La Presse Bisontine 250 - Avril 2023

Besançon 15

La Presse Bisontine n°250 - Avril 2023

SPORT

Des “Obstinées” victorieuses

Le rugby bisontin se conjugue aussi au féminin L’Olympique de Besançon (O.B.) n’a pas toujours été tendre avec ses joueuses. Mais elles ont su, au fil du temps, imposer le rugby féminin et appellent à davantage pratiquer.

chemin, mieux intégrées au club doré navant. Qualifiées l’an dernier pour les quarts de finale du championnat de France, elles réalisent cette saison un sans-faute, en tête pour l’heure du championnat de Fédérale 1. Cette his toire, Alain Dougy la raconte dans une brochure qu’il a spécialement éditée pour l’occasion et qui retrace l’histoire globale du rugby féminin. Une histoire marquée par bien des soubresauts. “Cela a été un combat sur le terrain, mais aussi au sein de la Fédération” , se souvient Marie-Céline Bernard, une des pionnières du rugby féminin français, présente ce jour-là à Besançon. “En compétition, nous étions stigmatisées par les médias et du côté des entraîneurs, on nous envoyait soit les incompétents, soit ceux qui faisaient leurcoq.” Ce qui la poussera à devenir elle-même entraîneuse de l’équipe de France féminine. “Quand j’ai décidé de me former à l’encadrement sur Dijon, j’ai essuyé toutes les remarques. Le jour nal L’Équipe avait même titré “Si les filles s’y mettent, c’est la mort du rugby.” Aujourd’hui, elle en sourit car les choses ont heureusement fini par évoluer, bien qu’il y aurait encore à faire, notam ment sur les représentations. “Il ne faut pas que les parents hésitent à mettre leurs petites filles au rugby” , souligne Camille, l’une des joueuses actuelles de l’O.B. “Ce n’est pas qu’un sport de contact. On s’emploie à faire

N on, le rugby n’est pas qu’un sport d’hommes, pratiqués par des hommes ! À l’occasion de la journée des droits des femmes, début mars, le club de rugby bisontin a évoqué le chemin parcouru et celui qu’il reste à faire sur la pratique féminine, accompagné de plusieurs élus locaux. Le regard critique porté sur les années d’errance de l’O.B., qui ont même conduit les joueuses à une certaine époque à se tourner plutôt vers le club pontissalien, faisait acte de mea culpa. Car en la matière, les Bisontins ne se sont pas toujours mon trés exemplaires. Alors que les premiers clubs féminins locaux font leur apparition dans les années soixante-dix, il faudra en effet attendre 2002 pour voir émerger une première initiative sur Besançon. Elle s’achèvera avant même d’avoir pu com mencer, faute de réel soutien. “Cen’est qu’en 2007 qu’il y aura un vrai départ avec une vraie équipe” , concède Alain Dougy, l’ancien entraîneur de la section féminine de l’O.B. Mais la direction de l’époque ne s’implique pas vraiment. “Les filles jouent avec les vieux maillots des garçons, elles ont du mal à trouver des créneaux d’entraînement et n’ont

pas de bus pour leur déplacement, ni de fonds alloués. On les laisse se débrouiller toutes seules” , explique-t il. On assiste même à des débats hou leux et des empoignades au sujet de cette section féminine, “avec l’idée que ça va coûter de l’argent au club.” En 2009, les joueuses mécontentes des dirigeants de l’O.B. réalisent une pre mière entente avec le CA Pontarlier “qui s’occupait bien de ses filles” ,pour créer une équipe commune (C.A.P O.B). “Elles obtiennent de très bons résultats et accèdent même à la Fédérale 2en2010.” Finalement, le club bisontin décide de repartir de zéro en 2011, avec la reconstruction d’une équipe baptisée “Les Obstinées”. S’ensuivra une nouvelle entente avec Pontarlier

Une cinquantaine de joueuses aujourd’hui.

et Morteau en 2013 avec la constitution du P.B.M., qui accédera trois ans plus tard, en Fédérale 1 (le plus haut niveau en sport ama teur). Mais en 2019, un nouveau désaccord, entre dirigeants de clubs, met fin à P.B.M. Les Obstinées, poursui vent aujourd’hui leur

Unepartie des joueuses

seniors duclub.

énumère 40 joueuses seniors, 11 cadettes (15-18 ans) et 6 filles à l’école de rugby. Il est désormais prêt à y met tre les moyens humains et financiers. Avis aux amatrices ! n S.G.

des plaquages sécurisés et on s’entraîne à bien tomber” , ajoute Marine, au club depuis 13 ans. L’O.B. aimerait aujourd’hui voir “grossir ses rangs féminins” , insiste Hugo Dorandeu, son actuel président, qui

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