cette élection : “Anne Vignot avait fait le choix de vouloir s’allier à L.F.I. On a donc subi son choix et en faisant cela, c’est bien elle qui nous a incités à monter une liste” ajoutent les co-listiers qui conti nuent à rejeter catégoriquement l’idée de devoir composer avec La France Insoumise. “On ne pourra pas travailler avec eux dans l’hypothèse d’un second tour. Si on se retrouve, c’est avec la gauche et le centre-gauche, mais pas avec L.F.I. S’il faut aller seuls au second tour, alors on ira !” confirme à ce jour M. Leuba. n J.-F.H.
Au même moment, c’était Jean Sébastien Leuba (P.-S.) et ses sou tiens qui déroulaient leurs premières priorités.
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