La Presse Bisontine 214 - Novembre 2019

30 LE GRAND BESANÇON

La Presse Bisontine n°214 - Novembre 2019

Un recours déposé contre le projet SMCI zone Valentin Le groupe Mercialys, qui possède la galerie marchande Châteaufarine, attaque la création d’un ensemble commercial de 7 000 m 2 à Miserey-Salines validé au niveau départemental. La décision est entre les mains de la Commission nationale d’aménagement commercial qui a quatre mois pour trancher. COMMERCE Création d’un ensemble commercial à Miserey-Salines

D errière ce dossier se joue l’éternelle question des mètres carrés commer- ciaux à créer dans le Grand Besançon. Faut-il encore construire ? Y a-t-il de la place pour tous ? “La réponse est non pour le commerce alimentaire qui est déjà trop doté dans notre communauté urbaine, répond Pascal Routhier, en charge des Une C.D.A.C. avant fin décembre à Chalezeule Selon nos informations, un projet d’extension non loin de Brico Dépôt doit être déposé dans la zone des Marnières à Chale- zeule. La commission départe- mentale d’aménagement com- mercial pourrait se réunir avant fin décembre. Desmètres carrés pour des espaces ludiques sont notamment prévus. n Besançon organise la 4 ème campagne Visa santé. Visa santé vise à faciliter l’accès à la complémentaire santé en proposant une mutuelle adaptée aux besoins des Bisontins. La condition d’accessibilité au dispositif est simplement de résider ou travailler à Besançon. Rens.: 03 81 41 22 09. Musique Récital solo du compositeur et joueur d’oud (instrument de musique à cordes pincées très répandu dans les pays arabes) au rayonnement international Fayçal Salhi le 7 juin à 20 h 30 au Théâtre Le Scènacle, rue de la Vieille- Monnaie à Besançon. Défi Le Bisontin Frédéric Parise participera à la Diagonale des Fous à La Réunion, en octobre 2020, au profit de l’association “Bouts de vie” qui accompagne les personnes amputées de tous âges. Le Bisontin aide au passage Louane, adolescente bisontine amputée d’une jambe. 166 km et 10 000 m de dénivelé sont au programme. Pour l’aider : 07 66 20 43 93. Santé Le Centre Communal d’Action Sociale de EN BREF

questions commerciales au Grand Besançon qui réfléchit à une “charte commerciale”. Pour les autres projets commerciaux, il faut analyser au cas par cas” poursuit-il. Justement, après analyse, la Commission départementale d’aménagement commercial (C.D.A.C.) a voté le 16 septembre dernier en faveur de la création par le groupe SMCI Éditeur immobilier d’une surface de vente de 6 800 m 2 à Miserey- Salines, dans la zone diteAriane 2, entre le garage BMW et le nouvel échangeur. Mais voilà, le 17 octobre, le groupeMercialys qui détient notamment la galerie marchande Châteaufarine a déposé un recours auprès de la Commission nationale (C.N.A.C.) dont l’avis se substi- tue à celui de la commission départementale. Les guerres commerciales ne se font plus à coups de baisse des prix mais désormais sur le terrain juri- dico-administratif. La C.N.A.C. a quatre mois pour analyser le dossier. Elle peut le confirmer ou le retoquer. Joint par nos

soins, Fabrice Jeannot - le por- teur du projet - semble serein. Il sait que son projet, annoncé comme unique et novateur dans la fonction de consommer, attire les convoitises : “Si certains posent des recours, c’est aussi pour avoir accès à notre dossier et peut-être nous copier” dit-il. Ce projet, nommé “Bookl”, pré- voit 15 cellules commerciales dont 13 seront dédiées à des activités “phygitales”, c’est-à- dire proposant les avantages de la boutique physique, avec la présence d’un vendeur, et les méthodes du

Le projet de Miserey-Salines se veut avant-gardiste. Il a été dessiné par le cabinet d’architecture Silvio d’Ascia architecture.

de Baume-les-Dames. Même son de cloche du côté de Gabriel Baulieu : “Ce projet respecte le Schéma de cohérence territoriale, et en termes de design , il y a un immense travail architectural réalisé” explique le premier vice- président du Grand Besançon. “Bookl” sera capable d’accueillir au maximum 3 870 personnes au rez-de-chaussée et à l’étage (personnel et clients), avec 365 places de stationnement prévues au permis de construire. Des systèmes de navette pour accé-

ros ! On comprend toute la pru- dence du porteur de projet qui a obtenu 18 votes favorables sur les 20 voix qui se sont exprimées le 16 septembre dernier à la commission en préfecture. Seul un vote a été enregistré contre (le sous-collège du développe- ment durable) et une abstention (lemaire deVesoul). “Nous avons voté oui car ce projet est innovant et nous a été bien présenté” dit après coup Arnaud Marthey, représentant la Région Bour- gogne-Franche-Comté et maire

monde digital comme la livrai- son à domicile. C’est un résumé simpliste. Une autre cellule (182 m 2 ) accueil- lera une boulan- gerie. Des restau- rants sont également prévus. Au total, l’inves- les 37 millions d’eu- tissement approche

der à l’espace et la création d’une boutique “reflet” en centre-ville à Besançon sont annoncés. Reste à connaître l’avis de la C.N.A.C. À noter que les pro- chains dossiers en C.D.A.C. seront plus compliqués à faire passer après 2020. Ils devront présenter une étude d’impact, laquelle doit notamment démon- trer qu’aucune friche existante en centre-ville ou en périphérie ne permet l’accueil du projet envisagé. n s

Un investis- sement de 37 millions d’euros.

CONSOMMATION Lutter contre le gaspillage Phénix donne une seconde vie aux produits

Candidate aux trophées de la Consom’action en Bour- gogne-Franche-Comté, l’entreprise Phénix accom- pagne les magasins, grossistes et festivals dans la valorisation de leurs invendus ou de leurs déchets.

P ourquoi jeter quand on peut donner ? On pour- rait ainsi résumer la phi- losophie de cette entre- prise, créée en 2014 par Jean Moreau et Baptiste Corval. Implantée un peu partout en France et notamment en Bour- gogne-Franche-Comté depuis 2016 (avec trois antennes à Dijon, Auxerre et Besançon), elle souhaite amener les maga- sins vers le zéro déchet. “Partant du constat que les poubelles de la grande distribution débor- daient, les deux fondateurs ont voulu proposer des solutions pour éviter ce gaspillage” , explique Alexandra Guyon, res- ponsable régionale. Pour valoriser au mieux les invendus, Phénix invite ainsi à faire un diagnostic de l’existant puis à mettre en place des actions pérennes, enminimisant les contraintes pour les points de vente. Cela passe par de la vente à prix réduit sur des pro- duits en dates courtes, mais

aussi des dons à des associations locales ou pour l’alimentation animale. “Au-delà de la démarche éco-responsable, les magasins en tirent un avantage économique car il n’y a plus de frais de traitement des déchets.” On a souvent une réduction de 30 à 40 % de la facture de déchets. “Ils trouvent aussi un intérêt en générant un peu plus de chiffre d’affaires sur les pro- duits remisés en date courte,

Les dons aux associations évitent que du consommable finisse inutilement à la poubelle.

ainsi que sur les crédits d’impôts de 60 % appli- qués sur le mon- tant des dons faits aux asso- ciations” , indiqueAlexan- dra Guyon. Si de plus nom- breux magasins se sont mis à jouer le jeu depuis la loi de 2016 qui inter- dit aux grandes

surfaces de plus de 400 m 2 de jeter de la nourriture ou de la rendre impropre à la consom- mation, Phénix continue de pro- poser ses services aux petits comme aux gros commerçants. “On aide à améliorer les process internes en formant le personnel, en appliquant un suivi admi- nistratif rigoureux… et on peut aussi optimiser des choses déjà en place comme trouver de nou- velles associations partenaires, mieux organiser les jours de ramassage.”

Une trentaine de magasins de la région ont jusqu’ici conven- tionné avec l’entreprise, dont Super U à Saône et U Express à Ornans autour de Besançon, ainsi que plusieurs enseignes Intermarché dans le Doubs et un magasin àValdahon. Phénix intervient aussi auprès des grandes surfaces de bricolage, des grossistes non-alimentaires (entrepôts de matériaux de construction, de bureautique… ) ou sur les salons et les festivals. “Il peut là encore y avoir un

réemploi des matériaux par des associations, ressourceries, recy- cleries…” L’entreprise vient enfin de lancer une application, cette fois à des- tination des particuliers, qui permet de racheter les surplus des commerçants de son quartier à prix réduit. En ligne depuis juin à Dijon, elle compte déjà 600 utilisateurs et plus de 20 magasins et restaurants parte- naires. Elle devrait arriver pro- chainement sur Besançon. n S.G.

Bientôt une application à Besançon.

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